Publié dans Une vie de rousse

Être prise au sérieux lorsqu’on refuse la sur-médication

Vous l’ignorez peut-être, mais je suis née avec une maladie génétique. En plus de ça, à la puberté, je me suis retrouvée avec des règles atrocement douloureuses. Du coup, forcément, j’ai été très tôt confrontée à la sur-médication.

Tu es plus encombrée que d’habitude ? Prends ces antibiotiques ! Tu as mal à la tête à force de peiner à respirer ? Tiens, prends de l’aspirine ! Tu es toujours fatiguée ? Tiens, prends les petites vitamines ! Et ton temps libre, passe le au kiné ou au docteur qui t’en prescrira d’autres !

Il faut dire que je n’avais pas trop les moyens de refuser de me faire bourrer de médicaments. J’avais une mère hypocondriaque, qui amplifiait chacun de mes symptômes et me traînait au médecin au moindre éternuement. Et surtout, aucune alternative n’était jamais mise en avant. Tu es malade, tu te soignes avec les comprimés. Jamais mon médecin ne m’a proposé de tester des tisanes, ou tout simplement de lever le pied pour compenser ma fatigue (ma mère me harcelait pour que j’étudie en permanence, ça n’arrangeait pas ma fatigue chronique).

A l’adolescence, je me suis mise à en avoir marre et mon corps rejetait automatiquement tous les comprimés. Je vomissais rien qu’en en voyant un, je ne supportais plus (et ne supporte toujours pas) les médicaments en poudre à diluer, et quand par miracle j’arrivais à en absorber un… il ne faisait aucun effet. La tri-thérapie d’antibiotiques que je prenais chaque année depuis mon enfance ne fonctionnait plus. Mon médecin s’est interrogé sur une possible résistance à force de prendre toujours les mêmes médicaments, mais ça ne collait pas, car certains y sont depuis bien plus longtemps et ça fonctionne toujours. C’est là qu’il s’est mis à me parler d’homéopathie, mais mon hypocondriaque de mère n’arrêtait pas d’asséner que ça ne fonctionnerait pas, pas assez puissant pour la pauvre petite créature malade que j’étais. En effet, ça n’a pas fonctionné.

En désespoir de cause, j’ai fini par aller voir mon médecin en privé pour lui dire que je n’en pouvais plus de tous ces médicaments, et je lui ai demandé un placebo pour éviter d’en prendre tout en calmant ma mère qui n’aurait pas admis que je n’en prenne plus. Dubitatif, il a accepté un essai sur quelques mois et miracle, je revivais !

Les médicaments sont un cercle vicieux : on en prend un pour calmer un symptôme, mais il en déclenche un autre pour lequel il faut prendre un autre médicament, qui lui même déclenche autre chose… on ne s’en sort plus et on empoisonne son corps. En tous cas, c’est l’impression que j’ai eue. Je suis familière aux effets secondaires indésirables et c’est comme si on se rendait malade en voulant se soigner.

Évidemment, tout n’est pas si rose. Je suis obligée d’avoir un suivi pneumologique régulier, et ma pneumologue est la première à me bombarder de médicaments. Pourtant, elle sait que je n’en veux pas, que je préfère les alternatives, mais c’est une « vieille » pour qui tout ce qui ne sort pas d’un laboratoire est de l’attrape-nigaud. « Ce sont des scientifiques, ils savent ce qu’ils font, des tests sont faits« . A ce sujet, elle ne m’écoute pas. Cependant, elle ne peut pas me forcer à aller à la pharmacie après notre consultation. Elle prescrit, je ne consomme pas. Et je me fais engueuler, car à ses yeux, j’empire mon état de santé.

Pourtant, je vais mieux depuis que je ne me bourre plus de médicaments. En même temps, ça brise le cercle vicieux des effets secondaires. Depuis que je ne me vaccine plus contre la grippe, je ne l’attrape plus, alors qu’avant j’y avais droit chaque année, comme par hasard quelques jours après le vaccin. Je veux bien croire que ce soit un hasard : mais dans ce cas, pourquoi je rechute à chaque prise de médicaments ?

Les médecins sont incapables de me donner une réponse, à part un « c’est psychologique » condescendant. Je ne suis pas prise au sérieux. Et je dois toujours faire attention à ce que je dis à ce sujet auprès des organismes comme la MDPH, parce qu’ils sont du genre à me refuser un renouvellement en considérant que je fais exprès de rester malade. Je ne fais pas exprès. J’écoute mon corps, pour la première fois depuis toutes ces années pendant lesquelles on l’a fait taire.

En gynécologie, j’ai le même souci. Le suivi pour mon endométriose est extrêmement compliqué, entre la condescendance des praticiens qui ne me laissent pas disposer de mon corps (ils ne veulent pas entendre parler d’une opération car je n’ai pas d’enfants, refusant de m’écouter lorsque je leur dis que je n’en veux pas) et le refus des solutions de facilité comme la pilule.

La pilule, je l’ai essayée adolescente, comme solution de facilité contre mes règles douloureuses. Non seulement ça n’a rien changé niveau douleur, mais en plus je me suis retrouvée avec de l’acné alors que je n’en avais jamais eu avant et j’ai eu un bond énorme de mon taux de cholestérol. En voyant les résultats, mon médecin m’a dit que si je continuais, je serai diabétique à 40 ans. Mon père étant diabétique, j’avais un terrain propice, et en plus, la pilule ne m’a rien apporté sauf des emmerdes, alors je l’ai stoppée et depuis je refuse de la reprendre, bien qu’on m’assure que depuis, les pilules ont changé.

Je la refuse également pour des raisons environnementales, les hormones synthétiques rejetées dans les urines des femmes entraînant la féminisation des poissons, ce qui a un impact direct sur l’environnement. On aime les animaux ou on ne les aime pas, en attendant, on ne peut pas nier qu’ils ont chacun leur rôle (oui oui, même ces emmerdeurs de moustiques et ces horribles araignées) dans la nature et qu’ils sont essentiels à notre survie. Donc si on peut éviter de leur faire payer nos méthodes…

Sauf que les gynécologues ne l’entendent pas de cette oreille. Pour eux, si je refuse la pilule, je cherche ma douleur et je n’ai rien à dire. N’existe-il donc aucune alternative à ce poison ? On me dit que les méthodes naturelles sont une mode de bobos qui ne marchent pas, mais on ne cherche même pas à me les faire essayer. Et le souci d’internet, c’est que chaque site a sa propre méthode et qu’on ne sait pas ce qui est réellement efficace (à ce propos si vous avez des conseils de livres fiables… je prends). Je teste, parfois je note une petite efficacité. Efficacité bizarrement décuplée lorsque je ne suis pas sous traitement chimique…

Je note même l’efficacité des méthodes naturelles sur les animaux. Hélia, ma minette, souffrait d’une diarrhée soit-disant chronique depuis qu’elle est sénior, et ma vétérinaire me donnait comprimé sur comprimé (sachant que donner des comprimés à un chat récalcitrant, c’est TRÈS chiant) en me disant que ça arrangerait les choses… j’ai fini par arrêter les frais, elle a accusé mes croquettes sans céréales (Orijen, parmi les meilleures du marché en termes de qualité) en me tannant pour que je prenne des croquettes véto bourrées de glucides inutiles… vous savez comment j’ai résolu le problème ? Une grosse pincée d’argile verte dans son eau. Une semaine après, plus de diarrhée. J’ai fini par supprimer l’argile… et la diarrhée n’est pas revenue. Des mois de traitements qui n’ont rien fait, et un peu d’argile sauve ses entrailles. Et son bien-être, je suppose, car ce n’était pas agréable pour elle comme pour nous de nettoyer son poil crasseux.

