Publié dans Littérature

Le Cercle des Femmes, de Sophie Brocas

Aujourd’hui, c’est littérature ! En effet, dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire 2014, j’ai reçu un livre à lire. Il y avait beaucoup de titres entre lesquels j’hésitais, mais il a bien fallu en choisir un : Le Cercle des Femmes, de Sophie Brocas. Et le truc, c’est que je suis méga en retard pour en faire la critique. Bon, la limite est le 31 décembre mais je l’ai reçu il y a un bon moment et j’ai eu du mal à le terminer. Mais commençons par un petit descriptif de la bête :

Le cercle des femmes

Titre : Le Cercle des Femmes

Auteur : Sophie Brocas

Date de Parution : 21/08/2014

Éditeur : Julliard

Genre : Roman

Pages : 196

Prix : 18.50 euros

Quatrième de couverture :

« Je rejoins Maman dans la maison fraîche. Elle poursuit son patient travail de tri : le tas des choses à jeter, le tas des choses à conserver, le tas des choses pour lesquelles on verra plus tard. Qu’est-ce qu’il m’a pris de me mettre à quatre pattes pour regarder sous la grande armoire ? Ma main a tiré à elle une énième boîte à chaussures. J’ai soufflé la pellicule de poussière qui recouvrait son couvercle avant de le soulever. »
Réunies durant quelques jours à la campagne à l’occasion des funérailles de leur aïeule et amie, quatre générations de femmes partagent leur intimité et leur deuil. La jeune Lia découvre par inadvertance un secret de famille jalousement gardé pendant soixante ans. Ces révélations risquent-elles de déclencher un cataclysme au sein de cette tribu très attachante ? Roman initiatique, Le Cercle des femmes explore avec délicatesse les mécanismes inconscients de transmission de mères en filles et nous offre une galerie de personnages aussi touchants que fantasques.

Un mot sur l’auteur :

Sophie Brocas travaille au service de l’État. Le Cercle des Femmes est son premier roman.

Mon avis sur ce roman :

Découvert et acquis grâce aux matchs de la rentrée littéraire, je vous avoue que je ne l’avais pas vu sur le présentoir de la librairie dans laquelle je travaillais. Il m’a attirée car la quatrième de couverture parlait des mécanismes inconscients de transmission de mère en fille et c’est quelque chose qui m’a toujours un peu travaillée, car si je n’ai rien en commun avec ma mère, je lui ressemble malgré tout sur beaucoup de points.

Si vous me suivez sur les réseaux sociaux, vous avez bien dû me voir parler de ce roman que j’ai entamé il y a plusieurs mois et que j’ai terminé il y a à peine quelques jours, malgré ma vitesse de lecture. En réalité, je me suis interrompue. Pourquoi ? Car le début est lent, mais vraiment très lent. On nous présente les personnages, leurs petites histoires, leur passé, mais je ne suis pas parvenue à m’attacher. Il faut dire que je ne suis pas « très famille », et encore moins « très famille soudée » car c’est à l’opposé de ce que j’ai connu.

A un moment, je m’ennuyais tellement que j’ai tout simplement refermé le livre, puis mis dans ma bibliothèque, en me disant que je le reprendrais plus tard. Et je l’ai oublié là. C’est en regardant mes mails que je me suis souvenue des matchs de la rentrée littéraire, de la date limite et de mon engagement à en faire une critique. Et c’est là que je me suis aperçue qu’en réalité, j’avais arrêté au moment le plus intéressant, celui qui allait enfin donner de la saveur au livre, et surtout qui allait faire de l’histoire de ces quatre femmes une histoire bien similaire à celle que j’ai vécue, ou plutôt que mes aïeules ont vécu.

En effet, la plus jeune des femmes Palin, Lia, va découvrir un secret de famille qui va bien chambouler toute la vision que les protagonistes ont de leur défunte, ainsi que celle de leur propre vécu. Car ses descendantes ont, sans le vouloir, reproduit exactement le traumatisme sentimental que leur aïeule Alice leur avait justement caché. C’est là que je me suis retrouvée mitigée : est-ce que, vraiment, on reproduit les exemples de nos parents, même sans le vouloir ? Est-ce que, vraiment, les hommes sont si mauvais, si… dominés, si insipides ? La vision que les protagonistes ont des hommes n’est franchement pas glorieuse, mais je n’y ai pas vu pour autant d’ode au féminisme hardcore. Ces femmes ont été traumatisées et réagissent en traumatisées. Et aucune n’a trouvé le bon contre-exemple pour mettre fin à ce cercle infernal, à ces générations de femmes qui ratent complètement leur vie sentimentale.

