Publié dans Anecdotes, Une vie de rousse

La fille qui n’est pas douée de ses mains

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Source : Peintre de la femme

Cette fille, c’est une artiste dans l’âme. Elle aurait adoré savoir jouer du violon ou peindre. Elle aurait vraiment aimé pouvoir mettre en avant la mélodie de son âme.

Mais cette fille, bon sang, elle ne sait rien faire de ses dix doigts.

Elle a essayé le piano, la guitare, la flûte, et a même intégré la chorale de son école primaire pour le plaisir de brailler des chansons ridicules devant des parents qui assumaient cette corvée avec un sourire crispé. Une vraie crécelle rouillée. Aucun talent musical, et une voix qui faisait grimacer les professeurs. Elle voyait les autres progresser autour d’elle, tandis qu’elle, après plusieurs années, n’était même pas foutue de lire une partition et de l’exécuter sur son instrument.

Frustrée, elle s’est rabattue sur le dessin. Bonne pâte, sa mère lui a acheté quelques livres et son grand-père lui a même offert une mallette en bois avec des tubes de peinture, des pastels, des crayons de super qualité. Mais le résultat fut le même. A 15 ans ses dessins ressemblaient à ceux d’un bébé qui apprend à utiliser ses crayons, et ses peintures à du vomi de chat… Dans sa tête, les idées étaient très nettes, mais ses mains étaient incapables de reproduire ce que son esprit visualisait si clairement. Elle n’était même pas capable de dessiner un visage correctement, pas même les yeux…

La fille voulut prendre des cours de dessin, mais sa mère refusa : si elle n’était pas fichue d’apprendre les bases par elle-même, alors ça voulait dire que le talent n’était pas là, et insister n’engendrerait que de la frustration.

La fille persista, acheta d’autres livres, mais malgré tout son travail, son talent ne s’éveilla jamais. Peut-être n’avait-il jamais été là.

Elle essaya de s’amuser avec des logiciels tels que Photoshop, pour s’inventer un talent à partir des œuvres des autres. Mais même pour ça, elle était vraiment nulle.

Un jour, elle lut l’article d’un artiste qui expliquait que le dessin, ce n’était pas simplement du talent, mais également beaucoup de travail et que n’importe qui pouvait y arriver. Elle eut les larmes aux yeux et laissa un commentaire pour dire qu’elle avait travaillé, pendant des années, essayé plusieurs méthodes, plusieurs styles, mais que jamais elle n’était parvenue à dessiner quoi que ce soit correctement. Son commentaire ne fut jamais publié.

Pendant un temps, elle s’initia à la photographie, et parvint à faire quelques clichés plutôt jolis pour une gamine de son âge. Mais le manque de pratique aidant, elle perdit ses acquis, et ne chercha plus à réveiller ce petit talent.

Aujourd’hui, cette fille, elle pleure de dépit devant le talent des dessinateurs de Deviantart, ou en écoutant des musiques de toute beauté sur Youtube. Ses rêves d’enfant reviennent, douloureux. Il y a tant de choses qu’elle aurait voulu chanter, tant de choses qu’elle aurait voulu peindre, ou jouer. Elle aurait voulu être capable de créer des bijoux, des objets, de forger, de sculpter. De tricoter ses écharpes, de coudre ses vêtements.

Elle a toujours sa mallette, poussiéreuse, avec ses crayons intacts et sa gouache qui a séché dans les tubes. Son copain lui dit que si elle n’est pas douée, ce n’est pas grave, l’important c’est de tenter. Mais elle ne supporte pas de voir ses gribouillis qui n’ont aucun rapport avec ce que voit son esprit. Alors elle arrête. Elle achète des peintures à numéros qu’elle exécute à la perfection, pour se donner l’illusion d’un talent qu’elle n’a jamais eu, et elle admire les autres, tout en les jalousant.

Cette fille, vous vous en doutez bien, c’est moi. Mon dieu, qu’est-ce que je peux détester tous ces gens bourrés de talent qui dessinent, jouent, écrivent, créent. Mais qu’est-ce que je peux les admirer. Continuez à m’en mettre plein la vue, vous qui avez la chance de pouvoir retranscrire ce que vous voyez… et par pitié, soyez conscients de votre don.

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Publié dans Anecdotes, Une vie de rousse

Cette époque où j’étais si maladivement jalouse

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La jalousie forme avec moi un duo étroitement lié.

Pendant des années, à cause de mon passé social douloureux, j’étais persuadée que je trouverai jamais de gars qui veuille de moi, à cause de ma maladie, parce que je me trouvais moche et nulle, parce que je n’avais jamais réussi à attirer l’attention de ceux qui me plaisaient (je me suis aperçue plus tard que j’avais tord à ce sujet d’ailleurs). J’avais une confiance en moi négative.

C’est virtuellement que j’ai rencontré pour la première fois un homme à qui je plaisais sincèrement. Sur un réseau de blogs. Comme je partageais le compte avec ma meilleure amie de l’époque, mon premier réflexe a été… de me faire passer pour elle, car j’étais persuadée que jamais je ne pourrais lui plaire. Pas pour ce que j’étais. J’avais la bénédiction de mon amie qui s’en fichait complètement d’ailleurs ! Elle parlait de temps à autre à ce garçon mais sans aucune arrière-pensée.

J’ai fini par avouer la supercherie, lorsqu’il m’a révélé clairement ses sentiments. Je pensais qu’il tournerait la page, mais non, il a insisté et on a fini par se mettre en couple. Et là, ça a dégénéré. Je me suis révélée d’une jalousie redoutable et destructrice. Pour nous deux.

Il parlait à d’autres filles, avec qui il n’y avait rien du tout, juste de l’amitié virtuelle et un peu de soutien. Mais de mes yeux aveugles et rageurs, je voyais le mal partout et j’étais persuadée qu’elles le draguaient sans vergogne, qu’elles essayaient de me le piquer. Pourtant, j’avais les identifiants de son compte, j’avais accès à ses conversations, il ne me cachait rien et je voyais bien qu’elles étaient perplexes devant mon comportement. Deux de ces filles étaient dans mon cercle de connaissances avant que je me mette en couple, je m’entendais bien avec elles, mais je les ai éjectées de ma vie sans scrupules et je mettais une pression monstrueuse à mon homme pour qu’il cesse de leur parler.

