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[TAG] de A à Z

Après avoir cliqué sur le titre, vous devez vous demander ce que j’ai bien pu pondre encore. En fait, ça ne vient pas de moi. J’ai découvert ce tag sur le blog d’Angie, c’est un exercice repris régulièrement sur les chaînes booktube et que j’ai trouvé plutôt intéressant. Il force à se creuser un peu la cervelle !

A pour Auteur : Auteur dont tu as lu le plus de livres 

Alors je crois que ça doit se jouer entre Christian Jacq et Juliette Benzoni, je serais incapable de les départager.

B pour Best : la meilleure « suite » de série 

Je pense qu’on peut caler Le Trône de Fer de George Martin.

C pour Current, lecture en cours 

Je lis Orgueil et Préjugés, illustré par Margaux Motin.

D pour Drink, la boisson qui accompagne tes lectures

Je n’ai pas de boisson spécifique, un verre d’eau ou éventuellement un thé.

E pour e-book : e-books ou romans papier ? 

Clairement romans papier. Je ne passe par les e-books que lorsque la série compte trop de tomes pour être tous achetés ou que ma bibliothèque n’a pas la suite de mon roman en cours.

F pour Fictif : Un personnage fictif avec lequel tu serais sortie au lycée 

Alors au lycée je fantasmais plus sur des personnages de série que de romans. A la rigueur je dirais le prince Caspian, du monde de Narnia.

G pour « Glad » – Un roman auquel tu es contente d’avoir donné une chance. 

Les Chroniques Lunaires. Je ne suis pas du tout cyberpunk à la base et pourtant ça m’a énormément plu.

H pour « Hidden » – Un roman que tu considères comme un joyau caché. 

Le Palais des Illusions, de Chitra Banerjee Divarakuni. J’ai découvert ce roman dans la box Exploratology et bon sang, je ne me lasse pas de le relire. Une pépite de réécriture d’un mythe indien.

I pour « Important » – Un moment important dans ta vie de lectrice. 

Je n’ai aucun moment en particulier. Il faut dire que je n’ai jamais été courir les dédicaces ou les avant-première. Je n’ai donc jamais rencontré mes auteurs favoris ni obtenu de dédicace. Enfin si, j’ai un roman de Bernard Werber dédicacé, mais c’est une amie qui me l’a fait dédicacer pour me l’offrir. Il y a très longtemps.

J pour « Juste » – Le roman que tu viens juste de finir. 

Morwenna, de Jo Walton.

K pour « Kind » – Le genre de romans que tu ne liras jamais. 

Il ne faut jamais dire jamais, mais je ne me dirige clairement pas vers les romances ou les livres érotiques, ça ne m’intéresse pas du tout.

L pour « Long » – Le roman le plus long que tu aies jamais lu. 

Le Seigneur des Anneaux ! Le pire c’est qu’à l’époque j’étais tellement perdue, trop jeune pour lire ça. Mais les films m’avaient tellement plu !

M pour « Major » – Le roman qui t’a causé le plus gros « book hangover » (« trop plein » livresque – tu ne pouvais plus rien lire après ça)

J’ai eu ça après le dernier tome du Trône de Fer, je m’étais jetée dessus et résultat, après, j’ai fait une grosse pause !

N pour « Nombre » – Le nombre de bibliothèques (meubles) que tu possèdes. 

Une seule hélas, je manque énormément de place dans mon appartement. Du coup mes dernières acquisitions finissent dans des cartons ou des sacs en attendant de leur trouver une place plus digne d’eux.

O pour « One » – Un roman que tu as lu plusieurs fois. 

Toute la saga Harry Potter. Narnia aussi.

P pour « Préféré » – Ton endroit préféré pour lire. 

N’ayant pas énormément de place dans mon appartement, si je ne veux pas me péter le dos je n’ai qu’un seul choix, mon fauteuil de bureau !

Q pour « Quote » – Une citation, d’un livre que tu as lu, qui t’inspires ou qui te fait ressentir plein d’émotions. 

