Publié dans Box, Littérature

[Box Romans] Exploratology, la vérité nous rend libres

Dans un précédent article, je vous parlais d’une box sur laquelle j’ai réussi à avoir un coup de coeur, Exploratology. C’est en effet une box qui m’apporte ce que je cherche : de la lecture, et en plus de ça, des livres que je n’aurais sûrement jamais achetés en librairie. Bon, en même temps, il faut dire que quand je rentre dans une librairie, c’est pour me jeter sur le présentoir de la fantasy comme la vérole sur le bas-clergé, donc bon… (Oui, ma bibliothèque est composée à 90% de mangas et de livres de Science-fiction/fantasy :x)

Ce mois-ci, le thème était : la vérité nous rend libres. Un thème prometteur qui m’inspirait bien et cette fois, j’ai encore plus adhéré qu’à la précédente box.

J’ai reçu mon petit paquet dans un carton cette fois, et non une enveloppe à bulles, et c’est clairement mieux : mon facteur est malhonnête, j’ai plusieurs fois eu droit à des colis ouverts ou volés, et avec le carton, il ne peut pas ouvrir discrètement pour voir ce qu’il y a à l’intérieur car c’est bien scotché. Et ça c’est nickel, ça réduit la probabilité de vol (et ma probabilité de devoir le guetter avec un pied de biche).

Bref, bref, on s’en fiche du facteur, l’important c’est ce que contenait le colis !

– Une petite tablette de chocolat de 25g, de la marque Menakao. Chocolat noir 65%, combava et baies roses. Un chocolat qui a donné lieu à un sacré débat entre mon homme et moi, car il trouvait que le goût était ultra poivré (il contient du poivre rose), et moi qui ai déjà plus l’habitude des trucs épicés trouvait que c’était le chocolat qui se sentait le plus. Je n’aime habituellement pas le chocolat noir mais là, il est plutôt bien passé. La tablette était cartonnée avec un résumé de l’histoire de la marque Menakao, j’aime bien, c’est moins impersonnel que le classique emballage Milka.

– Trois sachets de thé, deux de la marque Touch Organic (le thé noir bio earl grey et le thé blanc à l’abricot) et un de Pukka (rose, camomille, lavande)

– Le roman L’homme de Kiev, de Bernard Malamud, de l’édition revisitée par Hélène Cohen

– Une grande carte avec la citation qui a inspiré le thème du mois, le petit mot de Marjorie pour nous expliquer les raisons du choix du mois (y’a pas à dire, ça, c’est vraiment un must-have de savoir ce qui a poussé le choix d’un livre) et… un mot manuscrit rien que pour moi pour me remercier de mon article précédent et ça m’a touchée ! C’est la première fois que l’on me remercie pour un article de box, étant donné que je n’ai jamais fait de partenariat ou d’articles sponsorisés, j’écris toujours avec le cœur sans rien demander en échange et généralement bah… les articles passent inaperçus, sauf là, où il a même été mis en avant sur Hellocoton ! J’étais fière 🙂 Au moins ça donne envie de continuer à écrire et à mettre en avant une box qui le mérite.

homme de kiev

Mais il est maintenant temps de vous dire ce que j’ai pensé de l’homme de Kiev. C’est un roman paru en 1966, qui a obtenu le prix Pulitzer, et qui surtout est inspiré d’une histoire vraie, celle de l’Affaire Beilis, juif ukrainien accusé d’avoir commis ce que l’on appelle un crime rituel (c’est une accusation qui vise les juifs, les accusant d’assassiner des enfants qui ne sont pas de leur religion à des fins rituelles) en 1911.