Chaque personne de sexe féminin devenait une rivale potentielle, quel que soit son âge, et une ennemie à abattre. Les amitiés de mon homme se sont réduites comme peau de chagrin. Le jour où je me suis aperçue qu’il parlait en cachette à l’une d’entre elles, j’ai piqué la crise de ma vie. J’étais dans une telle fureur que je sentais le sang battre sur mes tempes, j’avais des envies de meurtre réelles. Je me sentais dangereuse et j’avais même du mal à comprendre pourquoi je réagissais comme ça. J’étais particulièrement inventive dans la description des supplices que je ferais subir à la fille si je lui mettais la main dessus.

Par peur sans doute, plus pour la fille que pour lui, mon homme a fini par mettre fin à toutes ses amitiés féminines (en apparence du moins).

J’étais très castratrice, et le pire, c’est que je m’en rendais compte. Dans ma tête, c’était comme s’il y avait deux personnes : une qui était particulièrement féroce et exclusive, et l’autre qui craignait de le perdre si elle ne lui lâchait pas la bride. Je savais que j’empoisonnais notre relation, d’autant plus que mon comportement déteignait sur le sien et il devenait extrêmement jaloux et possessif lui aussi.

Et comble de l’hypocrisie… c’est que contrairement à lui, je continuais ouvertement à parler à mes amis masculins. Mon raisonnement était du genre « Oui je leur parle, mais moi je n’ai pas d’arrière-pensée alors que lui, si », alors que lui non plus n’avait pas d’arrière-pensée. Cependant il était très secret, me cachait beaucoup de choses et ça, franchement, ça excitait ma jalousie et me rendait encore plus mauvaise. Parce qu’il n’était pas du genre à me cacher quelque chose pour rien. Je me suis aperçue plus tard qu’il avait noué de fortes amitiés féminines sur des réseaux que je ne connaissais pas. De simples amitiés mais qui, je le sais, m’auraient faite hurler de rage si j’en avais eu connaissance.

Quand j’y repense, j’étais incapable de contrôler mes pulsions de jalousie, qui étaient d’une violence qui ne me ressemblait pas. Je peux me révéler violente, mais ce n’est pas une violence que je ressens dans chaque cellule de ma peau ou dans chaque recoin de mon âme (sous réserve du fait que les rousses peuvent avoir une âme haha).

Lorsque j’ai rompu avec mon homme et que je me suis remise en couple, j’ai eu peur du poison de la jalousie. Car oui, je suis jalouse. D’autant plus qu’il a eu des conquêtes avant moi. Et que je soupçonne certaines de vouloir remettre le couvert. Mais c’est totalement différent car je me suis rendue compte d’une chose : si ma jalousie était si forte avant, c’est parce que non seulement je n’avais pas confiance en moi, mais en plus, je n’avais pas confiance en lui.

Mon ex m’a trahie de nombreuses manières, notamment en me cachant des choses et en se comportant mal avec moi, sans respecter ma personnalité (je sais que c’est un peu l’hôpital qui se fout de la charité de dire ça quand on sait à quel point j’étais castratrice) ou en nouant des liens dans mon dos. J’ai souvent senti qu’il restait avec moi parce qu’il pensait que personne d’autre ne voudrait de lui -il me l’a d’ailleurs dit lorsqu’on s’est séparés- et je ne me sentais pas valorisée. Je suis rancunière, je ne pardonne pas facilement alors lorsqu’il m’a montré la première fois que je ne pouvais pas lui faire confiance à 100%, j’aurais dû arrêter là au lieu de poursuivre une relation déjà empoisonnée.

J’ignore pourquoi mais malgré tous ceux qui ont tenté de se mettre en travers de notre chemin, j’ai une confiance absolue en mon homme -peut-être trop ? Qui sait-, je sais que je ne crains rien en termes d’adultère. J’ai toujours quelques réflexes jaloux qui font que je regarde parfois ce qu’il fait ou que je stalke celles qui posent sur son FB pour son anniversaire, histoire d’être sûre que je n’aurai pas à montrer les dents. Je fonce aussi immédiatement dans le lard de celles qui lui tournent autour -je crois qu’une certaine Morgane a volé très près du mur à une époque, hein grognasse ?- même si elles n’ont aucune chance. J’ai toujours un petit pincement au cœur lorsque mon homme me dit qu’il trouve une cosplayeuse jolie alors que je ne me gêne pas pour regarder leurs pendants masculins. L’hôpital, la charité, encore…

Cependant ça n’a rien à voir avec ce que j’ai pu ressentir à l’époque, ces sentiments d’une telle violence, si destructeurs et pourtant si sincères. J’étais si proche de la folie et pourtant j’aimais tellement fort ! J’étais consciente de détruire et j’avais le culot de penser que c’était pour son bien. Et je me rends compte aujourd’hui que c’était dû à un gros souci de confiance, tant en moi qu’en l’autre. Depuis que je suis capable de faire confiance, je me sens beaucoup mieux, bien que je reste de nature jalouse et un brin suspicieuse. Mon ex avait énormément de défauts, mais je pense que 4 ans après il est temps de reconnaître que j’en avais aussi, et pas des moindres.

Publié dans Anecdotes, Une vie de rousse

Quand tu craques.

J’avais envie de faire un article. Et puis non. Je tremble tellement, de rage, de colère, de haine envers le monde entier que je ne peux plus écrire. C’est la goutte d’eau. Qui fait déborder tous les vases en même temps.

A l’intérieur de moi, c’est ça :

Hurlement_du_Dragon_de_Feu_Foudroyant

Et puis extérieurement, c’est ça…. :

PromoHP6_Severus_Rogue

Je crois que si toutes les tuiles du monde continuent de me tomber sur le nez, je vais exploser…

Publié dans Anecdotes, Une vie de rousse

La CAF va me rendre chèvre !

chèvre folle

S’il y a bien une chose que je déteste, c’est bien dépendre de la CAF. Je perçois une allocation pour mon handicap (pas entièrement, mais ça c’est un autre débat) et le montant change chaque trimestre, en fonction principalement des revenus de mon conjoint et parfois des miens, lorsque je parviens à me trouver un contrat.

Chaque trimestre, donc, nous faisons la déclaration de nos revenus pour que soit calculé le montant de l’AAH (et avant, de l’APL, mais aujourd’hui, nous n’y avons plus droit, visiblement un SMIC pour deux nous rend riches). Jusqu’ici tout va bien. Lorsque nous nous étions inscrits à la CAF, la personne qui a fait notre dossier nous avait dit de déclarer les revenus bruts imposables, comme pour les impôts. A l’époque notre déclaration était annuelle car je n’avais pas encore trouvé de travail.