C’est vraiment dommage de ne jamais être prise au sérieux lorsqu’on refuse de se faire bourrer de médicaments ainsi. Évidemment, je ne suis pas parfaite, j’ai encore beaucoup de mal à me passer de Doliprane pour mes maux de tête par exemple (je me mouche beaucoup et je tousse énormément, donc j’ai souvent mal au crâne) mais j’évite au maximum de rentrer dans le cercle vicieux des médicaments. Et au lieu de m’encourager, de me proposer des méthodes alternatives, on me culpabilise, on me stigmatise… pourtant il existe bon nombre de moyens d’aller mieux sans plus se prendre la tête qu’en absorbant des cachets.

Par contre, je dois avouer que le plus gros problème, c’est le coût des soins naturels : les huiles essentielles, les plantes (surtout si vous les prenez bio et locales), les hydrolats… tout ça n’est pas remboursé et si vous cherchez la qualité, ça chiffre vite. Vous me direz, ce n’est pas forcément si cher avec les médicaments déremboursés (j’ai beau avoir une ALD, si j’ai des médicaments à prendre certains ne sont pas remboursés) mais c’est un coût. Un coût d’autant plus élevé si vous utilisez vos produits pour autre chose que le soin (cosmétiques, ménage…). Cependant, cela oblige à consommer avec parcimonie et ce n’est peut-être pas plus mal, même si forcément, c’est moins accessible qu’aller à la pharmacie quand son traitement est remboursé.

Que pensez-vous de la médecine naturelle ? Ça a marché chez vous ou pas du tout ? Pensez-vous que l’on consomme trop de médicaments, même sans être malade ?

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Aller voter.

La dernière ligne droite d’une campagne vraiment dégueulasse est là, et sincèrement, tant mieux, qu’on en finisse. Plus que jamais on aura vu le véritable visage de nos hommes et femmes politiques : des ripoux qui ne pensent qu’à l’argent. On le savait déjà mais le voir, comme ça, de manière totalement assumée, décomplexée, avec un culot monstrueux, c’est autre chose. On se dit que le pays va vraiment mal pour en arriver là, pour que des gens soient prêts à voter pour des clampins ouvertement corrompus.

Je dois avouer que je suis profondément agacée de voir qu’on laisse des gens mis en examen ou englués dans des affaires de corruption se présenter aux plus hautes fonctions de l’État. Sérieusement, on est la risée du monde. Tu as joué, tu es corrompu, tu as perdu, tu laisses ta place, les présidentiables ce n’est pas ce qui manque, encore moins dans les gros partis. Mais visiblement non, on laisse faire.

Cette année, on aura également pu voir l’absence totale de neutralité des médias ! Bon, ça aussi, on s’en doutait, après tout la France n’est que 45e dans le classement mondial de la liberté de la presse. Pas étonnant lorsque de grands groupes possèdent nos journaux les plus influents. Lors des Présidentielles, ils mettent en avant leur poulain, celui qui leur mangera dans la main, celui qui fera que rien ne changera et qu’ils pourront continuer à s’engraisser. Et les gens ne marchent pas (haha), non, ils courent !

D’ailleurs, je n’ai pas envie de me placer en Jean-Michel Morale, mais quand je vois que certains se font complètement avoir par le matraquage médiatique, par les pseudo-questionnaires orientés « De quel candidat êtes-vous le plus proche ? » (j’en ai fait un récemment, et j’ai bien rigolé en voyant des % d’affinité avec des candidats dont les mesures phare ne faisaient pas partie des questions proposées), répètent ce que disent les sondages ou les médias sans le moindre recul… on encore s’apprêtent à voter pour Macron « parce qu’il est beau gosse », j’ai envie de vomir et d’imposer le suivi de cours de citoyenneté pour avoir le droit de voter ! Sérieusement, comment peut-on voter sans savoir de quoi on parle ou sans avoir conscience des conflits d’intérêt présents dans les médias ou même dans les relations des candidats ?

Je rigole jaune aussi quand je vois l’acharnement sur Marine Le Pen parce qu’elle stigmatise les étrangers, les immigrés, etc. Certes, ce n’est pas jojo, mais quid des candidats qui stigmatisent leur propre peuple, en montant les classes les unes contre les autres, en présentant les pauvres comme responsables de leur situation et bons à fliquer jusqu’au trognon ? A mes yeux, quelqu’un qui stigmatise les étrangers et quelqu’un qui stigmatise les gens selon leur classe sociale ou leur emploi sont à placer dans le même sac. Si Le Pen se retrouve face à Macron ou Fillon, je n’irai clairement pas donner ma voix aux deux derniers juste pour lui faire barrage, car pour moi, elle n’est pas pire qu’eux. Sans parler du fait que ces trois-là sont des pantins, des foutus pantins du laisser-faire, des foutus pantins des riches.

Pour ma part, niveau politique, je me situe plus à gauche. En même temps, en tant qu’handicapée et en tant que précaire, ce serait un peu con d’aller voter à droite sachant qu’ils me méprisent (j’inclus Macron dans la droite, au vu de son passif et de ses saillies lors des débats). Mais d’un autre côté, le PS, c’est un peu le parti soit-disant socialiste qui nous a sorti du chapeau une politique digne des LR. Je ne me suis jamais sentie aussi honteuse de ma situation que pendant ce quinquennat. En tant que chercheuse d’emploi, j’ai eu l’impression qu’on m’accusait sans cesse d’être responsable de mon chômage, de la chute du pouvoir d’achat parce que faut payer mon alloc, que je ferais mieux de crever en silence. Plus que jamais, je me suis renfermée. Je n’aurais pas dû. Le socialisme est censé placer l’humain au dessus de tout, pas la finance, pas les intérêts des entreprises.

Aujourd’hui, je sais que je ne devrais pas avoir honte, que je ne suis pas responsable de ma situation, mais c’est encore très difficile de le faire comprendre. On le voit lors des débats, quand on nous jette au visage qu’on aura pas droit de refuser plus de X offres… mais vous vous rendez compte de l’état du marché du travail, de l’impossibilité d’accepter une offre guignol de 7h/semaine en CDD ? Le travail ce n’est pas tout, il faut pouvoir se loger, et pour se loger, il faut un emploi décent, pas accepter n’importe quelle offre comme un étudiant en manque d’argent. Ce n’est plus possible.

Je suis désespérément pour le revenu de base, qui, s’il ne fera pas le café, permettra au moins de réduire la pauvreté. Et puis avec un revenu de base sans condition, on pourra accepter plus sereinement les petits boulots puisque ça ne nous plombera plus financièrement. Je pourrais voter pour Mr Hamon, qui a le mérite de parler de cette mesure, de la porter, envers et contre tout. Mais je n’oublie pas qu’il fait partie du PS, qui a participé à ma honte, à mon lynchage social. J’ai mal. Mal à cause d’eux qui ont trahi ma confiance. La mienne et celle de tant d’autres.