Lorsque j’ai ouvert le livre, je ne savais pas du tout qu’il était inspiré d’une histoire vraie et donc je l’ai pris comme une fiction. J’ai eu un peu de mal avec le style de l’auteur et surtout avec le héros, Yakov Bok, qui m’a été antipathique dès le début. En effet, il a réveillé mon esprit féministe en répudiant sa femme qui l’a quitté (il lui reprochait d’être stérile, entre autres), et mon esprit défenseur des animaux lorsque, très rapidement, il se met à battre son cheval à sang puis à se plaindre qu’il n’avance pas. J’ai eu l’impression que tout était fait pour rendre Yakov insupportable à mes yeux. Une caricature de juif comme les gens les voyaient à l’époque (et encore aujourd’hui hélas).

J’ai vraiment eu du mal à compatir à ses malheurs, mais malgré tout c’est un livre qui m’a énormément appris, non seulement sur les mœurs de la Russie de Nicolas II, mais aussi sur l’antisémitisme en soi. L’épopée juive est un aspect de l’Histoire que j’ai beaucoup négligé malgré mon intérêt, et je n’ai jamais vraiment compris pourquoi ils étaient persécutés depuis si longtemps. En me renseignant sur l’accusation de meurtre rituel, j’ai pu ainsi comprendre qu’il s’agit de la plus vieille accusation antisémite de l’Histoire. Pour nos yeux d’européens modernes, ce sont des accusations complètement stupides et invraisemblables, mais pour nos ancêtres, très religieux et superstitieux, c’était crédible et on comprend mieux la méfiance naturelle des autres peuples à l’égard des juifs. Si vraiment ils pensaient cela, alors forcément, les persécutions allaient bon train.

J’hallucinais complètement sur les accusations qui pesaient sur le héros, sur la corruption évidente de ses tortionnaires et dénonciateurs, qui paraissaient normales aux yeux des autres. Le pire, c’est qu’on se dit que c’est encore valable de nos jours : si un puissant veut faire tomber quelqu’un, il le fera tomber, il inventera les pires calomnies au monde, tant qu’il a l’argent et le pouvoir pour corrompre les autorités, c’est gagné. Même avec un héros aussi détestable, on ne peut pas s’empêcher d’être écœuré par tant de corruption et de haine.

On voit aussi toute la dureté et le sadisme des prisons russes, avec les fouilles humiliantes, l’isolement, l’absence totale d’humanité qui envoie notre héros en enfer. Seul et oublié de tous, avec, pour seule compagne, sa liberté. Sa liberté, sa vérité, son obstination à la fois courageuse et désespérée de ne pas avouer un meurtre qu’il n’a pas commis, malgré la pression hallucinante qui pèse sur ses épaules. Un Yakov à la fois horripilant et pourtant si admirable.

Ce roman a été une très agréable découverte d’un point de vue historique et il restera dans ma bibliothèque. Je me sens ignorante lorsque je m’aperçois que je suis passée à côté de romans plutôt connus et auxquels je ne me suis pourtant pas intéressée.

Le pire dans tout ça, c’est que comme Exploratology a lancé une gamme de box pour gros lecteurs, avec encore plus de livres, je me retrouve encore plus tentée et c’est très mal ! J’attends avec impatience le thème d’avril 🙂

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Auteur :

Je suis une femme de 27 ans, blogueuse humeurs et emploi, cherchant à creuser son trou dans le monde du travail malgré son handicap.

2 commentaires sur « [Box Romans] Exploratology, la vérité nous rend libres »

  1. Je suis en train de lire ce livre, reçu dans la même box que toi. J’en suis à la moitié et je suis totalement prise par l’histoire hallucinante et révolvante du héros. Je ne savais pas que c’était inspiré d’une histoire par contre, et ça fait encore plus froid dans le dos.

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    1. En fait je l’ai découvert par la suite que c’était inspiré d’une histoire réelle, ce n’est pas vraiment mentionné dans le livre. Je voulais me renseigner pour voir si j’avais bien interprété la fin et je suis tombé là-dessus ! Effectivement ça fait froid dans le dos de savoir que quelqu’un a vraiment vécu cela, même si l’adaptation est très libre -notamment sur l’histoire personnelle du héros-.
      Bonne lecture ^^

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