Publié dans Une vie de rousse

Je suis incapable de conduire.

permis

Le permis de conduire, chez moi, c’est un sujet assez tabou. Un tabou financier et une blessure dans mon orgueil. Car peu de monde le sait, mais j’ai essayé de le passer, mon permis. Mais j’ai lamentablement échoué.

Au départ, la question ne se posait même pas, car je n’avais pas l’argent pour me le payer. Le permis à un euro n’était pas encore très répandu et dans tous les cas, du côté de chez moi, on demandait un garant que je n’avais pas. Et puis la MDPH, dont je parlais dans cet article, a fini par reconnaître mon handicap après deux ans de procès et j’ai touché, d’un coup, mon allocation en rétroactivité. Le permis étant un sacro-saint papier à avoir pour faciliter l’accès à l’emploi, c’est le premier investissement qui m’est venu à l’esprit.

Étant de nature assez stressée (merci maman), j’ai préféré attendre les vacances d’été pour commencer à prendre des cours dans le petit village de campagne de mon conjoint de l’époque. Au moins je pourrais apprendre dans un cadre plus adapté, car je suis très angoissée en ville. Mais j’ai d’abord dû passer mon code, que j’ai mis longtemps à avoir : en effet, je l’ai eu au bout de la deuxième fois. J’avais beau connaître par cœur les réponses à toutes les questions, je ne sais pas pourquoi, je l’ai raté la première fois. Ce jour là énormément de personnes pleuraient à la sortie donc je ne devais pas être la seule, mais c’était quand même frustrant, surtout quand on sait qu’on paie cinquante euros pour s’y présenter. Tout ça pour avoir une vieille bique qui nous dit en deux secondes qu’on a raté le truc sans nous expliquer quelles sont les questions incriminées et ce qu’on doit améliorer.

J’ai cependant fini par l’avoir et j’ai donc pu commencer la conduite. La monitrice était vraiment gentille et pédagogue, mais je ne sais pas pourquoi, je n’arrivais pas à être à l’aise. Je n’ai jamais été à l’aise avec les gens en soi, mais elle était bavarde, toute excitée car je n’étais pas du coin, et j’avais déjà du mal à me concentrer sur la voiture. Donc me concentrer sur la voiture ET le bavardage c’était un peu trop pour moi. La monitrice est devenue plus froide, me prenant pour une « citadine snob ».

J’avais beau circuler sur des routes désertes, je n’y arrivais pas. Aucune affinité avec la machine, je ne parvenais pas à m’y habituer. Chaque nouvelle heure de conduite était pour moi comme une première. Je ne me rappelais pas des gestes, ou alors je m’en rappelais mais j’étais toujours extrêmement lente, sans aucun réflexe, rien. Je n’arrivais juste pas à enchaîner rapidement les mouvements basiques de démarrage, de conduite, etc.

L’été s’est terminé et je me sentais nulle lorsque je suis rentrée chez moi, j’avais l’impression de n’avoir rien appris. Et j’étais frustrée, car j’avais l’habitude d’être miss première de la classe, celle qui comprend tout avant tout le monde, celle qui fait tout mieux que tout le monde. Sauf que là je n’y arrivais pas.

Pour cacher mon malaise, j’ai fait la fille accaparée par les études pour esquiver la réinscription dans une nouvelle auto-école. J’ai esquivé ainsi pendant deux ans, jusqu’à ce que je décroche un boulot d’étudiante dans une zone industrielle très mal desservie, me rendant dépendante de ma mère et de mon conjoint : la question du permis est revenue sur le tapis, car ni l’un ni l’autre ne voulait me servir de coursier (et ce, même si j’étais la seule à ramener de l’argent à la maison). Je me suis donc réinscrite.

Sauf que cette fois… l’auto-école était non seulement en ville, mais aussi au centre-ville. C’était l’école-usine, avec des moniteurs tout sauf compétents. J’en tremblais d’angoisse à chaque fois que je devais démarrer avec toute cette circulation, sans parler de cette impression que j’avais d’être une véritable cruche pas dégourdie pour un sou.

