Publié dans Une vie de rousse

Être prise au sérieux lorsqu’on refuse la sur-médication

Vous l’ignorez peut-être, mais je suis née avec une maladie génétique. En plus de ça, à la puberté, je me suis retrouvée avec des règles atrocement douloureuses. Du coup, forcément, j’ai été très tôt confrontée à la sur-médication.

Tu es plus encombrée que d’habitude ? Prends ces antibiotiques ! Tu as mal à la tête à force de peiner à respirer ? Tiens, prends de l’aspirine ! Tu es toujours fatiguée ? Tiens, prends les petites vitamines ! Et ton temps libre, passe le au kiné ou au docteur qui t’en prescrira d’autres !

Il faut dire que je n’avais pas trop les moyens de refuser de me faire bourrer de médicaments. J’avais une mère hypocondriaque, qui amplifiait chacun de mes symptômes et me traînait au médecin au moindre éternuement. Et surtout, aucune alternative n’était jamais mise en avant. Tu es malade, tu te soignes avec les comprimés. Jamais mon médecin ne m’a proposé de tester des tisanes, ou tout simplement de lever le pied pour compenser ma fatigue (ma mère me harcelait pour que j’étudie en permanence, ça n’arrangeait pas ma fatigue chronique).

A l’adolescence, je me suis mise à en avoir marre et mon corps rejetait automatiquement tous les comprimés. Je vomissais rien qu’en en voyant un, je ne supportais plus (et ne supporte toujours pas) les médicaments en poudre à diluer, et quand par miracle j’arrivais à en absorber un… il ne faisait aucun effet. La tri-thérapie d’antibiotiques que je prenais chaque année depuis mon enfance ne fonctionnait plus. Mon médecin s’est interrogé sur une possible résistance à force de prendre toujours les mêmes médicaments, mais ça ne collait pas, car certains y sont depuis bien plus longtemps et ça fonctionne toujours. C’est là qu’il s’est mis à me parler d’homéopathie, mais mon hypocondriaque de mère n’arrêtait pas d’asséner que ça ne fonctionnerait pas, pas assez puissant pour la pauvre petite créature malade que j’étais. En effet, ça n’a pas fonctionné.

En désespoir de cause, j’ai fini par aller voir mon médecin en privé pour lui dire que je n’en pouvais plus de tous ces médicaments, et je lui ai demandé un placebo pour éviter d’en prendre tout en calmant ma mère qui n’aurait pas admis que je n’en prenne plus. Dubitatif, il a accepté un essai sur quelques mois et miracle, je revivais !

Les médicaments sont un cercle vicieux : on en prend un pour calmer un symptôme, mais il en déclenche un autre pour lequel il faut prendre un autre médicament, qui lui même déclenche autre chose… on ne s’en sort plus et on empoisonne son corps. En tous cas, c’est l’impression que j’ai eue. Je suis familière aux effets secondaires indésirables et c’est comme si on se rendait malade en voulant se soigner.

Évidemment, tout n’est pas si rose. Je suis obligée d’avoir un suivi pneumologique régulier, et ma pneumologue est la première à me bombarder de médicaments. Pourtant, elle sait que je n’en veux pas, que je préfère les alternatives, mais c’est une « vieille » pour qui tout ce qui ne sort pas d’un laboratoire est de l’attrape-nigaud. « Ce sont des scientifiques, ils savent ce qu’ils font, des tests sont faits« . A ce sujet, elle ne m’écoute pas. Cependant, elle ne peut pas me forcer à aller à la pharmacie après notre consultation. Elle prescrit, je ne consomme pas. Et je me fais engueuler, car à ses yeux, j’empire mon état de santé.

Pourtant, je vais mieux depuis que je ne me bourre plus de médicaments. En même temps, ça brise le cercle vicieux des effets secondaires. Depuis que je ne me vaccine plus contre la grippe, je ne l’attrape plus, alors qu’avant j’y avais droit chaque année, comme par hasard quelques jours après le vaccin. Je veux bien croire que ce soit un hasard : mais dans ce cas, pourquoi je rechute à chaque prise de médicaments ?

Les médecins sont incapables de me donner une réponse, à part un « c’est psychologique » condescendant. Je ne suis pas prise au sérieux. Et je dois toujours faire attention à ce que je dis à ce sujet auprès des organismes comme la MDPH, parce qu’ils sont du genre à me refuser un renouvellement en considérant que je fais exprès de rester malade. Je ne fais pas exprès. J’écoute mon corps, pour la première fois depuis toutes ces années pendant lesquelles on l’a fait taire.

En gynécologie, j’ai le même souci. Le suivi pour mon endométriose est extrêmement compliqué, entre la condescendance des praticiens qui ne me laissent pas disposer de mon corps (ils ne veulent pas entendre parler d’une opération car je n’ai pas d’enfants, refusant de m’écouter lorsque je leur dis que je n’en veux pas) et le refus des solutions de facilité comme la pilule.

La pilule, je l’ai essayée adolescente, comme solution de facilité contre mes règles douloureuses. Non seulement ça n’a rien changé niveau douleur, mais en plus je me suis retrouvée avec de l’acné alors que je n’en avais jamais eu avant et j’ai eu un bond énorme de mon taux de cholestérol. En voyant les résultats, mon médecin m’a dit que si je continuais, je serai diabétique à 40 ans. Mon père étant diabétique, j’avais un terrain propice, et en plus, la pilule ne m’a rien apporté sauf des emmerdes, alors je l’ai stoppée et depuis je refuse de la reprendre, bien qu’on m’assure que depuis, les pilules ont changé.

