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Vincent, Alice et moi

En ce moment, je ne sais pas pourquoi, je n’arrête pas de repenser à une histoire qui m’est arrivée au lycée. Rien de dramatique, mais à l’époque, ça m’avait beaucoup marquée.

Qui sont Vincent et Alice ?

Eh bien Vincent, je l’ai connu à l’école primaire. C’était un garçon qui détonnait dans une école de quartier sensible, parce qu’il ne traînait qu’avec les filles et ne s’intéressait absolument pas aux activités « de garçon ». Lui, il aimait chanter, il aimait les potins people… et se faisait régulièrement insulter d’homosexuel par les autres garçons. Mais il s’en foutait complètement.

Cependant, quelque chose me dérangeait avec Vincent. Trop « parfait ». Il était le meilleur ami de toutes les filles, elles l’adoraient toutes, faisaient son éloge. Moi, je le trouvais bizarre, quelque chose n’allait pas mais je n’aurais pas su dire quoi, alors je me contentais de ne pas le fréquenter.

Il m’a suivie tout du long de ma scolarité, et là, j’ai compris ce qui n’allait pas : c’était un hypocrite, un menteur de première catégorie. C’était le gars qui allait faire ami-ami avec vous pour tout savoir sur vous et ensuite baver copieusement dans votre dos, et révéler tous vos secrets. Et si vous protestiez, il se réfugiait derrière l’humour.

Malgré tout, il continuait d’être très apprécié. Je ne comprenait pas pourquoi, ou comment les gens pouvaient ne pas s’apercevoir de son hypocrisie. Le mec retournait sa veste encore plus de fois qu’un politicien.

Alice, elle, je l’ai connue au lycée. Enfin, connue, c’est un bien grand mot : dès le premier regard, j’ai su qu’on ne serait pas amies. C’était une métalleuse, redoublante, sûre d’elle, avec tout comme moi un caractère bien trempé, pas du genre à se forcer à avoir des relations sociales dont elle ne voulait pas.

Du coup, forcément, elle ne me disait jamais bonjour et j’étais exclue de son petit cercle (comme de tous les cercles, mais c’est un autre débat).

C’était un peu frustrant parfois, de la voir faire la bise à toute la classe et passer devant moi sans même un salut froid. En soi, ça ne changeait rien à ma vie, mais je me sentais de plus en plus seule à l’école. Donc être exclue aussi ouvertement me pesait, d’autant que je ne comprenais pas bien pourquoi elle ne m’aimait pas. Probablement parce que je n’étais pas son genre d’amie, pas très sûre d’elle, réservée, pas du genre à mettre des vêtements typés comme ceux des métalleux parce que j’avais trop peur d’attirer l’attention.

Et puis un jour, je me lâche. Vincent habitait dans le même quartier que moi et prenait le même bus. D’habitude, on ne se parlait pas parce qu’il avait son petit harem, mais là, les autres se faisaient une sortie entre filles et donc j’ai hérité du statut de bouche-trou. La conversation se dirige vers Alice et à ce moment là, je dis « Alice ne me dit pas bonjour parce qu’elle ne m’aime pas, donc bon, j’en sais rien ». Le bus arrive à notre arrêt, on rentre chez nous, fin de l’histoire.

En fait non, ce n’était pas la fin.

Le lendemain, en cours de physique-chimie, je vois Alice arriver en furie vers moi, essayer de me gifler -j’ai esquivé- et elle me hurle dessus que je n’ai pas à l’insulter d’hypocrite, que non elle ne me dit pas bonjour parce qu’elle n’est pas mon amie et qu’elle ne le serait jamais, que je ne suis qu’une grosse conne, et tout un chapelet d’insultes. Vincent a été lui répéter que « Alice me dit bonjour alors qu’elle ne m’aime pas ». Pourtant j’avais été très claire lors de notre conversation, il a déformé sciemment la chose.

J’étais trop sonnée pour rectifier le tir auprès d’Alice et pour être honnête, je pense qu’elle s’en tamponnait le coquillard. C’était tendu entre nous depuis le début de l’année, et cette histoire c’était une occasion de se tourner le dos définitivement, avant même de s’être laissé une chance.

J’ai fini par craquer, j’ai gueulé sur Vincent, en lui demandant pourquoi est-ce qu’il avait déformé mes propos comme ça, en essayant de prendre les autres à partie : « vous ne voyez pas à quel point c’est une langue de pute qui monte les gens les uns contre les autres juste parce que ça l’amuse ??? ». Vincent m’a répondu que je n’avais pas d’humour, et malgré mes hurlements Alice n’a pas compris qu’il y avait eu méprise.

Et voilà, fin de l’histoire. Alice me fuyait tellement que je n’ai jamais eu l’occasion de lui dire la vérité. Pourtant j’ai essayé de la prendre entre 4 yeux, d’envoyer des gens lui parler, mais non, jamais elle ne s’est déridée. Et au fond, pourquoi est-ce que ça m’importe autant, puisque ce n’était pas mon amie ?