Évidemment, ma chance habituelle me rattrapant, je suis tombée sur une espèce de tarée en guise de première monitrice. La quinqua névrosée avec une voix suraigüe, qui à chaque fois que je faisais une erreur (très souvent quoi) me tapait sur la main. Sauf qu’elle avait de foutus ongles longs, et qu’après ma première leçon, j’ai fini la main écorchée et sanguinolente. Pâle comme un linge, j’ai demandé à la secrétaire de m’annuler tous mes rendez-vous avec cette bonne femme et de me mettre avec un autre moniteur. Elle a commencé par refuser, y compris lorsque je lui ai montré l’état de ma main. Elle n’a cédé que lorsque j’ai dit que je porterais plainte. J’hallucinais qu’on laisse une folle pareille enseigner. Malgré tout, elle insinuait que j’étais une chochotte de faire tout un plat pour « une main avec quelques griffures ». Alors que je ne saignais pas trois gouttes, hein. Et puis ce n’est pas comme ça qu’on apprend à quelqu’un à conduire.

Je me suis ensuite retrouvée avec un moniteur, un homme cette fois. Il était plutôt avenant, mais il m’énervait car il faisait sans cesse des commentaires sur ma manière de m’habiller, qu’il trouvait « trop vieux jeu ». En été toutes les adolescentes sont à moitié à poil, moi j’étais (et je suis toujours) très pudique, donc je me couvre. Son avis ne m’importait pas le moins du monde, mais il se sentait obligé de me le donner. A chaque fois. En insistant. Mais ta gueule !

Il m’a un jour particulièrement traumatisée. Comme on nous apprend à freiner en diminuant les vitesses petit à petit, je lui ai naïvement demandé si c’était possible de freiner d’un coup à pleine vitesse, sans diminuer par la boîte de vitesses. Il a alors accéléré comme un taré, jusqu’en cinquième, avant de me dire « freiiiiiiiiine ». J’ai freiné d’un coup et j’ai eu la réponse à ma question. On était à deux doigts de se prendre le camion arrêté devant nous (feu rouge), et je tremblais si fort qu’il a dû rentrer à l’auto-école car je ne parvenais pas à me concentrer. J’étais déjà angoissée du volant de base, ce n’était pas franchement la meilleure idée du monde.

Je commençais à me dire que je n’étais vraiment pas faite pour conduire. On m’a souvent décrit la conduite comme un puzzle dont les pièces s’emboîtent petit à petit. Sauf que pour moi, ça ne s’est jamais emboîté. Je n’arrive pas à me servir d’une voiture, juste pas. Quand je me mets au volant, je suis complètement paumée, perdue, stressée, je ne sais pas par où commencer, je me sens en danger alors que je n’ai même pas démarré. J’ai ainsi enchaîné plus de 40h de conduite sans jamais réussir à atteindre l’étape 2 de mon petit livret. Pas moyen de faire quoi que ce soit avec ce foutu engin. Allez-y riez, chers camarades qui m’appelaient Miss Parfaite à l’école, votre Miss, elle sait à peine démarrer la voiture.

Mon moniteur a fini, à la fin de deux heures particulièrement éprouvantes, par me dire « Tu sais, il y a des gens qui ne sont pas faits pour conduire, qui ne conduiront jamais. Tu n’es pas la seule hein, j’ai comme élève une cadre comme toi, elle n’y arrive pas. Ce n’est pas une honte. ». Et là j’ai compris. Je ne conduirai jamais car je ne suis effectivement pas faite pour ça. Ce jour-là, j’ai pris la décision d’arrêter les frais. J’avais déjà dépensé énormément d’argent pour rien, alors que je savais depuis le début que c’était une perte de temps.

Le souci, actuellement, c’est que le permis est quasiment indispensable et que lorsque je dis que je n’arrive pas à conduire, on ne me prend pas au sérieux : on me répond que tout ça, c’est dans ma tête et que je le passerai bien un jour. Que le passer vite, ce serait mieux d’ailleurs, que ce serait bien d’arrêter ces enfantillages. Même mon conjoint actuel ne me prend pas au sérieux lorsque je lui dis que je n’arrive pas à conduire : il soupire, me dit d’arrêter mes conneries, car je serai bien obligée de le passer.