Lorsque j’ai trouvé mon premier petit contrat, la déclaration est devenue trimestrielle. Je n’ai pas trop compris pourquoi ce fouillis pour deux semaines de travail, mais pourquoi pas. Nous avons donc continué de déclarer les revenus bruts imposables, comme avant. Et ce depuis près de trois ans. Je n’ai pas réussi à trouver de contrat fixe depuis, toujours des boulots de 2 semaines grand max mais la CAF n’a jamais changé son mode de déclaration.

Et puis en début d’année, suite à un recours de ma part (la CAF ayant réduit mon AAH à 39 euros par mois sans raison et faut quand même pas pousser) une technicienne-conseil m’a informée que je me trompais dans mes déclarations : pour les déclarations annuelles, il faut déclarer le brut imposable, mais pour les trimestrielles, il faut déclarer le net perçu. Ce qui insinuait, en gros, que je faisais la mauvaise déclaration depuis 3 ans et qu’on ne me disait rien alors que la CAF était censée vérifier les montants auprès des impôts.

Trouvant ça étrange, j’appelle la CAF (je ne comprendrai jamais pourquoi un numéro surtaxé pour un service censé viser les personnes en difficulté) et une autre technicienne me confirme l’information. Elle me dit alors d’envoyer mes trois dernières déclarations d’impôts, ainsi que celles de mon conjoint, pour pouvoir recalculer ce qui me manque depuis trois ans. Je trouve ça bizarre, car je déclare justement le brut imposable aux impôts, mais je m’exécute : en effet, étant en difficulté financièrement, l’idée d’un petit pécule me plaisait bien. Il m’aurait permis de me payer un bilan de santé car je n’en ai pas fait depuis très longtemps alors que je suis censée en faire deux par an minimum (non, je n’ai pas droit à la CMU car mon conjoint travaille, et je n’ai pas non plus droit aux aides transport).

Je me refais confirmer l’information par mail et une autre technicienne confirme encore qu’il faut bien déclarer les revenus nets perçus lors de la déclaration trimestrielle.

Confiante, j’envoie donc les déclarations d’impôts demandées à la CAF et j’attends. Et puis j’attends encore. Deux mois après, toujours rien. Je renvoie donc un mail à la CAF qui me répond qu’il manque des documents. Ah, et en deux mois personne ne pense à me les demander ? Voilà qu’il faut que je renvoie… trois ans de bulletins de salaire de mon conjoint et moi-même. Là, d’un coup, je suis moins enthousiaste, parce que paie ton coût en papier, en encre et en frais postaux ! On a cependant fini par fouiller nos classeurs pour retrouver tout ce qu’il fallait, on a racheté de l’encre parce que ça nous a vidé la première cartouche, et on a tout renvoyé.

Et on a attendu, encore. Un mois et demi après, toujours aucune nouvelle. Je finis par me décider à les relancer encore deux semaines plus tard, et une technicienne-conseil met à nouveau deux semaines pour me répondre… que ma demande venait d’être transmise au service compétent. Ah parce que depuis le début de l’année ce n’était toujours pas fait ?? Quand il s’agit de me baisser mon AAH suite à une déclaration, mon dossier est traité en moins de 24h et là, quand il s’agit d’un éventuel don d’argent bizarrement, ça prend du temps, beaucoup de temps… bref. J’essaie de ne pas sombrer dans la paranoïa et je fais ma vie en attendant une réponse.

Évidemment, lorsque les premiers techniciens-conseil m’ont informée que je déclarais les mauvais revenus, j’ai changé mes déclarations et donc, depuis le début de l’année, je déclare nos revenus nets au lieu des revenus imposables. En soi, ça me paraît plus logique, de voir une allocation calculée selon des revenus bel et bien perçus plutôt que des revenus trop élevés par rapport à ce que l’on gagne réellement (et ce devrait être pareil pour les impôts !).

Et voilà qu’enfin, on me répond :

Suite à vos différents courriers, nous avons revu l’ensemble de vos déclarations trimestrielles d’AAH.
Nous vous informons que pour le calcul de cette prestation, vous devez bien déclarer le salaire net imposable perçu et non le net à payer.

Le net imposable perçu. What the fuck is that ? Sur mes bulletins de salaire, j’ai toujours eu le brut total, le brut imposable et le net à payer. Je n’ai jamais eu de « salaire net imposable perçu« . Donc à quoi est-ce que ça correspond ? J’aurais tendance à dire que vu que c’est imposable, il s’agit du brut, mais je ne perçois par le brut, justement donc le « perçu » me perturbe.

Je rappelle donc la CAF pour essayer d’avoir une explication (si je déclarais correctement mes revenus et que les premiers techniciens m’ayant renseignée se sont trompés, alors pourquoi est-ce qu’on ne me l’a pas dit au lieu de me faire renvoyer 35 millions de documents ???)… et après une interminable attente, je tombe sur quelqu’un dont la compréhension du français est inexistante, et qui évidemment, ne comprend pas ma question. D’habitude je suis plus patiente que ça, mais sachant que j’ai déjà postulé en tant que technicienne-conseil et que j’ai été recalée alors qu’on prend des gens qui ne comprennent pas une question simple, ça m’agace prodigieusement. Le chômage en France est monstrueux bon sang, pourquoi est-ce qu’on va délocaliser ? Je raccroche donc au nez du type et tente de rappeler, mais je tombe sur une femme qui, pareil, ne comprend pas ma question.

Me voilà donc énervée, beaucoup trop pour retenter un appel et le passer dans de bonnes conditions, donc je renvoie un mail pour clarifier la chose et tente de me connecter à mon espace client pour prendre rendez-vous. Si je me déplace, je vais casquer au niveau du transport, mais au moins je parlerai à des gens qui comprennent ma question et pourront peut-être me donner la bonne réponse : que suis-je censée déclarer au niveau trimestriel ?

Dans tous les cas il y a au moins une erreur quelque part : si les premiers techniciens-conseil se sont trompés (et ça voudrait dire qu’au moins trois personnes et les supérieurs à qui ils ont demandé confirmation se sont trompés, ce qui craint), alors je déclare mal nos revenus depuis le début de l’année puisque je me suis mise à déclarer les revenus nets perçus au lieu du brut imposable. Parce qu’au bout de trois confirmations je me suis dit que je pouvais changer en toute tranquillité. Visiblement, non. Et si c’est bien une erreur il y a donc le calcul de trois ans d’AAH à refaire. Il y a donc forcément un recalcul à faire.

