Publié dans Une vie de rousse

Je voudrais profiter de ma vie.

restaurant ou pizza

Je n’arrive pas à le retrouver, mais il y a quelques mois, je lisais l’article d’une quadragénaire qui expliquait qu’elle avait pris sa retraite à 40 ans, après avoir énormément économisé, pour mieux profiter de l’existence. Quand je l’ai lu, j’étais tellement en accord avec elle !

Quand j’y pense, on gâche notre vie, c’est hallucinant.

On passe notre enfance sur les bancs de l’école, pour apprendre des choses qui, pour la plupart, ne nous seront jamais utiles. De plus, on est sous l’autorité des adultes et on ne peut pas faire ce dont on rêve. On est trop limités et on nous impose tous nos choix. Pour ma part j’ai détesté mon enfance. Entre le harcèlement scolaire et le fait d’avoir dû grandir trop vite pour supporter une mère complètement névrosée, on ne peut pas dire que j’ai bénéficié de l’insouciance de l’enfance.

L’adolescence n’a pas été réellement meilleure, toujours à l’école, toujours la même mère, on nous parle de liberté à la fac mais le manque de moyens du foyer a fait que je vivais chez ma mère, donc je n’avais pas vraiment la liberté de l’étudiant. Et puis ça ne me faisait pas vraiment envie, lorsque je voyais que pour la plupart de mes collègues, la liberté signifiait se bourrer la gueule et emmerder tout le monde avec des fêtes tous les soirs, musique à fond (un peu comme mon voisin, sauf que lui, il a plus de 30 ans).

Une fois adulte, on m’a pressurée pour que je rentre dans le moule, il fallait à tout prix que je me mette à travailler. Mais je profite quand de mon existence, moi ? On me stresse car je suis en recherche d’emploi, si un jour je trouve un boulot (c’est tellement mal parti) on va me presser pour que je sois rentable, pour que j’en fasse toujours plus, et si je manque de chance on me jettera quelques jours de congé comme on jette des cacahuètes à un singe, en me disant hypocritement d’en profiter alors que mon salaire ne me permettra même pas d’aller me dorer la pilule en Méditerranée.

En fait, on ne peut profiter de la vie qu’à la retraite, une fois que notre condition physique ne nous permet plus de faire ce que l’on veut, et encore, si on a la chance de ne pas se faire jeter en maison de retraite par le reste de sa famille, et si notre retraite est suffisante pour pouvoir vivre avec un peu plus qu’un paquet de pâtes par mois. N’étant pas une grande optimiste de nature, je pense sincèrement que notre génération n’aura pas de retraite, et qu’on sera bons à se casser le cul toute notre vie.

J’ai toujours eu du mal à voir l’intérêt de l’existence, dans ces conditions. Chaque moment de notre vie est contrôlé, pressuré, d’abord à l’école, puis au travail, puis par l’argent, parce qu’on a beau avoir trimé toute sa vie, parfois on a même pas de quoi vivre et on est obligés de continuer à bosser après la retraite. C’est pour ça que j’ai été touchée par l’article de cette femme qui a décidé de dire NON, qui a décidé que son labeur lui servirait à faire ce qu’elle a toujours rêvé de faire, et peu importe l’avis ou même la jalousie des autres, qui eux n’ont jamais osé.

profiter de la vie

Quand j’ai fait lire cet article à mon copain, il n’a pas été surpris, car il pense exactement pareil et comme il a un travail, il a commencé à mettre de côté lui aussi. Il épargne le plus possible chaque mois, afin de se retirer le plus tôt possible. Par chance, nous ne sommes pas un couple dépensier, on ne part pas en vacances (pour nous les vacances, c’est passer des heures à se bastonner sur nos jeux vidéos sans se préoccuper de l’heure ^^), on sort rarement, nos plus grosses dépenses sont le loyer et la nourriture (on essaie de manger responsable, mais hélas, nos finances ne le permettent pas toujours). Il peut donc épargner plutôt tranquillement.

Notre épargne c’est pour nous du « never touch ». Elle est là pour nous permettre de vivre. D’accomplir ce dont on a toujours rêvé sans se casser le cul toute notre vie.