Évidemment, c’est difficile de se prononcer lorsqu’on a pas toutes les cartes en main. Je ne suis pas économiste, je n’ai pas les connaissances nécessaires pour mesurer les conséquences d’une sortie de l’Europe -et me contenter de résumés approximatifs furieusement orientés n’est pas envisageable-. Par contre, j’ai envie de balancer un gros coup de pied dans la fourmilière, j’ai envie de purifier nos institutions de toute cette corruption, j’ai envie de voir les lobbys se faire dégager, j’ai envie de voir la justice revenir pour tous (non parce que quand tu te prends un procès pour 50 euros dus à la CAF alors que des types ayant détourné des millions se présentent aux élections, voilà quoi), j’ai envie de pouvoir relever la tête et avancer sereinement.

Je ne pense pas qu’un candidat comme Mélenchon pourra tenir toutes ses promesses, j’ai toujours cette méfiance envers tous les politiques. Mais j’ai envie, pour une fois, de voter pour quelqu’un qui me parle, pas totalement, mais toujours plus que ceux qu’on me présente comme « votes utiles ». J’ai sans doute tort, s’il passe, je serai probablement déçue, de toute manière comme dit mon homme, c’est pas pour nous que ça changera. Mais j’ai envie de tenter. C’est dommage qu’il soit contre le revenu de base, car la société du « travail avant tout » se casse la gueule. Cependant, si je suis déçue, ce sera sans doute la dernière fois.

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Phobos, de Victor Dixen

Je me rends compte que j’ai délaissé les articles littéraires sur mon blog, alors que je n’ai jamais cessé de lire, même si j’ai ralenti un peu le rythme, faute de trouver des titres intéressants à la bibliothèque (qui hélas est petite) et de place/moyens pour acheter de nouveaux livres.

Cependant, j’ai réussi à convaincre la bibliothécaire de commander les trois tomes de Phobos, une saga de SF Young Adult signée Victor Dixen, un écrivain bien de chez nous (eh, pour une fois que je ne table pas dans la littérature américano-britannique hein !) !

Synopsis :

SIX PRÉTENDANTES. SIX PRÉTENDANTS. SIX MINUTES POUR SE RENCONTRER. L’ÉTERNITÉ POUR S’AIMER.

ILS VEULENT MARQUER L’HISTOIRE AVEC UN GRAND H.

Ils sont six filles et six garçons, dans les deux compartiments séparés d’un même vaisseau spatial. Ils ont six minutes chaque semaine pour se séduire et se choisir, sous l’œil des caméras embarquées. Ils sont les prétendants du programme Genesis, l’émission de speed-dating la plus folle de l’Histoire, destinée à créer la première colonie humaine sur Mars.

ELLE VEUT TROUVER L’AMOUR AVEC UN GRAND A.

Léonor, orpheline de dix-huit ans, est l’une des six élues. Elle a signé pour la gloire. Elle a signé pour l’amour. Elle a signé pour un aller sans retour…

MÊME SI LE RÊVE VIRE AU CAUCHEMAR, IL EST TROP TARD POUR REGRETTER.

Mon avis sur la saga :

Je préfère préciser d’emblée que je vais critiquer l’ensemble, donc les trois tomes d’un coup (je n’ai pas lu le préquel racontant l’histoire des prétendants). Attention aux spoils.

Je ne suis pas vraiment habituée à la catégorie young adult de la SF, d’habitude je lis des romans bien techniques, bien hardcore, qui font fumer les neurones (et qui après me font râler sur le manque de réalisme des batailles spatiales dans les séries) et du coup, je m’aperçois qu’en fait c’est beaucoup plus accessible aux novices ainsi. On a des notions d’astronomie, des notions techniques, oui, mais vulgarisées, ce qui permet de mieux comprendre.

Après, ici, il ne s’agit pas de batailles spatiales mais de la colonisation de la planète Mars par un groupe d’adolescents/jeunes adultes.

L’histoire est d’un grand réalisme et s’intègre parfaitement dans notre monde : on pourrait la situer environ une cinquantaine d’années après notre ère. On y parle de smartphones, de télé-réalité… et là, justement, la conquête spatiale a également conquis le secteur de la télé-réalité.

12 candidats ont été sélectionnés pour être les pionniers de la planète Mars, et vous pouvez dégainer votre téléphone pour leur apporter des fonds et augmenter ainsi leur confort une fois qu’ils seront installés dans la base martienne. L’espace n’est plus réservé à une poignée d’initiés, il est accessible même à la petite mamie derrière sa télé.

Pourquoi ? Parce que les États-Unis, pour rembourser leur dette abyssale, ont décidé de vendre leurs institutions, y compris la NASA. Et pour rembourser cet achat, la société Atlas Capital a fait appel à la populaire Serena McBee qui a eu l’idée d’un show de télé-réalité à l’échelle mondiale : envoyer des gens comme vous et moi dans l’espace, et une fois que la ménagère s’est attachée à eux, on la fait raquer un max ! Et ça marche. Matraquage médiatique, manipulation, sponsors et grands renforts de publicité, tout y est. Les gens sont à fond, sans doute même un peu trop.

Vous allez me dire, tant mieux pour ces adolescents désœuvrés à qui on a laissé leur chance, il n’y a pas de quoi en faire un roman. Oui, mais tout n’est pas si rose. Car Atlas Capital n’a pas la moindre intention d’entretenir une base martienne pour l’éternité, ils ne cherchent que le profit. Et accessoirement, Serena aussi. Alors que faire des pionniers une fois l’argent encaissé ?

Très rapidement, on nous présente un document que Serena croit avoir fait disparaître pour de bon : le rapport Noé, qui prouve que des cobayes envoyés sur Mars avant les pionniers n’ont pas survécu et que la base martienne n’est pas viable. Léonor, l’une des pionnières, se retrouve avec ce rapport dans les mains grâce aux remords d’un membre de l’équipe Genesis. Cependant, il est trop tard, ils ont déjà décollé… tout droit vers la mort.

Si le tome 1 est centré principalement sur ce qui m’intéresse le moins, à savoir le speed-dating, les bases de l’univers sont là et on tourne les pages sans s’en rendre compte. On ne peut pas s’empêcher de se dire qu’une entreprise prête à envoyer des jeunes gens à la mort pour de l’argent, c’est tout à fait notre monde. Tout comme ces gens derrière leur téléviseur qui se passionnent pour la vie des pionniers, on a envie de savoir comment est-ce qu’ils vont se sortir de ce guêpier. Quand votre vie dépend totalement de la bonne volonté d’une psychopathe, est-ce qu’il vaut mieux se taire et lui obéir, pour gagner quelques mois de survie, ou se sacrifier pour l’empêcher de satisfaire ses ambitions ? C’est le dilemme qui se posera à l’équipage…

Le tome 2, lui, est plus axé sur la survie des pionniers et au double jeu dangereux qu’ils jouent avec Serena. Les couples sont formés, installés, apprennent à vivre ensemble, et les langues se délient, des secrets sont avoués, ou dénoncés, ce qui remet en cause la cohésion du groupe. Non seulement les pionniers doivent se faire à leur vie de jeunes mariés, mais ils doivent aussi apprendre à faire avec les autres, qui ont tous leur caractère, leurs particularités, leur façon de voir les choses et leur manière de réagir face au danger. Et avec l’environnement hostile dans lequel ils vivent. Car non, Mars n’est pas terraformée et même si la base est suffisamment grande pour tout le monde, ils vivent malgré tout les uns avec les autres.