Je suis allée voir sur le site internet de la CAF et la réponse n’est pas très claire. Le site en lui même indique « Afin de calculer le montant de votre Aah des 3 mois à venir, nous prenons en compte les revenus que vous avez perçus les 3 mois précédents. D’autres éléments rentrent en compte pour ce recalcul : les ressources de votre conjoint, concubin ou pacsé. ». Pour moi, « les revenus que vous avez perçus » signifie les revenus nets, puisqu’on ne perçoit pas le brut.

Or, lorsqu’on clique sur le lien indiqué sur ce même site, on tombe sur une notice, qui, elle, me dit la même chose que la technicienne-conseil la plus récente : « Vous devez déclarer le montant net imposable (avant retenue ou saisie)« . Or, jamais un de mes bulletins de salaire n’a mentionné de net imposable, c’est toujours brut imposable ou net à payer. Au vu de la description, ça semble correspondre au brut imposable, mais dans ce cas pourquoi parler de net…? Ou alors mes bulletins de salaire sont tous mal foutus ? C’est quand même bizarre de calculer une allocation sur un montant qui n’est pas réellement perçu…

Et surtout, si depuis le début je déclarais correctement et qu’il faut bien déclarer le brut imposable… alors pourquoi m’avoir fait renvoyer tous ces papiers ? Pourquoi ne pas m’avoir dit tout simplement que ces renseignements étaient faux et que ça s’arrêtait là ?

Dans tous les cas, il semblerait qu’il y ait un sacré paquet d’employés qui ne connaissent pas leur travail et entraînent de belles erreurs de déclaration. C’est perturbant de se dire qu’on paie un numéro surtaxé pour obtenir une information fausse de la part de quelqu’un qui ne connaît pas son travail.

J’essaie donc de prendre rendez-vous via mon espace personnel, pour en avoir le cœur net… mais voilà que ça bug et que je n’y ai plus accès.

folieAu secours, je deviens folle !

Publié dans Anecdotes, Une vie de rousse

Liebster Award (2)

LiebsterAward

Je ne suis pas fan de tags mais j’en ai malgré tout fait quelques uns ici, ici et ici. Pour ce liebster award, que je fais pour la deuxième fois, je suis censée révéler 11 faits sur moi, répondre aux 11 questions posées par la blogueuse Mots à maux et taguer 11 personnes.

Bon, les 11 faits sur moi n’ont pas vraiment changé depuis mon dernier tag alors à la place, je vais vous révéler 11 faits hautement passionnants révélés par les tests en ligne que je fais lorsque je m’ennuie profondément :

  1. Si j’étais un Pokémon, je serais Mewtwo.
  2. Je suis une idéaliste.
  3. Si j’étais un dangereux animal, je serais un crocodile.
  4. Si j’étais un personnage d’Harry Potter, je serais Severus Rogue.
  5. Si j’étais un élément, je serais le Vide.
  6. Mon chat est le tyrannique Dark Vador.
  7. Si j’étais un personnage de Star Wars, je serais Han Solo.
  8. Ma personnalité est bleue.
  9. Si j’étais un tueur en série, je serais Charles Manson.
  10. Si ma colère devait s’apparenter à une catastrophe naturelle, ce serait à un ouragan.
  11. Si j’étais une créature mythique, ce serait un dragon.

Bon, j’ai jamais dit que ces tests étaient tombés juste hein… 😀

Bref, passons aux questions !

  • Qu’est-ce qui t’a amenée à ouvrir un blog ?

J’avais un blog avant même d’avoir un ordinateur et internet. Je l’avais créé avec mon téléphone portable sur Orange Blog. J’étais une adolescente extrêmement renfermée et solitaire, pour moi ça sonnait comme une évidence d’avoir une page où raconter ma vie, cette vie dont tout le monde se moquait. Et puis j’ai continué, après l’école. Je suis toujours solitaire, un peu moins renfermée, et j’aime toujours autant écrire.

  • As-tu une mauvaise habitude de blogueuse ?

La langue de pute ! Parfois sur les blogs beauté je suis du genre à me dire « Eh ben purée, ça y va le photoshop ! » ou à me moquer du manque de talent de certaines pour utiliser le photoshop en question… parfois elles abusent tellement sur le gommage pour se faire une belle peau qu’on en distingue même plus les contours ! Ou alors sur les blogs mode, je ricane et je me dis « On me paierait que je ne mettrais pas ça ! ». Bref, je suis parfois une vraie peste. Mais c’est vraiment rare que je mette ces vilaines paroles par écrit. Je ne suis pas si mauvaise 😀

  • Quel a été ton plus beau voyage ?

L’Autriche en période de Noël. Bon sang là-bas ils savent ce que c’est qu’une vitrine aux couleurs de Noël ! La petite fille que j’étais était émerveillée. Pourtant j’étais difficilement impressionnable et surtout je n’avais jamais été habitée par le fameux « esprit de Noël » (pour moi les fêtes c’est une corvée). Mais voir toutes ces vitrines décorées, colorées… c’était magnifique. Je ne sais pas s’ils font toujours autant d’efforts pour cette période (j’avais 11 ou 12 ans je crois) mais j’espère que oui, parce que c’est quelque chose à faire absolument.

  • Combien de langues parles-tu et lesquelles ?

J’en parle trois couramment : le français, l’anglais et l’espagnol. Parcours scolaire classique 🙂 Après j’arrive à comprendre l’allemand et le japonais. Plus difficilement à les baragouiner ^^

  • Un rêve de vie à nous partager ?

Déménager en Islande. Je ne saurais pas expliquer pourquoi, mais j’ai l’impression que ce pays m’appelle. Son Histoire, sa politique, son mode de vie, ses paysages de romans, j’ai ENVIE d’y aller, j’ai ENVIE d’y vivre.

  • Quelle a été ta plus grosse bêtise quand tu étais enfant ?

A l’époque, ma mère venait de me récupérer de chez mon oncle. On vivait dans un logement social, toutes les deux dans une petite pièce. Je savais que ma mère détestait le ménage et elle s’était absentée pour une démarche. Je m’y mets et je fais tout briller… y compris la télé que j’ai « nettoyée » avec une éponge toute trempée ! Bizarrement elle ne marchait plus après 😀

Double bêtise car je suis sortie de l’appartement en pleurant pour aller chercher la concierge, qui a donc vu que ma mère m’avait laissée toute seule dans l’appartement alors que c’était interdit. J’ai cassé la télé et en plus ma mère a pris un gros savon !