Mais je n’y arrive pas. Je bloque. Je repense à cette absence totale d’affinités que j’ai eue dès le début, aux paroles de ce moniteur, à mon angoisse irrépressible lorsque je suis au volant en ville -j’habite quand même dans la région parisienne- et je me dis que je n’y arriverai jamais. J’ai dépensé presque 3000 euros pour rien déjà, mon code de la route commence à dater (août 2008), je ne sais toujours pas faire à démarrage en côte, me démerder sur la route, gérer les vitesses, je suis d’une lenteur ahurissante et je suis si peu dégourdie que c’en est affligeant.

Pourquoi me forcer ? En plus, on ne cesse de mettre en avant la voiture comme cause de pollution, alors pourquoi me forcer à passer le permis ? Pourquoi est-ce que je ne pourrais pas me contenter des transports ? Je ne peux pas conduire, et je ne veux pas conduire. Et puis c’est tout. En plus, aujourd’hui, je n’ai plus autant de sous à jeter par les fenêtres. Voilà qui règle le problème.

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Auteur :

Je suis une femme de 27 ans, blogueuse humeurs et emploi, cherchant à creuser son trou dans le monde du travail malgré son handicap.

28 commentaires sur « Je suis incapable de conduire. »

  1. Et pourquoi pas faire ton permis avec une voiture automatique ? 50% de stress en moins 🙂

    Tu auras juste à te concentrer sur la route et plus du tout sur les changements de vitesse, embrayage, difficulté des démarrage en côte, …

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    1. C’est une idée oui, mais ça ne changera pas grand chose à mon stress en ville :/
      J’avais demandé à faire ça dans l’auto-école de la folle mais ils ne le proposaient pas. J’avais voulu tenter le simulateur de conduite aussi, mais ils réservaient ça aux futurs conduite accompagnée -_-

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  2. A la limite, en RP, je trouve qu’on en a pas besoin.
    J’ai le permis, mais sincèrement je n’ai aucune envie de rouler dans cette jungle.. Et quand je vois les bouchons juste en face de chez moi, alors que je sors du RER, métro, tram.., je ris 🙂
    Te prends pas la tête.

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    1. En fait en RP je trouve qu’une voiture faciliterait les choses. Les horaires des lignes de bus sont parfois très space et tout n’est pas desservi. J’ai parfois dû refuser des offres parce que justement, ce n’était pas accessible par transport. Mais ouais c’est clair que même si j’avais une voiture je n’aurais pas envie de rouler dans cette jungle ^^

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      1. Oui c’est sûr que ça dépend d’où on vit. J’ai la « chance » de vivre à côté de tous les transports en commun. Pour moi, je suis pratiquement sûre que je mets moins de temps en utilisant les transports qu’en voiture, vu tous les bouchons qu’il y a autour de chez moi, le matin, midi, soir.

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  3. Ton billet m’a interpelé… Je suis monitrice auto école donc…
    Effectivement tu n’as pas eu de chances de tomber sur de tels moniteurs, surtout celle qui te frappait. Tu es tombé sur des gens qui n’en avais certainement rien à faire de te faire progresser mais sache que nous ne sommes pas tous comme ça.
    Plusieurs solutions s’offrent à toi si tu veux reprendre.
    1) la conduite sur boite automatique qui te libérera de tout ce qui te gène mécaniquement (avec les pédales etc…). Tu peux faire quelques heures dessus puis revenir sur la manuelle. Tu peux passer ton permis en boite auto puis revenir à l’auto école faire une « régularisation » pour conduite une manuelle.
    2) la conduite supervisée ce qui te permets de conduire avec ton mari par exemple jusqu’à ce que tu te sentes à l’aise.
    Maintenant il faut choisir une bonne auto école ( pas en fonction du prix mais plutôt de la réputation).
    Si tu as des questions n’hésite pas…
    Aurélie

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    1. Je me doute bien que tous les moniteurs ne sont pas comme ça, j’en connais qui sont tombés sur des moniteurs super !
      Je pense que si je m’y remets un jour ce sera effectivement sur boîte automatique. Je ne savais pas que la conduite supervisée existait, après mon conjoint n’a pas non plus le permis mais il sait conduire. Il le passera sûrement avant moi.
      Par contre je n’envisage pas de m’y remettre dans l’immédiat, j’aurais trop peur en région parisienne. D’ici un ou deux ans, on aura déménagé, là je m’y pencherai.

