Publié dans Anecdotes, Une vie de rousse

Je ne donne pas dans la rue

arnaque

S’il y a bien une chose qui m’agace depuis que je suis dans la région parisienne, c’est cette abondance de personnes qui réclament de l’argent dans la rue, particuliers comme pseudo-associations. J’ai parfois l’impression que je ne peux pas mettre un pied dehors sans me faire solliciter, même dans ma propre ville qui pourtant n’est pas touristique. Il n’y a pas si longtemps, alors que j’allais à la pharmacie, je me fais aborder par une nana qui m’explique qu’un cross à vélo est organisé dans l’après-midi et qu’elle récolte des dons pour le goûter des enfants. Je précise que je vis dans un quartier TRÈS bourgeois, où le revenu moyen équivaut à trois mois du salaire de mon homme, et genre les gens n’ont pas les moyens de payer eux-mêmes un goûter à leurs gamins, il faut solliciter des inconnus dans la rue…? Quand j’ai fait la remarque à la dame, elle s’est contentée de me répondre que je pouvais bien faire un geste pour des enfants. Manque de bol, je n’aime pas les enfants, et si je devais faire un don, je pense qu’il y a des causes bien plus prioritaires que le goûter de gamins de bourges.

En fait, ce qui me freine à l’idée de donner dans la rue, c’est qu’il y a énormément d’escrocs. Quand je vivais encore à Orléans, quand j’allais manger au centre-ville le midi il y avait toujours une ou plusieurs pseudo-assos qui se jetaient sur les jeunes et les étudiants pour leur réclamer de l’argent, en sachant pertinemment que les jeunes donnent plus facilement. Comme par hasard, ils visaient toujours les groupes de filles ou les jeunes seuls, histoire de mettre la pression. Tous les prétextes les plus larmoyants étaient donnés pour arracher un billet, et quand on regardait le nom de l’association sur internet une fois chez nous, pouf, l’association n’existait pas !

Il y avait aussi les gens se faisant passer pour des associations existantes. Il est extrêmement facile de se procurer un uniforme de la Croix Rouge avec une petite tasse à motifs, et roule ma poule. J’ai un ami qui m’a avoué avoir fait ça un jour pour payer une amende pour stationnement interdit… autrement dit, même quand le nom est connu, on est pas sûrs de donner à l’association en question !

La plupart des gens donnent aussi pour se débarrasser de la personne qui sollicite, sans même réfléchir à l’endroit où va leur argent…

Je crois que le pire, c’est que si on ne donne pas, on passe pour des radins alors qu’il est légitime de vouloir savoir où va ce que l’on donne. Si l’argent n’a aucune valeur pour certains, c’est très bien, mais pour d’autres, un don de 10 euros c’est énorme et on a pas envie de le faire au premier venu en échange d’un pauvre autocollant qui ne signifie rien.

Il n’y a pas si longtemps, j’ai bien rigolé. Maintenant quand on me sollicite, je réponds que je ne donne que sur internet, sur le site officiel de l’association, pour être sûre que je donne à la bonne personne et pas à un obscur escroc. Mais ce jour-là, la personne a bien insisté, en disant que la campagne de récolte se terminait dans quelques minutes (mais bien sûr) et que je devais donner maintenant pour encourager la campagne pour l’éducation de petites maliennes. Et elle s’est énervée contre moi en me disant que je n’étais qu’une pingre, qu’une fois rentrée je ne ferai rien du tout et que je n’avais pas besoin d’utiliser de faux prétextes si je ne voulais pas donner. Si cette personne faisait vraiment partie de l’association en question, je doute qu’on lui ait dit de s’énerver sur une personne qui préfère passer par le site officiel pour donner plutôt que dans la rue…!

Il y aussi bien évidemment tous les faux mendiants, comme par exemple cet homme qui mendie toute la journée devant le magasin où travaille mon homme, et qui le soir vient acheter sa bouffe en ouvrant son porte-monnaie dégueulant de billets de 100 euros. Mon homme pensait que c’était une sorte de légende urbaine basée sur la mauvaise foi, mais il a changé d’avis lorsqu’il a vu lui-même le type sortir son argent pour payer trois pauvres trucs avec un billet de 100, et tous les autres vomis par son porte-monnaie. Combien y-a-t-il de faux mendiants du genre  pour quelques vrais qui paient les pots cassés ?

Quand j’étais en résidence étudiante, c’était la valse aux escroqueries, les portes étaient grandes ouvertes et on était littéralement harcelés de types qui venaient récolter des dons, de vendeurs en tous genres, plusieurs fois par jour, c’était affolant, surtout quand on sait que les étudiants ne sont pas les personnes les plus aisées financièrement. J’en avais parlé récemment, de cette fille qui se faisait passer pour une vendeuse en période d’essai, en concurrence avec d’autres personnes, qui devait vendre un max pour obtenir le poste et qui en réalité revendait des peluches WWF le triple de leur prix, son entreprise n’ayant en réalité jamais existé.