  • Quelle chanson arrive toujours à te donner le sourire ?

Pour toujours et à jamais 😉

  • As-tu un chiffre porte-bonheur ?

Si j’avais un quelconque porte-bonheur je ne serais pas aussi poissarde 😉

  • Quel est ton meilleur souvenir de 2015 ?

Ce fut vraiment une année de merde. De mémoire je n’ai rien vécu de mémorable.

  • Plutôt été ou hiver ?

Plutôt automne, je n’aime pas l’été car il fait trop chaud et j’étouffe, et je n’aime pas l’hiver parce que j’ai trop froid et je n’arrive jamais à me réchauffer malgré toutes les couvertures du monde !

  • Un film à partager sur le thème de Noël ?

Non je ne suis généralement pas fan des nanards de Noël. A part peut-être les aventures du chien Beethoven qui passaient pendant cette période quand j’avais une télé ^^

Je ne tague personne, si quelqu’un veut le faire libre à lui/elle.

Publié dans Anecdotes

La protection animale en prend plein la gueule

CAN

Je pense que tout le monde, ou presque, a vu défiler sur son fil d’actualités cette histoire comme quoi un sans-abri s’est fait voler son chien par des personnes se revendiquant de la protection animale. Le souci, c’est qu’il ne faut pas grand chose à la masse populaire pour prendre feu et surtout faire des généralités : tout comme les gens prennent toutes les féministes pour des hystériques qui se trimballent les seins à l’air, maintenant les gens voient toutes les associations de protection animale comme des enragés qui arrachent leurs animaux aux plus vulnérables.

Le but de cet article n’est pas vraiment de déterminer qui a tord et qui a raison dans cette affaire. J’ai vu défiler tout et son contraire, des gens qui prétendent que ce sans-abri, comme tous ceux de la ville, change de chien tous les mois et d’autres qui prétendent qu’il détenait avant une husky de 15 ans récemment décédée. En fait le but de l’article est de mettre au point certaines choses, car j’ai vu pas mal de réflexions se dégager de ce lynchage médiatique et ayant été bénévole en association pendant de longues années, je pense être bien placée pour témoigner.

Oui, les trafics d’animaux existent

J’ai vu certaines personnes prétendre que les trafics n’existent pas et que ce n’est qu’un prétexte pour arracher les animaux aux sans-logis car, dans notre grand égocentrisme, nous pensons que c’est mieux pour les animaux.

Or, si, les trafics existent bel et bien. Et ils sont bien plus organisés qu’on ne l’imagine. Et le pire, c’est qu’ils ne sont pas vraiment clandestins, dans le sens cachés. C’est ouvertement que des femelles enchaînent les grossesses, tuant leur santé et déformant leur corps, pour voir leurs chiots leur être arrachés à peine les yeux ouverts, sans même être sevrés. Un animal c’est la garantie de voir les yeux des gens s’attarder sur le mendiant bien plus souvent que s’il était seul la main tendue ou avec son panneau « j’ai faim ». C’est rentable pour la personne et les trafics sont fréquents. Sans compter que, parfois… ces trafiquants essaient de vous vendre les chiots en vous attendrissant. Des chiots issus de mères épuisées et malades, non sevrés, et qui bien souvent ont été drogués pour se tenir tranquille pendant les séances de mendicité. Je vous laisse imaginer l’état de santé de ces pauvres bêtes.

Évidemment, le fait que les trafics existent ne signifie pas que tous les animaux accompagnant les sans-abris sont des animaux drogués, c’est bien souvent un compagnon de galère, le dernier compagnon d’une personne vulnérable et seule. Quand je vois ça mon cœur se serre, car je pense que l’animal serait bien mieux dans un foyer, mais ce n’est pas à moi d’en décider.

Non, appeler la police est loin d’être concluant

Parmi les commentaires, ce qui revenait le plus souvent c’est que cette association aurait dû appeler la police au lieu d’intervenir personnellement. Or, non, ça ne se passe pas franchement comme ça. J’ai vu défiler un nombre incalculable de cas pour lesquels la police a été alertée et n’est jamais intervenue.

Je me souviens de ce yorkshire battu tellement cruellement que les deux os de ses pattes arrière ressortaient. Son maître le battait partout, chez lui, dans la rue, la pauvre bête faisait peine à voir. La police a été alertée plusieurs fois et n’est jamais venue. La SPA aussi d’ailleurs. On a fini par retrouver le pauvre animal mort sur le trottoir. Dans ces moments-là on se dit qu’intervenir soi-même n’est pas si mal.

Il arrivait aussi que les trafics se fassent dans des campements de personnes n’ayant pas la nationalité française et dans ces moments là le refus d’intervenir était systématique car c’est une source de polémique. Personne d’origine étrangère ne signifie certes pas délinquant, mais ça ne signifie pas saint pour autant. Or, il y a des gens prêts à les défendre quoi qu’ils fassent en accusant la police de racisme, de stigmatisation, etc, rendant toute intervention impossible. C’est triste à dire mais c’est comme ça. L’association dans laquelle j’étais bénévole a alerté la police pendant des mois, on voyait les chiennes gestantes mourir sous nos yeux pendant que les bébés étaient exhibés aux arrêts de tram, dans les gares, en tant qu’objets mignons qui attirent le regard. Immonde. L’association a fini par intervenir et a sauvé quelques chiennes et chiots mais forcément, les trafiquants ne se sont pas laissés faire. Tout le monde n’a pas pu être sauvé, il y a eu des plaintes… et pendant ce temps on a vu mourir celles qui n’avaient pas été sauvées. Jetées un peu plus loin sur la route comme de vieux sacs poubelle.

Je ne défends pas forcément Cause Animale Nord, car je ne connais pas les tenants et aboutissants de l’affaire, mais je ne peux pas m’empêcher de faire le parallèle avec mon association. Lorsqu’ils sont intervenus dans ce campement pour sauver les chiennes, quelqu’un aurait pu mettre une vidéo et titrer « Honteux, une association de protection animale vole des animaux à un campement de personnes en détresse ! ». Les gens se seraient enflammés, comme maintenant, l’association en aurait pris plein la gueule, alors qu’elle n’avait fait qu’essayer de sauver des animaux pour lesquels la justice refusait d’intervenir.

