Publié dans Littérature

Les mille automnes de Jacob de Zoet, de David Mitchell

Jacob de Zoet

Titre : Les mille automnes de Jacob de Zoet

Auteur : David Mitchell

Date de parution : 13 mai 2010 (VO)

Éditeur : Points

Genre : Drame Historique

Pages : 744

Prix : 8.90 euros

Quatrième de couverture :

Dejima, comptoir de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, ou la promesse d’une fortune facile. Jeune clerc, Jacob de Zoet débarque sur l’île en 1799, bercé par l’espoir d’un mariage à son retour. Là, il est comme envoûté par Mlle Aibagawa, douce sage-femme au visage étrangement brûlé. Or la demoiselle est enlevée sous ses yeux par le diabolique Enomoto et conduite sur le mont Shiranui…

Un mot sur l’auteur :

Né en 1969 en Angleterre, David Mitchell a enseigné huit ans au Japon. Il a été trois fois finaliste du Booker Prize et ses ouvrages sont traduits en plus de vingt langues.

Mon avis sur ce roman :

J’ai reçu cette petite merveille dans ma box Exploratology de mai et il était temps que j’en fasse une critique ! Pour être honnête, j’ai été très longue à le lire. Non pas parce que je n’ai pas aimé (au contraire !) mais parce que ce roman demande une attention particulière pour être compris et démarre un peu lentement, aussi.

J’ai eu énormément de mal au début, il y a beaucoup de termes techniques, spécifique au commerce de la Compagnie des Indes, sans parler des noms japonais qui à première vue se ressemblent tous (même pour moi qui suis une grande adepte de mangas et manhwas). Le premier chapitre est très immersif mais malgré tout j’ai interrompu ma lecture plusieurs fois, le temps de « digérer » un peu, sauf que du coup je perdais le fil et c’était un peu compliqué. Cependant, l’histoire est extrêmement riche et intéressante. On y apprend beaucoup sur l’ouverture du Japon au commerce, sur la manière dont la Compagnie était gérée, sur les différences culturelles, notamment celles qui peuvent donner lieu à des heurts (comme la religion, le Japon ne tolérant pas le moindre objet, symbole ou prosélytisme chrétien par exemple). Au fur et à mesure de ma lecture, je décrochais de moins en moins et j’ai fini par tout dévorer jusqu’à la fin. L’enlèvement de Mlle Aibagawa donne un nouveau rythme au roman, permet d’avoir un autre point de vue que celui de Jacob. On peut ainsi comprendre que l’amour entre une Japonaise et un étranger n’est pas si simple et que les japonaises qui épousaient des commerçants étrangers étaient de très basses extraction, voire carrément des prostituées, ce qui rend d’autant plus l’amour de Jacob impossible, car il est tombé amoureux de quelqu’un considéré comme trop bien pour lui.

L’anecdote de l’éventail sur lequel dessine Jacob m’a rappelé un évènement que j’avais lu dans Ma vie de geisha, lorsque le Prince Charles signe un autographe sur un éventail. La geisha explique bien que l’éventail d’une femme est considéré comme le prolongement d’elle-même et que le souiller est un véritable affront. Pourtant, Mlle Aibagawa conserve l’éventail sur lequel Jacob a dessiné…

J’ai eu beau avoir du mal à le lire, ce roman est l’un des plus passionnants qu’il m’ait été donné de posséder. Il est riche en enseignements, l’histoire est très intéressante et originale, fidèle à l’Histoire avec un grand H et les protagonistes sont profonds. Je pense cependant qu’il a besoin d’une deuxième lecture pour le comprendre entièrement car il reste compliqué et je le déconseille aux lecteurs novices, à moins d’être passionné d’Histoire. D’ailleurs à propos d’histoire, le titre du roman fait référence à un dicton japonais « mille automnes en une journée » qui signifie « attendre très longtemps ». Je vous laisse comprendre à quoi ce dicton fait référence !

C’est un livre vraiment difficile à résumer car il est composé d’une multitude d’intrigues et de personnages, qui s’entrelacent, le moindre petit détail est important et en plus de ça le rythme est plutôt soutenu. Vous allez me dire que la quatrième de couverture parle d’amour, et que j’ai bien signifié que je n’aime pas les romans d’amour, mais ici ce n’est pas ça. On ne parle pas de sentiments niais et fugaces, mais de quelque chose de profond, qui transcende les différences culturelles, et qui surtout, sont loin de prendre la majeure partie de l’intrigue.