Dans les films, un gars comme Vincent finit forcément par se faire confondre, et tout le monde lui tourne le dos. Sauf que pour ce Vincent-là, ça n’est jamais arrivé. Je l’ai stalké sur Facebook et j’ai ainsi pu voir qu’il était toujours ami avec des gens de notre classe au lycée. Il a toujours une vie sociale bien remplie. Un faux-cul pas possible. Je ne peux pas m’empêcher d’être écœurée.

Je ne sais pas pourquoi j’écris cette histoire ici. Ni Vincent ni Alice ne liront jamais ça, et seuls des inconnus sauront la vérité. Peut-être que ça me soulage, de rétablir enfin les choses quelque part. Je déteste passer pour ce que je ne suis pas. Et je déteste voir des gens passer pour ce qu’ils ne sont pas. Un gars comme Vincent, au lycée, ça passe encore, mais à l’âge adulte, qui sait quels dégâts est-ce qu’il pourrait faire autour de lui ! Même dans le milieu professionnel, s’il est toujours du genre à monter les gens les uns contre les autres c’est le toxique qu’il faut fuir à tout prix.

Au moins, écrire cette histoire ici, c’est en faire le « deuil ». Peut-être qu’ainsi j’arrêterai de la ressasser dans ma tête. Je ne suis pas la première à être victime d’un faux-cul et je ne suis probablement pas la dernière.

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Publié dans Littérature

[Manga] Jeanne d’Arc – Chihiro Tamaki

J’ai l’impression que c’est le lot de beaucoup de personnages historiques : au bout d’un moment, on oublie le respect qu’on leur doit de par leurs actions, et on adapte leur histoire à la one again, sans trop se préoccuper de la fidélité à la réalité.

Je connais plutôt bien Jeanne d’Arc (façon de parler) car j’ai vécu la majeure partie de ma vie à Orléans dont une bonne partie des touristes viennent pour visiter la maison dans laquelle elle a séjourné à Orléans (qui est une reconstitution) ou pour les fêtes de Jeanne d’Arc (en grandissant, j’ai toujours déploré que la jeune fille choisie pour incarner Jeanne soit toujours issue d’une famille aisée). Son histoire comme les théories circulant à son sujet me sont familiers. Et puis, c’est l’une des saintes patronnes secondaires de la France, même si je ne suis pas croyante, cela signifie qu’elle a eu une influence majeure sur son histoire.

J’ai reçu le manga Jeanne d’Arc grâce à l’opération Masse Critique de Babelio. Je connaissais déjà une adaptation japonaise de Jeanne d’Arc via le manga Fate Apocrypha, dans lequel elle incarne le superviseur de la guerre du Graal et finit par y prendre part.

 

Le problème du genre manga, c’est qu’il rajoute une dose de kawaii alors que le personnage est sérieux. Une jeune fille de cette époque ne se serait jamais permise de parler à des hommes, qui plus est nobles, de cette manière. Jeanne était charismatique, suffisamment pour se faire entendre, mais si elle voulait être prise au sérieux et respectée elle avait probablement aussi une attitude douce, discrète, et non ce côté familier et exubérant qui lui a été donné dans le manga.

Après, c’est le souci du genre : j’imagine qu’un personnage sérieux, concentré, probablement un peu taciturne (pas par nature mais par obligation) ferait moins vendre qu’une figure enthousiaste. Du moins pour un personnage féminin, parce que bon nombre de personnages historiques masculins ont été dépeints de manière sérieuse sans que cela pose problème. Vous me direz, il existe aussi des personnages féminins badass, donc j’ai du mal à comprendre le choix de ce caractère pour Jeanne. C’est une toute jeune femme des années 1400, pas une adolescente moderne. C’est un peu étrange de la voir enjouée, exubérante, et puis deux cases plus loin de la voir prier, comme si l’auteur s’était soudain rappelé qu’il s’agissait d’une figure historique et non d’une lycéenne.

Cependant, son histoire, dans les grandes lignes, a été plutôt bien respectée. Le rythme de l’histoire est rapide mais ce n’est pas choquant pour un manga en one-shot. On y suit les étapes les plus connues du périple de Jeanne, de son insistance pour se faire recevoir par le capitaine de Baudricourt, en passant par ses victoires, le sacre du roi de France, et sa capture. J’ai trouvé que ses conditions de détention ont été édulcorées : elle n’a certes pas été soumise à la question, mais elle a été menacée, très probablement malmenée, peut-être violée. Elle ne s’est pas contentée de brailler dans sa cellule…

J’ai beaucoup apprécié aussi le petit instant histoire à la fin du manga, dans lequel les faits historiques sont retranscrits, dans leurs grandes lignes, et l’auteur explique certains de ces choix, donne des explications possibles aux choix d’autres personnages, comme par exemple les raisons pour lesquelles le roi a « abandonné » Jeanne au lieu de payer sa rançon. Il parle aussi des raisons politiques de la réhabilitation de Jeanne : en effet, si son procès n’avait pas été révisé, alors le roi aurait été intronisé par une sorcière, ce qui n’était pas envisageable.