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  4. Tu n’as pas à avoir honte
    Il faut que tu sois prête, et je sais de quoi je parle 😉
    Même situation (en moins pire on va dire)
    T’as vraiment morflé, c’est quoi cette monitrice tarée qui te plante ses ongles sur ta main??? J’avaiss jamais entendu ça
    Quoiqu’il en soit, penses à toi, ton bien être et rien d’autre
    Les gens ne comprennent pas et alors TANT pis il faut que TOI tu en aies envie. Avoir peur c’est rien de bon ❤
    http://www.mademoisellevi.com

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    1. J’ai honte dans la mesure où je suis habituée à tout faire sans effort, alors que là j’ai beau m’acharner, ça ne fonctionne pas :/
      Une chose est sûre tant que je serai dans la région parisienne je ne retenterai pas, vu que je suis paniquée quand il y a trop de monde, ce n’est clairement pas le bon endroit XD

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  5. Bonjour! Tu n’as aucune honte à avoir.
    Quand j’étais plus jeune, ma mère a voulu me forcer à faire de la conduite accompagnée, ce que j’ai refusé car je n’étais pas prête. J’ai mis beaucoup de temps à me dire qu’un jour, je devrais passer le permis. Il faut vraiment se sentir prête, et ça peut venir tôt ou plus tard. Je ne suis pas une grande fana de la conduite alors je prends beaucoup les transports en communs et la voiture reste un moyen utile seulement en cas de grand besoin, elle m’emmène là où je ne peux pas aller avec le bus. J’ai également une cousine qui avait très peur, elle a tenté plusieurs fois sans pouvoir être bien à l’aise et puis il y a quelques mois, elle a eu comme un déclic, elle était prête. Elle a 50 ans et est en train de passer le permis, c’était son bon moment.
    Tu n’as pas à te forcer surtout si tu n’es pas à l’aise, peut être qu’un jour tu y reviendras, avec comme le conseillent les autres blogueuses, un voiture automatique mais prends bien ton temps 🙂

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  6. Dès que j’ai vu le titre de ton billet, j’ai cliqué car j’ai l’impression d’être dans la même situation…

    Je l’ai passé il y a plusieurs années, pas de difficultés pour le code mais beaucoup plus pour la conduite. J’ai eu un premier moniteur qui me stressait beaucoup et qui ne m’a pas appris que des bons réflexes… Heureusement il est parti et j’en ai eu un autre beaucoup mieux ! Mais cela n’a pas suffit.

    J’ai passé l’examen en tout quatre fois (oui quatre !) et à chaque fois le même scénario : tout se passe à peu près bien, un imprévu arrive à un moment donné, je panique et je perds tous mes moyens.
    Entre chaque examen j’étais obligée de reprendre des heures mais cela devenait difficile, déjà au niveau financier mais aussi parce que paradoxalement j’étais de plus en plus stressée, j’en venais à ne plus arriver à dormir la veille d’une heure de conduite.

    L’auto-école a décidé de me mettre en conduite supervisée pour que je puisse conduire avec mes parents et me sentir plus en confiance, sauf que cela n’a pas eu l’effet escompté. Cela m’a mise en situation d’échec plus importante (mes parents ne comprenaient pas mes difficultés et me mettaient beaucoup plus de pression) et j’en venais à tout faire pour éviter de conduire. Résultat, j’ai complètement abandonné.

    Malheureusement, comme tu le dis dans ton article, aujourd’hui le permis est un impératif, notamment pour le boulot. J’ai réussi à trouver un emploi où je n’en ai quasiment pas besoin mais si je veux évoluer il faut que je le passe absolument.

