Publié dans Littérature

Je suis un dragon, de Martin Page (Pit Agarmen)

Je suis un dragonTitre : Je suis un dragon

Auteur : Martin Page (également connu sous le nom de Pit Agarmen)(Qui a vu l’anagramme ?)

Date de Parution : 2 Janvier 2015

Éditeur : Robert Laffont

Genre : Roman

Pages : 288

Prix : 18.50 euros

Quatrième de couverture :

« On s’habitue à être surhumain, et très vite on comprend que ce n’est qu’une des multiples façons que la vie a trouvées pour nous dire qu’on est un inadapté. »


Margot est une jeune orpheline timide et solitaire. Un jour, elle découvre sa véritable nature : elle est douée de capacités extraordinaires. Ces pouvoirs la terrifient, elle les dissimule jusqu’à ce qu’un événement tragique la contraigne à se dévoiler.
On lui demande alors de mettre ses dons au service de l’humanité. Sa vie se partage désormais entre son quotidien de jeune fille espiègle et des missions d’une grande violence. Adulée et crainte, elle devient une icône. Mais peut-on sauver le monde si l’on s’y sent étranger ?

Un mot sur l’auteur :

Né en 1975, Martin Page passe sa jeunesse en banlieue sud de Paris. Étudiant dilettante, il ne fait que des premières années : il étudie le droit, la sociologie, la linguistique,  la psychologie, la philosophie, l’histoire de l’art et l’anthropologie. Son premier roman, Comment je suis devenu stupide, est publié en 2001. Suivront, au Dilettante, La Libellule de ses huit ans et On s’habitue aux fins du monde.  Aux éditions Ramsay : De la pluie. Aux éditions de l’Olivier : Peut-être une histoire d’amour, La disparition de Paris et sa renaissance en Afrique et La Mauvaise habitude d’être soi (avec Quentin Faucompré). Il écrit également pour la jeunesse (Conversation avec un gâteau au chocolat-avec Aude Picault, Je suis un tremblement de terre, La bataille contre mon lit-avec Sandrine Bonini…). Avec Thomas B. Reverdy, il a édité Collection irraisonnée de préfaces à des livres fétiches aux éditions Intervalles. Enfin, il a publié une bande dessinée avec Clément C. Fabre aux dessins : Le banc de touche (éditions Warum/Vraoum).

Ses livres sont traduits dans un quinzaine de pays. Il est lauréat d’une bourse de l’Akademie Schloss Solitude.

Régulièrement il fait des petits films en stop-motion que l’on peut voir sur sa page vimeo.

En février 2011, il créé un blog sous le nom de Pit Agarmen (anagramme de Martin Page). Il y exprime angoisses et pensées personnelles. En 2012, un premier roman sous cette identité sort : La nuit a dévoré le monde, aux éditions Robert Laffont (sélection Prix de Flore). Pit Agarmen est un pseudonyme ouvert, à la manière de John Banville/Benjamin Black, de Julian Barnes/Dan Kavannagh, Jean Giraud/Moebius… L’idée est aussi de reprendre l’exemple de Damon Albarn qui suivant les projets change de nom de groupe. Sous le nom de Pit Agarmen sortiront des romans de genre, plus directement violents que les romans habituels de Martin Page.

Source de la biographie

Mon avis sur ce roman :

J’ai acheté ce roman peu de temps après sa sortie, lorsque j’étais en « vacances » chez ma mère. Comme expliqué dans mon article, il n’y avait rien à lire chez elle en dehors de livres religieux et je m’ennuyais ferme.

Une personne ayant lu mon blog et m’ayant assez vite reconnue comme « inadaptée » m’avait conseillé cet auteur mais je n’avais pas franchi le pas. Je manque de sous pour m’acheter des livres, en fait. Mais là, ma mère s’est proposée de m’acheter quelque chose, alors… en suivant la page Facebook de Martin Page, j’avais vu qu’un livre intitulé « Je suis un dragon » était sorti. Bien que mon animal-totem soit le Phénix, les Dragons sont des créatures que j’ai toujours admirées, et le titre du roman sonnant comme de la fantasy, je l’ai embarqué. Et purée, je ne l’ai pas regretté du tout. Pour être honnête, j’ai dévoré le livre en une fois, puis j’ai enchaîné en le lisant une seconde fois (je fais souvent ça ^^). L’héroïne me ressemblait tellement par moments que j’en étais perturbée.

J’ai d’ailleurs aussi été vexée. Parce que j’écris de la « dark fantasy » et j’ai eu une idée très similaire. Pas les mêmes pouvoirs, pas les mêmes enjeux, mais une idée similaire dans le fond, et ça m’a vexée car je me trouve, du coup, pas originale. Je vais revoir mon histoire, du coup, ça m’occupera.

