Publié dans Anecdotes

Souvenirs de classe

verre ageAvouez, on l’a tous fait, checker son âge au fond de son verre à l’école ^^

Si l’école a majoritairement été une mauvaise expérience pour moi, certains évènements m’ont bien marquée. De petites scènes de vie en classe, normales, mais qui sont restées gravées dans ma mémoire. Je ne saurais pas vous dire pourquoi, mais c’est comme ça, et aujourd’hui j’ai bien envie de les partager…

La première histoire s’est passée en CM2. Je copiais dans mon cahier de textes les devoirs écrits au tableau quand une de mes camarades se met devant pour demander quelque chose au prof (qui était le directeur très con dont je parlais dans un précédent article). Je lui demande donc tranquillement si elle peut se pousser, ce qu’elle fait, mais le directeur ne l’entendait pas de cette oreille. Il me regarde, puis se met droit devant le tableau en tendant les bras pour que je ne voie pas ce qui était écrit. Je ne comprenais pas trop pourquoi il faisait ça, même si j’étais habituée à ses frasques, donc j’attends en le regardant. Mais il ne cédait pas. Donc j’ai fermé mon cahier et rangé mes affaires sans noter les devoirs à faire. Il m’a collé 500 lignes à copier pour refus de copier les devoirs au tableau. Je ne les ai jamais copiées. Ma mère ne voulait pas que je fasse ce genre de punition idiote.

La deuxième histoire se passe encore en CM2, et encore avec le directeur très con. Il adorait l’équitation et donc au deuxième trimestre notre sport était l’équitation. J’étais censée être dispensée de sport mais il avait refusé ma dispense et le temps que ma mère remonte ce refus au rectorat, bah j’étais obligée de venir. Une de mes camarades ne se sentait pas bien, mais il s’en foutait et l’a mise dans le groupe de ceux qui montent (il y avait le groupe de ceux qui s’occupent des écuries, et ceux qui montent. Et on alternait chaque semaine). Elle finit par tomber de cheval, épuisée, et la monitrice constate qu’elle a de la fièvre. Elle l’emmène à l’infirmerie et voit qu’elle est à 40. Le directeur fait alors « C’est pas grave, elle n’est pas mourante, elle peut monter ». J’étais choquée.

Mon troisième souvenir remonte à la 6e. J’avais un an d’avance et en plus j’accusais un retard de croissance, je dépassais à peine les 1m20. Alors que je me rangeais dans la cour, je passe à côté d’un groupe de 4e. L’une d’entre eux me regarde et fait « Oh, ils sont petits les 6e cette année ». Elle a sorti la même chose, tous les jours, à chaque fois que je passais devant elle, jusqu’à ce que je lui sorte « Et les 4e ils ferment leur gueule parfois ? ».  Tout le groupe a bien rigolé de moi puis ils ont arrêté leur cinéma.

Je me souviens d’une fille qui s’appelait Adeline, au collège, qui en voyant que j’étais seule, est venue vers moi. Elle était seule aussi. Elle était le souffre-douleur typique : très moche (on ne va pas prendre des pincettes hein), avec des difficultés scolaires énormes (elle avait redoublé la 6e, puis la 5e, et lorsque je l’ai connue, elle retapait sa 2ème classe de 4e), et battue par ses parents qui ne s’en cachaient pas. Un des gars de sa classe a fini par me prendre à partie pendant que je faisais la queue pour le self et, avec une voix de gros débile, m’a sorti « Ah copine Adeline, Ah copine Adeline hein ! » en faisant des bruits de macaque. J’ai jamais compris pourquoi il avait dit ça, en quoi ça le regardait oO

