Publié dans Une vie de rousse

Notre notion des fêtes

fêtes

Religieuses, commerciales ou venues d’ailleurs, les fêtes sont légion en France, et qu’on les célèbre ou pas, tout le monde a un avis dessus.

Moi, ça m’a toujours faite chier. Oui, chier. Je n’ai jamais aimé les fêtes et je passe toujours pour une foutue rabat-joie alors qu’au fond, c’est mon choix. Quand j’étais petite, on m’obligeait à fêter Noël et le premier de l’An en famille alors que non seulement je n’aimais pas ma famille, mais qu’en plus, je n’en avais rien à battre en soi. Pour moi, ça ne représentait rien d’autre que des sous à mettre sur mon compte en banque et des cadeaux pourris à ranger au fond du placard en attendant une collecte du Secours Populaire. Waaah, l’extase.

On m’a souvent accusée d’imposer ma mauvaise humeur alors que tout le monde voulait passer un bon moment. Sans songer une seconde que m’imposer des fêtes débiles, ce n’était pas vraiment mieux. Cependant, tous les ans, c’était la même chose : « Ta gueule et viens, on te demande pas ton avis. ». On n’écoute jamais les enfants.

Une fois adolescente, puis adulte, j’ai découvert les joies de l’hypocrisie des fêtes dites religieuses alors qu’au fond, elles ne sont que commerciales. On ne m’offrait pas de cadeaux pour célébrer la naissance de Jésus, mais « parce que c’est Noël ». On ne m’offrait pas de chocolats pour commémorer la résurrection de Jésus, mais « parce que c’est Pâques. », etc, etc. Je n’en voyais juste pas l’intérêt et je demandais à ma mère pourquoi est-ce qu’il fallait attendre un jour précis pour s’offrir des cadeaux ou pour manger du chocolat. Elle me répondait en riant que j’étais libre de lui offrir un cadeau quand je voulais, mais était la première à se vexer si jamais rien ne l’attendait le jour de son anniversaire, même si je lui avais offert 36.000 trucs tout du long de l’année. Bon, elle n’allait pas jusqu’à m’engueuler, mais sa déception et son incompréhension se lisaient sur son visage.

Quand je me suis retrouvée en couple pour la première fois, c’était assez particulier. En réalité, il a fait comme tout le monde, m’imposer ses fêtes de famille en m’accusant d’être une grosse rustre quand je ne voulais pas venir (je m’en tamponnais teeeeeellement de sa famille… sauf de ses grands-parents ils étaient cool), et à vouloir à tout prix fêter chaque truc… tant que ça impliquait de ne pas trop desserrer les cordons de sa bourse (enfin non, de la bourse de sa mère, je suis mauvaise langue haha). Attention, « La Saint-Valentin c’est trop commercial mais si tu veux m’offrir un truc vas-y hein » (en insinuant lourdement que j’avais plutôt intérêt)… il était très égocentrique et ne voulait jamais rien m’offrir sans « excuse » (anniversaires, fêtes), tout en ayant aucune honte à me réclamer des cadeaux tout le temps sans rien donner en retour. Et quand je lui faisais remarquer il retournait la chose contre moi en disant qu’il trouvait que je dépensais trop et que je n’y étais pas obligée. Tout en me rappelant sans aucune subtilité que ses parents payaient le loyer et que donc je pouvais faire un effort.

En fait, il râlait sur le côté consumériste parce que c’était un gros radin, tout en dépensant beaucoup pour lui-même mais en surveillant bien le montant de ce qu’il achetait aux autres. Et il était du même genre que ma mère, à se vexer comme un pou s’il n’avait rien à son anniversaire, même si je lui avais offert des tonnes de trucs avant. A sa décharge, ses parents étaient les premiers à le pousser à m’acheter un cadeau pour mon anniversaire alors que je m’en foutais, juste par principe.

J’étais un peu frustrée avec lui, quand j’offre un cadeau je n’attends pas forcément un retour, mais un minimum de reconnaissance, qu’il ne me donnait pas. J’avais juste l’impression d’être le dindon de la farce et au fond, l’avenir m’a donné raison, j’étais le dindon de la farce. Et pas qu’un peu purée.

Et puis j’ai rencontré mon homme. Enfin quelqu’un qui, comme moi, s’en tamponne royalement de toutes les fêtes possibles et inimaginables, du sacro-saint Noël à la Saint-Valentin, en passant par les anniversaires ou les fêtes débiles dont je ne me souviens pas du nom. Et le pire, c’est qu’on passe pour des rabat-joie ou des frustrés de la vie.

Mais si une fête n’a aucune importance pour nous, pourquoi est-ce que l’on se forcerait ?

Si on a envie d’acheter un cadeau à l’autre, on le fait (ou à nous-mêmes hein). On n’attend pas tel jour telle heure, à part peut-être pour des promotions (par exemple acheter des marrons glacés après Noël parce que c’est moins cher, ou du matériel informatique pendant les promos de la rentrée). On le fait parce qu’on en a envie et pas parce qu’une quelconque convenance nous y force. Parfois, ça tombe pendant une fête mais ce n’était pas calculé (comme par exemple pour cette chouette peluche de Méga-Dracaufeu que mon homme m’avait commandée et qui arrive la veille de la Saint-Valentin. Alors pour rigoler on dit que c’est un cadeau de St Valentin alors qu’on s’en fout) :

Peluche DracaufeuEn arrière-plan, le panier rempli de jouets d’un chat pourri-gâté

Pour la première fois depuis longtemps, je me sens libre de n’en avoir rien à foutre. On nous insulte de rabat-joie, mais au moins nos cadeaux sont spontanés et sincères. En plus, c’est toujours une surprise, une vraie, à laquelle on ne s’attend pas (« UNE PELUCHE TEEMOOOOOOOO !!! » -Private joke-). Et quoi qu’on en dise, je trouve que c’est bien mieux qu’un cadeau forcé pour une fête qui ne représente rien ou qu’un cadeau dont on attendra un retour comme de gros charognards. On ne fête rien, et pourtant aucune frustration.

Quel intérêt de fêter la Saint-Valentin alors que bon, pour 99% des gens, c’est juste une occasion de faire une bonne vieille partie de jambes en l’air sous fond de romantisme niaiseux et hypocrite ? Depuis quand est-ce qu’il faut des roses et un dîner aux chandelles pour s’envoyer en l’air ou se faire des cadeaux ?

Quand on en vient à offrir un cadeau par convenance et non par réelle envie, peut-être faudrait-il réfléchir à notre mode de consommation, non ? 😉

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Auteur :

Je suis une femme de 27 ans, blogueuse humeurs et emploi, cherchant à creuser son trou dans le monde du travail malgré son handicap.

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