Le tome 3 laisse exploser les tensions accumulées depuis le début et si les pionniers reçoivent de l’aide de quelques personnes sur Terre, ils sont encore sur Mars, à la merci de Serena. Une situation dont certains s’accommodent et pas d’autres. Il faut dire que Serena excelle dans l’art de la manipulation et sait brosser tout le monde dans le sens du poil !

Si j’ai eu un peu de mal avec le tome 1 car je ne suis pas une grande fan d’histoires d’amour et d’adolescents en fleur, j’ai vraiment dévoré les tomes 2 et 3. Certes, ce n’est pas de la SF hardcore, mais l’histoire est très prenante, très réaliste et surtout se lit très bien. L’auteur a réussi à développer presque tous ses personnages, et ce n’est pas rien, car je connais plus d’un roman avec un héros et une armée de faire-valoir. Là, chaque personnage a sa personnalité, son passé qui l’a forgé et même si on ne les aime pas (j’ai détesté Alexeï du début à la fin ! è_é) on ne peut nier qu’ils sont cohérents.

Je crois que ce qui m’intéresse le plus ici, c’est de me dire qu’on pourrait très bien se retrouver avec une conquête spatiale du genre d’ici quelques années. Quand je vois que quelque chose de sérieux comme notre Présidentielle 2017 ressemble à une course à la manipulation médiatique et à la visibilité, sans aucune profondeur, pourquoi pas envoyer des ados à peine préparés sur Mars ?

Je mettrais bien dans la catégorie « manque de réalisme » le fait que les jeunes sont envoyés sur Mars au bout d’un an seulement de formation : comment peut-on devenir responsable médecine, ingénierie, planétologie en seulement un an, même en formation intensive ? Cependant, ce n’est pas si incohérent compte tenu du fait qu’ils sont destinés depuis le début à mourir là-bas… ce ne serait pas très rentable de les former plusieurs années pour quelques mois de vie dans la base martienne.

Sincèrement, l’ensemble se tient. Ça fait plaisir de voir qu’on peut aborder la SF de cette manière, simple et efficace, et qu’on peut l’ancrer si facilement dans notre monde.

Cependant, le tome 3 m’a laissée sur ma faim et appelle clairement une suite, parce qu’à la finale, on ne sait pas si nos pionniers s’en sont réellement sortis, et ce que va devenir Serena. Sur son site internet, l’auteur a indiqué qu’il s’agirait d’un « après » Phobos, si j’ai bien compris ce ne sera pas une suite directe mais un condensé des évènements post-Phobos. Il faut dire que le tome 3 laisse la scène mondiale, notamment les États-Unis, dans un chaos indescriptible.

J’aurais également bien aimé avoir des précisions sur ce qui a réellement causé la mort des cobayes qui ont précédé les pionniers, et l’origine des bruits entendus pendant la Grande Tempête. On nous donne l’impression qu’il y a quelque chose de pas net sur Mars alors que de l’autre côté, les responsables biologie ne trouvent rien de rien et affirment que Mars est une planète morte. Mais peut-être que tout ça sera élucidé dans le tome 4 !

Je suis vraiment contente d’avoir découvert cette saga qui m’a permis de me remettre un peu dans le bain. J’en ai rarement lu qui me passionnaient autant et je la recommande chaudement ! Elle ne demande pas de connaissances en SF, se lit très bien et vous aurez du mal à en décoller, croyez moi !

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Quand je tousse, ça dérange -coup de gueule d’une handicapée inside-

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J’ai déjà parlé de ma maladie sur ce blog, et vous vous en doutez, les conséquences au quotidien sont nombreuses : dans la vie de tous les jours, la vie de couple, le voisinage…

Enfin, le voisinage, je n’ai jamais eu trop de problèmes en soi -juste de petites réflexions de temps en temps quand on parle emploi de personnes handicapées- jusqu’à maintenant. Mon voisin hyper-bruyant sous-loue désormais son appartement à une famille. Je les croise assez souvent mais nous ne nous sommes pas vraiment parlé, car ils ne parlent que le portugais et le seul moyen de communiquer est leur enfant d’une dizaine d’années. Pas de chance, je ne parle pas portugais.

A un moment, la propriétaire m’a signalé que les voisins l’avaient contactée pour lui demander de me dire d’arrêter de tousser tout le temps : en effet, le mur de ma salle de bains est mitoyen au leur et dans cette vieille résidence, les appartements ne sont pas insonorisés. Ils m’entendent sûrement tousser tout comme moi je les entend parler. La propriétaire leur a immédiatement parlé de ma maladie et ils ne se sont plus manifestés auprès d’elle.

Et puis les mots dans la boîte aux lettres ont commencé : toujours la même écriture enfantine bourrée de fautes (je suppose qu’ils font écrire le gosse) pour me dire que je fais trop de bruit en toussant toute la journée.

Le problème, c’est que je n’y peux rien : le principe de ma maladie, c’est que les cils vibratoires censés évacuer le mucus ne font pas leur travail. Je dois donc l’évacuer en raclant, toussant, et crachant. Je reconnais que ça ne dois pas être agréable à entendre -mon homme est souvent agacé même s’il ne dit rien- mais je ne peux tout simplement pas m’étouffer dans mes glaires pour leur confort. Comme tout être vivant j’ai besoin de respirer.

Pourtant, je suis consciente de faire du bruit et je fais tout pour le réduire : je ferme la porte de la salle de bains et tousse dans le salon, le visage dans mon mouchoir pour étouffer le bruit. Je fais mon possible. Je fais ma kiné le matin, lorsque le gamin est à l’école et les deux parents au boulot -la mère rentre vers midi-. Et le soir, à partir de 20h, j’essaie de ne plus tousser, quitte à respirer fort en raclant de la gorge.

Tout ça, la propriétaire le sait et leur a transmis. Mais il faut croire que ça ne leur suffit pas. Je ne demande pas d’empathie à ce niveau : si je n’y peux rien, les autres n’ont pas à subir ma maladie. Mais je ne suis pas responsable du fait que nos appartements n’ont aucune isolation : la solution serait peut-être de demander à la propriétaire de faire des travaux pour rendre les appartements plus habitables ; d’autant plus qu’une meilleure isolation réduirait les soucis de moisissures. Pour ça, il faudrait s’allier pour le demander à la propriétaire : mais les voisins ne veulent pas, ils préfèrent me mettre des mots dans la boîte aux lettres et sur ma porte. Je leur ai pourtant proposé. J’ai même entendu le gamin leur lire ma réponse (les joies des appartements pas isolés, tu pètes, le voisin t’entend).