En 6e, j’avais aussi un prof d’histoire qui était très sévère, mais aussi très juste. Il n’aimait pas le chahut en cours (bon, comme tous les profs quoi). Mais moi, j’étais passionnée d’histoire, et donc j’avais trèèèès vite mémorisé le cours. Je lisais donc le manuel, mais pas au chapitre qu’on étudiait. J’étais bien loin dans le programme. Le prof finit par remarquer que je ne lisais pas la bonne page, arrive en ninja et me prend le livre. « Bon, puisque tu fais ta maligne, tu vas sans doute pouvoir me réciter par cœur ce chapitre ? ». Je l’ai fait. J’ai toujours eu une excellente mémoire (ce n’est pas de la vantardise) et en plus ce n’était pas la première fois que je lisais ce chapitre. Le prof m’a rendu le livre et a repris son cours. Un des élèves a demandé pourquoi je n’étais pas punie et a crié au favoritisme. Il a donc dit qu’il me donnerait une punition à la fin du cours. A la fin du cours, j’ai attendu et il m’a demandé pourquoi je lisais autre chose. Je lui ai parlé de ma passion pour l’histoire, de ma mémoire, de mon avance sur le programme. Il m’a donné des cours particuliers d’histoire pendant tout le collège. Deux heures par semaine où il me ramenait de quoi satisfaire ma curiosité intarissable, des anecdotes, des livres rares, au point que j’avais une avance phénoménale sur les cours d’histoire… je ne le remercierai jamais assez car il est sans doute le seul prof à m’avoir comprise. Non je ne suis pas prétentieuse, c’est juste que quand quelque chose me passionne, je vais jusqu’au bout, je me renseigne sur tout, et après, je m’ennuie… je m’ennuyais tellement à l’école.

Pour la petite histoire, ce prof n’a plus jamais toléré que l’on m’embête en sa présence. Et il m’a même obtenu une autorisation spéciale pour que je puisse aller au CDI (Centre de Documentation et d’Information, la bibliothèque quoi) pendant les récréations car on m’embêtait toujours.

Au collège, j’avais aussi Julie. Adeline ayant fini par quitter l’école, c’est avec Julie que j’ai fini par tenter de nouer une relation. Elle était très timide mais plutôt sympa, et bien plus intelligente que ses notes laissaient à supposer. Mais elle était vraiment mauvaise en maths. Comme j’étais bonne partout, elle a fini par me demander de l’aide. On a donc passé tout un après-midi à la médiathèque, où je lui ai expliqué Pythagore et Thalès, et fait des exercices avec elle. Et pour la première fois, elle a dépassé la moyenne et a eu 13. J’étais super contente pour elle, mais toute la classe a cru que je cherchais à me faire mousser en me la jouant prof. Ils se sont foutus de ma gueule pendant toute la semaine. Julie était super gênée pour moi et n’a plus osé me demander de l’aide…

En 4e, en espagnol, je discutais souvent avec Julie. Faut dire qu’elle avait un très bon niveau d’espagnol et moi aussi. Disons qu’on avait un niveau plus élevé que celui du collège sans être exceptionnel. On devait lire un texte à voix haute et la prof interroge Majid, un des gars de la classe. Il commence à lire, avec beaucoup de difficultés et un accent horrible. Mais on y faisait pas attention et on continuait de bavasser « discrètement ». Et je finis par rire à une de ses anecdotes, un peu trop bruyamment. Et là, Majid se retourne et me hurle « Putain de ta race d’intello de française de merde, arrête de te foutre de ma gueule, personne t’aime ici alors fais pas ta maligne et dégage grosse pute« . Il a cru que je me moquais de sa lecture. Je ne savais même pas quoi répondre, et là il bondit de sa place pour essayer de me frapper. La prof est intervenue et l’a exclu. Après ça il a passé plus d’un mois à m’attendre à la sortie du collège pour m’insulter et me suivre jusqu’au bus. Ma mère a fini par utiliser mon handicap pour me donner droit à un taxi, car il était de plus en plus menaçant et insultant. Julie et moi avons tenté de lui dire qu’on ne se moquait pas de lui mais rien à faire, il voulait juste « casser de l’intello ».