Le manga parle également de la prophétie comme quoi une pucelle restaurerait la France. C’est une prophétie fréquemment utilisée et déformée dans les fictions, sans qu’on en sache réellement l’origine. Elle vient en réalité d’une femme, Marie Robine, décédée en 1399, qui a prophétisé après une guérison de sa paralysie. Elle entendait également des voix. Lors de ces visions, elle raconta  que des êtres célestes venaient lui présenter des armes et des armures « pour bouter les Anglois hors de France ». Mais ce rôle ne lui était point réservé, il serait attribué à une pucelle qui viendrait après elle. Rôle qui fut attribué à Jeanne d’Arc, qui n’était pas encore née.

Jeanne d’Arc est un personnage controversé, car elle est connue pour avoir entendu des voix et pour nous, forcément, cela signifie qu’elle était complètement folle. Cependant, qu’elle ait été folle, qu’elle ait réellement entendu des voix (après tout, pour quelqu’un de fou, ces voix sont réelles) ou non, ce qu’elle a fait pour la France, l’impulsion qu’elle a donné pour redonner courage et puissance aux troupes, c’est quelque chose qu’on ne peut pas nier et pour quoi, j’imagine, nous devons être reconnaissants. Sans Jeanne, la France ne serait clairement pas ce qu’elle est maintenant. Est-ce qu’elle aurait été meilleure, ou pire ? On ne le saura jamais.

Je donne à ce manga la note de 3/5, car si les faits historiques sont assez bien respectés, le caractère donné à Jeanne ne lui correspond absolument pas. Lorsqu’on veut représenter un personnage historique de cette importance, il est préférable de s’affranchir des codes du kawaii. C’est incompatible.

Publié dans Une vie de rousse

Que ferais-je avec 1000 euros par mois ?

Source de l’image : mediapart

Vous ne le savez peut-être pas, mais en ce moment se tient une campagne de crowdfunding afin de financer un ou plusieurs revenus de base en France. C’est une initiative inspirée d’Allemagne, qui a elle aussi mené des tests par ce biais.

En France, le revenu de base a mauvaise presse, les gens ayant tendance à hurler à l’assistanat dès que l’on parle d’argent donné sans contrepartie -ou avec des contreparties jugées faibles-. Je trouve que cette façon de penser est trop fermée, et trop représentative de cette mentalité « le travail est au centre de tout, il faut vivre pour son travail ». Je ne trouve pas qu’il faille forcément travailler d’arrache-pied pour être utile à la société et surtout, je trouve que mettre le travail au centre de sa vie (et de la vie des autres) est stupide. Oui, il existe des jobs épanouissants, mais tous ne le sont pas et travailler n’est pas forcément un bonheur.

De plus, le chômage ne fait qu’augmenter, les exigences des recruteurs étant de plus en plus grandes et les délocalisations étant de plus en plus fréquentes. L’humain n’existe plus. La rentabilité à tout prix. Cela rend le monde du travail précaire, instable, anxiogène.

Le revenu de base, c’est une bouffée d’oxygène, un moyen de ne plus être dans l’incertitude chaque mois, de ne plus dépendre d’organismes comme la CAF qui sont incompétents au possible, qui ne tiennent pas compte des particularités. Ca permet de ne plus dépendre des politiques qui au lieu d’aller chercher l’argent dans les paradis fiscaux vont le chercher en rabotant sur les allocations (coucou Président), plongeant des gens déjà précaires dans une plus grande précarité.

Je suis vraiment heureuse de voir que cette initiative commence à percer en France et qu’on a des gens suffisamment motivés pour aider au financement des premiers revenus de base. C’est un grand pas en avant ! Mais du coup, si j’étais tirée au sort (je vous rassure, je ne fais pas de plans sur la comète ^^), qu’est-ce que je ferais de ces 1000 euros par mois ?

Déjà, il faut poser les bases de ma situation actuelle. Je suis en recherche d’emploi, et je serai en formation à partir de février 2018 -formation elle aussi financée par crowdfunding-. Je ne touche à l’heure actuelle aucune allocation, bien que pouvant bénéficier de l’AAH, à cause justement de ma formation, car avec ma cagnotte, je suis considérée comme ayant des revenus trop élevés pour toucher l’AAH (la blague). Je devrais toucher à nouveau l’AAH à partir de janvier, sachant que cette AAH est calculée en fonction des revenus du foyer et ne dépasse que rarement les 300 euros mensuels.

Donc que représenterait le revenu de base pour moi ?

Déjà, la possibilité de mettre de l’argent de côté chaque mois. C’est bête dit comme ça, mais depuis la fin de mon contrat de 6 mois, l’année dernière, je n’ai pas pu mettre énormément de côté. J’en ai mis un peu pendant que je touchais du chômage, mais comme ça coïncidait avec une période noire -aka salut tout l’électroménager me lâche et les fringues ont moisi- et que je ne voulais pas tout mettre sur le dos de mon conjoint, j’ai participé.