On fait aussi ça car on est conscients qu’avec ma maladie, je ne vivrai probablement pas bien vieille. Je me souviens encore de ce médecin qui avait sorti à ma mère, devant moi, que je ne passerai pas les 20 ans. J’en ai 25 aujourd’hui. Oui il y a les progrès technologiques, mais ce sont les maladies mises en avant, les maladies médiatisées qui en profitent. Moi, je ne suis pas prête de pouvoir en bénéficier. C’est aussi pourquoi je n’ai pas envie de travailler jusque si tard, car je sais que physiquement parlant, quand je voudrai profiter de ma vie, il sera trop tard. J’ai déjà la sensation d’avoir gâché mes jeunes années avec ces foutues études, je ne vais pas en plus me gâcher l’âge adulte avec un travail qui ne me plaira probablement pas. Le souci, c’est que pour profiter de ma vie avant que le tic tac de la dégénération soit arrivé trop loin, il faudrait que je gagne au loto… et ce n’est pas près d’arriver, car je n’y joue pas, j’ai mieux à faire de mes sous ! Ou alors il faudrait que je trouve un job bien payé qui ne me ruine pas physiquement, mais déjà que je ne trouve pas de job alimentaire, alors un job bien payé n’en parlons pas.

Ça me révolte mais j’ai bien l’impression qu’à ce rythme, je vais mener une vie inutile qui ne me comblera jamais. C’est déprimant. Mais quitte à faire quelque chose… j’aimerais vraiment voir l’Islande avant de mourir.

Et vous, vous en pensez quoi ?

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Auteur :

Je suis une femme de 27 ans, blogueuse humeurs et emploi, cherchant à creuser son trou dans le monde du travail malgré son handicap.

11 commentaires sur « Je voudrais profiter de ma vie. »

  1. J’ai une approche un peu différente…

    Il existe des solutions annexes, je pense. Comme soit vivre de l’indépendance d’un emploi créé de ses propres mains. Déjà on est dès plus fier de ce genre de chose, même si cela est difficile, car c’est difficile et on ne dépense pas la même énergie à le faire : on le fait pour soi.

    Actuellement, j’ai opté pour un télétravail. J’aime mon travail mais cela me permettra d’être libre le reste du temps pour utiliser l’énergie que j’ai pour moi au maximum.

    Je n’ai pas trop de souci avec l’idée de travailler. C’est pour moi je crois important. Mais il faut faire ce qu’on aime, comme on l’aime sans quoi on devient rapidement « chèvre » et la vie devient vite sombre.

    Voilà voilà. 🙂

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    1. Faire ce qu’on aime comme on aime c’est un peu la teneur de l’article non? Profiter quoi, faire des choses qui ont du sens que ce soit niveau pro ou niveau perso. Se faire plaisir dans tous les domaines.
      Trouver un métier qui nous plait c’est ultra rare de nos jours. Ca me parait pourtant essentiel, ça devrait être naturel. Mais non, on est dans une société où il faut trouver un emploi quel qu’il soit.
      Pouvoir profiter de la vie, ça devrait etre le but premier de toute existence.

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    2. Je dois avouer que j’aimerais bien créer ma propre entreprise. A une époque, j’ai même suivi des ateliers à Pôle Emploi pour apprendre à le faire, et j’ai fait une étude de marché qui a révélé que le projet tenait largement la route. Et puis plus rien. Bah oui, sans argent, je la fais comment mon entreprise ? Sans compter que tous les exemples autour de moi de personnes qui tentent le coup et se cassent la figure car trop de taxes et impôts à payer ne m’encouragent pas. C’est dommage, je me serais bien lancée sinon, car en effet, ce serait moins une corvée de travailler. Sauf que comme je n’en ai pas la possibilité, je suis un peu condamnée à bosser dans un domaine où l’emploi ne sera qu’alimentaire.
      J’aimerais bien bosser en télétravail mais je n’ai jamais réussi, je ne vois pas souvent d’offres qui le proposent.
      Ce n’est pas l’idée de travailler en soi qui me pose problème, c’est l’exploitation dont on est victime et qui gâche le plaisir de travailler.

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  2. tiens, j’aurais pu ecrire cet article moi meme, tellement il reflete mes pensées !
    Ou presque.
    Car oui, c’est terriblement révoltant, tout ce temps perdu a se conformer a la societé, a travailler juste pour (sur)vivre, et se dire qu’on ne profitera du temps « libre », que lorsqu’on sera vieux. Et peut etre en mauvaise santé. Et peut-etre … mort avant meme de pouvoir en profiter.

    Economiser pour pour se créer une retraite plus tot, 40 /50 ans …
    moui, mais tout depend du niveau de vie, mais avec 2 smic, c’est difficile d’économiser au point de pouvoir décider de cesser de travailler.