C’est sûr qu’intervenir soi-même sans autorisation de la justice est illégal, mais on ne peut juste pas rester les bras croisés devant la souffrance. Faisons le parallèle avec les enfants : si vous, vous voyez un enfant exploité, battu, vous allez regarder sans rien faire en attendant qu’une justice lente et pas toujours juste intervienne ? Les animaux aussi sont des êtres vivants, sensibles. Ils ressentent eux aussi la douleur. Ils peuvent eux-aussi être malades. Ils ressentent eux aussi les effets de la drogue ou de l’absence de soins. Ne pas intervenir c’est de la non-assistance à être vivant en danger.

Il criait beaucoup pour un animal drogué…

Ça, ça ne veut rien dire. J’ai vu des chiens drogués extrêmement virulents et agressifs. La situation était violente et stressante, alors même drogué l’animal pouvait très bien couiner et japper sous l’effet de la panique. La vidéo ne montre rien.

D’autres disent que l’animal s’est remis bien vite mais ça ne me choque pas. Déjà parce que c’est un chiot, ensuite parce que j’ai déjà eu des exemples flagrants. Même ma minette qui commence à se faire vieille s’est très vite remise d’une anesthésie. Même si une anesthésie n’est pas vraiment comparable à une drogue administrée à l’arrache ça permet de donner une idée du temps mis par l’organisme de l’animal pour éliminer la substance nocive. Oui, un animal drogué qui a reçu des soins peut très bien se remettre rapidement. Du moins en apparence. Un chiot peut très bien courir partout et être tout content pendant sa convalescence, ce n’est pas surprenant.

Le chiot a été mis en vente rapidement après le vol

Pour ceci il m’est difficile de m’exprimer car je n’ai aucune idée des délais dans cette affaire.

Dans les associations dans lesquelles j’ai travaillé, les frais d’adoption correspondent à une partie des frais engagés par l’association pour l’animal : identification, stérilisation, vaccination, parfois déparasitage ou chirurgie. Il n’y a pas besoin de 35 visites chez le vétérinaire pour déterminer ces frais qui sont généralement fixes et si les activistes ont un peu de jugeote ils se sont certainement rués chez le vétérinaire pour y déposer le chiot. Donc le fait que les frais d’adoption aient été communiqués si rapidement ne me choque pas.

La seule chose qui pourrait me choquer c’est que l’association n’ait pas attendu les retombées médiatiques ou juridiques avant de rendre ça public. Ce n’était pas très intelligent. Je ne sais pas si l’animal est effectivement à l’adoption ou en convalescence en famille d’accueil mais le timing est mauvais et n’aide pas à leur crédibilité.

Cependant dans tous les cas il ne s’agit pas d’une revente mais de frais d’adoption déterminés en fonction de ce que le chiot a coûté en soins.

La protection animale doit-elle se faire au mépris de la condition humaine ?

Quand on regarde la vidéo, on voit deux personnes contre une seule, une personne en théorie vulnérable sans personne pour la défendre. Un sans-abri qui s’est fait arracher son chien pendant que les gens regardaient (et filmaient, accessoirement).

Quand je regarde mon expérience en association, quand ils intervenaient pour retirer les chiens aux trafiquants, il y avait des violences car évidemment ils ne se laissaient pas faire. Exploiter les animaux c’est leur gagne-pain et je ne connais pas grand monde qui regarde partir son gagne-pain sans rien faire. Dans ces moments-là, pour moi la violence est justifiée, car on a affaire à des personnes qui méprisent la loi et surtout la vie. Ils n’ont rien à cirer de la souffrances des bêtes qu’ils exploitent et il n’y a pas de raison de leur amener thé et petits gâteaux. Un trafic en appelle d’autres et ils n’auront sûrement aucun mal à retrouver des petits deals, voir à retrouver d’autres animaux à tuer à petit feu. Les animaux errants ce n’est pas ce qui manque et ils ont souvent la naïveté d’avoir confiance en l’homme, surtout lorsqu’ils sont semi-apprivoisés par un voisinage qui les nourrit.

Cependant tous les sans-abris avec des animaux sont loin d’être des trafiquants. Pour eux, l’animal est le dernier compagnon, le seul qui le regarde encore sans fuir, le seul qui lui donne de l’affection pendant que le reste de l’humanité le méprise. Et c’est précieux, pour ces gens. Même si c’est évident que l’animal vivrait dans de meilleures conditions s’il avait un foyer (le sans-abri aussi, au passage) c’est cruel de lui retirer, et surtout, la décision ne nous appartient pas. Il est important de pouvoir différencier un animal drogué d’un animal naturellement calme avant d’intervenir. Généralement ça se voit aux yeux et à la réactivité mais la différence peut-être plus subtile que ça. Sauf que certains se prennent pour des super-héros…

Dans tous les cas, pour le moment on lit tout et son contraire, et surtout, les associations de protection animale voient leurs actions rendues plus difficiles encore car, lynchage médiatique oblige, maintenant il faut montrer une patte plus que blanche pour péter un coup. Il est dommage de voir à quel point les gens se sont emballés sans chercher à se renseigner, et surtout déversent tous leur haine comme des moutons. Il faut aller plus loin qu’un simple vidéo buzz pour savoir ce qui se cache derrière une action. Oui, il y a des associations de protection animale moins reluisantes que d’autres, mais ça, c’est le cas dans tous les milieux associatifs et ce n’est pas pour autant que l’on doit empêcher tous les autres de tourner en rond ou que l’on doit empêcher l’enquête de se faire.

Il n’était déjà pas facile de faire intervenir les autorités dans des affaires concernant les animaux, et ce malgré les récentes lois sur le statut des animaux, mais maintenant ça promet d’être encore plus difficile. Doit-on remercier des personnes filmant des activistes extrémistes (sans intervenir pour aider le SDF au passage, hein) ou doit-on au contraire mettre en avant ce que les associations sont obligées de faire pour pallier à l’inaction des services publics ? Les deux ?

Si ce SDF était bel et bien un trafiquant, j’espère que la justice remontera jusqu’aux sources du trafic. Car pendant ce temps, des femelles gestantes souffrent le martyre pour mettre au monde des bébés qui finiront dans le caniveau lorsqu’ils seront trop vieux pour attendrir le chaland.

