Publié dans Littérature

L’interdite, de Malika Mokeddem

L'interdite

Pour une fois, j’ai décidé d’aller découvrir le féminisme dans un autre pays que la Chine. Pour moi, qui ai grandi dans un pays occidental, le féminisme est quelque chose d’inné. Je ne me suis jamais sentie inférieure aux hommes à cause de mon sexe, bien qu’en grandissant, on m’ait fait comprendre que l’égalité totale n’était pas encore acquise.

Cependant, il existe encore des pays dans lesquels la femme n’est qu’un ventre, destinée à porter les enfants de son mari, assouvir ses fantasmes (tout en se faisant insulter de pute, faut pas déconner) et à subir ses violences, infidélités et tout ce qui s’en suit sans rien dire, parce que c’est normal. Être féministe dans ces pays-là, c’est se mettre en danger de mort.

Dans l’Interdite, il y a beaucoup de l’auteur. Ce n’est pas une autobiographie mais c’est très inspiré de son expérience personnelle. Elle est fille de nomades analphabètes et s’est battue pour étudier et être libre, pour sortir de ce carcan de traditions dans lequel on a voulu l’enfermer. Pour être libre, elle a choisi la France et est devenue médecin à Montpellier.

A sa manière, elle m’a fait penser à un garçon que j’ai connu sur un jeu en ligne. Marocain et homosexuel, il était obligé de cacher son orientation à sa famille. Il avait beau être de famille aisée, ça ne changeait pas grand chose à sa situation. Aujourd’hui, il finit médecine. Il milite ouvertement pour les droits des homosexuels au Maroc mais n’a pas annoncé son orientation à sa famille. Je suppose que ce ne sera jamais simple pour lui.

Bref, bref, je suis censée parler de l’Interdite. C’est l’histoire de Sultana, une médecin française d’origine algérienne, qui suite à la mort de son ancien amour, revient dans son petit village d’Algérie pour l’enterrement. A peine arrivée, elle se prend sa condition de femme en pleine tronche, lorsqu’on lui répond qu’elle ne peut pas assister à l’enterrement car les femmes y sont interdites. Elle n’en fait qu’à sa tête, affirme son indépendance et ses droits. Affronte sans sourciller les islamistes radicaux qui ont la main mise sur le village.

On ne peut qu’admirer ce personnage, qui lutte sans fléchir pour ses droits, pour des choses qui nous paraissent anodines, mais dans la campagne algérienne, dans un village aux mains des islamistes, le simple fait de parler à quelqu’un ou de marcher dans la rue peut vous valoir une agression. Son influence va mettre le feu aux poudres, pour notre plus grande joie. C’est toujours agréable de voir les gens se battre.

On voit des femmes se battre pour leurs droits, je n’ai pas pu m’empêcher de faire un parallèle avec notre actualité, quand on a voulu se battre pour nos droits et que le gouvernement nous a répondu avec une sodomie à sec nommée 49.3. Nous n’aurions pas dû cesser de lutter et nous aurions dû dégager ces pourris. Le peuple élit son gouvernement, le gouvernement doit donc répondre aux attentes du peuple. Les Français n’ont-ils donc plus de feu dans le sang ?

Bref. C’est exactement la même chose pour ces femmes. Elles n’ont aucun soutien de leurs élus, composés d’hommes qui veulent les soumettre. Probablement parce qu’ils en ont peur. La vie est bien plus facile pour eux lorsque leur femme dépend d’eux, n’est pas assez éduquée pour se défendre et subit des pressions pour rester. Une femme éduquée, c’est une femme qui n’acceptera pas la soumission car elle a la même valeur que son mari. Ca dérange. C’est pour ça que les femmes doivent continuer de se battre.

J’aime l’Interdite car ce livre montre à quel point les personnes d’origine étrangère peuvent se sentir déracinées. En France on leur fait comprendre qu’ils ne sont pas les bienvenus. Ils sont trop basanés, trop bridés, trop quelque chose, ou pas assez. On trouvera toujours quelque chose à reprocher à un « étranger », même né en France et ayant fait toutes ses communions. Et dans leur pays d’origine, on leur reproche de s’occidentaliser, de perdre leurs traditions. Si vous êtes une femme, rien que le fait d’avoir vécu à l’étranger fait de vous une pute. A la finale, vous n’êtes personne. Ni de France ni d’ailleurs.

Ce livre ne fait clairement pas la part belle à la religion, montrée comme particulièrement obscurantiste. C’est une opinion qui fait écho en moi, car si je n’ai rien contre les croyants, j’ai toujours trouvé la religion réductrice, sectaire, intolérante. Et hélas, j’ai aussi connu des extrémistes qui ont voulu m’imposer leurs croyances, car ma liberté les choquait. Ils n’ont récolté que mon mépris, mais je suis consciente que si j’ai pu les envoyer paître, c’est parce que je suis française, vivant en France. Je n’aurais probablement pas eu cette chance ailleurs.

L’Interdite, c’est le genre de livre qui réveille la féministe en vous. Pour ma part ce livre m’a confortée dans mes opinions. J’aimerais tellement voir les femmes obtenir une égalité franche et totale, dans tous les pays du monde. Car parfois, le moindre choix est un luxe impossible…

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Auteur :

Je suis une femme de 27 ans, blogueuse humeurs et emploi, cherchant à creuser son trou dans le monde du travail malgré son handicap.

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