Je la refuse également pour des raisons environnementales, les hormones synthétiques rejetées dans les urines des femmes entraînant la féminisation des poissons, ce qui a un impact direct sur l’environnement. On aime les animaux ou on ne les aime pas, en attendant, on ne peut pas nier qu’ils ont chacun leur rôle (oui oui, même ces emmerdeurs de moustiques et ces horribles araignées) dans la nature et qu’ils sont essentiels à notre survie. Donc si on peut éviter de leur faire payer nos méthodes…

Sauf que les gynécologues ne l’entendent pas de cette oreille. Pour eux, si je refuse la pilule, je cherche ma douleur et je n’ai rien à dire. N’existe-il donc aucune alternative à ce poison ? On me dit que les méthodes naturelles sont une mode de bobos qui ne marchent pas, mais on ne cherche même pas à me les faire essayer. Et le souci d’internet, c’est que chaque site a sa propre méthode et qu’on ne sait pas ce qui est réellement efficace (à ce propos si vous avez des conseils de livres fiables… je prends). Je teste, parfois je note une petite efficacité. Efficacité bizarrement décuplée lorsque je ne suis pas sous traitement chimique…

Je note même l’efficacité des méthodes naturelles sur les animaux. Hélia, ma minette, souffrait d’une diarrhée soit-disant chronique depuis qu’elle est sénior, et ma vétérinaire me donnait comprimé sur comprimé (sachant que donner des comprimés à un chat récalcitrant, c’est TRÈS chiant) en me disant que ça arrangerait les choses… j’ai fini par arrêter les frais, elle a accusé mes croquettes sans céréales (Orijen, parmi les meilleures du marché en termes de qualité) en me tannant pour que je prenne des croquettes véto bourrées de glucides inutiles… vous savez comment j’ai résolu le problème ? Une grosse pincée d’argile verte dans son eau. Une semaine après, plus de diarrhée. J’ai fini par supprimer l’argile… et la diarrhée n’est pas revenue. Des mois de traitements qui n’ont rien fait, et un peu d’argile sauve ses entrailles. Et son bien-être, je suppose, car ce n’était pas agréable pour elle comme pour nous de nettoyer son poil crasseux.

C’est vraiment dommage de ne jamais être prise au sérieux lorsqu’on refuse de se faire bourrer de médicaments ainsi. Évidemment, je ne suis pas parfaite, j’ai encore beaucoup de mal à me passer de Doliprane pour mes maux de tête par exemple (je me mouche beaucoup et je tousse énormément, donc j’ai souvent mal au crâne) mais j’évite au maximum de rentrer dans le cercle vicieux des médicaments. Et au lieu de m’encourager, de me proposer des méthodes alternatives, on me culpabilise, on me stigmatise… pourtant il existe bon nombre de moyens d’aller mieux sans plus se prendre la tête qu’en absorbant des cachets.

Par contre, je dois avouer que le plus gros problème, c’est le coût des soins naturels : les huiles essentielles, les plantes (surtout si vous les prenez bio et locales), les hydrolats… tout ça n’est pas remboursé et si vous cherchez la qualité, ça chiffre vite. Vous me direz, ce n’est pas forcément si cher avec les médicaments déremboursés (j’ai beau avoir une ALD, si j’ai des médicaments à prendre certains ne sont pas remboursés) mais c’est un coût. Un coût d’autant plus élevé si vous utilisez vos produits pour autre chose que le soin (cosmétiques, ménage…). Cependant, cela oblige à consommer avec parcimonie et ce n’est peut-être pas plus mal, même si forcément, c’est moins accessible qu’aller à la pharmacie quand son traitement est remboursé.

Que pensez-vous de la médecine naturelle ? Ça a marché chez vous ou pas du tout ? Pensez-vous que l’on consomme trop de médicaments, même sans être malade ?

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Auteur :

Je suis une femme de 27 ans, blogueuse humeurs et emploi, cherchant à creuser son trou dans le monde du travail malgré son handicap.

3 commentaires sur « Être prise au sérieux lorsqu’on refuse la sur-médication »

  1. La pilule c’est quand même de la grosse merde qui te coupe de ton corps. J’ai arrêté de la prendre depuis 2 ans environ, mon corps me reparle quoi. J’avais peur de pas les avoir régulièrement et tout et en fait, pour le moment, sauf gros stress, j’ai pas eu de soucis.

    On surconsomme trop de médoc. On va pas aller dans le pas de médoc du tout, c’est bien pratique parfois une petite aide chimique. Mais quand même, si simplement on avait un mode de vie qui soit en respect avec la nature dans sa globalité et donc avec l’homme, on n’aurait pas besoin de tout ça, de se doper pour rester performant, pour ci ou ça.

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  2. C’est clair que si on arrêtait de bouffer de la merde, de causer du tort à la nature qui finit toujours par nous renvoyer l’ascenseur, de respirer un air dégueulasse de pollution, on aurait déjà moins besoin de ces traitements.

    Ensuite, Blanche, tu sais, derrière les labos pharmaceutiques se cachent des lobbys ultra puissants, et pas mal de docs ont sans doute des partenariats avec eux pour prescrire constamment des traitements chimiques… Je suis persuadée que beaucoup de ces médecins ne croient pas en l’efficacité de la moitié de ce qu’ils prescrivent !

    Niveau remèdes naturels : nous on évite le plus possible les médocs chimiques, quand la petite est pas bien, je pense homéopathie et remèdes de grands-mères avant de penser médocs. Mal de ventre ? Bouillotte chaude, tisane adaptée, si ça persiste, un peu de bicarbonate de soude dans un verre d’eau, et voilà ! Franchement, c’est clair que si les gens tentaient les remèdes naturels avant de se jeter sur le paracétamol et autres molécules chimiques, la sécu et le monde s’en porterait beaucoup mieux !

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