Et si ce n’est pas le cas… j’ai envie de dire, même si l’attitude des activistes n’est pas excusable, combien parmi ceux qui s’indignent du traitement de ce SDF ont filmé sans aider, ou même l’ont ignoré royalement à chacun de leurs passages ? C’est facile de s’acheter une conscience… lorsque l’on fait partie de ces nombreuses personnes qui ferment les yeux sur les conditions de vie de certains de leurs compatriotes. Ou d’autres être humains, pas forcément compatriotes. Agir au lieu de s’acheter une conscience, c’est bien aussi…

Publié dans Anecdotes

Pourquoi je n’aime pas mon appartement

Actu fou

Si vous me suivez régulièrement, vous avez souvent dû lire mes râleries incessantes sur mon appartement, notamment sur les problèmes de moisissures que j’ai eus pendant de longs mois. Mais ce qui fait que je n’aime pas cet appartement, c’est une accumulation de « petites » choses qui font que je n’ai qu’une seule envie, faire mes valises. Mais se loger à prix décent n’est pas facile.

Cet appartement, on l’a trouvé un peu dans l’urgence. Ma belle-mère nous hébergeait, mon homme et moi, le temps que je trouve un travail, mais manque de bol, je n’en ai pas trouvé. Or, mon beau-frère, son le frère aîné de mon homme, devait venir s’installer lui aussi avec son fils car il était expulsé de chez lui (il n’a pas payé ses loyers). J’avais déjà eu l’occasion de le rencontrer au Noël précédent et il m’avait rendue malade à fumer partout sans en avoir rien à foutre de mes problèmes respiratoires. Misogyne et égocentrique, c’est typiquement le genre de mec qui se prend pour le roi alors qu’il n’est juste qu’un obscur connard. Sachant qu’il m’avait rendue malade en deux semaines, mon homme et moi avons vite compris que soit on déménageait, soit je devrais rentrer chez ma mère car la proximité immédiate d’un fumeur est incompatible avec mes problèmes de santé.

Nous ne savions pas quand est-ce qu’il devait arriver, donc nous nous sommes mis à chercher un appartement dans l’urgence. C’était le début de l’été, il n’y avait pas grand chose et dans l’ensemble, les appartements étaient très chers, région parisienne oblige. Et puis nous sommes tombés sur cet appartement. Le loyer était très raisonnable compte tenu de la surface (41m² + une mezzanine de 12m² pour 750e/mois eau comprise) et du quartier, très bourgeois. On y croyait pas trop mais on a envoyé un mail à la propriétaire, qui nous a répondu presque immédiatement et nous a donné rendez-vous deux jours après pour une visite. L’appartement en soi était vraiment cool, mais en même temps, en été on ne voyait pas trop les problèmes qu’il pouvait y avoir, surtout qu’il était habité et qu’évidemment les gens avaient tout nettoyé avant notre arrivée. Et malgré l’absence de garant et le fait que seul mon homme travaillait, on a décroché l’appartement puis emménagé. Et là, les emmerdes ont commencé.

Du bruit, beaucoup de bruit

Notre voisin d’à-côté, avec qui nous partageons un mur mitoyen, s’est révélé être le type le plus bruyant du monde. Toujours à mettre la musique ou la télé à fond (ou les deux en même temps), toujours à faire des fêtes chez lui jusqu’à pas d’heure où tout le monde hurle et tape sur les murs, bref, l’horreur. Le pire, c’est que la proprio et le concierge nous l’avaient décrit comme un type gentil, qui baissait sa musique quand on lui demandait et tout. Sauf qu’il ne répond jamais quand on frappe à sa porte, et si on arrive à le choper aux boîtes aux lettres, il fait genre il ne recommencera plus pour finalement recommencer. La police est régulièrement appelée, le type collectionne les amendes mais jamais il n’a cessé son bruit. Il n’a juste rien à foutre de ses voisins et fait sa vie. Le pire c’est que les gens qui viennent chez lui pour regarder le foot sont complètement dégénérés, ils hurlent comme des babouins, sautent, tapent sur les murs en beuglant, c’est hallucinant. C’est en voyant des types comme ça que je comprends à quel point les choses peuvent dégénérer dans les stades, le sport rend certaines personnes complètement barges.

Et en plus, histoire d’en rajouter une couche, deux appartement libérés sont désormais occupés par des familles tout aussi bruyantes, c’est le souk en permanence. Et on a beau gueuler, soit on nous balance des « ta gueule », soit on nous ignore. Pour mon copain, qui a un boulot physique et qui en plus commence très tôt, c’est souvent impossible de se reposer, car ces gens font la fête jusque très tard le soir et gueulent dans la journée. La propriétaire ne veut rien faire car c’est, selon elle, une affaire de voisins et la police, à part venir lorsqu’on les appelle, ne peut pas faire grand chose de plus si la propriétaire ne donne pas suite.

Du coup, on en est réduits à faire des mesquineries pour tenter de dormir en paix, comme couper le disjoncteur du voisin pendant ses matchs de foot, appeler systématiquement la police même en pleine journée (eh ouais, tapage diurne), et rendre la pub aux charmants voisins qui adorent me mettre toute leur pub dans ma boîte aux lettres parce qu’il y a écrit « no-pub » dessus et que visiblement ils ne savent pas lire. Sans parler des voleurs, puisqu’un couple s’est récemment fait passer pour mes grands-parents pour récupérer un colis. Comme il y a plusieurs couples de retraités dans la résidence je ne sais pas qui c’est et le facteur m’a juste décrit leur tenue…

En plus de tout ce voisinage bruyant, il faut savoir que l’appartement est situé dans une rue qui contient trois garages et une école. Les garages commencent à bosser dès le matin et sont loin d’être silencieux, l’école n’est bruyante que pendant les récrés (à CHAQUE récré les gosses chantent « POOOOPOLOPOLOPOPOOOOOO » pendant un quart d’heure, la nouvelle génération est composée de débiles, je vous jure), mais pour moi qui parfois a des contrats en télétravail c’est juste horrible de bosser dans ces conditions. C’est sûr que je ne vais pas empêcher les garages de bosser, mais la prochaine fois je ferai attention à l’environnement de l’appartement !