Le pire, dans tout ça, c’est que c’est l’hôpital qui se fout de la charité. Je peux comprendre qu’ils n’aiment pas mon bruit, je suis une grande amoureuse du silence. Mais eux..

Déjà, ils ne se parlent pas, ils hurlent. Tout le temps. Alors qu’ils savent très bien que les voisins entendent. Quand la mère ou la grand-mère rentre de courses, elle tambourine à la porte -alors qu’elle a sa clé- et si le gamin ne lui ouvre pas dans les secondes qui suivent, elle se met à hurler comme un cochon qu’on égorge en tabassant la porte. Elle s’imagine quoi, que j’aime l’entendre beugler comme ça ? En plus je l’entends frapper le pauvre gosse s’il n’a pas ouvert assez vite. Paie l’éducation. Du coup juste après on a le môme qui pleure et crie, tout en se prenant d’autres trempes parce que justement, il pleure et crie. Le cycle sans fin et évidemment, très bruyant.

Ensuite, ils passent leur temps à faire des allées et venues dans les couloirs -en hurlant évidemment- et font bien grincer la porte du couloir. La proprio leur a expliqué qu’il fallait accompagner la porte pour éviter cet insupportable grincement, mais ce n’est pas monté au cerveau… des dizaines d’allées et venues avec les grincements qui vont avec, ce n’est pas silencieux.

Quand un match de foot passe à la télé, ça devient une zone de non-droit : ils hurlent encore plus fort, cognent sur les murs, finissent bourrés comme des coings à pisser, fumer et beugler dans les couloirs. Évidemment dans leur état ils se trompent de porte lorsqu’ils remontent et cognent chez moi… et les flics ne font rien, car je vis dans un quartier communautariste et les policiers du coin sont majoritairement de cette communauté. Et visiblement, la communauté passe avant le respect de la loi à leur yeux.

Le pire, c’est le pater familias qui fume comme une usine, dans sa salle de bains dont la ventilation est connectée à la mienne (miam les vapeurs cancérigènes qui viennent chez moi !), et dans les couloirs alors que c’est interdit. Et vous savez quoi ? Respirer de la fumée de clope, eh bah ça augmente ma toux ! Il est donc en partie responsable de ce bruit qui le dérange tant !

En fait, je ne sais pas trop ce qu’ils attendent, à m’inonder de mots me demandant d’arrêter de tousser. Ils espèrent une guérison miracle, ou alors ils sont juste teubés au point de me demander de crever en silence en s’imaginant que je vais m’étouffer pour des gens que je ne connais pas et qui me sont antipathiques au possible ? Ils ne sont jamais venus me parler du problème -enfin, n’ont jamais envoyé leur gamin- et sont directement allés me signaler à la propriétaire, continuent de me harceler de mots malgré l’explication, et en plus se foutent de la gueule du monde car eux sont bruyants au possible.

Je sais que j’ai beaucoup de mal dans mes relations sociales, mais ces gens ne donnent pas envie de les connaître. Et pour être franche, même si je fais du bruit, je ne compte pas m’étouffer pour quiconque. Tant pis si ça dérange. Contrairement aux fumeurs, je n’ai pas choisi d’avoir des poumons pourris.

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Ces comportements de la vie de tous les jours que je commence à retrouver dans mes jeux en ligne

Les jeux en ligne et moi, c’est une grande histoire d’amour. Ils ont été d’une grande aide pour compenser mon absence de vie sociale, de confiance en moi, tout simplement pour m’évader de cette vie que je détestais, prise entre le harcèlement scolaire et une mère névrosée.

J’y ai rencontré des gens vraiment sympas, qui ont été mes amis, mes confidents… et hélas, pour certains, mes défouloirs. Je le regrette aujourd’hui, car je me rends compte que j’avais un caractère très difficile et que j’ai probablement blessé des gens super à cause de mon manque de confiance en moi, qui se traduisait par un rejet systématique de toute main tendue. J’aimerais m’excuser aujourd’hui.

Mais bref, là n’est pas le sujet. Lorsque j’ai commencé à jouer, je ne rencontrais pas spécialement de difficultés. Si je voulais faire un donjon, il n’était pas si difficile de réunir une équipe. Si je voulais aller farmer tel ou tel monstre, une petite annonce suffisait (plusieurs pour bouger ceux qui avaient la flemme :p). Mais aujourd’hui, c’est avec horreur que je retrouve des comportements que j’aurais préféré bannir de mon existence !

Comme beaucoup de monde sur les jeux en ligne, j’ai envie d’optimiser mon personnage. Pour cela, j’ai besoin de l’équipement X, et pour l’obtenir, il faut faire le donjon X. Sauf que le donjon X est compliqué, il demande une certaine stratégie. Et au lieu de vous apprendre la stratégie, les gens qui la connaissent préfèrent faire le donjon entre eux, pour ne pas se prendre la tête. Parce que forcément, un donjon compliqué avec un débutant, ça prend plus de temps. Et alors ? Eh bien alors le débutant reste débutant parce que personne ne veut lui apprendre.

Le jeu auquel je joue actuellement, au sein du Pacte de Coeurébène 🙂

C’est comme dans le monde du travail. On vous demande de l’expérience pour travailler, mais pour avoir de l’expérience, il faut trouver un travail. J’ai besoin d’expérience pour faire le donjon, mais sans personne pour m’aider, je ne saurai jamais faire ce donjon et je ne pourrai jamais transmettre l’astuce à ceux qui en auront besoin après moi.

C’est comme ça que je me retrouve exclue comme dans la vraie vie. Pas de travail, pas de vie sociale car tu es un déchet assisté. Pas de bon équipement, pas d’accès aux instances les plus intéressantes du jeu car elles demandent un minimum d’équipement pour être faisables sans mourir toutes les 5 secondes.

Ce qui m’a choquée aussi, c’est le nombre d’arnaques. Quand j’ai commencé à jouer, il y avait quelques arnaques gentillettes (bon je dis ça, mais ça ne fait jamais plaisir) mais on était vite avertis, on se faisait passer le mot. Aujourd’hui plus personne ne se fait passer le mot, ou alors dans des cercles très fermés. Aujourd’hui ce qui circule, ce sont les tutoriels pour hacker le jeu et te permettre de lancer tes sorts plus rapidement sans ramer -ce qui te rend bien plus efficace en PVP que le clampin qui reste fair play-. Ce sont les techniques pour hacker le compte d’un autre joueur et le dépouiller de ses ressources, équipements et argent virtuel.

Et je crois que le pire, c’est le recul hallucinant de la solidarité entre joueurs, celle qui faisait la beauté des MMO, celle qui faisait que j’adorais jouer. Maintenant, si tu veux passer un donjon difficile, tu dois payer les gens qui viennent t’aider. Du coup, on ne peut plus vraiment appeler ça de l’aide. Lorsque j’essaie de réunir une équipe, 9 fois sur 10 la personne que je viens de recruter va me demander de l’argent -virtuel- pour l’aide. Certains se permettent même de demander de l’argent réel… et le pire c’est qu’ils l’obtiennent -pas de ma part, je zappe immédiatement, c’est illégal-.