Les gens ne comprennent pas non plus que je puisse considérer certaines causes comme bien plus importantes que d’autres. J’ai un budget très serré, donc si je dois donner, excusez moi de considérer l’éducation des filles ou la vaccination des petits comme prioritaires sur le goûter d’une bande de chiards ou la construction d’un terrain de basket pour des jeunes de cité ! Nous ne sommes pas nombreux à pouvoir supporter toute la misère du monde, alors autant donner aux causes qui nous tiennent à cœur : en ce qui me concerne, la protection animale et l’éducation des femmes.

Il y a beaucoup trop d’escroqueries et d’arnaques en tous genres, alors je ne donne plus dans la rue. Mon copain lui, envoie chier les gens qui le sollicitent avec autant de tact qu’un T-rex. Nous ne sommes pas radins pour autant, juste prudents. Et on a pas peur de ce que les gens peuvent bien penser de nous en nous voyant refuser -la peur du regard de l’autre fait que pas mal de monde se sent forcé de donner en fait oO-.

Et vous, il vous arrive de donner dans la rue ? Et si vous le faites, est-ce que vous avez totalement confiance ?

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Auteur :

Je suis une femme de 27 ans, blogueuse humeurs et emploi, cherchant à creuser son trou dans le monde du travail malgré son handicap.

10 commentaires sur « Je ne donne pas dans la rue »

  1. Lorsque j’ai débarqué à Paris, j’avais tendance à donner la pièce à chaque mendiant qui réclamait. Puis, mon ex (qui était CRS) m’a filé quelques tuyaux : regarder le poignet ou le type de chaussures. Ca te donne une idée de la sincérité de la personne. Et j’y pense souvent lorsque je croise des personnes qui mendient. Combien de fois j’en ai vu avec de pures montres ou bien des baskets de marques toutes neuves !

    Quant aux associations, je leur dis non et je continue mon chemin tout en laissant parler la personne. On peut me traiter de radine, je m’en fiche. Car comme tu dis, où va l’argent ?! Et quand bien même je serais riche, je ne donnerais pas pour autant car j’veux bien donner mais je veux surtout savoir dans quoi !

    Et comme toi, la cause animale ainsi que la violence faite aux femmes (et enfants) me touchent.

    Un soir, en sortant du boulot (je travaillais dans le 16ème), j’ai offert des petites bouteilles de YOP à deux SDF (car j’avais envie de YOP et je ne pensais pas tomber sur ces hommes). Je me suis fait insulter à l’arrêt de bus et, tout en vidant les bouteilles dans le caniveau, ils ont gueulé qu’ils n’étaient pas des gosses et qu’ils voulaient de la picole. On ne m’y reprendra plus… Si quelqu’un réclame à manger et/ou à boire, je lui propose de venir avec moi et je lui offre un sandwich et une bouteille d’eau. Bizarrement, y a jamais eu de suite…

    J’ai donné une fois un reste d’un croissant à un chien dont le maître était bourré. Il m’a répondu qu’il aurait préféré une pièce (pour s’acheter clope, drogue alcool ?). Son chien a tout autant besoin que lui de se nourrir et j’ai préféré nourrir le chien que le maître (c’est mon côté « j’adore les animaux »).

    Fort heureusement, tous ces gens-là ne sont pas comme ça. Certains sont gentils, polis, veulent s’en sortir, n’ont pas demandé à être là mais alors, les quelques expériences que j’ai eu, ça freine beaucoup à avoir un petit geste de solidarité…

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    1. C’est pas mal le coup du poignet et des chaussures, je ne m’y connais pas spécialement en marques (surtout pour les montres) mais c’est intéressant comme technique, j’y ferai attention la prochaine fois, surtout sur le pseudo-mendiant aux billets de 100 ^^
      Il m’est arrivé d’acheter de la nourriture pour les chiens de sans-abri, à chaque fois le maître proteste comme quoi lui aussi a faim… un jour je me suis même pris la tête avec un punk à chien, je lui ai dit que si son chien importait si peu pour lui, il pouvait le donner à une asso qui le ferait adopter plutôt que de le laisser crever de faim dans la rue. Il m’a répondu qu’il en avait besoin pour attirer les gens. L’animal-objet dans toute sa splendeur, j’étais écœurée.

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  2. Je ne donne jamais aux associations et ils n’insistent pas quand je passe devant en disant non, j’ai l’art de faire fuir les gens! Pour les mendiants dans la rue, je donne souvent en nature (pain ou viennoiseries), j’avoue n’avoir jamais regardé les chaussures!