De la pollution à gogo

La pollution est hallucinante aussi. La résidence est composée de deux bâtiments, le A et le B, je suis dans le A et évidemment, mon homme et moi sommes les seuls non fumeurs de tout le bâtiment. Ça pue la clope en permanence, on ne peut jamais ouvrir la fenêtre, même quand il fait chaud, parce qu’il y a toujours quelqu’un qui fume, et même quand on ouvre pas ça vient chez nous puisque la fumée du voisin passe par la ventilation commune ! Évidemment je suis régulièrement malade, et j’ai beau avoir réussi à officialiser dans le règlement l’interdiction de fumer dans les parties communes (le couloir est régulièrement enfumé), l’odeur est tenace et surtout certains continuent. C’est connu que j’ai une maladie respiratoire mais les voisins me répondent que je n’ai qu’à déménager si je ne suis pas contente ! Mais bien sûr, la personne dérangée doit s’en aller et ceux qui dérangent restent ! Je reconnais bien là la mentalité des gens.

En plus de la pollution due à la cigarette, le garage voisin, qui a une fenêtre qui donne sur notre cour, l’ouvre régulièrement et toute sa fumée et ses odeurs d’essence se déversent dans notre cour. Les plantes sont couvertes d’une pellicule grise/brillante dégueulasse, ça pue… le concierge a essayé de faire valoir mes soucis de santé comme excuse pour qu’il bosse les fenêtres fermées mais ça n’a rien donné. Le type lui a répondu « entre elle et nous, eh bah je préfère nous ». J’ai compris, je ne suis pas la bienvenue ici. Si un jour je deviens propriétaire, ma résidence sera non-fumeurs !

Et pour terminer, ma ville se situe dans une cuve, ce qui fait que toute la pollution et la chaleur sont bien concentrés et ont du mal à s’évacuer. On étouffe !

Je ne parle même pas de la pollution dans l’eau, car je ne pense pas que je me sois couverte d’eczéma pour une raison anodine.

Bref, on pourrait penser qu’entre le voisinage et l’ambiance, c’est déjà suffisant. Mais non voyons !

Des moisissuuuuuuuuuures !

L’hiver suivant notre emménagement, on a commencé à avoir des moisissures. C’est d’abord la salle de bains qui s’est couverte d’une moisissure noire dégueulasse, et puis les murs de la mezzanine. On l’a signalé à la proprio, qui nous a envoyé des « experts » qui ont décrété que c’était un problème de VMC et qui ont changé la VMC. Deux fois. Sauf que ça continuait. En fait, c’est juste évident que c’est un problème d’isolation mais la propriétaire ne veut pas engager de lourds travaux. Alors elle a finalement fait changer la VMC une dernière fois, avec une évacuation sur le toit, et a recouvert les murs d’un lambris en PVC pour cacher la misère. Sauf qu’on a toujours du moisi dans la mezzanine, le toit a besoin d’être mieux isolé parce qu’à chaque averse il pleut sur notre tête, mais elle ne veut pas engager de travaux car elle n’a soit-disant pas les moyens. Alors que suite au décès de deux résidents elle a fait entièrement refaire leurs appartements. La vérité, c’est qu’elle attend qu’on dégage pour refaire le nôtre pour ensuite pouvoir augmenter le loyer…. et nous on est bons pour mettre une bâche qui bouffe la moitié de la mezzanine si on veut dormir au sec. Déjà que ça faisait deux ans qu’on se battait pour qu’elle fasse quelque chose pour les moisissures, à la finale elle n’a fait que cacher la misère pour se dédouaner et nous laisser dans notre merde.

C’est super pour quelqu’un qui a des problèmes respiratoires comme moi.

Aucune isolation, que ce soit thermique ou phonique

C’est quelque chose qui nous a sauté aux yeux quand on a emménagé : il n’y a pas la moindre isolation. On entend tout, on a aucune intimité, et quand en plus on a des voisins hyper bruyants ça devient vite invivable. On ne peut juste pas se reposer parce que même quand les voisins ne font que rigoler, pour nous ça fait comme si on était à un mètre. Le pire c’est que lorsque j’ai parlé de l’isolation lors de la visite de l’appartement, l’ancienne locataire paraissait très gênée avant de me dire que ça allait, je ne serais pas étonnée que ma proprio ait eu un moyen de pression.

Mais la mauvaise isolation n’est pas seulement phonique : en été on crève de chaud, on étouffe, la chaleur rentre de partout et comme on a même pas de volets on ne peut rien faire, à part suer comme des gorets et prendre 350 douches à la minute. En hiver par contre on crève de froid, on a du givre sur les murs au réveil le matin, on peut toujours mettre le chauffage ça ne change rien, on grelotte avec deux couettes sur le dos et il fait même plus chaud dehors que dedans, c’est dire.

La mauvaise isolation a d’ailleurs sûrement entraîné les moisissures puisque l’humidité rentre quand elle veut, il n’y a rien pour l’en empêcher. Et on a beau nettoyer, ça revient et ça prolifère. Et la propriétaire n’engage pas de travaux, elle n’a pas les moyens pauvre bichonne, elle préfère refaire intégralement des appartements pour les louer plus cher plutôt qu’améliorer le confort de locataires déjà en place.

Des odeurs immondes

Les odeurs, ça, c’est un truc de fou. A chaque fois que le voisin est chez lui, qu’il prend sa douche ou tire la chasse, on a des odeurs immondes qui arrivent chez nous. Du genre mélange d’odeurs de vomi post-soirées, de merde, d’égouts, le truc dégueulasse qui nous fait fermer la porte de la salle de bains fissa ou qui nous écœure quand on prend la douche le matin. Au début je pensais que c’était réciproque, que les canalisations devaient être dégueulasses, mais il m’a dit que lui n’avait jamais d’odeurs comme ça.

Quand il n’est pas là, on a vraiment aucune odeur, même quand on utilise les robinets souvent.

Donc autrement dit, le voisin évacue chez nous des odeurs immondes, et je ne préfère même pas savoir de quoi (ou de qui…) elles viennent. Je n’arrive même pas à imaginer ce qu’il peut bien verser dans ses lavabos ou dans sa douche pour qu’on ait des odeurs pareilles. Il entrepose des cadavres….? J’ai essayé le chimique et le biologique pour tenter d’assainir ces canalisations dégueulasses mais ça ne change rien, on a toujours les odeurs. Pouah ! Je ne suis pas une chochotte mais y’a des limites.

Bref, je n’aime pas mon appartement parce qu’on paie 750 euros par mois pour un bruit permanent, une pollution permanente, une armée de vices cachés et pas un seul voisin potable. Vivement qu’on puisse se tirer d’ici.