Je ne peux pas m’empêcher de penser au concept de « RSA contre bénévolat » quand je vois ce genre de comportement. Tu veux de l’aide ? Eh bien tu raques. Alors que l’aide devrait être gratuite, couler de source, on appelle ça la solidarité. Tu as sûrement été aidé un jour, il est donc normal d’aider en retour sans essayer de presser les personnes aidées comme des citrons pour avoir une compensation.

Je trouve vraiment désolant que ces comportements égocentriques et intolérants gagnent les jeux. On est censés s’y détendre, pas se prendre au sérieux ou se croire au travail. Une fois j’ai connu une meneuse de guilde qui ne se prenait vraiment pas pour de la merde, au point de rabaisser les joueurs, imposer ses points de vue sur le lore -l’histoire, le background si vous préférez- du jeu alors que c’était totalement faux… et qui s’étonnait lorsqu’une grande gueule dans mon genre finisse par la remettre à sa place : une simple random gonzesse qui a créé une guilde virtuelle sur un jeu virtuel. Qui n’a pas à pressurer des gens qui viennent se détendre, qui n’a même aucune légitimité pour le faire. Personne n’a à se soumettre d’ailleurs. Pourtant certains le font… un peu comme dans la vraie vie. Dans certains jobs, on a un rapport dominant-dominé particulièrement atroce à vivre et on voit ce schéma se reproduire dans les jeux. Et ces mêmes gens trouver ça normal.

Évidemment, même si voir ces comportements se reproduire dans des univers que j’adore me pèse, je continue à jouer. Je trouve juste dommage qu’en ayant atteint le niveau maximum, je me balade avec un mauvais équipement, je n’ai jamais fait les donjons les plus marrants -ceux qui donnent de la difficulté quoi !-… pourtant, j’essaie ! Mais je suis très nostalgique de l’époque où faire tout le jeu ne posait aucun problème à personne.

Ce jeu-là je n’y ai pas joué bien longtemps, je n’aime pas lorsque les personnages féminins sont trop sexualisés ^^

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L’histoire de mes parents

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Ma mère était une baroudeuse. Elle aimait voyager, particulièrement en Espagne, son pays d’origine et de cœur. Elle se souvient d’ailleurs souvent de la période franquiste et post-Franco, et a témoigné plusieurs fois en classe.

Pour sa génération, ne pas être mariée et ne pas avoir d’enfants à plus de 30 ans, c’était gonflé. Même l’une de mes tantes, une no-kids assumée, était au moins mariée.

Ma mère, rien de tout ça. Ça ne l’intéressait pas. Elle préférait les petites aventures au fil de ses pays d’accueil.

Après avoir fini un contrat de travail en Espagne, ma mère s’est tournée vers un de ses amis, désespérée : elle ne voulait pas retourner en France (à l’époque si tu ne retrouvais pas un travail rapidement, tu étais reconduit à la frontière) où elle aurait dû retourner chez ses parents. J’avais déjà vaguement parlé du caractère de ma grand-mère sur le blog, qui détestait ses enfants et leur faisait payer le fait d’avoir été engoncée dans un rôle de mère qu’elle n’a jamais voulu. Je vous copie le texte ici car l’article dont l’extrait est issu est long :

 Dans ma propre famille j’ai eu l’occasion de voir ce que ça donnait, avec ma grand-mère maternelle. C’était une femme moderne, intelligente, qui voulait travailler et qui était douée. Mais son époque ne le permettait pas, on l’a obligée à se marier, et mon grand-père l’a littéralement transformée en poule pondeuse. Elle a eu 5 enfants et plusieurs fausse-couches. Elle n’était pas faite pour être mère ni pour être femme au foyer et s’est vengée sur ses enfants. Elle mentait à son mari pour qu’il « corrige » les enfants, ne faisait rien dans la maison, harcelait sa fille aînée pour qu’elle fasse toutes les corvées à sa place, était imbuvable au quotidien. Autant ses deux fils ont été plutôt tranquilles, mais l’enfance des trois filles a été une vraie horreur. Je ne m’entendais pas avec mamie car je lui ressemblais beaucoup, j’étais comme elle à son âge. Sauf qu’à moi on m’a laissé ma chance, on m’a laissée étudier et tenter de me faire ma place. Certains diront que le modèle de ma grand-mère est d’une autre époque, mais non. De nos jours aussi, certaines femmes s’imaginent qu’être mères est leur destin, qu’elles n’ont pas d’autres choix. Certaines se font imposer la maternité et trouvent ça normal.

Son ami l’a donc emmenée quelques semaines au Maroc, mais il a bien fallu rentrer. Il l’a hébergée un petit moment et ma mère a pu trouver un contrat de formatrice. A l’époque c’était moins compliqué de trouver un logement, son CDD longue durée suffisait (aujourd’hui il lui faudrait 18 garants, 56 fois le loyer et un troupeau de licornes).

C’est dans le centre de formation qu’elle a rencontré mon père. Un homme charismatique, en instance de divorce. Il avait une fille de 12 ans et 20 ans de plus que ma mère. Elle s’en foutait. Elle est tombée amoureuse, lui a repéré un nouveau pigeon à plumer.

Elle s’est rapidement installée avec lui, bien qu’il ne soit pas encore officiellement divorcé. Il s’absentait souvent, soi-disant pour le travail, elle ne se posait pas trop de questions. Manipulateur, mon père avait très bonne réputation au travail et donc elle ne se méfiait pas. Il s’est rapidement fait aimer de la famille, soulagée que ma mère se case enfin.

En fait, il avait commencé à la plumer à peine quelques mois après leur rencontre.

Puis ma mère est tombée enceinte.  En congé maternité, elle peinait un peu seule, demandait de l’aide à mon père qui lui promettait la lune pour qu’elle patiente, et lui jetait trois sous de temps en temps pour endormir la méfiance.

Il interceptait les courriers et ma mère ne s’étonnait pas de ne rien recevoir, avec ses habitudes de baroudeuse, elle n’avait jamais beaucoup eu de courrier.

Elle a accouché seule malgré les promesses de mon père d’être là. Vous le savez peut-être, je suis née malade. Du pain-béni pour mon père, car du coup ma mère était souvent en déplacement sur Paris pour mon suivi (je suis née en Corrèze) et pouvait encore moins s’apercevoir de ce qui lui pendait au nez.

Ce qui a mis la puce à l’oreille de ma mère, c’est que mon père a mis beaucoup de temps pour me reconnaître. Près de quatre ans. Pendant près de quatre ans j’étais sans père officiel. A l’époque ma mère insistait pour qu’il fasse la démarche, sans savoir que ce temps me serait salvateur pour la suite.

Elle a fini par mettre son nez dans ses affaires, pour savoir ce qui pouvait lui prendre tant de temps au point qu’il oublie sans arrêt de se rendre à la mairie…

De fil en aiguille, les langues se sont déliées. S’il a divorcé de sa précédente femme, c’est parce qu’elle l’a demandé après qu’il l’ait escroquée jusqu’à la moelle. Elle a tenté de prévenir ma mère, mais il l’a menacée, elle et sa fille, et interceptait les courriers. Il a aussi escroqué des dizaines d’autres femmes, dont une qui a eu un enfant de lui trois mois après ma naissance, ainsi que des professionnels.

