Publié dans Une vie de rousse

Remettre ma pneumologue à sa place…

menschliche lunge mit bronchien

Il y a quelques jours, je me suis décidée à appeler ma pneumologue. En effet, depuis quelques mois je me traine un espèce de poids au niveau de la poitrine, et à cause de ça je respire difficilement, surtout en position allongée. Je n’ai plus de sous pour le médecin mais chez elle c’est remboursé. Je me suis surtout décidée car je sens une surinfection arriver et déjà que j’ai du mal à respirer en temps normal, j’ai peur d’enchaîner les détresses respiratoires si je ne cherche pas à savoir ce qui se passe.

J’ai donc envoyé un mail à la madame, comme à mon habitude, pour faire semblant de prendre de ses nouvelles (une hypocrisie que l’on appelle politesse, semblerait-il. Je sais pas pour moi c’est juste un médecin pas une amie) et surtout pour prendre rendez-vous le plus vite possible. Quelques heures après je reçois une réponse et mes dates de rendez-vous.

Ma pneumologue exerce dans un hôpital privé spécialisé dans la mucoviscidose, qui est une maladie très proche de la mienne, et quand je vais la voir, j’ai souvent plusieurs examens à faire avant de lui parler : kiné, EFR (j’ai jamais compris l’intérêt de me faire la kiné avant les EFR, parce que j’en sors crevée et ils sont bien moins performants que si je les avais faits à mon arrivée) notamment. Il m’arrive aussi de rencontrer en coup de vent la chef de département pneumologie à qui je confirme à chaque fois mon refus de greffe (elle insiste x.x) et mon refus de voir mes organes prélevés en cas de mort subite. M’enfin je suis inscrite sur le registre des refus donc en théorie je n’ai pas besoin de lui confirmer. J’ai droit à une leçon de morale chiantos qui ne tient absolument pas compte de mes envies, de ma mentalité ou de mes croyances et je file chez la pneumologue.

Sauf que là, sur mon compte-rendu, j’ai vu un rendez-vous chez la psychologue. Depuis que je la connais, ma pneumologue insiste pour que je voie une psy car selon elle, j’en ai besoin. Je n’arrive pas à lui faire comprendre que détester un corps qui nous fait souffrir depuis toujours c’est normal, qu’être mal à l’aise en société avec un passif comme le mien c’est normal, et que non, si je réclame une hystérectomie, ce n’est pas parce que je nie ma féminité mais pour abréger une douleur inutile dont j’aimerais bien me passer.

A chaque fois je refuse, déjà parce que je n’ai pas envie de voir une psy, mais aussi parce que c’est un métier qui me révulse. Les psys n’écoutent leurs patients que parce qu’ils sont payés pour ça, il y a une relation malsaine à la base. Je n’ai pas envie de payer pour être écoutée (ou que le contribuable paie pour moi dans le cadre d’un CMP). J’ai déjà eu l’occasion de voir un psy pendant mon enfance, et ce n’était pas une expérience agréable. La gonzesse me demandait de parler mais m’interrompait toutes les deux secondes pour appeler l’horloge parlante et être sûre de ne pas dépasser le temps imparti. Parfois elle appelait trois ou quatre fois l’horloge le temps d’une phrase. C’est elle qui avait un sacré souci, sans parler de l’impolitesse. Comment veux-tu avoir une once de crédibilité en tant que personne supposée être à l’écoute alors que tu as la main rivée au téléphone ? Avec elle je me suis enfermée dans mon mutisme, même si je jouais un peu avec elle. Elle essayait de m’amadouer par le dessin, et je lui dessinais des cochons d’Inde. A chaque fois. Le même cochon d’Inde. Le mien quoi. Et quand elle me demandait pourquoi je dessinais ce cochon d’Inde, je lui répondais systématiquement « Lui au moins il appelle pas l’horloge parlante quand je lui parle ». Et elle se lançait dans un laïus sur le respect dû aux adultes, blablabla, et j’en profitais pour terminer de colorier mon brave cochon d’Inde. Bref. Une psy passionnante.

Tout ça pour dire que je ne les aime pas, et le fait que ma pneumologue tente de m’imposer un rendez-vous en douce m’a irritée au plus haut point. J’ai alors rappelé la secrétaire pour lui demander d’annuler ce rendez-vous que je n’avais pas demandé, mais voilà qu’elle insiste en disant que ma pneumologue l’a jugé nécessaire. L’a jugé nécessaire. Je me suis énervée. Qui est-elle pour juger un rendez-vous chez le psychologue nécessaire ? C’est une pneumologue, je la consulte pour mes poumons, pour ma maladie, elle est censée supposée s’occuper de mon corps et pas de ma tête. Ce n’est pas à elle de juger de mon état psychologique, surtout quand on voit le ramassis d’idées reçues qu’elle traîne derrière elle (notamment au sujet de l’hystérectomie chez une femme sans enfants).

Je reconnais que je ne suis pas la nana la plus positive du monde, mais il suffit de regarder un peu ma vie et mon passé pour comprendre pourquoi. Je n’ai pas une situation enviable, j’ai un corps qui s’acharne à ne me laisser aucun répit, je suis au ban de la société car personne ne veut m’embaucher, franchement, à ma place, QUI déborderait de positive attitude ? C’est normal de ne pas accepter un corps pareil, c’est normal de se sentir mal à l’aise. De plus je ne ressens aucun complexe à être asociale, ce sont les autres que ça rebute, pas moi. C’est sûr que c’est parfois lourd, car je connais des gens qui aimeraient mieux me connaître, qui aimeraient bien que je daigne desserrer les lèvres pour leur articuler trois mots de ma voix un peu rouillée, qui aimeraient me rencontrer dans la vraie vie, autour d’un verre (jbois pas moi disoulée), qui pensent que derrière mon agressivité se cache quelqu’un de bien. Peut-être. Tout dépend de ce que l’on considère comme « bien », moi je pense que je ne correspond pas à la description et que ces gens feraient sans doute mieux d’aller voir ailleurs, mais ça les regarde. J’ai été invitée à la cérémonie des Golden Blog Awards, qui sait, je pourrais en profiter pour rencontrer certaines blogueuses, mais l’idée de me retrouver dans un endroit blindé de monde ne me fait pas vraiment envie.