    J’ai très honte de cette situation également, c’est tellement basique pour certains que je vis très mal le fait de ne pas l’avoir et de l’avoir raté autant de fois. Je me trouve des excuses depuis des années (pas les moyens, pas le temps…) mais les gens prennent surtout ça pour de la fainéantise.

    Mon entreprise va bientôt procéder à des licenciements économiques dont je ferais sûrement partie et je me dis que je ne pourrais pas y échapper : mon salaire pendant un an, tout le temps que je veux, ce sera l’occasion idéale. Sauf que j’en ai une boule au ventre rien que d’y penser…

    Voilà, désolée pour le roman, mais c’est assez rare de voir des articles sur ce sujet, et celui-là m’a particulièrement touchée 🙂

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    1. Ah, pas besoin de t’excuser pour le roman, un long commentaire ça fait toujours plaisir !
      Au moins ton témoignage me permet de me sentir moins seule, parce que parfois j’ai l’impression d’être un extraterrestre quand je vois tout le monde décrocher son permis sans aucune difficulté (ou alors après quelques essais) alors que moi bah… bah je suis restée bloquée à l’étape 1.
      Ton expérience de la conduite supervisée me confirme que ce n’est pas forcément une bonne idée. Je pense que ma mère serait compréhensive, mais elle manque de patience. Quand à mon homme, lui, il ne comprend pas que je n’arrive pas à me dépatouiller avec une voiture donc forcément il ne sera pas patient. Surtout s’il doit réexpliquer tout le temps.
      J’ai l’impression que si on ne se sent pas prêt ou qu’on se sent contraints, ce n’est même pas la peine d’essayer… il faut faire comme la personne décrite un peu plus haut dans les commentaires et attendre son heure.
      Moi, je mythonne sur mon CV pour dire que j’ai le permis, parce que sans, on refuse de me prendre même en bas de chez moi, c’est fou, on s’en tape du permis dans ces moments-là… bon courage à toi, ça n’a pas l’air d’être facile non plus.

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    1. Moi je n’ai pas pu le passer, puisqu’on a refusé de me faire passer les premières étapes. Je suis restée à l’étape 1 car j’oublie les gestes d’une fois sur l’autre… et ce malgré ma mémoire de fou ! En plus quand on a peur de conduire, autant ne pas le faire, sinon on est un danger pour soi et pour les autres… ne te force pas non plus c’est inutile !

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  7. J’ai vu ton article sur Hellocoton, d’habitude je ne commente jamais les blogs ou presque, mais là je ne peux que réagir…

    Je me sens exactement comme toi et cela me permet de me sentir moins seule…

    Je me suis inscrite à la conduite accompagnée à 16 ans, sans réelle motivation, juste parce que c’était convenu depuis longtemps avec mes parents que j’allais faire ça et voilà. J’ai mis 9 mois à avoir mon code, je n’y allais jamais, j’avais bien d’autres préoccupations. Et puis je l’ai eu, j’ai commencé la conduite et là CATASTROPHE. J’avais des difficultés, certes, je n’étais pas douée et j’avais besoin de temps, certes… Mais mes moniteurs n’arrêtaient pas de me lancer des insultes (oui oui, du style que j’étais idiote, que je ne devais rien réussir à faire dans ma vie tellement j’étais empotée, que j’étais brune avec un cerveau de blonde….) résultat je ne faisais que pleurer, j’ai fait heures de conduite et j’ai abandonné.
    1500 euros dépensés par mes parents, perdus. C’était en 2007.

    En octobre 2013, je termine mes études, je suis au chômage. Bcp de gens me font des réflexions depuis 6 ans sur le fait que je n’ai pas mon permis. Je décide de m’inscrire dans une autre auto école, sans en parler à trop de monde. Je raconte même mes problèmes à la secrétaire pour lui expliquer que si les moniteurs ont la même « pédagogie » ici, ce n’est pas la peine que je m’inscrive. Elle me rassure, elle me dit qu’ils sont gentils et patients. Motivée à fond, je vais au code tous les jours et le passe en un mois.

    Et puis je commence à conduire. Les moniteurs sont gentils et patients, oui. Mais rien n’y fait. Plus les heures passent et plus je stresse. Car au début je me dis que c’est normal si je suis nulle. Sauf que je ne voies quasiment pas d’évolution. Je passe mon permis au bout de 40h une première, une deuxième fois au bout de 50 heures. On arrive déjà en octobre 2014.