Mais passons à l’histoire.

Margot est une jeune fille différente. Différente parce qu’elle est très vite devenue orpheline, différente parce qu’elle n’est pas en phase avec les autres, leur mentalité, leur manière de vivre. Au fond, des gens comme ça, il y en a beaucoup et personne n’y prête attention. Dans notre monde, elle serait la fille bizarre au fond de la classe, qui a toujours l’air à l’ouest et à qui personne ne parle, sauf pour se moquer. Sauf que Margot est aussi différente dans la mesure où elle est invincible et qu’elle peut voler. Rien ne peut la blesser ou la tuer. Plus ou moins consciente de cet état de fait, elle cherche à le cacher jusqu’au jour où elle finit par se dévoiler bien malgré elle.

Et là, on retrouve notre monde dans toute sa splendeur. Margot devient aussitôt un rat de laboratoire, et les hommes politiques cherchent à en faire un bon petit soldat pour qu’elle défende leurs intérêts et ne risque pas de se retourner contre eux. Aucune pitié pour son enfance, une insistance sournoise sur son sentiment de culpabilité vis à vis de ceux qu’elle a tués par accident. Tout ça m’a rappelé une conversation avec mon homme, quand je lui avais dit que j’aimerais avoir des pouvoirs, pour me venger des autres. Il m’a répondu « Tu parles, tu seras enfermée dans un labo et on entendra plus parler de toi« . Là, c’est exactement ça. Margot est enfermée dans un laboratoire et apprend à devenir une arme au service de politiques véreux et intéressés. Elle n’a pas le droit d’être une enfant et encore moins une adolescence. Mais l’adolescence, c’est aussi l’âge de toutes les rebellions….

On peut voir Margot se rapprocher petit à petit du burn-out à force d’être si sauvagement exploitée sans rien en retour. On sent son envie de mener une vie normale, de voir le monde, de faire enfin ce qu’elle souhaite faire et non ce qu’on lui dicte. En lisant je me suis demandé comment avait-elle pu tenir si longtemps. A sa place je pense que je ne me serais même pas laissée enfermer. Enfin, ça, c’est facile à dire. Je suis plus âgée que Margot et j’ai le plus gros de ma souffrance derrière moi alors qu’elle était en plein dedans. Ce n’est pas vraiment comparable.

Nous suivons le cheminement de Margot passant d’enfant docile à adolescente se posant des questions puis se rebellant contre sa situation profondément injuste. Ce n’est pas à elle de porter le poids du monde sur ses épaules. Ce n’est pas à une super-héroïne de régler les problèmes du monde mais à ses dirigeants de se bouger les fesses. Margot reprend le contrôle de sa vie et au fond, qui peut l’en empêcher ?

La plume de cet auteur a magnifiquement dépeint notre monde et la manière dont sont traités les gens différents. Des cobayes. Des gens qu’on jette en marge sans culpabilité. Je serais curieuse de voir ce que donne une héroïne plus âgée entre ses mains.

Cependant, ce n’est pas parce que le roman « sonne fantasy » qu’il est à mettre dans toutes les mains. Certains extraits sont violents.

Quelques extraits :

« – Tu vas te racheter. Et nous allons t’aider dans cette entreprise. Tu peux accomplir de grandes choses. Tu peux sauver des vies par milliers. »

« Cette histoire les dépassait. Elle dépassait tout le monde. »

« Elle était surhumaine : l’ego démesuré des politiques s’y retrouvait. Ils la considéraient comme une égale. »

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Auteur :

Je suis une femme de 27 ans, blogueuse humeurs et emploi, cherchant à creuser son trou dans le monde du travail malgré son handicap.

5 commentaires sur « Je suis un dragon, de Martin Page (Pit Agarmen) »

  1. Je suis ravi que tu aies apprécié le livre. Et soulagé, car j’ai toujours peur que les gens m’en veuillent s’ils n’aiment pas le livre ou l’auteur que je leur ai conseillé !
    Je ne l’ai pas encore lu, mais il me tarde de le dévorer.

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  2. Ah, j’oubliais : comme tu le dis, l’histoire que tu avais en tête n’est pas exactement la même. Ce livre n’est donc pas un raison pour que tu n’écrives pas ton histoire. La littérature, de toutes manières, c’est réécrire ce qui l’a déjà été, mais à sa sauce. Et il n’y a aucune raison pour que tu te sentes vexée.

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  3. Merci pour vos mots à propos de mon roman.
    Continuez à écrire votre histoire, elle sera forcément originale, même si le thème est proche, vous allez y mettre de vous même nécessairement. La littérature c’est aussi reprendre des thèmes classiques, se les réaproprier.

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