Publié dans Anecdotes, Une vie de rousse

Le « paranormal » et moi

Paranormal

Aujourd’hui, j’aborde un sujet plutôt délicat. Délicat car c’est quelque chose de très abstrait, auquel on croit ou non, et bien souvent en parler nous fait passer pour de gros mystiques dégénérés. Je n’ai pas la prétention d’avoir la science infuse à ce sujet, je ne suis pas non plus médium, mais en regardant il y a peu une chaîne de chasse aux fantômes, j’ai eu cette idée d’article. Je me suis dit qu’il pourrait être intéressant de vous parler des phénomènes « paranormaux » auxquels j’ai été confrontée. Je mets des guillemets car évidemment, selon l’interprétation de chacun, je vais être soit possédée soit complètement tarée.

Je n’ai jamais été très sensible à ce genre de choses, contrairement à ma mère qui, elle, avait un véritable don avant de prendre peur et de renier tout ça. Il nous est souvent arrivé de visiter des lieux et de la voir réagir de manière vraiment étrange, et j’étais capable de percevoir ce qu’elle ressentait, dans une moindre mesure. En fait, je crois que mon côté terre-à-terre m’empêche de croire totalement à ce genre de phénomènes, et du coup je me bride volontairement. En fait j’arrive à percevoir quelques sensations mais ça s’arrête là. Même s’il m’est arrivé d’avoir de puissants ressentis, comme vous pourrez le lire.

Quand j’étais petite, mes grands-parents maternels habitaient dans une grande maison, dans un quartier un peu bourgeois. C’était une maison typée manoir gothique, assez vieille. Le manoir était divisé en deux maisons et mes grands-parents habitaient l’une d’entre elles. En réalité, dans cette maison, je me suis toujours sentie très mal. J’avais une sensation d’oppression, que j’attribuais au rejet de ma grand-mère qui me détestait. Cependant cette sensation perdurait même lorsqu’elle faisait la sieste ou qu’elle n’était pas là. Un jour où j’étais fatiguée, j’ai accompagné mon grand-père à sa sieste mais je me suis très vite réveillée en hurlant : j’avais l’impression qu’on m’étranglait. Je n’avais pourtant aucune trace mais c’était comme si quelqu’un refermait ses doigts sur mon cou. J’ai quitté la maison ventre à terre en criant et c’est passé. Peut-être une crise de panique, je n’en sais rien, mais pourtant j’ai déjà fait des crises du genre et la sensation n’était pas du tout la même. Et puis un jour, alors que je m’amusais à creuser dans le jardin (il n’y avait vraiment rien à faire pour une petite fille dans cette maison), la voisine m’invite à prendre le goûter. J’étais super contente, car elle faisait le meilleur moelleux au chocolat du monde, et donc je discutais un peu avec elle. Et j’ai fini par laisser échapper que je ne me sentais vraiment pas bien dans cette maison. Je me sentais toujours oppressée, épiée, et j’ai parlé de l’histoire de l’étranglement. Elle a alors appelé ma mère et lui a dit que si j’étais sensible à « ce genre de choses » mieux valait que je ne retourne pas ici : en effet, le manoir était construit sur un ancien cimetière. Charmant. Et dire qu’à chaque fois que je venais je creusais dans le jardin (je pensais trouver un trésor, car c’était une vieille maison ^^)… je ne suis revenue que très rarement, ma mère ayant décidé de plutôt inviter mes grands-parents et eux-mêmes ayant fini par déménager, car trop vieux pour entretenir une grande maison.