Ensuite, ce serait une amélioration des conditions de vie : mon homme n’aurait plus besoin de bosser en étant malade à cause du manque de revenus, il pourrait se reposer. Moi, je pourrai aller au médecin quand je suis malade au lieu de me dire « non, je n’ai pas les moyens, va falloir boire de la tisane au miel ». On pourra également déménager à la fin de ma formation, dans un appartement qui ne soit pas insalubre comme celui dans lequel on vit actuellement (moisissures, aucune insonorisation, zéro isolation, voisinage extrêmement bruyant, pollution à cause des garages jouxtant notre cour). Ainsi ça nous permettra de regarder plus sereinement vers l’avenir -le revenu de base ne durera qu’un an, donc autant voir plus loin et en profiter pour améliorer durablement nos conditions de vie-.

Niveau vie quotidienne, à l’heure actuelle j’essaie de consommer le plus local possible, le plus français possible, afin d’encourager les commerces locaux et donc l’emploi : c’est un des gros paradoxes français, de râler sur le chômage mais de s’habiller chinois et de consommer des aliments produits à l’étranger. Aucun emploi ne sera créé si on encourage les délocalisations et les importations en consommant ce qui vient d’ailleurs. Pour les aliments, consommer français n’est pas forcément plus cher. Pour le reste, je suis d’accord, ça a un coût, un coût que justement le revenu de base pourrait amortir et ainsi, l’argent perçu serait réinjecté en France.

Avec un revenu mensuel, je pourrais très largement augmenter ma consommation de produits locaux et en faire profiter d’autres structures, comme les secours populaires de ma région. Mes anciens vêtements Made in China ne seraient pas perdus non plus, ils pourraient être redistribués ou utilisés pour fabriquer des tawashis/autres objets visant à consommer durable.

Niveau humanitaire, sachant que je parviens à parrainer une petite fille avec un revenu aussi bas, je vous laisse imaginer l’investissement possible avec 1000 euros par mois (soit plus du triple de ce que je touche habituellement avec l’AAH). Je pourrai très largement augmenter mes contributions à l’éducation des filles à travers le monde, ainsi qu’à la protection animale qui me tient à cœur. A mes yeux le monde ne peut que s’améliorer si on aide à l’éducation des enfants des pays en voie de développement, afin qu’ils puissent allier leur propre culture aux nécessités de la mondialisation (je pense au développement durable, il faut bien compenser les émissions des pays qui refusent de faire un effort). Je pourrai aussi participer à plusieurs campagnes de crowdfunding pour aider d’autres personnes à se lancer ou à financer leur formation.

Niveau emploi, il faut voir ce que donnera ma formation. Déjà, avec un revenu de base, je pourrai la suivre dans de bonnes conditions (parce qu’actuellement, je n’ai aucune fourniture scolaire à part des stylos, et des feuilles si j’en pique dans mon imprimante, et je ne sais pas comment je vais payer le transport). Si la formation ne m’ouvre pas les portes du marché du travail -on ne sait jamais, malgré la formation mes handicaps peuvent toujours effrayer- je pourrai compléter avec une autre formation pour devenir auto-entrepreneur et ainsi m’affranchir des exigences hallucinantes des recruteurs. C’est aussi ça le revenu de base : aider à l’acquisition d’une certaine autonomie. Je pourrais aussi tout simplement me payer les transports en commun (dans ma région c’est plus de 70 euros par mois, ce que je ne peux pas m’offrir avec l’AAH), et donc pouvoir plus souvent déposer des candidatures spontanées et aussi pouvoir me déplacer en entretien d’embauche sans me saigner à blanc.

Niveau loisirs, le revenu de base a l’avantage de permettre d’être moins regardant sur les dépenses ! Moi qui adore les livres, je n’aurai plus besoin de me brider dans mes achats. J’ai déjà l’habitude d’offrir à ma bibliothèque les livres dont je ne veux plus (ou que je n’ai pas aimés une fois achetés/obtenus dans une box) donc ça permet de faire tourner la culture et de la rendre plus accessible. Je pourrai aussi me lancer dans des activités manuelles qui sont coûteuses lorsqu’on ne gagne rien, comme le tricot (en ce moment, je ne sais pas pourquoi, j’ai envie d’essayer le tricot). Ou tout simplement prendre des cours pour compenser ma nullité en cuisine ou en couture. Je pourrais même me payer le luxe d’une inscription en salle de sport pour être coachée plus efficacement, même si seule je parviens à un résultat pas dégueu niveau perte de poids (l’inconvénient d’avoir un traitement à la cortisone pour les douleurs, c’est que ça fait grossir, et ça ne se perd pas comme ça).

Bref, un revenu de base permet de regarder l’avenir plus sereinement, dans cette société où sans argent, on est rien. Mon but serait quand même dans réinjecter un maximum dans l’économie française, ce qui me paraît normal puisque c’est cette même société qui me permettrait d’avoir ce revenu.

Cependant, avec plusieurs milliers de personnes inscrites, je n’ai pas grand espoir d’être tirée au sort. J’espère juste que les personnes qui bénéficieront de ce revenu en ont vraiment besoin. J’ai quand même vu des gens se vanter de s’être inscrits sans en avoir besoin, juste pour que l’argent ne tombe pas dans la poche de « gens qui ne sauront pas l’utiliser »…

Publié dans Littérature

Un loup pour l’homme, de Brigitte Giraud

Dans le cadre des Matchs de la Rentrée Littéraire de Price Minister, j’ai reçu le livre Un loup pour l’homme, de Brigitte Giraud à chroniquer. En raison de quelques couacs d’organisation je l’ai reçu assez tard et donc, je publie ma chronique en retard, malheureusement.