Le plus drôle c’est que mon père n’était même pas poursuivi puisque toutes les dettes étaient faites au nom des personnes qu’il escroquait. Les plaintes ont fini par se regrouper, c’est venu aux oreilles de ma mère qui s’est aperçue qu’elle avait plusieurs briques de dettes à son nom. Elle était complètement ruinée et endettée. Pour avoir fait confiance à un homme qu’elle aimait. Des centaines de milliers de francs dus principalement à des emprunts. Mon père avait été jusqu’à faire une fausse carte d’identité au nom de ma mère, avec une fausse photo, pour amener une complice dans les banques et la faire passer pour ma mère. Il a vendu sa voiture, ses objets de valeur, pendant qu’elle parcourait les hôpitaux pour ma santé. Il avait aussi escroqué un de mes oncles et une de mes tantes.

Le choc a été tel que ma mère n’était plus en état de s’occuper de moi. Elle m’a confiée à mon oncle. Celui qui avait été escroqué par mon père. Si vous me suivez depuis un certain temps, vous savez ce qui m’est arrivé là-bas.

La famille a tourné le dos à ma mère qui s’est retrouvée à la rue, plusieurs mois. Personne ne lui a tendu la main. Ses anciens amis se méfiaient d’elle à présent, comme si elle portait une étiquette de paria, elle, la naïve. A force d’acharnement, elle a fini par se trouver un petit logement social d’à peine 15m². Elle a demandé à me récupérer, mais les travailleurs sociaux et divers psychologues lui ont mis des bâtons dans les roues pendant encore plusieurs mois, avant de la déclarer apte à me reprendre. Elle était à peine remise, elle a récupéré une fille traumatisée par la maltraitance, dont le caractère avait totalement changé, et qui était plus en mauvaise santé que jamais. Et en plus de ça elle avait les travailleurs sociaux sur le dos, qui voulaient savoir pourquoi j’étais dans cet état, avec mon oncle qui niait avoir levé la main sur moi et se comportait en petit angelot qui avait déjà eu la bonté d’âme d’accueillir une gamine malade après ce que lui avait fait mon père…

La maltraitance n’a jamais été reconnue, malgré les cicatrices que j’ai portées pendant des années. Affaire sans suite. Je me suis lacéré le dos toute seule ? Visiblement oui.

Mais si mon caractère avait changé, celui de ma mère aussi. La procédure contre mon père s’éternisait, elle était loin d’être la seule victime, et loin d’être prioritaire pour les dédommagements. Pour vous donner une idée, je vais avoir 27 ans, elle n’a toujours pas été dédommagée. Mon père n’a jamais remboursé un centime à quiconque et est en liberté. Il n’a jamais mis les pieds en prison.

Ma mère a été reconnue innocente des dettes contractées, mais ça n’a pas empêché les banques de lui coller un interdit bancaire pendant 15 ans. Elle a essayé de le faire lever, sans succès. Elle a dû faire avec alors qu’elle n’y était pour rien.

Ma mère, la baroudeuse, si joyeuse, si ouverte d’esprit, est devenue complètement névrosée, paranoïaque, sexiste. Elle ne s’est plus jamais mise en couple et a toujours rejeté les déclarations des hommes avec mépris. Elle a même appris de mon père, car je l’ai vue en manipuler certains qui avaient des sentiments pour elle, juste pour obtenir des avantages. Elle a aussi pris de lui en vidant quasi-totalement mon compte en banque juste avant mes 18 ans « parce que je me suis toujours occupée de toi seule, tu me dois bien ça ». L’argent ne lui appartenait pas, c’était celui que mon grand-père m’avait laissé pour que je fasse de bonnes études.

Mon père ? Jamais une lettre, jamais un mot, et évidemment, aucune pension. Par contre, il a envoyé des lettres de menaces à ma mère pendant des années pour qu’elle se retire de la liste des plaignants. Des menaces de mort, envers elle et envers moi.

Par contre, il se souvenait de ma date de naissance, puisqu’à mes 18 ans j’ai eu la surprise de voir une demande de pension alimentaire de sa part. J’étais étudiante, je n’avais jamais bossé, même si j’avais voulu, je n’aurais pas pu lui verser quoi que ce soit. La justice a décrété qu’entre l’absence de pension alimentaire, le fait qu’il m’ait reconnue extrêmement tard, qu’il n’ait jamais cherché à me voir, je ne lui devais rien et ne lui devrai jamais rien, même lorsque je travaillerai et aurai une situation.

Voilà l’histoire de mes parents. A l’école, parler de ma situation familiale sur les fiches à remplir était un calvaire. Être enfant de divorcé était déjà difficile, mais bâtarde d’un escroc et d’une chômeuse (seule, ma mère ne pouvait pas à la fois travailler et s’occuper de moi) c’était la foire aux moqueries.

Parfois je comprends mieux ma mère, son comportement, après tout ce qu’elle a vécu, mais elle m’a aussi beaucoup fait payer le fait d’être la fille de mon père. Elle, et ma famille qui ne m’a jamais acceptée car à travers moi, ils le voyaient, lui. Ma tante m’a même un jour sorti (j’avais genre 12 ans) que je devrai lui rembourser ce que mon père lui a pris. Comme si j’étais coupable de ses actes.

Même mon ex, qui n’avait jamais connu mon père, se méfiait de moi. Je lui avais raconté mon histoire, dans un souci de transparence, mais entre un père escroc et une mère pas loin de l’escroc non plus je ne lui inspirais pas confiance. Pourtant je ne suis pas mes parents.

Aujourd’hui, je n’ai plus de nouvelles de mon père et tant mieux. Je sais juste qu’aux dernières nouvelles il était du côté de Limoges. J’évite les départements dans lesquels je sais qu’il a résidé. Avec ma mère, c’est plus difficile. A une époque j’ai cru parvenir à recoller les morceaux, puis elle s’est plongée dans la religion de manière extrême et j’ai du mal à lui parler. Elle rapporte tout à Dieu, fait du prosélytisme, et moi je suis profondément athée.

Mon père a détruit ma famille, qui même sans lui n’était déjà pas bien proche. Il m’a éloignée d’eux. Il a anéanti ma mère, et par extension, il m’a touchée aussi. J’ai été battue à cause de lui. J’ai grandi avec une névrosée à cause de lui. Et pour tout ça, pour toutes ces vies brisées (celles de ma famille, mais aussi tous les autres qu’il a escroqués), il n’a jamais payé. La justice l’a condamné, il ne paie pas, et il n’a jamais été arrêté. C’est beau la justice.

Publié dans Une vie de rousse

Ma perte de gras : bilan des deux semaines

ultrasport

Après avoir râlé tout mon saoul sur ma prise de poids (et de gras) sur cet article, je me suis dit qu’il était temps que je me motive un peu, et j’ai profité des soldes pour acheter le vélo d’appartement que vous voyez en illustration pour 99 euros au lieu de 179. Il est d’ailleurs toujours en soldes sur Amazon, ici, s’il vous intéresse.