En cours de musique, en 3e, la prof a voulu nous faire écouter de la musique de nos pays d’origine. Donc elle a fait un tour de table pour recueillir les origines de tout le monde. Sauf que moi, bah je suis un melting-pot sur pattes, même si je me sens uniquement française (avec une grosse mentalité scandinave). Du côté de mon père, il y a des russes et des polonais. Du côté de ma mère, il y a des origines turques, espagnoles, galloises et irlandaises. Et plutôt récentes. Donc j’ai joyeusement énoncé mon petit melting-pot à la prof. Gros silence, et un magnifique « mythooooooooo » s’est élevé de la part de mes charmants camarades. Pour eux, on a une seule origine et c’est tout. Bah, non… je suis juste passée pour une mythomane et la prof n’a pas pris en compte mes origines.

Au collège, comme je n’arrivais pas à m’intégrer, les profs ont tenté de me faire redoubler ma 3e pour « immaturité » car ils pensaient que je n’étais pas prête pour le lycée. Mais mes notes étaient trop élevées pour que ce soit accepté. Sans compter que ma mère s’y est opposée très… vigoureusement, disons.

Au lycée, je me suis retrouvée avec la pire classe de seconde de tout l’établissement. Les 9/10 de la classe avaient été mal orientés, n’avaient rien à faire au lycée (pour vous donner une idée, seulement deux personnes, dont moi, sont passées en première, le reste s’étant réorienté ailleurs), et prenaient un malin plaisir à me reprocher mes notes. Car à l’école, avoir de bonnes notes, c’est grave la tehon. Bref. Un des profs, croyant que je m’isolais du reste de la classe à cause de ma maladie, en a parlé à tout le monde, contre ma volonté, un jour où j’étais absente. Ils ont fait circuler dans tout le lycée une rumeur comme quoi j’étais trisomique et c’est resté. J’ai été « la trisomique » tout le reste du lycée.

Je me souviens d’un gars qui s’appelait Nathan, un blondinet que je trouvais attirant. Mais sans plus quoi. Je lui jetais juste un regard que je croyais discret quand je passais devant lui et basta. Je me rinçais l’œil quoi. Une de ses camarades de classe à fini par le remarquer et m’a demandé si j’étais amoureuse. Je lui ai dit que non, je le trouvais juste mignon. J’avais juste oublié que pour une adolescente, trouver quelqu’un mignon signifie être folle amoureuse. J’ai donc eu droit à Nathan qui est venu me voir pour me dire d’arrêter de le regarder, que je ne l’intéressais pas et qu’il ne me donnerait pas son numéro de téléphone. Sympa. Il devait s’attendre à ce que je fonde en larmes parce qu’il a eu un regard surpris quand j’ai dit « ok » et que je suis partie avec un sourire ironique. Je m’en foutais juste complètement quoi !

A la fac, la première année, notre prof d’espagnol nous a fait faire un tour de table, pour qu’on se présente et qu’on énonce mes origines. Encore échaudée par la réaction de mes camarades de collège, je me suis contentée d’énoncer une seule origine, celle de mon père, polonais. Et là, trois nanas se mettent à me parler en polonais. Je leur explique que je ne parle pas polonais car je n’ai jamais connu mon père. Elles ont paru scandalisées et m’ont saoulée pendant deux ans pour que je rejoigne leur club d’étudiantes polonaises pour m’apprendre la langue et la culture du pays, car elles se disaient solidaires. Sauf que c’était un club très communautariste, qui parfois chiait bien sur les français, et moi je me sens française avant tout. Donc j’ai refusé. Elles m’ont donc aussi accusée de mentir sur mes origines, car pour elles c’était inconcevable de ne pas vouloir apprendre ma langue d’origine. Décidément… la prochaine fois je dirai juste que je suis française et puis c’est tout, tant pis pour l’exercice.

Bref, voilà pour les souvenirs scolaires les plus ancrés en moi… j’ai très peu de souvenirs joyeux car ce n’était pas une très bonne période pour moi ^^

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Auteur :

Je suis une femme de 27 ans, blogueuse humeurs et emploi, cherchant à creuser son trou dans le monde du travail malgré son handicap.

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