Date de parution : 23/08/2017

ISBN : 9782081389168

Éditeur : Flammarion

Genre : Littérature française

Pages : 250

Synopsis : 

Printemps 1960.
Antoine est appelé pour l’Algérie au moment où Lila, sa toute jeune femme, est enceinte. Il demande à ne pas tenir une arme et se retrouve infirmier à l’hôpital militaire de Sidi-Bel-Abbès. Ce conflit, c’est à travers les récits que lui confient jour après jour les « soldats en pyjama » qu’il en mesure la férocité. Et puis il y a Oscar, amputé d’une jambe et enfermé dans un mutisme têtu, qui l’aimante étrangement. Avec lui, Antoine découvre la véritable raison d’être de sa présence ici : « prendre soin ». Rien ne saura le détourner de ce jeune caporal, qu’il va aider à tout réapprendre et dont il faudra entendre l’aveu. Pas même Lila, venue le rejoindre. 

Mon avis sur ce roman : 

Alors avant toute chose, je pense qu’il est important de préciser que je me suis renseignée à droite à gauche avant de rédiger ma critique, et j’ai lu qu’il ne s’agit pas d’un simple roman mais d’une « autobiographie romancée » de la famille de l’auteur qui est d’origine algérienne. Les personnages d’Antoine et de Lila représentant ses parents. Elle a mis du temps avant de sortir ce livre car son père refusait de parler de la guerre d’Algérie à sa fille, ce qui peut se comprendre.

La guerre d’Algérie tient également une grande place dans la vie de mon homme, car son père a connu cette guerre (oui, mon homme a été conçu par un père qui avait plus de 50 ans) et lui a raconté beaucoup de détails qui ne figurent pas dans les livres d’histoire. On parle beaucoup des français comme étant les « méchants » mais les actes cruels, horribles, venaient des deux camps. Je n’ai pas connu mon beau-père, décédé avant que je ne rencontre mon homme, mais j’ai eu l’occasion de bénéficier de son expérience via mon homme, parlant notamment des algériens qui n’hésitaient pas à couper les seins de leurs femmes pour les clouer aux portes ou à envoyer leurs gosses dans les camps français avec des ceintures de bombes. Il voulait que les gens sachent que les français n’étaient pas les seuls à se comporter de manière horrible. Je l’écris ici, pour ce que ça vaut. Les gens se feront leur propre opinion. Une guerre, ce n’est pas seulement les gentils et les méchants, ce sont deux camps prêts à tout pour gagner.

En ce qui concerne le roman en soi, je vais être franche avec vous : je n’ai pas réussi à le finir. Non pas parce que l’histoire est inintéressante, au contraire, mais parce que je n’accroche vraiment pas à la plume de l’auteur. Le style me rebute. Je suis vraiment réfractaire aux romans écrits avec une plume longue, lente, qui se veut poétique mais qui à mes yeux s’attarde juste inutilement sur les détails.

Antoine se retrouve embarqué dans une guerre dont il ne sait pas grand chose, dont il ne voit pas réellement l’utilité, l’enjeu. Il est amoureux de Lila et pense sans cesse à elle. Il s’attache à un mutilé de guerre. Au bout d’un moment je pense qu’on a compris. Les sentiments d’Antoine sont tellement décrits que j’ai l’impression de mieux le connaître que moi-même. Certains aiment les plumes archi-détaillées, moi pas, malheureusement, car j’aurais aimé lire le roman jusqu’au bout. Mais à chaque fois que je l’ouvre, je lis trois pages et je le referme en soupirant bruyamment. Je suis trop insensible à la poésie des sentiments.

L’histoire est racontée de manière à la fois détaillée et pudique. Mais la rythmique du roman est globalement très longue, et je trouve que ces longueurs n’apportent pas grand chose au récit en soi. J’ai eu l’impression que l’auteure cherchait à écrire beaucoup avec peu d’éléments.

Le récit est divisé en trois grands chapitres : on suit d’abord Antoine, puis sa femme Lila, et enfin le blessé qui attire tant Antoine, Oscar. Ainsi, on a plusieurs points de vue différents et on ne suit pas le même narrateur. Le point de vue de Lila a été le seul que j’ai réussi à terminer, je ne sais pas pourquoi, je l’ai trouvé bien meilleur que les deux autres. Lisible sans avoir eu l’impression de m’éterniser dans des longueurs.

Sincèrement, c’est une histoire qui vaut le coup si on est capable de lire un livre avec ce genre de plume. L’histoire racontée reste un témoignage poétique sur la guerre d’Algérie, un héritage familial probablement très important pour l’auteure qui veut que l’expérience de ses parents puisse faire réfléchir d’autres générations (j’ai moi-même déjà envisagé d’écrire quelque chose sur le franquisme que mes grands-parents ont connu, c’est important, pour éviter que ça se perde). Et les témoignages, de préférence directs, sont ce que l’on peut trouver de plus précieux sur les horreurs de la guerre. Sur ces générations d’hommes et de femmes qui ont perdu leur innocence, leur joie de vivre, pour des guerres qui souvent ne les concernaient pas directement.

