Publié dans Littérature

Nièce de sang, de Marie Laurent

Cette année étant une année de sacrée disette, j’ai participé à pas mal de concours pour tenter de gagner quelque chose pour Noël, histoire de ne pas avoir les mains vides. Je me suis comportée comme un gros rat mais bon, c’est tellement frustrant de voir des gens couverts de cadeaux pendant que vous, vous n’avez rien. Enfin si j’exagère, ma mère m’a fait un chèque, mais il est parti en courses.

Et il se trouve que j’ai gagné quelque chose. Moi, la poissarde congénitale, j’ai gagné quelque chose ! Le concours était sur Facebook, sur la page des Éditions de Londres, qui nous proposaient un calendrier de l’avent avec chaque jour un livre en édition numérique à gagner. Je participais de temps à autre, quand le livre m’intéressait et que Facebook daignait afficher leurs publications. Mais Facebook filtre ce que je vois sur ma page d’accueil, et le message annonçant mon gain a été totalement zappé. Je ne savais donc même pas que j’avais gagné, car en plus de ça leur message privé à atterri dans ma boîte « autres », ne donnant lieu à aucune notification. Et comme je ne consulte pas ma messagerie…

Ce n’est qu’une dizaine de jours plus tard que j’aperçois un message de leur part, comme quoi deux personnes, dont moi-même, n’avaient pas réclamé leur gain et que si nous ne donnions pas de nouvelles un nouveau tirage aurait lieu. Un magnifique « oh meeeeeeeerde » a retenti dans mon appartement, et je me suis sentie vraiment honteuse. J’ai participé à plein de concours comme un rapace sans même regarder si j’avais gagné quelque part. Je me suis confondue en excuses (j’avais trop honte) et j’ai donc reçu mon livre. Nièce de Sang, de Marie Laurent. Que j’ai terminé en une journée, car je n’avais pas lu de nouveau livre depuis très longtemps (j’étais en manque de lecture), et ce malgré ma réticence envers les livres numériques (je préfère avoir mon livre entre les pattes).

Mais trêve de blabla, je me dois de vous présenter la bête :

nièce de sangSource image

Titre : Nièce de sang

Auteur : Marie Laurent

Date de parution : 1 octobre 2014

Éditeur : Les Éditions de Londres

Genre : Roman (Noir Fantastique)

Pages : 249 (je ne les ai pas vues passer oO)

Prix : 4.99 euros format epub

Quatrième de couverture :

Margot se morfond dans sa tombe depuis vingt ans. Il ne lui reste même plus la peau sur les os. Les discussions avec son père, qui loge à côté, sont rares, surtout au regard de l’éternité. Pourtant, un beau jour, il lui annonce qu’il est en mesure de la renvoyer dans le monde des vivants, pour vivre la vie qu’elle n’a pas vécu – pas eu le temps, elle est partie jeune. C’est dans la peau de la meilleure amie de sa nièce qu’elle va pouvoir expérimenter une seconde adolescence, une seconde existence : l’occasion de faire de nouvelles expériences, de réparer des erreurs et d’en faire, peut-être, d’autres. Nièce de sang mixe avec talent roman noir et fantastique, bouleverse nos repères et nous interroge finalement sur les grandes questions de la vie. Nièce de sang est un roman de la série « Enquête d’imaginaire », pour laquelle les auteurs doivent imaginer des textes mélangeant un genre relevant habituellement de la collection (Policier, Polar, Noir, Thriller, Espionnage) et l’un des genres de la littérature de l’imaginaire (Science-Fiction, Fantastique, Fantasy).

Un mot sur l’auteur :

Vous pouvez trouver une interview de Marie Laurent sur le site des Éditions de Londres, ici-même ! Marie Laurent est auteure de nouvelles, de poèmes, de romans historiques. Les romans historiques étant mon genre préféré, je me suis un peu renseignée et Nièce de Sang est loin d’être son premier roman ! Elle a également écrit quelques romances dont j’ai lu des extraits (trouvables sur Amazon) mais là, on s’éloigne beaucoup de mon style de lectures. C’est une femme qui touche plusieurs genres littéraires et c’est quelque chose que j’apprécie, car je trouve triste de se cantonner à un seul genre.

Mon avis sur ce roman :

Cela faisait un certain temps que je n’avais pas renoué avec le fantastique, et encore moins avec le fantastique réaliste (qui est, là, mon style d’écriture). Car oui, on a beau parler ici de résurrection, si on omet le début un peu du genre « ta gueule, c’est magique » (les rôlistes comprendront :D) le reste est au contraire très réaliste.

