Publié dans Anecdotes, Une vie de rousse

Cette époque où j’étais si maladivement jalouse

jalousie-maladive

La jalousie forme avec moi un duo étroitement lié.

Pendant des années, à cause de mon passé social douloureux, j’étais persuadée que je trouverai jamais de gars qui veuille de moi, à cause de ma maladie, parce que je me trouvais moche et nulle, parce que je n’avais jamais réussi à attirer l’attention de ceux qui me plaisaient (je me suis aperçue plus tard que j’avais tord à ce sujet d’ailleurs). J’avais une confiance en moi négative.

C’est virtuellement que j’ai rencontré pour la première fois un homme à qui je plaisais sincèrement. Sur un réseau de blogs. Comme je partageais le compte avec ma meilleure amie de l’époque, mon premier réflexe a été… de me faire passer pour elle, car j’étais persuadée que jamais je ne pourrais lui plaire. Pas pour ce que j’étais. J’avais la bénédiction de mon amie qui s’en fichait complètement d’ailleurs ! Elle parlait de temps à autre à ce garçon mais sans aucune arrière-pensée.

J’ai fini par avouer la supercherie, lorsqu’il m’a révélé clairement ses sentiments. Je pensais qu’il tournerait la page, mais non, il a insisté et on a fini par se mettre en couple. Et là, ça a dégénéré. Je me suis révélée d’une jalousie redoutable et destructrice. Pour nous deux.

Il parlait à d’autres filles, avec qui il n’y avait rien du tout, juste de l’amitié virtuelle et un peu de soutien. Mais de mes yeux aveugles et rageurs, je voyais le mal partout et j’étais persuadée qu’elles le draguaient sans vergogne, qu’elles essayaient de me le piquer. Pourtant, j’avais les identifiants de son compte, j’avais accès à ses conversations, il ne me cachait rien et je voyais bien qu’elles étaient perplexes devant mon comportement. Deux de ces filles étaient dans mon cercle de connaissances avant que je me mette en couple, je m’entendais bien avec elles, mais je les ai éjectées de ma vie sans scrupules et je mettais une pression monstrueuse à mon homme pour qu’il cesse de leur parler.

Chaque personne de sexe féminin devenait une rivale potentielle, quel que soit son âge, et une ennemie à abattre. Les amitiés de mon homme se sont réduites comme peau de chagrin. Le jour où je me suis aperçue qu’il parlait en cachette à l’une d’entre elles, j’ai piqué la crise de ma vie. J’étais dans une telle fureur que je sentais le sang battre sur mes tempes, j’avais des envies de meurtre réelles. Je me sentais dangereuse et j’avais même du mal à comprendre pourquoi je réagissais comme ça. J’étais particulièrement inventive dans la description des supplices que je ferais subir à la fille si je lui mettais la main dessus.

Par peur sans doute, plus pour la fille que pour lui, mon homme a fini par mettre fin à toutes ses amitiés féminines (en apparence du moins).

J’étais très castratrice, et le pire, c’est que je m’en rendais compte. Dans ma tête, c’était comme s’il y avait deux personnes : une qui était particulièrement féroce et exclusive, et l’autre qui craignait de le perdre si elle ne lui lâchait pas la bride. Je savais que j’empoisonnais notre relation, d’autant plus que mon comportement déteignait sur le sien et il devenait extrêmement jaloux et possessif lui aussi.

Et comble de l’hypocrisie… c’est que contrairement à lui, je continuais ouvertement à parler à mes amis masculins. Mon raisonnement était du genre « Oui je leur parle, mais moi je n’ai pas d’arrière-pensée alors que lui, si », alors que lui non plus n’avait pas d’arrière-pensée. Cependant il était très secret, me cachait beaucoup de choses et ça, franchement, ça excitait ma jalousie et me rendait encore plus mauvaise. Parce qu’il n’était pas du genre à me cacher quelque chose pour rien. Je me suis aperçue plus tard qu’il avait noué de fortes amitiés féminines sur des réseaux que je ne connaissais pas. De simples amitiés mais qui, je le sais, m’auraient faite hurler de rage si j’en avais eu connaissance.

Quand j’y repense, j’étais incapable de contrôler mes pulsions de jalousie, qui étaient d’une violence qui ne me ressemblait pas. Je peux me révéler violente, mais ce n’est pas une violence que je ressens dans chaque cellule de ma peau ou dans chaque recoin de mon âme (sous réserve du fait que les rousses peuvent avoir une âme haha).

Lorsque j’ai rompu avec mon homme et que je me suis remise en couple, j’ai eu peur du poison de la jalousie. Car oui, je suis jalouse. D’autant plus qu’il a eu des conquêtes avant moi. Et que je soupçonne certaines de vouloir remettre le couvert. Mais c’est totalement différent car je me suis rendue compte d’une chose : si ma jalousie était si forte avant, c’est parce que non seulement je n’avais pas confiance en moi, mais en plus, je n’avais pas confiance en lui.

Mon ex m’a trahie de nombreuses manières, notamment en me cachant des choses et en se comportant mal avec moi, sans respecter ma personnalité (je sais que c’est un peu l’hôpital qui se fout de la charité de dire ça quand on sait à quel point j’étais castratrice) ou en nouant des liens dans mon dos. J’ai souvent senti qu’il restait avec moi parce qu’il pensait que personne d’autre ne voudrait de lui -il me l’a d’ailleurs dit lorsqu’on s’est séparés- et je ne me sentais pas valorisée. Je suis rancunière, je ne pardonne pas facilement alors lorsqu’il m’a montré la première fois que je ne pouvais pas lui faire confiance à 100%, j’aurais dû arrêter là au lieu de poursuivre une relation déjà empoisonnée.

J’ignore pourquoi mais malgré tous ceux qui ont tenté de se mettre en travers de notre chemin, j’ai une confiance absolue en mon homme -peut-être trop ? Qui sait-, je sais que je ne crains rien en termes d’adultère. J’ai toujours quelques réflexes jaloux qui font que je regarde parfois ce qu’il fait ou que je stalke celles qui posent sur son FB pour son anniversaire, histoire d’être sûre que je n’aurai pas à montrer les dents. Je fonce aussi immédiatement dans le lard de celles qui lui tournent autour -je crois qu’une certaine Morgane a volé très près du mur à une époque, hein grognasse ?- même si elles n’ont aucune chance. J’ai toujours un petit pincement au cœur lorsque mon homme me dit qu’il trouve une cosplayeuse jolie alors que je ne me gêne pas pour regarder leurs pendants masculins. L’hôpital, la charité, encore…

Cependant ça n’a rien à voir avec ce que j’ai pu ressentir à l’époque, ces sentiments d’une telle violence, si destructeurs et pourtant si sincères. J’étais si proche de la folie et pourtant j’aimais tellement fort ! J’étais consciente de détruire et j’avais le culot de penser que c’était pour son bien. Et je me rends compte aujourd’hui que c’était dû à un gros souci de confiance, tant en moi qu’en l’autre. Depuis que je suis capable de faire confiance, je me sens beaucoup mieux, bien que je reste de nature jalouse et un brin suspicieuse. Mon ex avait énormément de défauts, mais je pense que 4 ans après il est temps de reconnaître que j’en avais aussi, et pas des moindres.

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Auteur :

Je suis une femme de 27 ans, blogueuse humeurs et emploi, cherchant à creuser son trou dans le monde du travail malgré son handicap.

2 commentaires sur « Cette époque où j’étais si maladivement jalouse »

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