    Et puis, il faut se garder aussi un peu de marge de plaisir, dans l’instant présent. Ne pas entierement se priver aujourd’hui, pour un hypothétique demain.
    Je ne dis pas de flamber, mais un voyage, un resto de temps en temps …

    Je me relis et j’ai l’impression de paraitre dépensiere. MAis pas du tout ! Avec 1.5 smic a deux, on arrive a économiser car on est « minimaliste »
    https://eclectikgirl.wordpress.com/2015/03/19/un-smic-a-deux-et-on-vit-bien-merci/
    (en bas de l’article, je détaille ce que je dépense / ou pas)

    Avec toutes ces économies a gauche a droite, on met de l’argent de coté, pour se faire 1 beau voyage tous les 2/3 ans.
    On a aussi de l’argent de coté pour les coups dur, et un compte pour la retraite.
    Mais meme en faisant l’impasse sur le budget voyage, et en réduisant de 1/2 nos revenu pour notre « retraite anticipée » … pas possible.

    Mon reve : vivre en autonomie. avoir une maison, cultiver, produire, créer, sans rien devoir a personne, en autarcie …

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    1. Ah mais on ne se prive pas non plus ! On économise mais ça ne nous empêche pas de nous faire plaisir à côté. Mais comme nous sommes casaniers et solitaires, pour nous « un restau ou un voyage » ce n’est pas un plaisir. Surtout quand on sait qu’on doit retourner au boulot quelques jours après.
      Pour nous se faire plaisir c’est par exemple augmenter la qualité de la nourriture ou se payer un jeu à 50 euros au lieu de se contenter d’un jeu à 2 euros. Donc on arrive à économiser.
      J’avais lu ton article sur le smic (je l’avais même commenté pour le nuancer car il me semblait un peu moralisateur, même si dans l’ensemble j’étais d’accord), nous ici par contre c’est un smic pour deux car je ne trouve pas de travail. On parvient quand même à économiser, même si c’est de plus en plus dur et que là, on attend les impôts qui vont tomber (la grande logique, je suis à la charge de mon homme, mais comme je ne suis pas sa femme, les impôts ne me considèrent pas comme à sa charge. Par contre quand il s’agit de grignoter sur ma pension handicap en fonction de ses revenus là bizarrement on s’en fout que je ne sois pas sa femme ><).
      Vivre en autarcie est aussi mon rêve, et celui de mon homme, c'est un peu notre but final en fait.

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  3. J’y pense également très souvent…surtout ces dernières semaines où je suis moins épanouie dans mon travail que ce que je ne l’aurais souhaité. Pour ma part, j’envisage d’économiser pendant 5 ans et après monter un petit quelque chose à la campagne ou en province mais l’idée est de fuir Paris où je suis actuellement. Je me suis fait les mêmes réflexions: pourquoi est-ce que je fais tout ça finalement? pourquoi est-ce que j’ai choisi cette voie là plutôt qu’une autre et ça m’a attristé d’en venir à la conclusion qu’en réalité, je n’ai fait, toute ma vie, que suivre le vent. Je suis entrée dans le rang et j’ai du mal à en sortir. La peur sans doute….

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    1. De mon côté aussi fuir Paris est une des priorités. Je ne me vois vraiment pas y rester, je n’aime pas la ville, tout est cher, je n’y ai pas trouvé ma place niveau emploi…
      Je me dis aussi que je serai bien obligée de suivre le vent pendant un temps si je veux faire quelque chose de positif de ma vie : rien ne se fait sans argent, et l’argent, il faut bien le gagner… à mois de gagner au loto ou de toucher un gros héritage, je ne suis pas prête de pouvoir créer ma boîte ou vivre en autarcie !

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  4. Coucou !

    Je vois qu’on a le même rêve avant de mourir : Voir l’Islande !! Haha 🙂
    Sinon, je trouve étonnant que tu ne trouves pas de job alimentaire…c’est autant la dèche que ça par chez toi?
    Je trouve que le monde du travail est difficile, quel que soit le travail. Il yaura toujours qqch qui ne conviendra pas et souvent je me demande si la vie mérite d’être autant gâchée. A quel prix?

    Bisous !

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    1. Car en fait mon handicap se rajoute à un marché du travail déjà bouché, du coup ça n’aide pas ^^ sans compter que je n’ai pas d’expérience professionnelle. L’île de France est la pire région de France concernant l’emploi des personnes handicapées 😦

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