Nous parlons ici d’une jeune adulte, Margot, décédée avant même d’avoir pu s’épanouir. C’était une jeune femme un peu comme moi, invisible, plongée dans les études, sans aucun intérêt pour autre chose. Frustrée d’être partie si jeune, elle se voit offrir une nouvelle chance grâce à son père qui lui permet de revenir dans le corps de la meilleure amie de sa nièce -nièce qui était l’une des seules personnes à daigner se recueillir sur sa tombe-. Sauf que la meilleure amie en question est, ou plutôt était, l’exact opposé de Margot : mauvaise à l’école, exubérante, du genre à enchaîner les garçons et à faire toutes les conneries qu’il est possible de faire. On ne peut pas dire qu’elle ait tiré le bon numéro.

J’étais plutôt amusée par cette situation, d’autant plus que je me suis souvent demandé ce qu’aurait été ma vie si, par exemple, je n’avais pas eu de maladie génétique, si j’avais eu une famille unie au lieu d’éclatée, si j’avais connu mon père, si j’avais été plus sociable, moins bonne à l’école… avec des si, on refait le monde, et dans ce roman, on le refait littéralement, avec Margot dont on suit l’évolution. C’est ce qui m’a conduite à dévorer ce roman.

Au début, elle agit normalement, fidèle à elle-même, mais entre le contexte social différent, les fréquentations différentes, l’époque différente, on la voit changer, en bon comme en mauvais. Margot se retrouve avec la possibilité d’oser ce qu’elle n’a jamais osé (ou pu faire), dans le corps d’une personne on ne peut plus différente d’elle… elle ose, et a peur de s’oublier pour laisser sa nouvelle personnalité l’emporter. Elle ne sait plus qui elle est : est-elle toujours cette Margot décédée trop jeune sans avoir eu la possibilité de faire quoi que ce soit, ou est-elle Mélanie, son nouveau corps ? Est-elle un mélange des deux ? On se dit qu’un simple « changement de corps » ne peut entraîner tant de problèmes, tant de péripéties, et pourtant si. On nous dit très clairement que Mélanie est morte pour que Margot puisse vivre, mais est-elle réellement partie, tant son influence sur Margot est énorme ?

C’est un roman qui soulève beaucoup de questions et que j’ai beaucoup aimé lire. La seule chose qui m’a dérangée est la fréquence et la répétition des scènes de sexe que je n’ai franchement pas l’habitude de retrouver lorsque je lis du fantastique. Une petite scène parfois, mais pas aussi crue. J’ai trouvé que ce n’était pas indispensable à la cohérence du roman, même si ça illustre bien le fait que Margot considère le corps de Mélanie comme un objet, bien qu’elle l’habite. Hormis cela, on ne voit vraiment pas les pages défiler, et pourtant je n’ai pas l’habitude de lire des e-books aussi vite (car j’ai vite les yeux fatigués).

Quelques extraits :

Je me réveille dans le même état qu’après mon opération : sonnée, vaseuse, migraineuse. L’entrée dans le corps de Mélanie n’a pas été de tout repos. L’esprit de la gamine, ce faisceau de pensées minuscules sans consistance ni profondeur, se cramponnait de toutes ses forces, comme le mien jadis. Il ne voulait pas abandonner cette tête aux cheveux blonds ébouriffés, renoncer à ses orgies de Nutella, à ses fous rires avec Tessa, à ses petits plaisirs débiles. Enfin il a capitulé, abandonnant au passage des bribes de conscience qui s’élimineront avec le temps, du moins je l’espère. Un cœur bat de nouveau dans ma poitrine qui n’est plus une cage vide. Je perçois de manière directe ses battements sourds. Plaisir d’avoir de nouveau des oreilles, des yeux…

**********

— C’est vrai que tu te tapes ton prof ? demande-t-il.

   En même temps, il se rapproche de moi. Je fais un pas en arrière. Mélanie était peut-être une allumeuse, mais pas Margot. Margot est une fille propre qui, accaparée dans ses études, n’a rien connu de la vie.

***********

Vingt-cinq ans sans se laver. Le nettoyage minutieux des asticots ne compte pas. Je prends le temps de me savonner. Apprivoiser ce corps qui n’est pas le mien : les salières du cou, les seins en coupelles, les hanches effacées, les bras et les jambes dépourvus de galbe ; et cette chair blême, translucide presque, un peu grenue. Je me souviens de ma peau mate au grain serré, jamais caressée, de ma toison foisonnante, jamais explorée. Ma main descend vers le pubis à peine orné de quelques poils châtain clair, écarte les pétales humides du sexe, s’aventure plus loin, un geste que Margot n’aurait pas osé.

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Auteur :

Je suis une femme de 27 ans, blogueuse humeurs et emploi, cherchant à creuser son trou dans le monde du travail malgré son handicap.

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