    Je décide de passer en conduite supervisée (car plus de 6 mois sans conduire entre les deux fois où j’ai passé le permis, ça fait mal !). Je n’ose commencer à conduire avec mon père que fin décembre. Depuis, j’ai fait seulement 200 km (il en faut 1000 pour passer le permis, on peut normalement les faire en 3 mois) et puis les heures passent plus j’ai peur et je me sens mal. Je repousse tout le temps le moment de conduire. Samedi, arrivée à un feu rouge, j’étais tellement paniquée que j’ai dit à mon père « on échange de place, tu conduis, je n’y arrive plus ».

    J’ai déjà dépensé 3000 euros, il faut que je prenne obligatoirement 6h de conduite à 50€ l’heure avant de passer le permis + que je paye les 120 euros pour le permis. Je suis totalement démotivée.

    Wahou j’ai vraiment BEAUCOUP écrit… C’est juste que je ne sais jamais à qui parler de cela car les gens ne me comprennent pas. Mon copain me soutient mais à côté de ça me dit que tant que je n’ai pas mon permis on aura jamais d’enfant (ce n’est pas ce que l’on veut pour le moment, mais le jour où on en voudra, en gros si je n’ai pas mon permis ce sera niet). Et puis je me sens idiote par rapport aux autres. Je me dis que si tout le monde y arrive sauf moi c’est que je dois être vraiment vraiment bête…

    Bref désolée pour ce roman que je viens d’écrire, en tout cas sache que tu n’es pas seule même si nous sommes malgré tout des cas isolés ! Et j’espère qu’on s’en sortira.

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    1. Coucou,

      J’avoue que là je reconnais bien mon cas, sauf que moi je n’ai jamais pu tenter de passer le permis, car les moniteurs refusaient toujours de me faire passer les étapes obligatoires. Je n’ai jamais dépassé la première étape tant je ne suis pas à l’aise. Le pire c’est que moins on y arrive, plus on panique, moins on arrive à quoi que ce soit, c’est un cercle vicieux.
      On nous met une pression pas possible en plus pour avoir le permis, ce qui rajoute du stess et n’arrange rien… mon copain ne m’a jamais dit qu’il faudrait absolument que j’aie le permis pour avoir un enfant, mais il me dit très souvent que si je veux évoluer dans ma carrière (le jour où j’en aurai une -_-) ou autres il FAUDRA que je le passe car il ne jouera pas les chauffeurs. Donc en soi, y’a de la pression…
      Dans un sens ça me rassure de ne pas être seule à ne pas y arriver, mais de l’autre, ça ne change pas grand chose à la pression quotidienne. Les gens ne comprennent pas qu’on puisse ne pas y arriver…

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      1. C’est ça, il y a des gens qui me disent « nan mais moi aussi je galérais au début et après c’est venu…. » sauf que non ça ne vient pas…
        Mes moniteurs étaient moins pointilleux que les tiens car ils ne se sont jamais occupés des étapes du livret, ils ont tout coché pour le permis et voilà. Il m’avaient prévu 40 heures donc au bout des 40 heures ils m’ont fait passer l’examen même si je n’étais pas prête. Ils ont voulu me faire reprendre 5h pour le passer la 2e fois, j’en ai demandé 10.
        Maintenant je ne sais vraiment pas si je vais être capable de le passer une nouvelle fois…

        Et pour le travail c’est embêtant aussi car actuellement j’ai la chance de pouvoir me rendre au travail à pieds, mais c’est parce que je suis encore chez mes parents, le jour où je vais déménager aie aie aie ça va se compliquer puisque je travaille dans une zone difficilement accessible en transports….