Le phénomène m’ayant mis le plus mal à l’aise a eu lieu lors de la mort de mes grands-parents. D’abord mon grand-père, qui a fait un AVC au volant et s’est retrouvé à l’hôpital. J’étais venue le voir mais une seule fois, car toute ma famille est arrivée, et les entendre parler d’héritage alors que mon grand-père n’avait pas encore rendu l’âme m’écœurait. Du coup je restais à la maison avec ma mère. On était fin juin, il faisait chaud, mais d’un coup, c’est comme si un vent glacé était entré dans le salon. A chaque fois que ma mère passait à côté de moi, je ressentais un froid intense et j’avais l’impression qu’on m’arrachait quelque chose. J’ai fini par m’énerver, en lui disant de s’éloigner car elle me donnait froid. J’étais sur les nerfs, mal à l’aise, j’avais la sensation qu’on m’enlevait quelque chose mais je ne savais pas quoi. Et ma mère a commencé à pleurer, mais les larmes coulaient toutes seules, elle ne pouvait pas s’arrêter. Elle m’a alors dit « papy est mort, je le sens, il est là ». Je tremblais de froid alors qu’il faisait très chaud dehors, je n’arrivais pas à me réchauffer. Et l’hôpital a appelé. Papy venait de mourir. J’avais la trouille et je me suis enfermée dans ma chambre, sans parvenir à me réchauffer pour autant.

Quelques mois après, c’était au tour de ma grand-mère. Je n’ai jamais été proche d’elle, mais en fait, je lui ressemblais sur beaucoup de points. Je pense que c’est ça qui faisait qu’elle me détestait, d’ailleurs. Car à elle, on a pas laissé la chance d’exploiter son intelligence, alors que moi j’étais couvée par mon grand-père qui me voyait faire du droit, comme lui (à la finale je ne me suis intéressée au droit qu’à la fac, et je n’en ai jamais fait mes études). Elle avait eu un accident à sa maison de retraite, qui avait conduit à une opération. Or, elle n’avait jamais été opérée de sa vie… elle a complètement perdu la raison et dépérissait à vue d’œil. En plus, l’hôpital ayant beaucoup tardé à la prendre en charge, elle était déjà très faible lors de l’opération. Mais comme elle y avait survécu, on attendait qu’elle se rétablisse et basta. Et moi je m’en fichais un peu, j’avais été la voir une fois et elle m’avait envoyée paître. Et puis, alors que j’étais au lycée, en plein examen, il m’est arrivé la même chose qu’à ma mère : des larmes qui se mettent à couler, d’un coup, comme ça, sans raison. Et j’avais la chair de poule. Je ne comprenais même pas ce qui m’arrivait, le prof m’a autorisée à sortir un peu de la classe (on était en plein devoir) mais je n’arrivais pas à me remettre. Et puis j’ai reçu un appel de l’hôpital, car ma mère n’était pas chez elle : ma grand-mère venait de mourir, subitement, dans son sommeil. Sur le coup, j’ai été un peu choquée et je n’ai pas compris : je n’avais ressenti la mort de papy qu’à travers ma mère, alors que j’étais proche de lui, mais j’ai ressenti la mort de ma mamie alors qu’on se détestait.

Un autre phénomène m’a sauté aux yeux, cette fois alors que je visitais le village d’Oradour sur Glane avec ma mère. C’est un village qui, à la fin de la seconde guerre mondiale, a vu sa population massacrée par les nazis qui se retiraient. Ma mère voulait le voir. Je n’étais pas très enthousiaste car je trouve ça glauque, mais je l’ai quand même accompagnée. J’étais très mal à l’aise mais sans plus, je pense que c’était surtout dû au fait de voir une foule complètement irrespectueuse parcourir les rues de la ville en fumant, rigolant, discutant. Je déteste voir des gens irrespectueux fouler des terres chargées d’Histoire, c’est plus fort que moi. Lorsque nous sommes arrivées près de l’Église, où les femmes et les enfants du village ont été massacrés, j’ai vu ma mère pleurer sans pouvoir s’arrêter, comme à chaque fois qu’elle « ressent la présence d’esprits ». Moi, je ne ressentais rien de spécial, alors je me suis avancée dans l’Église où je lisais les pancartes expliquant ce qui s’était passé. Et puis, d’un coup, j’ai ressenti une profonde terreur. Je ne sais pas du tout si c’est dû à mon ochlophobie, car il y avait du monde, mais c’est arrivé brusquement alors qu’il y avait du monde depuis le début. Je me suis précipitée hors de l’Église et là ça s’est calmé. On a terminé la visite du village sans autre manifestation.