Pour ma part je vais donner le livre à ma bibliothèque de quartier afin que d’autres puissent en bénéficier, qui sauront l’apprécier mieux que moi.

Publié dans Une vie de rousse

J’aimerais qu’un jour, tout se passe bien.

Dans mon entourage (comprendre par là : les gens à qui je parle ou que je suis, pas ma famille ^^) il y a beaucoup de gens qui croient au karma, ou du moins au concept du « on attire ce que l’on émet ».

Tu t’attendais à quoi avec la poisse que tu as ?

De mon côté je ne suis pas trop ésotérisme, mais en suivant le compte Facebook de l’écrivain Bernard Werber je l’ai lu expliquant sa rencontre avec une médium qui a été capable de lui parler de ses vies antérieures, de ses liens « karmiques » avec certaines personnes de son entourage, notamment son père. Étant très terre à terre, je n’y crois pas à 100% mais dans un sens, ça m’interpelle. Si les vies antérieures existent, j’aimerais bien savoir ce que j’ai pu faire pour avoir un karma aussi dégueulasse.

Après, j’ai un peu peur que si on me justifie ma situation d’aujourd’hui par d’horribles exactions commises dans une ou plusieurs vies antérieures, cela devienne une excuse pour ne plus rien faire pour m’en sortir puisque « ça ne sert à rien, je paie mes erreurs, je n’ai plus qu’à subir ». Et puis, il faut trouver LE médium qui ne soit pas un escroc et qui soit vraiment capable de m’expliquer mon passé (sous réserve d’y croire, bien entendu).

Tout est fait pour que tu restes à terre. Ça ne sert à rien d’essayer de se débattre. C’est ça le système : on te stigmatise, on te rabaisse, et on fait tout pour que tu restes ainsi.

Je n’ai jamais été très positive (et j’ai déjà expliqué plus d’une fois à quel point j’ai grandi dans un environnement anxiogène, toxique) mais pourtant, même à moi, il m’arrive d’avoir des sursauts. Des moments où je me dis que je dois forcer le destin, gratter la couche de merde, donner un coup de pied dans la fourmilière. Parce que, bordel de merde, il n’y a pas de raison que le bonheur, le confort, ce soit toujours pour les mêmes.

C’est ce qui m’a poussée à dépasser mes limites, parfois, à tenter. De petites choses, comme postuler à une offre d’emploi pour laquelle je n’ai aucune chance mais qui me plairait énormément. Trouver une place pour un salon qui m’intéresse, alors que je sais très bien que je ne pourrai pas faire deux pas dedans à cause de la foule mais c’est pas grave, c’est un premier pas. C’est ce qui m’a poussée aussi à faire ma cagnotte pour reprendre mes études car si beaucoup de portes m’ont été claquées au nez, eh bien, il me restait la porte du financement participatif avec un petit filet de lumière qui en sortait.

En même temps, avec ta cagnotte qui a marché, il fallait FORCEMENT quelque chose pour compenser ta chance. Tu n’en as jamais eu je te rappelle.

Alors pourquoi, dès que je tente quelque chose de positif, que j’essaie de m’en sortir, je me prends un retour du bâton monumental en pleine figure ? Ma cagnotte, au lieu de me mettre dans une misère pas possible, n’aurait pas pu bien se passer ? J’encaisse la somme, je paie l’école, en attendant je continue ma vie ? Bah non, évidemment. Je ne m’en remets pas, je suis écœurée, pour moi, pour les gens qui m’ont aidée et qui n’imaginaient sans doute pas que ça allait se passer ainsi après, pour le système qui est pourri au point de te mettre encore plus de bâtons dans les roues quand tu trouves un moyen de faire ce que tu souhaites malgré leurs blocages.

A chaque fois que j’essaie de m’en sortir, j’ai cette petite voix dans le coin de ma tête, qui me dit que ça ne fonctionnera pas. Je la fais taire, je n’en fais qu’à ma tête, mais peut-être que je devrais l’écouter, ça m’éviterait pas mal de déconvenues. J’essaie de me tirer vers le haut et comme ça ne marche jamais, je passe pour la pauvre fille qui passe son temps à se lamenter alors qu’elle ne fout rien. Pourtant bordel, j’essaie ! Je tryhard, comme on dit dans le milieu.

Je ne sais vraiment pas ce qui ne va pas avec moi. Je ne sais pas si c’est le karma, si c’est juste un manque de chance chronique, si c’est que je m’y prends mal, si c’est juste le système qui est fait comme ça et qu’au lieu d’essayer je devrais lâcher prise et me laisser porter.

Je suis consciente que lorsqu’on voit le monde de manière négative, il devient négatif. Mais le problème avec moi, c’est que même lorsque j’essaie d’y trouver du positif, il reste négatif. Du coup je bloque, je me sens enchaînée. Quelque chose m’empêche d’avancer, et je ne sais pas quoi. Mon caractère fait qu’au lieu d’abandonner, je me débats sans cesse, et du coup plus ça va, plus ma hargne s’effrite, plus j’ai envie de tout envoyer valser.