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    1. Ce n’est pas vraiment spécifique à Paris, lorsque j’habitais à Orléans il y avait aussi énormément de sollicitations. La différence par contre c’est que c’était localisé, c’était autour du centre-ville, alors que dans la région parisienne c’est n’importe où : dans les transports, dans les grands complexes commerciaux, dans la rue…

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  3. J’ai déjà donné à la croix rouge, en passant par un représentant dans la rue. Mais j’en ai un très mauvais souvenir. En fait, il était tellement insistant, et parlait tellement et me monopolisait tellement que je l’ai fait à contre coeur. C’était des dons mensuels, j’ai donné 7euros par mois pendant 3 mois et ensuite j’ai appelé pour arrêter le don. J’avais pourtant expliqué au jeune homme que j’étais pas riche, mes parents étaient ouvriers, j’étais boursière, je n’ai jamais eu d’argent de poche de ma vie avant de recevoir ma bourse étudiante et je suis loin d’avoir les moyens de faire ce que je veux, même aujourd’hui. Ma mère est extrêmement économe, et grâce à elle, on vit mieux qu’on ne l’aurait pu si elle avait fait davantage d’écarts pour faire plaisir à ses enfants…

    Une autre fois, j’ai donné un ticket restaurant à une personne qui mendiait dans un mc do… Ca aussi ça m’a fait chier, même si finalement le ticket en question ne représentait pas grand chose dans mon salaire d’emploi saisonnier.

    Au début je me disais que je devais être sacrément radine pour que ça me fasse chier, mais je pense que c’est surtout que l’insistance etc me font douter des personnes en face de moi. Je ne donne plus rien depuis, j’évite soigneusement les mendiants dans la rue, j’ai conscience des escrocs d’association et des faux clochards, et surtout je préfère économiser mon argent pour mes études, ma vie future, plutôt que de le donner à je ne sais qui trop tôt. Plus tard, comme je travaillerai dans la santé, que, j’ose l’espérer, j’aurais des revenus plus confortables, je ne me priverai pas de donner (non sans grande prudence, comme toi) aux oeuvres qui me tiennent à coeur. Mais en attendant, je préfère éviter de me sentir mal d’avoir été forcée de donner malgré mes maigres revenus (y a toujours plus pauvres que nous, c’est sûr, mais sérieux, c’est dégueulasse de s’arrêter sur des étudiants plutôt que des personnes salariées et installées).

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  4. à Clermont il y a une rue piétonne où on est tout le temps sollicité par des pseudo-assoc (sans parler des clochards et des squatteurs à chiens, qui pourtant quémandent beaucoup moins que les assoc !).

    Une fois je me suis faite aborder par un mec qui a commencé par me faire du gringue pour m’appâter (« mademoiselle vous qui êtes si charmante etc. »). Bon le mec a l’air sympa, il a une pétition dans la main, je m’arrête et l’écoute. Il me parle de la pétition pour aider les pauvres, il me dit « il faut juste votre signature » alors moi je me dis si c’est que ça je signe… Sauf qu’une fois que j’ai signé le mec me fait « vous voyez la colonne là, ya des sommes indiquées, c’est les dons que les gens font, vous donnez la somme que vous voulez, même pas beaucoup ça sera bien » moi je lui sors (en toute honnêteté en plus) que j’ai pas grand chose comme monnaie sur moi, genre un euro, et là il me sort « ah oui mais vous comprenez, c’est pas assez, c’est au moins 5 euros… Vous pouvez retirer 10 et je vous rends la monnaie… » Je lui ai dit que j’avais pas de carte bancaire sur moi et j’ai tracé.

    Les mecs ils sont malins, ils usent de stratagèmes faut voir !

    Toute façon maintenant je marche tellement vite que même quand qqun essaie de m’aborder, il y arrive pas j’ai déjà tracé ! lol

    Pareil les clodos, quand j’étais caissière combien j’en ai vus venir au magasin avec toute leur menue monnaie et tout dépenser en bières ! Et après ils te sortent quand ils mendient « c’est pour manger, c’est pour manger… » Ah bon, les bières tu les manges ???

    Sinon une fois on était à Marseille dans une rue célèbre (Belsunce pour ne pas la citer) là ya une espèce de Kossovarde qui aborde ma belle-soeur mais genre, elle la tire par le t-shirt en tendant sa main devant elle et en disant « argent, argent ! » C’est une manière d’aborder les gens ça ???

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    1. Haaaan j’en ai eu un comme ça une fois, un type qui commence à m’aborder (j’étais seule évidemment) en me demandant si je n’ai pas de préjugés, en sachant très bien que je n’allais pas répondre « oui évidemment j’aimerais tous vous voir morts, salut ! ». Il enchaîne en me faisant son discours, je tente de m’esquiver en disant que je n’ai pas d’argent, mais c’était pendant les soldes et j’avais des paquets, donc je pouvais difficilement dire que je n’avais pas de moyens de paiement. Il commence à me demander d’aller retirer de l’argent au distributeur, je refuse, il était super insistant, limite menaçant. J’ai fini par lui gueuler de me laisser tranquille et quand je suis partie, il a fait un bras d’honneur en hurlant que j’étais raciste. Voilà qui donne envie d’être généreuse avec son « association » !
      Les gens qui t’abordent en disant « Argent Argent ! » j’en ai eu quelques uns à la Défense, c’est lourd ! Je déteste qu’on me touche alors tu penses bien que je ne réagis pas bien du tout.

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