Publié dans Littérature

Là où elle repose, de Kimberly McCreight

la-ou-elle-repose

S’il y a bien un évènement auquel j’adore participer, ce sont les matchs de la rentrée littéraire (aka #MRL16 pour cette année) organisés par Price Minister Rakuten. Il s’agit de choisir trois livres parmi la sélection de la rentrée littéraire du moment, par ordre de préférence, et si vous êtes sélectionnés, vous le recevez gratuitement chez vous en échange d’une critique. A mes yeux le principe est le même pour que pour une box littéraire : ça me permet d’aller vers des auteurs ou des genres vers lesquels je ne me serais jamais tournée spontanément (sauf que la box, on la paie y compris si on aime pas, haha).

Là où elle repose est un thriller, et ça fait donc partie de mes genres habituels, même si dernièrement je n’en ai pas lu énormément (j’ai besoin d’une libraire perso pour me conseiller T_T). Nous nous retrouvons à Ridgedale, une petite ville du New Jersey apparemment sans histoire, mais qui, comme tout ce qui semble parfait, cache des couleuvres dans son sac. Enfin là ce n’est pas une couleuvre que contient le sac en question, mais un bébé. Le cadavre d’un bébé, plus précisément. Personne n’a la moindre idée de qui peuvent être les parents et de ce qui a pu motiver un tel geste (sauf les commères du coin, évidemment). Et c’est Molly Anderson, une jeune journaliste reconvertie récemment arrivée dans la ville qui va couvrir l’affaire pour le journal local. En sachant qu’elle-même avait fait une fausse-couche très récemment et reste plutôt perturbée…

L’histoire nous est présentée sur le modèle des PoV (Points of View, points de vue donc) et c’est quelque chose que j’ai beaucoup aimé. On peut donc savoir ce que tout le monde pense au même moment, et si on se dit que ces gens n’ont rien à voir les uns avec les autres, on se trompe sur toute la ligne. Chaque détail compte. Je me suis un peu laissée avoir par l’évidence de certains twists qui m’ont fait penser que j’avais droit à un roman sans originalité, alors qu’en fait, on a des révélations plutôt inattendues jusqu’à la dernière page. C’est donc un gros plus pour le style de Mme McCreight.

Ce que j’ai moins aimé, c’est que certains personnages sont trop caricaturaux, comme celui de Barbara. Barbara ? Mais si, vous savez, c’est la mère de famille qui sait tout sur tout, qui sait mieux que vous, professeur, comment élever son enfant, qui pense que son fichu chiard est la perfection incarnée alors que c’est un petit con mal élevé et qui met son gros nez de fouine dans les affaires de tout le monde, surtout dans les vôtres. Evidemment elle a un avis sur tout et tout le monde, juge tout et tout le monde sans rien savoir et elle a forcément raison. Et ne songe pas une seconde à balayer devant sa porte avant de médire sur les autres. Ses chapitres m’ont donné envie de la découper au katana. Je crois que le pire, c’est de se dire que des gens comme ça existent réellement. Bref. Petit spoil mis en blanc, survolez pour lire la phrase : Je vous avoue que j’aurais bien aimé avoir un dernier chapitre d’elle une fois qu’elle s’est pris un gros coup de massue dans la tronche, juste pour voir sa déconfiture.

Contrairement à beaucoup de thrillers, je n’ai eu aucun mal à me mettre dans l’ambiance. Il faut dire que l’écriture est très simple et le décor des plus classiques : un trou paumé des Etats-Unis avec son lot de personnages, de petites histoires et de petits secrets. Un scénario classique de série TV.

On devine assez rapidement certains liens entre les personnages et certaines révélations, ce qui est un peu dommage, car même si on a de quoi se mettre sous la dent jusqu’à la fin j’aime les histoires qui nous baladent de fausses pistes en fausses pistes jusqu’au bout plutôt que celles qui nous jettent des révélations comme on jette du pain aux canards, juste pour nous faire patienter. On nous en dit juste assez pour qu’on continue à tourner les pages. C’est presque plus frustrant qu’un policier classique en fait.

Cependant, l’histoire se lit très bien et est plaisante. La plume est simple mais précise et le choix des PoV est très judicieux au vu de la manière dont le scénario se met en place. Chaque personnage nous en dit un peu plus et on avance progressivement.

Je pensais qu’on aurait du pathos avec le personnage de Molly qui perd son bébé et qui comme par hasard est mise sur une enquête d’infanticide. Or le personnage se prend en main rapidement pour dépasser ses peurs et sa dépression. Et se prend une claque comme les autres malgré son courage. Enfin une héroïne qui n’est pas immunisée !

Dans tous les cas j’ai bien aimé le style de l’auteur, et sachant que j’ai raté le phénomène Amélia je pense que j’irai y jeter un œil. Et dire que quand j’ai fait ma sélection je n’étais pas emballée du tout, je me retrouve avec une meilleure découverte que l’année dernière ! Comme quoi parfois se forcer un peu ce n’est pas plus mal. Il ne faut pas hésiter !

Publicités

Auteur :

Je suis une femme de 27 ans, blogueuse humeurs et emploi, cherchant à creuser son trou dans le monde du travail malgré son handicap.

2 commentaires sur « Là où elle repose, de Kimberly McCreight »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s