Une nuit, alors que je devais me rendre à la fac le lendemain, j’ai fait un rêve assez bizarre. Mon grand-père (décédé depuis plusieurs années déjà), habillé comme un moine (wtf ?), me disait de ne pas prendre le tram car il allait y avoir un accident. Je me suis réveillée vraiment perturbée, j’avais vraiment la sensation que c’était lui. Mais comme je n’avais vraiment pas envie d’aller à la fac ce jour-là -j’avais un devoir dans la matière que je détestais le plus- je me suis dit que ce rêve était dû à mon appréhension. Je me suis préparée comme d’habitude, mais j’étais tellement perturbée que finalement, je suis sortie en retard et j’ai raté le premier tram. J’attendais donc à l’arrêt, mais ça s’éternisait. Quand les haut-parleurs de l’arrêt ont retenti en disant que la circulation était momentanément interrompue en raison d’un accident, je devais faire une tête assez priceless. Je suis rentrée chez moi sans chercher à comprendre. A la finale, c’était un « petit » accident, il n’y a eu aucun mort et la seule blessée était une mamie tombée pendant le freinage. Mais quand même, c’était vraiment perturbant.

Voilà voilà, rien de bien extraordinaire, mais il faut dire que je ne sors plus beaucoup depuis plusieurs années, ce qui limite les potentielles aventures. Sans compter que je n’ai vraiment pas de grosse sensibilité, je ressentais généralement ces « choses » à travers ma mère, et en me relisant, j’ai l’impression que ce que je vivais ressemblait plus à des crises de panique qu’autre chose (même si j’ai déjà fait des crises de panique et qu’elles ne sont jamais arrivées sans raison). J’aurais bien d’autres petites histoires mais elles sont plus liées au ressenti de ma mère qu’au mien, car pendant plusieurs années, ma mère a développé sa sensibilité avant de prendre peur -et elle a toujours refusé de me dire comment- et de tout rejeter. Elle a d’ailleurs tout fait pour me dissuader de croire au paranormal lorsqu’elle a compris que j’avais une petite sensibilité. Et moi-même je n’arrive pas vraiment à y croire, je cherche toujours une explication plausible, sans doute pour me rassurer. Je suis toujours un peu effrayée par ce qui ne s’explique pas scientifiquement.

Et vous, avez-vous déjà vécu des phénomènes paranormaux ?

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Auteur :

Je suis une femme de 27 ans, blogueuse humeurs et emploi, cherchant à creuser son trou dans le monde du travail malgré son handicap.

2 commentaires sur « Le « paranormal » et moi »

  1. Intéressant tout ça. J’imagine facilement que ça doit etre flippant, c’est certain. De mon coté pas de phénomènes paranormaux, par contre des synchronicités vraiment bizarres et des rêves vraiment très réels. D’ailleurs pour moi il ne s’agit pas de rêves mais de moments d’échanges avec mes disparus venus me voir par ce « canal » là. Donc tu l’auras compris : je crois en tout ça, et je crois que la mort n’est pas une fin, il y a autre chose après.
    à bientot et merci pour cet article qui parle de sujets qui me passionnent 😉

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    1. De mon côté j’ai envie d’y croire, mais je ne peux pas m’empêcher de chercher une explication rationnelle avant d’admettre que je n’ai pas d’explication… je suis d’ailleurs bien chiante avec les auteurs de chaînes youtube sur le paranormal, si quelqu’un vient chercher la petite bête c’est bien moi ! Même si je n’ai aucun souci pour admettre que telle ou telle chose n’a pas d’explication rationnelle.

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