J’ai beaucoup aimé la manière dont Lia a cherché à défaire le nœud du problème, à comprendre ce qui avait bien pu se passer, tant du côté des femmes que des hommes. Contrairement aux autres, elle a donné la parole à la gent masculine, elle leur a donné la chance de s’expliquer, ce qui montre une volonté de « briser la malédiction ».

Je n’ai pas pu m’empêcher de comparer l’histoire des femmes Palin à la mienne.

A celle de ma grand-mère, qui était une femme active, une de ces femmes qui travaillent, qui veulent s’en sortir par-elles mêmes… sauf qu’à l’époque, il était inconvenant pour une femme de travailler, et elle a été mariée de force à mon grand-père, avant d’être cantonnée à une vie de mère pondeuse tout juste bonne à emmener ses enfants à l’Église. Elle était si haineuse, si frustrée, qu’elle s’est vengée sur ses propres enfants en leur menant une vie impossible.

Ses filles, ma mère et mes tantes, n’avaient qu’une seule envie, partir. Car ma grand-mère ne cessait d’en faire des ménagères, de leur mettre dans le crâne qu’on n’attendait que ça d’elles. Elles ont acquis une méfiance innée envers les hommes et avaient tendance à attirer les cas sociaux. Ma mère a été trahie, une de mes tantes s’est retrouvée -et est toujours- avec un psychopathe qui met sa vie en danger chaque jour. Une autre de mes tantes a eu, par contre, une vie plutôt heureuse, même s’il y a eu de l’adultère dans l’air.

Et moi… moi, j’ai grandi avec une mère trahie qui a immédiatement mis tous les hommes dans le même panier et s’est appliquée à me dire qu’ils étaient tous les mêmes et que je ferais mieux de renoncer à la vie de couple. J’avais beau être méfiante, j’ai malgré tout réagi différemment : j’ai passé presque 7 ans avec mon premier « grand amour » et je suis à bientôt 3 avec le deuxième. Même si j’ai fait une erreur avec le premier, qui se rapprochait plus du pervers narcissique qu’autre chose, je suis posée avec le deuxième. Un peu comme si j’avais brisé la malédiction. Il me comprend, et même si ce n’est pas simple de composer avec un bipolaire il reste bien plus fiable que beaucoup de monde !

Bref, j’ai aussi une sorte de malédiction de famille, et j’avoue que le message du roman a trouvé son public. Même si je ne suis pas toujours d’accord avec le point de vue de la narratrice qui est un peu trop sensible à mon goût -ce n’est qu’un secret de famille, comme il y en a à peu près partout- j’ai bien aimé la deuxième partie et je ne regrette pas d’avoir fini ma lecture.

Quelques extraits :

Sa vie  me fait peur. Je ne veux pas devenir une femme de cinquante ans seule, résignée, claquemurée dans un amour perdu. Quelle différence avec Mamie Alice ? Avec Sol ? Je veux vivre autrement, déjouer la malédiction, briser le cercle des femmes Palin.

***

Ca m’a fait boum en pleine tête, en plein coeur, en plein ventre. Cette lettre pleine de regrets, mais sans excuse, d’un très vieux monsieur qui veut savoir ce qu’il a loupé sans s’autoriser pour autant à forcer la porte : contre toute attente, cela ne m’a pas déplu. 

***

Son pépiement m’avait saoulée et sa désertion m’avait peinée. J’avais une désagréable sensation de déjà-vu. Sol racontait toujours la même histoire. Comme rédigée en écriture automatique, la romance débutait en fanfare, se fissurait à la découverte des travers et défauts de l’amoureux, se ternissait avec le temps et s’achevait en procès contre le genre masculin, dans un réquisitoire cent fois répété. Mais quand apprendrait-elle de sa vie, de ses échecs, de ses mirages ?

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Auteur :

Je suis une femme de 27 ans, blogueuse humeurs et emploi, cherchant à creuser son trou dans le monde du travail malgré son handicap.

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