Publié dans Une vie de rousse

Je ne suis pas une bonne amie car je ne veux pas changer pour les autres

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C’est toujours la même chose…

Au quotidien, j’ai beaucoup de difficultés dans mes relations sociales. Elles ont toujours été attribuées à la timidité, mais je ne suis pas timide. Ça, c’est l’excuse facile pour éviter d’approfondir le sujet. La vérité, c’est que j’ai une véritable répulsion pour les activités sociales classiques : tenir une conversation orale (de quelques secondes ça va, mais si ça dure trop longtemps je vais me sentir mal à l’aise et vouloir partir en courant), aller boire un verre ou se faire un restaurant, faire une sortie, etc. A chaque fois que je reçois une proposition du genre, c’est rétropédalage, je fuis, voir j’envoie carrément chier la personne. Même si 5 minutes avant on rigolait comme des baleines en discutant sur le chat de Facebook.

Je n’ai donc pas d’amis dans la vraie vie. Enfin, si on peut appeler amis des gens à qui je parle tous les 36 du mois et que j’ai vaguement connus au lycée alors j’en ai quelques uns, mais sinon, non.

Je ne ressens pas de manque à ce sujet.

La plupart de mes « amis » (on va parler en termes d’amis Facebook, pas d’amitié) sont des connaissances virtuelles. Je joue à des jeux en ligne, fréquente des forums ou des blogs depuis plus de 10 ans et je suis certaines personnes depuis le début. J’en ai vu devenir parents, se marier. Certains plus jeunes que moi.

Et depuis tout ce temps, j’ai eu beaucoup de reproches. Parce que je refuse de mettre ma webcam « pour vérifier que t’es bien une fille lol ». Parce que je refuse d’envoyer une photo, même une simple photo, même de dos « pour vérifier que t’es pas grosse même si je te le dirai jamais lol ». Parce que je refuse les IRL en toute amitié des guildes dans lesquelles je suis depuis des années. Avec des gens que je connais depuis des années. Qui aujourd’hui me sont plus proches que ma famille (bon ça en même temps c’est pas compliqué). Certains savent même où j’habite, mais ne se sont jamais permis de venir frapper à ma porte. En même temps, ils savent que je le prendrais mal.

Parfois, ça s’est transformé en accusations, en insultes : si je refuse de me montrer, c’est forcément que je suis laide, que je suis obèse, que j’ai honte, etc. Pourtant non, je suis on ne peut plus random. Ni laide, ni belle. On a essayé de me culpabiliser : je ne ressens donc rien envers eux, qui eux me considèrent comme leur amie, voir leur leader (j’ai été meneuse de guilde) ? Pourquoi être si distante ?

Pourtant, je suis toujours claire depuis le début : pas de photos, pas de rencontres, je ne veux rien, je n’accepte rien. Si la personne a besoin de moi pour parler, je serai toujours là, mais jamais il n’y aura quoi que ce soit de plus. La relation la plus pure à mes yeux, basée uniquement sur la personnalité. Aucune influence extérieure. La plupart des gens comprennent. Mais d’autres pensent qu’après plusieurs années, je leur dois quelque chose.

Ce fut le cas avec un ami de longue date. Qui a cru bon d’insister pour se rencontrer avant que je ne quitte Paris. J’ai refusé une fois. Quelques jours après il revenait à la charge, en me disant que j’étais trop timide, trop distante, qu’il fallait me dévergonder un peu. Que depuis toutes ces années il ne savait toujours pas à quoi je ressemblais. J’ai de nouveau refusé. Depuis, il revient me parler de temps en temps, mais ce n’est pas difficile de sentir que quelque chose s’est brisé.

En quoi est-ce important de savoir à quoi je ressemble pour accepter mes mots, mon oreille attentive, mon réconfort, mes blagues de merde ? Pourquoi toujours vouloir plus ?

Pourquoi ne pas respecter ce que je suis ?

Il paraît que je suis une mauvaise amie car je refuse de changer, de me forcer pour quelqu’un. Pourtant je n’ai jamais refusé un contact, certes distant, mais un contact quand même. Je ne refuse pas de répondre aux questions de ceux qui veulent en savoir plus sur moi, tant que ce n’est pas intrusif. Parfois je me transforme même en bureau des pleurs, en psy, parce que certains se tournent vers moi quand ils en ont besoin, malgré ma distance. Je ne me défile jamais.

Je resterai une mauvaise amie, tant pis. D’un autre côté, je ne cherche pas l’amitié, si les autres ne viennent pas, ce n’est pas moi qui viens vers eux, je ne demande rien, je n’ai besoin de rien. Un véritable ami ne cherche pas à changer la nature des gens. Ne cherche pas à forcer les gens.

allez-vous-faire-foutre

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Auteur :

Je suis une femme de 27 ans, blogueuse humeurs et emploi, cherchant à creuser son trou dans le monde du travail malgré son handicap.

2 commentaires sur « Je ne suis pas une bonne amie car je ne veux pas changer pour les autres »

  1. Je crois qu’on ne change pas, ce sont les autres qui nous changent indirectement.
    Mais les amis ils t’aiment comme tu es. Avec tes phases dépressives, tes plaintes, et les moments où c’est plus léger aussi.

    J'aime

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