Je sais que je ne devrais pas écrire ça, ici, mais parfois j’ai envie que tout s’arrête. J’ai envie de me venger, aussi. Comme si pour compenser mes échecs malgré mes efforts, j’avais besoin de détruire les efforts des autres qui eux ont eu de la chance. Trop, à mes yeux. C’est quand, que mon tour viendra ? Est-ce qu’il viendra ? Je suis fatiguée, moi.

Publié dans Littérature

Corée des villes, Corée des champs

corée des villes des champs

Ces derniers temps, je vous avoue que je ne suis pas régulière sur mes critiques de romans. Pourtant, j’en lis, mais je traverse une telle phase de fatigue que je n’ai pas le courage de chroniquer quoi que ce soit de manière sérieuse. Je préfère donc m’abstenir.

Cependant, j’ai été sélectionnée lors de l’opération Masse Critique Littératures de Babelio et j’ai reçu gratuitement le recueil de nouvelles Corée des villes, Corée des champs en échange d’une critique. Il est donc normal de tenter de me remotiver un peu !

J’aime énormément les livres traitant de la vie quotidienne à l’étranger, dans des pays à la culture très différente, si ce n’est opposée à la nôtre. Même s’il s’agit de fictions, elles laissent transparaître la mentalité des habitants du pays concerné, leurs difficultés, leur quotidien.

Mais pour être franche avec vous, j’ai énormément de mal à rédiger cette critique parce que si j’ai lu le livre rapidement, il ne m’a pas transcendée. Rien ne m’a marquée plus que ça. Il s’agit simplement de petites histoires de la vie quotidienne, qui mettent parfois en avant les différences de mentalité entre les habitants des villes et ceux des champs, mais sans plus.

Les Poncires 

Les Poncires raconte l’histoire d’une vieille dame qui décide, après une vie vécue en tant que paria de sa famille, loin de son grand amour (qui lui a préféré une autre), et après avoir vu son fils partir s’installer à l’étranger sans un regard, de voyager à travers le pays pour visiter les endroits dont elle a toujours rêvé.

Pour ce faire, elle recontacte son jeune neveu après plusieurs dizaines d’années de silences radio, afin qu’il l’aide à trouver un logement et qu’il la fasse visiter. N’osant pas contredire cette vieille dame autoritaire et décidée, il l’escorte, la promène à travers sa région, et elle lui raconte son histoire. La raison pour laquelle elle a été la paria de sa famille, pour avoir osé faire confiance à un homme qu’elle avait choisi et qui lui avait finalement menti, la déshonorant.

Elle lui raconte comment elle a vécu une demi-vie par la suite, se mariant par défaut, vivant par défaut, vivant pour les autres et jamais pour elle.

C’est une histoire, une de plus, une histoire de femme qui n’a pas vécu pour elle mais en fonction des autres. Et qui, même si ça ne se faisait pas, a décidé, à la fin de sa vie, de voir ce qu’elle n’a jamais pu voir, de manger ce qu’elle n’a jamais pu manger et qui lui faisait envie. Une femme qui vous dit de ne pas attendre avant de réaliser vos rêves, et que se libérer de traditions qui nous enferment ne peut pas être si mauvais.

La Lumière du Printemps 

C’est l’histoire d’un homme entre deux âges, qui retourne sans son village natal pour s’occuper de ses parents après avoir fait carrière en ville.

C’est aussi l’histoire d’un garçon sans arrêt blâmé par son père car rien n’était jamais suffisant pour lui. Les parents veulent toujours nous voir à la première place, mais manque de bol pour ce garçon, lui était un moyen. Il a donc toujours réussi moyennement, et mené une carrière moyenne. Ce que son père ne lui a jamais pardonné, lui qui voulait un fils brillant. Du coup, même à son âge, le garçon devenu homme continue de passer des concours, pour faire plaisir à son père. Concours qu’il rate toujours, trop moyen pour le niveau demandé.

Cependant, s’il revient se jeter dans la gueule du loup, c’est parce que son père est malade. Trop malade pour être assumé seul par sa mère qui culpabilise énormément de solliciter son fils.

Malgré leurs différends irréconciliables, le fils a de la peine pour son père, un homme si actif et travailleur (et qui se vantait de l’être), aujourd’hui à peine capable de marcher. Démence sénile.

L’homme se remémore ses souvenirs, toutes ses années perdues pour faire plaisir à son père, tout ça pour voir qu’on finit tous de la même façon.

C’est une histoire qui elle aussi nous montre qu’il faut vivre pour nous, et pas pour satisfaire les exigences des autres, même de nos parents.

La femme d’à côté

La femme d’à côté est une histoire dérangeante parce qu’elle met bien en avant le peu de considération de la société pour la femme. Et elle met bien le doute sur la folie supposée de la narratrice.

La narratrice est une femme tout à fait classique, qui a renoncé à sa carrière en se mariant, qui a eu un fils, et qui aujourd’hui est mère au foyer. Son mari lui fait souvent des reproches pour des broutilles, il est très condescendant et a peu d’estime pour sa femme. Et puis, une nouvelle voisine emménage. Une femme célibataire alors qu’elle n’est plus très jeune, une honte ! Après lui avoir copieusement craché dessus, le mari de la narratrice finit par l’accepter puisque qu’elle devient son amie.