J’aurais éventuellement pu m’inscrire en salle de sport, pour être conseillée, mais dans ma région (Île de France) les tarifs sont affreusement prohibitifs et je ne suis pas un animal social : je déteste être entourée de monde, surtout dans un endroit où tout le monde se jauge du regard. Moi j’ai juste envie de faire mon sport dans mon coin sans personne pour me regarder.

Du coup, en début de mois, j’ai commandé mon vélo et je m’y suis mise. Je me suis un peu renseignée pour savoir combien de temps je devais pédaler pour voir une amélioration et je suis tombée sur 44 minutes par jour, soit disant la durée recommandée par l’OMS pour une perte durable de poids. Bon.

Les premiers jours ont été vraiment affreux, car le vélo n’a jamais été mon sport favori, et en plus, je ne m’étais pas bougée depuis longtemps. Je me suis retrouvée avec d’horribles courbatures bien avant d’atteindre les 44 minutes. Je me forçais, quitte à en pleurer, jusqu’à finir par être au bord du claquage, ce qui m’a fait lever le pied. Je me suis contentée de pédaler jusqu’à avoir mal, sans trop regarder la durée.

Aujourd’hui, j’atteins les 45 minutes sans forcer physiquement. Par contre, il m’arrive souvent d’avoir des vertiges pendant que je pédale. Je me suis sentie plus d’une fois partir en arrière. Je ne sais pas trop à quoi c’est dû mais c’est un peu flippant, d’autant plus que je fais toujours mon sport pendant que mon homme est au travail (j’ai déjà suffisamment honte de m’être laissée grossir comme ça, je ne vais pas lui faire le plaisir de me voir toute dégoulinante de sueur, aussi gracieuse qu’un phoque en rut), donc si je tombe alors qu’il est absent, les conséquences risquent d’être désastreuses.

Niveau cardio, je ne sens pas de réelle amélioration pour le moment : je fatigue moins vite, certes, mais j’ai toujours le cœur qui bat à fond à la fin de chaque séance.

Cependant j’ai vu une réelle amélioration au niveau des cuisses : je les trouvais plus fermes, et en effet, j’ai perdu 1.6cm en une semaine ! Le truc de fou ! Je n’ai pas encore mesuré pour la 2ème semaine et je pense que je ne le ferai pas, car je n’ai pas envie de me mettre la pression. C’était juste pour voir.

Je n’ai pas acheté de balance pour mesurer mon poids et là non plus je ne le ferai pas, car je n’ai pas envie de devenir une de ces cruches obsédées par leur poids qui se ruent vers la balance au moindre écart non-healthy. J’ai déjà quelques nanas comme ça dans mon entourage qui me font régulièrement lever les yeux au ciel, alors pitié, je ne veux pas leur ressembler. Ce qui me dégoûte c’est surtout le gras, ça ne me dérange pas de peser lourd tant que je ne dégouline pas de graisse par tous les pores. Déjà, j’arrive de nouveau à entrer dans mon 42, ce qui me rassure, je suis sur la bonne voie. Si je passe à une taille 40, par contre, je serai un peu dans la mouise car je n’ai aucun pantalon de cette taille.

Néanmoins, ce qui m’interpelle le plus, c’est l’ennui. Je pédale en me mettant un film pour éviter de m’ennuyer, et pourtant, je me force. Je déteste le vélo. Pédaler pour pédaler, pouah. A chaque séance je vois les secondes passer et je me force en mode « encore 5 minutes » puis « encore 5 minutes », etc, pendant 45 minutes. C’est à peine si je me concentre sur le film. Je ne sais pas trop comment aller au-delà de cet ennui qui tue ma motivation. Le froid n’arrange rien non plus : je vis dans un appartement mal isolé, qui en hiver est glacial le matin : j’ai à peine la motivation pour me déshabiller pour aller à la douche car le froid mord la moindre partie dénudée de mon corps. Alors me changer pour me mettre en tenue… 😦

Il y a la Kariana qui a envie de maigrir, de se muscler, qui est motivée pour se bouger et la Kariana qui sait qu’elle va perdre 1h de sa vie à s’ennuyer à mourir et qui préfèrerait encore crever que monter sur ce foutu vélo. Je comprends mieux pourquoi j’avais vendu l’ancien : je m’emmerde avec ça.

Le souci, c’est que les seuls sports qui me plaisent ne me sont plus accessibles à l’heure actuelle : je n’ai pas l’argent et je n’ai plus la condition physique. Sincèrement je pense que même en m’entraînant intensivement je ne parviendrai pas à atteindre le niveau que j’avais en taekwondo pendant mon adolescence. J’ai gardé des réflexes (qui sont souvent bien violents, les pervers du RER s’en souviennent), un certain courage, je sais qu’en cas de danger je ne serai pas tétanisée mais ça s’arrête là. Et puis le taekwondo, ça ne me fera pas maigrir. Ça va me faire bouger oui, mais pas au point de perdre tout le gras accumulé. Un sport qui me plaît ne me permettra pas de remplir mon objectif.

Bref, un premier bilan mitigé, car si les résultats sont là, je n’éprouve pas le moindre plaisir à faire mon sport journalier. Et me connaissant, il va falloir que je trouve la parade sinon je vais tout envoyer paître. La motivation à maigrir ne fera hélas pas tout. Et lire des femmes qui prennent un plaisir fou à chaque séance de sport pendant que moi je me force pour chaque minute n’arrange rien, j’avoue. J’ai peut-être choisi le mauvais sport, mais il n’y en a pas non plus 36 à faire chez soi, non-coachée, avec un manque évident de place.

Un petit mot sur le vélo au cas ou certain(e)s hésitent, tant qu’à faire :

Il s’agit de l’Ultrasport F-Bile 150/200B, acheté sur Amazon (je n’aime pas encourager cette enseigne, mais bon). Pour un sport quotidien sans prise de tête, il est bon : il se monte facilement, se plie/déplie facilement pour le ranger dans un coin.

Il ne fait pas de bruit pour les premiers niveaux de résistance, par contre à partir de 4/5 on commence à l’entendre, comme un léger grincement. Pour le moment je n’ai pas été au-delà de 5 donc je ne saurai pas vous dire si les derniers sont bruyants.

Je trouve que la lanière des pédales tient mal. D’ailleurs si comme moi vous êtes court sur pattes vous allez avoir un peu de mal : vous avez le choix entre vous faire mal à la foufoune pour pouvoir poser les pieds à plat ou vous caler correctement et toucher les pédales avec la pointe des pieds. J’ai choisi de sacrifier mes pieds ^^

Le petit écran me déçoit aussi : les fils dépassent, le bouton n’est pas pratique, il faut parfois appuyer plusieurs fois pour avoir la donnée que l’on veut. On sent la mauvaise qualité à ce niveau. Après si ce n’est pas à usage professionnel, ça va très bien. Il suffit de presser le bouton pour switcher les données et remplir son petit tableau. Mais si j’avais dû le payer 170 euros je l’aurais eu fade d’avoir un écran aussi pourri.

Le guidon est pas mal pour pouvoir se caler un bouquin tout en pédalant. Ça aide un peu à surmonter l’ennui, si vous êtes capable de lire en pédalant ^^

Voilà, voilà.