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      2. Je t’avoue que même au bout de toutes mes heures je ne me serais pas sentie capable de passer le permis. Les moniteurs étaient pointilleux et du coup ne m’ont pas appris les autres étapes. Donc je n’aurais pas pu de toutes manières.
        En fait ne pas avoir le permis demande une grosse organisation, il faut tout avoir à proximité ou dans des zones bien desservies par les transports. Mais la voiture c’est aussi la facilité… vu que tout le monde a la voiture, les transports ne prennent pas la peine d’étoffer leurs horaires ou quoi que ce soit. Pourtant des transports plus fiables, aux horaires plus larges, ça pourrait créer de l’emploi ! M’enfin là je pars en live.

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  8. Coucou !

    J’ai lu ton article attentivement parce que je suis justement en train de passer ma conduite, c’est tout frai depuis 3 heures !
    Je pense qu’effectivement il existe des personnes prédestinées à faire certaines choses comme dessiner, sculter ou cusine en revanche je ne pense pas qu’il existe des personnes ‘incapables » de faire quelque chose. Je pense que dès le départ tu t’es mise des barrière avec le manque de feeling que tu as eu, surement lui même dû à des peurs dans ton inconscient.

    Le permis on peut s’en passer tant qu’on est étudiante ou jeune active mais comment feras tu un jour si tu te retrouves confrontée à une situation ou tu dois amener d’urgence ton bébé à l’hôpital ou le chat chez le vétérinaire et que le mari et la maman ne sont pas là ?

    Je pense qu’il faudrait éventuellement, si tu as le temps, les moyens et l’envie bien sur d’essayer de découvrir ce qui se cache sous cette peur, sous ce refus pour t’aider à aller de l’avant. Peut être même que ça t’aidera à débloquer d’autres peurs.

    Moi je suis pas dégourdie et j’en suis consciente, comme toi je ne me sens pas sereine au volant, mais quand je vois tous le temps que je vais passer dans les transports pour mon stage … je me dis que j’ai très vite envie d’avoir mon permis.

    Bon courage, Bisous

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    1. C’est possible que je me sois mis des blocages, mais pourtant au début je n’en avais aucun, je pensais que j’allais faire comme tout le monde, galérer un peu au début et ensuite y arriver. Mais non…
      Le cas du bébé ne se pose pas, le cas du chat s’est déjà posé et j’ai pris le bus, système D.

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  9. Oh lala en lisant ton article je me suis tellement reconnue.Aujourd’hui cela plus de 1 an que je conduis à l’auto-école enchaînant les heures (plus de 60 au total) et une impossibilité de passer le permis car les moniteurs ne me « sentent pas ».Je ressens tout comme toi cette peur en pleine ville ou la seule chose que j’ai envie de faire c’est d’y sortir et de plus jamais y reconduire car toute les voitures , les piétons , les vélos me font peurs. Je ne sais pas si c’est un blocage qui fait que de toute manière je ne serai jamais a l’aise sur la route ou bien le fait d’être stressé par le jugement de celui qui a coté de moi car moi aussi j’ai eu de mauvaises expériences. Toutefois je veux démontrer que tu n’es pas la seule dans ce cas la , et aujourd’hui cette situation me pèse plus que tout , et il ne me tarde qu’une seule chose c’est a dire le passer et l’avoir ( oui je l’espère parce qu’il me coûte chère a la longue) …

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    1. Si ce sont les moniteurs qui ne te sentent pas mais que toi tu le sens, j’ai envie de dire, tente le coup, ça te coûtera toujours moins cher que d’enchaîner les heures sans rien voir au bout et au moins tu seras fixée… si tu es vraiment trop paniquée arrête, tu as dépensé sûrement encore plus que moi pour rien :/ enfin du moins si tu peux t’en passer.

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  10. lol ton post pourrait être le mien! j’ai aussi tenté le permis; comme toi déja pour avoir le code super long , obtenu au deuxième coup et ensuite la conduite une cata , comme toi je progressais pas, les démarrages en côte pas la peine, les manoeuvres pour se garer sans commentaire lol la monitrice me disait on peut pas pas vous présenter au permis il vous faudra au moins 100 heures de conduite et encore peut être plus ! et comme pour toi elle m’a dit  » vous savez pleins de personnes ne sont pas faites pour la conduite » cela voulait tout dire:! j’ai profité d’avoir trouvé un taf et devoir déménagé pour abandonner ! mais c’est clair que ce me pose un problème car que cela soit dans la vie de tous les jours et évidemment pour le travail on part avec un gros handicape, j’ai déja refusé des offres car trop galère pour y aller en transport en commun! Peut être que de re renter sur boite automatique serait une bonne idée? mais bon faut trouver une auto école qui le propose c’est pas gagné! et vu mes moyens financiers c’est pas possible pour le moment! j’ai dépensé plus de 1500 euros pour rien … a l’époque j’étais chez mes parents au RSA donc pas bp de frais ! mais ayant maintenant loyer etccc je peux plus me le permettre.

