Publié dans Littérature

De l’amour et autres démons – Gabriel García Márquez

de l'amour et autres démons

Synopsis :

En 1942, au cours de travaux dans un couvent d’Amérique latine, sont mis au jour les restes d’une adolescente, Sierva Maria de Todos los Angeles. Sa splendide chevelure mesure vingt-deux mètres de long…
Le romancier du Général dans son labyrinthe aurait-il tiré cette étrange découverte de sa flamboyante imagination ? Réelle ou fictive, en tout cas, elle est le point de départ d’une singulière histoire d’amour, dans le cadre joyeux, coloré, décadent de Carthagène des Indes, au milieu du XVIIIe siècle.
Fille unique du marquis de Casalduero, Sierva Maria a douze ans lorsqu’elle est mordue par un chien couleur de cendre, portant une lune blanche au front.
Soupçonnée de rage ou de possession diabolique, enfermée au couvent par l’Inquisition, elle vivra avec son exorciste, Don Cayetano Delaura, une passion folle, destructrice, forcément maudite…
Dans ce nouveau chef-d’œuvre à la croisée de l’histoire et de la légende, du mysticisme et de l’érotisme, Gabriel García Marquez recule les frontières du  » réalisme magique  » dont il est l’inventeur.

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Date de parution :

07/05/1997
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C’est principalement cette magnifique couverture qui m’a attirée vers ce roman, car habituellement, je suis à des lieues d’être une fan de Gabriel García Márquez. Elle représente le chien qui a mordu l’héroïne du roman, une jeune fille que, de nos jours, nous qualifierions d’autiste.

Elle est différente, délaissée par ses parents et élevée par les esclaves de la maison, très silencieuse, presque mutique, et surtout indisciplinée. C’est étrange, car c’est auprès des esclaves qu’elle a appris la liberté, celle d’être ce qu’elle veut, qui la pousse à se dresser contre ses parents et même contre la religion, si puissante. Elle parle les langues des esclaves, danse comme eux, porte leurs bijoux, et c’est ce qui causera sa perte, car elle se retrouve accusée de possession démoniaque. Pourtant, elle ne fait qu’agir comme on le lui a appris et elle ne fait que payer son absence d’amour parental et d’éducation convenable.

Ce roman est celui de la bêtise, de la cruauté dont les croyants sont capables. Oui « sont », et non « étaient », car de nos jours aussi, la religion fait faire des folies. On retrouve une jeune fille complètement perdue, arrachée brutalement au monde dans lequel elle a toujours vécu pour se retrouver enfermée dans un couvent, accusée de choses qu’elle ne comprend même pas -elle n’a eu aucune éducation religieuse-. Elle se voit brimée, torturée, interrogée et même manipulée alors qu’elle n’est qu’une enfant qui a toujours été seule et dont les parents sont responsables de l’état.

La pauvre enfant se retrouve accusée de tous les maux alors qu’elle passe sa vie enfermée dans une pièce glauque, avec pour seul soutien un disciple de l’évêque qui va se prendre d’affection pour elle, parvenant à la comprendre et se laissant envoûter par sa beauté presque irréelle. J’ai cependant trouvé leur relation étrange, car cet homme est un adulte et elle une enfant de douze ans. De nos jours tout le monde hurlerait à la pédophilie et j’ai effectivement trouvé cela dérangeant, car j’ai plus eu l’impression que l’homme ne ressentait qu’un désir puissant lié à la beauté et au mystère de la petite, tandis qu’elle, si elle l’aime, c’est plus dans l’optique de garder son seul soutien qu’autre chose. Elle se raccroche désespérément à ce qu’elle a, à l’espoir qu’il la fasse sortir de cette prison de douleur. Je ne sais pas si on peut vraiment parler d’amour ou de passion, ou alors dans un seul sens.

C’est un roman qui nous laisse voir, une fois de plus, à quel point les croyances peuvent amener l’humain à faire n’importe quoi, à commettre les pires atrocités sur des innocents, à interpréter n’importe quoi n’importe comment, juste dans son intérêt. On peut voir de la haine gratuite de la part de personnes censées prôner l’amour, on peut voir à quel point les charges reposant sur ceux que l’on accusait d’hérésie ou de possession étaient faibles, et pourtant suffisantes pour demander leur mort ou leur lente agonie.

Bref, c’est un livre qui date un peu et qui est plutôt rapide à lire, mais il a laissé son empreinte en moi. Sur le coup, il ne m’a pas marquée plus que ça, mais j’y ai repensé sans cesse, je l’ai relu, et ce chien couleur de cendre est venu hanter mes nuits. J’ai eu un sentiment d’inachevé, un sentiment d’injustice, mais au fond, les choses ne peuvent pas toujours bien finir. En le lisant, on se dit que les choses ne changent vraiment jamais et que les hommes n’apprennent pas de leurs erreurs. La religion fut la cause de nombreux malheurs et le sera sûrement encore tant que l’humanité n’aura pas compris que chaque être est différent, et qu’il n’est pas forcément mauvais pour autant.

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Auteur :

Je suis une femme de 27 ans, blogueuse humeurs et emploi, cherchant à creuser son trou dans le monde du travail malgré son handicap.

2 commentaires sur « De l’amour et autres démons – Gabriel García Márquez »

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