Cependant, des phénomènes bizarres commencent à survenir, des objets disparaissent et brusquement réapparaissent là où on ne les attend pas. La narratrice croit perdre la tête, mais est-ce réellement sa faute ? De plus, son mari la trompe de manière évidente, mais elle se voile la face. La nouvelle voisine est d’un côté gentille avec elle, mais de l’autre, lui arrache sa famille petit à petit… et la pauvre narratrice en devient folle.

Norme Coréenne 

Celle là, c’est la nouvelle qui m’a le plus agacée. Pourquoi ? Parce que le narrateur désigne sans arrêt son épouse par « la femme dont le poids est passé de quarante-quatre à soixante-douze kilos » et semble obsédé par ça, le poids de sa femme, comme si ça conditionnait toute sa pensée.

Avant, sa femme était la petite amie de son rival, un militant. Lorsque le militant a fini en prison, il lui a pris sa petite amie et l’a épousée. Il ne cherche pas une seconde à se remettre en question, à comprendre pourquoi sa femme s’était « empâtée » après leur mariage, non, il la renvoie sans cesse à son poids.

C’est une histoire censée raconter le combat d’un militant écologiste rappelé par la dure réalité de la société de consommation, mais la muflerie du narrateur m’a fait passer à côté de cet aspect de l’histoire. Même lorsqu’il croit voir des extraterrestres, on se retrouve avec l’extrait suivant :

La quarantaine, cet « âge des certitudes » nous était agréable… Tu sais que je dis la vérité, toi qui me connais mieux que personne !  J’étais à mille lieues d’imaginer le contraire. Moi qui avais vu le poids d’une femme passer de quarante-quatre à soixante-douze kilos !

Bref, vous avez compris, la grossophobie du narrateur, dirigée vers son épouse, m’a copieusement agacée, beaucoup trop pour apprécier le message caché derrière l’histoire.

La boulangerie-pâtisserie de New York

La boulangerie-pâtisserie de New York raconte les souvenirs d’un homme dont les parents tenaient un commerce qui était au centre de leur vie. Ces fameux commerces familiaux qui fleurissaient à l’époque où la mondialisation et la rentabilité à tout prix n’avaient pas encore atteint nos sociétés. Ces commerces demandaient un énorme travail pour être rentables et parfois les enfants y participaient.

C’est le cas de l’auteur, dont la boulangerie l’a vu naître et qui a grandi au milieu de clients qu’il connaissait bien. Un commerce qui a permis de payer les études de trois enfants avant de succomber, malheureusement, à la concurrence de ces enseignes ouvertes H24 et dont les produits n’arrivent pas à la cheville de ceux fait-maison.

La parallèle peut très facilement être fait avec notre société : nos commerces locaux étouffent sous la concurrence de la grande distribution, nos restaurants terroir meurent devant les McDonald’s et compagnie. Nos compatriotes râlent devant le chômage alors qu’ils consomment des produits asiatiques, américains, qui ne profitent pas à la France…

Une guide des grottes de Séoul 

Cette nouvelle raconte l’histoire d’une étudiante qui travaille en tant que guide dans une grotte artificielle de Séoul. Cependant, on nous raconte plus sa vie quotidienne au sein du gosiwon dans lequel elle habite. C’est une jeune femme qui observe et écoute ses voisins, notamment sa voisine, avec qui elle fait connaissance avant d’apprendre qu’elle est en réalité folle.

C’est une histoire qui nous permet de voir que les gens ne sont pas forcément ce qu’ils prétendent être. Et on nous montre également ce qu’est la vie dans les gosiwon, des sorte de HLM, avec des chambres pas chères et une qualité inexistante.

Que dire de ce recueil ? 

C’est un peu compliqué de rédiger une critique dessus car c’est un livre qui raconte des histoires extrêmement simples. Il n’y a pas d’action, de rebondissements spéciaux, de grandes découvertes, c’est juste un recueil d’histoires de la vie quotidienne en Corée de la part d’auteurs nés dans les années 60-70, à l’époque où la Corée s’ouvrait à la mondialisation. On peut voir ainsi que les habitants étaient contents de toute cette modernité mais étaient également perplexes, car cela signifie renoncer à beaucoup de choses.

Ainsi, on peut mieux comprendre ces pays qui ont vécu de plein fouet l’ouverture à l’Occident sans être réellement préparés. On pense souvent à eux comme à des parodies de nos sociétés modernes : ils ont nos magasins, notre modèle économique, mais aussi leur propre mentalité, leurs propres goûts, qui se retrouvent niés. Le mélange n’est pas forcément compatible, en tous cas il nous paraîtrait étrange.

Je ne vous dirai pas que ce recueil est à lire absolument, car j’ai déjà lu beaucoup mieux sur la Corée. Mais il se lit facilement, convient aux personnes qui ne connaissent pas vraiment la Corée « moderne » et permet de se faire une petite idée de la société coréenne.