A première vue, un livre qui parle d’amour et de commerce n’est pas attirant, mais croyez moi, c’est une lecture qui vaut très largement le coup et c’est sans doute l’un de mes coups de cœur de l’année. C’est un peu comme se prendre une vague en pleine poire alors que l’eau est calme, on ne s’y attend pas du tout. Je pensais lire une classique histoire sur le Japon avec des clichés sur les ninja/samouraïs/whatever et en fait non, c’est juste une grosse claque littéraire qui en plus permet d’enrichir sa culture générale car l’auteur, non content d’avoir vécu au Japon, s’est extrêmement bien documenté et sait de quoi il parle (ce qui se sent).

Je profite également de ce billet pour vous informer qu’il y aura moins d’articles littéraires dans les mois à venir, tout simplement car je n’ai plus de budget loisirs actuellement et donc je ne peux plus m’offrir de box ou de livre. Mais il y en aura d’autres lorsque ma situation s’arrangera, bien évidemment 🙂

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Auteur :

Je suis une femme de 27 ans, blogueuse humeurs et emploi, cherchant à creuser son trou dans le monde du travail malgré son handicap.

8 commentaires sur « Les mille automnes de Jacob de Zoet, de David Mitchell »

  1. Un roman que j’ai moi aussi adoré et dévoré. Vraiment, une petite pépite. Je l’avais acheté au pif parce que le titre m’intriguais. Je suis d’accord à 100% avec ta critique 🙂
    On connait bien l’histoire des comptoires anglais et français en Inde, néerlandais à Ceylan et Batavia, mais au Japon? Je n’en n’avais jamais entendu parler. Et il étaient les seuls!
    Une belle plongée dans l’univers du Japon de cette époque, avec ses codes et ses traditions.
    J’ai eu le coeur serré lorsque Jacob part, laissant son fils moitié japonnais derrière lui… On sait bien que même de nos jours, les « hafu » (les métisses) sont mal considérés là-bas. Tout un débat!
    Pour ce qui est du budget livres – bibliothèque municipale, occasions? Ca serait dommage de te priver. Y’a toujours moyen de moyenner 😉

    Aimé par 1 personne

      1. Moi non plus je n’aime pas lire sur PC. Mais si tu aimes lire et que tu es a court, alors l’occas est vraiment le meilleur moyen, selon moi. A 1euro le bouquin, tu ne peux pas te ruiner 😉

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  2. Bonjour Cécile,

    Annnhh mais vous aviez fait un article sur Jacob de Zoet! J’essaie de suivre votre blog, mais avec le temps qui me manque euh en permanence, j’avais loupé le moment (sinon, il faut pas hésiter à me faire un coucou, j’adore lire les avis, surtout quand ils sont bien argumentés ^^) C’est un plaisir de lire votre compte rendu sur ce roman! Je suis ravie qu’il vous ait plu malgré la difficulté d’immersion au départ (c’est rigolo, moi aussi je m’emmêlais dans les noms mais plus du côté hollandais, tous ces gus qui voulaient se marcher sur les pieds avec les différentes hiérarchies, il a fallu limite que je fasse un croquis comme avec Cent ans de solitude!).
    En tout cas, je suis contente qu’il ait créé la surprise. C’est vrai qu’on a l’habitude des romans style La pierre et le sabre, moi aussi j’ai aimé le fait de recevoir « une claque littéraire » comme vous dites.

    Pour votre budget loisirs, comme c’est vous, on peut fonctionner par chèque que j’encaisse quand ça vous arrange. Si ça vous intéresse, n’hésitez pas à m’envoyer un petit mail 🙂 Mais en attendant, si vous souhaitez des conseils pour vous approvisionner en bibliothèque, n’hésitez pas non plus, si je peux continuer à vous conseiller d’une quelconque manière, ça me fera plaisir 🙂

    A bientôt et encore merci pour vos articles de passionnée!

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    1. Ah les noms hollandais pour moi ça allait, il faut dire que je sortais d’un roman avec des noms slaves à gogo et une hiérarchie encore plus complexe ^^
      Pour ce qui est du budget loisirs, en réalité c’est juste que je ne souhaite pas dépenser l’argent que je n’ai pas ou que je n’ai pas encore. J’ai connu des périodes de grosse disette sans savoir quand est-ce que ça allait s’arranger et je suis d’une prudence excessive à ce niveau ! Du coup je coupe carrément toute dépense superflue le temps que ça aille mieux, et hélas, les livres font partie du lot 😦
      Désolée de ne pas vous avoir prévenue pour l’article, généralement je n’aime pas embêter les gens avec ça :p

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