Publié dans Littérature

Monsieur est mort, de Karine Silla

Monsieur est mort

Titre : Monsieur est mort

Auteur : Karine Silla

Date de Parution : 21/08/2014

Éditeur : Plon

Genre : Littérature française

Pages : 202

Prix : 16 euros

Quatrième de couverture :

A la mort de son père, Vincent quitte l’Inde où il vit depuis quinze ans pour revenir à Paris. Telle une bombe à retardement, cette disparition fait ressurgir du passé des traumatismes enfouis. Ce retour sera-t-il le déclencheur pour que se brisent enfin les tabous, que soient dévoilés les secrets et les non-dits familiaux ? Un roman sur la culpabilité, le pardon et le pouvoir de destruction du silence.

Un mot sur l’auteur :

Karine Silla est dramaturge, réalisatrice et scénariste. Sa pièce Le temps qui passe a été jouée au théâtre des Mathurins. Monsieur est mort est son premier roman.

Mon avis sur ce roman :

Je ne travaillais en librairie que depuis deux jours que déjà, mon patron m’appelle. Je me demandais quelle connerie est-ce que j’avais bien pu faire, lorsqu’il m’a désigné le présentoir de la rentrée littéraire et m’a dit de choisir un livre dans le lot, pour en faire un commentaire, et que j’avais une semaine pour le lire. Pour le coup, c’était LE présentoir sur lequel aucun livre ne m’inspirait. J’ai feuilleté quelques quatrième de couverture puis reposé les livres, l’air un peu perplexe, puis je suis tombée sur celui-ci. Une histoire sur une famille pleine de non-dits, de tabous, dont une mort fait ressurgir ce qui était enfoui. C’est assez proche de mon histoire personnelle en fait, j’ai une famille dont l’entente est très instable, et lorsque mon grand-père, la seule personne qui reliait tout le monde, est mort, pas mal de monde a laissé sortir ses rancœurs. J’ai regardé les premières pages et je me suis dit « vendu, c’est bon, je le prends ».

Ce qui m’a décidée aussi, c’est la petite mention, au début du roman, qui dit que celui-ci est inspiré d’une histoire vraie. Ce qui me parlait d’autant plus.

Je ne suis plus habituée à ce genre de livres depuis longtemps. Spontanément, je lis plutôt de la fantasy, de la science-fiction, tout ce qui peut me permettre d’imaginer un autre monde que le mien. Tout ce qui peut me permettre de me changer les idées. C’est rare que je lise des choses qui peuvent me rappeler ma propre vie. Pourtant, là c’est ce que j’ai fait.

Par moments, le narrateur parlait d’émotions, de ressentis qui ressemblaient tellement aux miens que, mal à l’aise, je fermais le livre. J’ai toujours pris grand soin de ne pas mettre de mots sur mes émotions, sur mon passé. Pour mieux oublier et tout mettre dans un coin.

En soi, il ne se passe pas grand chose, mais le livre fourmille de petits détails, de petits riens qui font que l’on tourne les pages, les unes après les autres, sans s’en rendre compte. Qu’on a envie de savoir la suite, ce qui va se passer. Est-ce que Vincent va repartir en Inde sans rien faire, ou est-ce qu’il va se décider à passer la porte de l’appartement ? Même lorsque j’étais mal à l’aise, je finissais par rouvrir le livre, pour continuer, pour voir. Le suspense monte petit à petit. C’est quoi, ce fameux tabou familial ? Comment est-ce que le narrateur s’est construit malgré l’absence d’un schéma familial classique ? Et surtout, pourquoi cette mort change tant de choses ?

Je suis assez intriguée par ce style d’écriture. Je lis très rapidement, mais généralement, lorsque je ne peux pas m’arrêter, c’est lorsque j’accroche vraiment au livre. Or, dans celui là, il ne se passe pas grand chose. Je ne suis même pas capable de dire si je l’ai aimé ou pas. Si je l’ai lu si vite, jusqu’au bout, c’est sûrement que j’y ai trouvé mon intérêt. Mais pourtant, ce n’est pas un livre que j’achèterai pour le faire trôner sur ma bibliothèque. Il m’a dérangée, il a mis des mots sur ce que je refusais de nommer. Et pourtant, je ne regrette pas de l’avoir choisi sur ce présentoir.

J’avoue que cette critique ne doit pas vous inspirer des masses, ni vous avancer à grand chose. Je découvre un nouveau genre littéraire, même si j’ai encore du mal à comprendre en quoi certains livres méritent des prix et pas d’autres. Pourquoi cette sélection-là méritait d’être mise en avant par rapport aux autres présentoirs, derrière. Je comprendrai sûrement un jour. Mais je pense que Monsieur est mort mérite d’être lu. Parce qu’il a le mérite de prendre aux tripes. Sans doute parce que le héros me ressemble, par moments.

Quelques extraits :

La boîte de Pandore s’était ouverte deux jours après la mort de mon père et je ne pouvais plus rien garder en moi de mon passé. Comment avais-je fait jusqu’alors pour la tenir scellée ? Des années durant, je m’étais réveillé à l’autre bout du monde, jour après jour, et ne m’étais soucié que des quelques heures à venir ; j’étais presque paisible loin de cet immeuble aux pierres grises, ce bâtiment maudit et hanté par les malheurs des gens inconnus et par ceux que nous y avions laissés.

Il ne faut jamais conserver ses souvenirs dans un même lieu si l’on ne veut pas être soumis à la torture de les revivre continuellement ; les chagrins ne doivent pas stagner, la seule manière de survivre reste le mouvement. S’éloigner d’eux, ou les tuer.

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Auteur :

Je suis une femme de 27 ans, blogueuse humeurs et emploi, cherchant à creuser son trou dans le monde du travail malgré son handicap.

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