Toujours est-il que la pneumologue a tenté d’insister, et je me suis retrouvée obligée de lui dire que si elle continuait ses tentatives d’ingérence dans ma vie privée (parce que oui, juger à l’œil si je suis perturbée ou non et m’imposer un psy c’est de l’ingérence) alors j’irais voir un autre pneumologue et tant pis pour la qualité du suivi. Je ne la déteste pas, mais elle est juste extrêmement vieux jeu et a tendance à être trop « protectrice ». Pour moi qui suis très distante et réservée c’est assez délicat à supporter. Heureusement elle a cédé, essayant de dédramatiser la chose, mais le rendez-vous a été annulé et elle m’a promis qu’elle ne m’embêterait pas avec ça quand on se verrait.

Elle m’a dit que je prenais les choses trop à cœur, que j’étais trop orgueilleuse, que c’était juste un petit rendez-vous et qu’elle ne m’imposait pas un suivi régulier. Certes, mais un rendez-vous pris sur des bases hasardeuses et surtout dû à un manque de compréhension de sa part. Pour elle, le fait de ne pas s’accepter est anormal. Elle a besoin de mettre les gens dans des cases et moi j’ai tendance à sortir des sentiers battus, à considérer comme normal ce que d’autres trouveraient horrible ou que ne sais-je. Elle a des idées bien arrêtées et n’en démord pas (à chaque fois qu’on se voit elle met le sujet de mon chat sur le tapis, comme quoi les animaux c’est pas bon pour moi, blablabla, alors que j’en ai côtoyé toute ma vie sans que jamais ça ne me provoque quoi que ce soit. Je ne pourrais juste pas vivre sans animal à la maison et l’abandon, même dans une famille aimante, est pour moi inenvisageable. Mais elle insiste. Elle est juste lourde je crois en fait). Et puis bon, on sait très bien que ça commence par « un petit rendez-vous » et puis ça continuera avec tous les prétextes du monde parce qu’elle aura décrété tout aussi arbitrairement que ça m’a fait du bien et que je dois continuer. Il ne faut jamais céder avec ces gens, parce que sinon, après vous avoir pris la main, ils vous gobent le bras et tout le reste.

Je trouve quand même incroyable qu’une nana décrète comme ça que je ne suis pas normale et que j’ai besoin d’un psy. Et puis me prend rendez-vous sans me demander mon avis. Bordel, si j’avais dû y aller je l’aurais traumatisée, comme la psy de la MDPH à qui je n’ai pas cédé un pouce de terrain. Que les gens restent à leur place. Elle est censée s’occuper de mes poumons et point barre. Y’a déjà du boulot à ce niveau-là. Alors qu’elle laisse ma tête tranquille. Il n’y a que moi qui décide si oui ou non je vais mal. C’est tout. De toutes façons parler à quelqu’un qui ne m’écoute que parce qu’il est payé pour ça ne me soulagera pas du tout. Je fais ma vie, j’ai ma manière de penser, ma manière de voir les choses, de les vivre ou de les subir, et ça ne changera pas. Je ne changerai pour personne. Alors qu’elle s’occupe de mes poumons et me lâche les basques.

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Auteur :

Je suis une femme de 27 ans, blogueuse humeurs et emploi, cherchant à creuser son trou dans le monde du travail malgré son handicap.

5 commentaires sur « Remettre ma pneumologue à sa place… »

  1. C’est incroyable cette tendance à vouloir envoyer les gens chez le psy dès qu’ils sont un peu en dehors des sentiers battus.
    Franchement tu as raison de refuser si tu n’en vois pas l’utilité.
    Quant au don d’organes, j’étais « pour » puis j’ai vu une « amie » qui en a reçu un et qui se bousille le corps (et l’organe donné du coup) à fond parce qu’elle ne le vit pas bien (pour le coup là un psy ça aurait pas été du luxe dans le processus médical), et j’ai pas envie que mon « don » soit gâché.
    Et du coup pour tes poumons?

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  2. Je suis d’accord avec toi sur un point, elle n’a pas a te forcer à aller voir un psy, c’est à toi d’en décidr sauf cas particulier ou il y a de vrais problèmes psychologiques, hors il me semble que la psycho ne se trouve pas dans les poumons mais soit mdrrr. Elle n’a pas à faire ça, par contre, je ne suis pas d’accord sur ton point de vue des psy, les psy sont payés pour écouter et aider, mais ceux qui (comme celles que tu as rencontré) sont plus sur leur argent et leur temps de travails, soit ils ont perdu la valeur même d’un psy soit ils ne sont pas de vrais psy. Je me suis toujours interessée à la psychologie, bien que je n’étudie pas dans ce domaine. et j’ai toujours eu cette envie d’aider les gens, ça convient à ma personnalité, alors je trouve un peu dommage de voir que une mauvaise rencontre puisse donner une telle image d’un psychologue. Mais après je comprend que tout cela t’ai rebuté c’est pas évident et le comportement de la pneumologue est vraiment mauvais :/ mais sinon du coup comment ca se passe maintenant ?

    bisous 🙂

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