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    1. Ah mais pareil, quand j’ai fait mes heures de conduites, j’étais chez ma mère donc aucune dépense. Mais maintenant je n’y suis plus et je ne pourrais plus me permettre de dépenser autant pour le permis ! Je vois qu’on a les mêmes difficultés, je n’ai pas envie de me prendre la tête mais c’est vrai que c’est handicapant de ne pas l’avoir.

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  11. Bon, merci d’avoir posté ça. Je suis dans le même situation quasiment exactement. Mémoire d’éléphante partout ailleurs, mais incapable de me souvenir des manœuvres d’une leçon à l’autre. Expériences malheureuses avec les auto écoles, plus des 50 heures de conduites, toujours pas de partie 2 : « il faut apprendre à maitriser parfaitement le véhicule d’abord, avoir les réflexes sans y penser ». Sauf que savoir que je ne dois y penser, ça m’y fait penser, et je ne sais plus rien. Et puis ça m’énerve, cette boite de vitesse, et chaque heure, je pense aux centaines d’euros que j’aurais pu dépenser ailleurs.

    Ce matin j’ai annulé mon contrat avec mon auto-école. Je jette l’éponge. Et fini la boite de vitesse. Je vis à l’étranger, je le passerai peut être là bas, un jour, en automatique, pour cinquante dollars. J’étais rentrée en France pour les vacances, on me rajoute des heures et des heures en dépit de l’impossibilité pour moi de rester plus longtemps…c’est un Catch 22 : Comme quand tu attends le bus depuis tellement longtemps que tu hésites à faire ton trajet à pied, mais en même temps, peut être qu’il va arriver dans une minute ? Quand on a déjà tellement dépensé en temps et en argent, on se dit peut être on pourrait essayer un peu plus longtemps.

    Tout mon soutien quant aux remarques incompréhensives de tes proches, pour qui tout est tellement juste une question de déclic. J’ai droit aux mêmes, et au fameux « de toute façon tu trouveras jamais de travail si tu l’as pas, donc il va bien falloir commencer à t’appliquer »…genre je fais exprès.

    Un jour un instructeur m’a dit que certaines personnes pensaient à trop de choses pour conduire sereinement, comme une sorte de surchauffe intellectuelle, utile dans les études, paralysante pour la route. Il a ajouté qu’il connaissait une fille sur-diplômée qui avait fait des centaines d’heures, l’avait eu enfin, et s’était finalement tuée au volant. Super motivant hein. Merci mais non merci, le seul truc que je regrette finalement c’est d’avoir participé à engraisser ces auto-écoles véreuses. J’aurais mieux fait de rester à vélo. Ou acheter une voiture électrique sans permis.

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  12. Bonjour, je me retrouve absolument dans beaucoup de vos écrits… Prendre la route me fais peur et je ne prend auqu’un plaisir à conduire c’est un stress permanent. Mon auto école ma tout de même inscrite au permis me faisant croire que je pouvez y arrivais… Et évidement je ne l’est pas eu.. Pour mon autourage seul les ânes. Y arrive pas 😦 bha je dois en êtes un beau gros je ne me souviens plus de se que l’on m appris d’une leçons sur l’autre la boîte de vitesse est mon ennemi… Et j’ai la sensation que je n’y arriverait jamais ;( chaque fois que je prend un vous de conduite je vomis la veille je fais des cauchemar es et j’ai qu’une envie d’y aller… Il me faut pourtant ce fichue papier pour pouvoir travailler…. Je commence à me dire que mon avenir est peut être tout simplement mère au foyer ;(

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