Quand Harry, après avoir pris l’Avada Kedavra de Voldemort, voit Dumbledore dans son esprit et qu’il lui dit : « Bien sûr que ça se passe dans ta tête Harry, mais pourquoi faudrait-il en conclure que ce n’est pas réel ?« . J’étais dans une période pendant laquelle je me réfugiais beaucoup dans ma tête et mes fictions pour tenir le coup, et ça m’avait marquée.

R pour « Regret » – Un regret de Lecteur. 

Celui de ne pas avoir assez d’argent pour posséder toutes les pépites que j’ai pu lire …

S pour « Série » – Une série que tu as commencée mais jamais finie (et dont tous les livres sont sortis). 

Wicca, de Cate Tiernan.

T pour « Trois » – Trois de tes livres préférés de tous les temps.

Alors déjà Harry Potter, de J. K. Rowling, évidemment. Toute la saga, on choisit pas.

Ensuite Les Chroniques Lunaires, de Marissa Mayer.

Enfin Le Trône de Fer, de George Martin (en espérant qu’il finisse sa saga un jour)

U pour « Unapologetic » – Quelque chose/Quelqu’un pour lequel tu n’éprouves absolument aucun remords d’être fan(girl). 

Stannis Baratheon, du Trône de Fer. Celui du livre, évidemment, pas de la série.

V pour « Very » – Un roman dont tu attends la sortie avec grande impatience, plus que celle des autres. 

La sortie de The Winds of Winter, bordel, Martin, ÉCRIS TA PUTAIN DE SUITE !!!! (désolée, j’avais besoin de crier)

W pour « Worst » – Ta pire habitude livresque. 

Perdre tous mes marque-pages 😦

X pour « X » – Commence à compter en haut à gauche de ton étagère (la plus proche) et prends le 10ème livre. 

Le Sorceleur, d’Andrzej Sapkowski, tome 7

Y pour « Your » – Ton dernier livre acheté. 

Celui dont j’ai reçu la contrepartie il y a quelques jours, Orgueil et Préjugés, édition illustrée par Margaux Motin.

Z pour « ZzZ » – Le livre qui ta volé ton ZzZ (le dernier livre qui t’a tenue éveillée bien trop tard la nuit). 

Mon homme se couche tôt donc moi aussi, pour ne pas le déranger, et donc ça fait trèèèèèès longtemps qu’aucun livre ne m’a tenue éveillée toute la nuit.

Bref, bref, voilà, je me suis bien creusé les méninges et je me rends compte que j’ai pas mal de best-sellers dans ma liste, mais il faut dire qu’ils m’ont marquée avant le reste. J’ai au moins la fierté d’avoir connu le Trône de Fer pendant mon adolescence, bien avant le succès de la série ! 😛

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Chroniques lunaires, de Marissa Meyer : bienvenue chez les princesses cyborg

Date de parution : 7 mars 2013 (pour l’édition française PKJ)

ISBN : 2823812091

Éditeur : PKJ

Genre : Science-fiction, steampunk, conte revisité

Pages : 413

Synopsis : 

Les humains et les androïdes se pressent dans les rues bruyantes de la Nouvelle-Pékin. Une peste mortelle ravage la population. Depuis la lune, un peuple sans pitié observe la situation, en attendant de passer à l’attaque… Personne ne sait que le sort de la Terre ne dépend que d’une seule fille… Cinder est un cyborg, une mécanicienne très douée. Citoyenne de seconde classe, elle a un passé mystérieux, et vit avec ses désagréables belle-mère et belles-sœurs. Sa rencontre avec le prince Kai va la précipiter au cœur d’une lutte intergalactique. Partagée entre le devoir et la liberté, la loyauté et la trahison, elle doit découvrir les secrets de son passé, afin de protéger l’avenir de son monde.

Mon avis sur le roman : 

L’idée d’un énième conte de fées revisité ne me branchait pas plus que ça, mais l’enthousiasme avec lequel Angie parlait de cette saga m’a donné envie d’y jeter un œil. Pourtant, je ne suis pas adepte du steampunk, même si j’apprécie beaucoup la SF. Mais bon, il faut savoir sortir un peu des sentiers battus. Eh bah j’ai pris une belle claque !

Si la saga compte plusieurs tomes, je ne vais vous parler ici que du premier. Les livres revisitent l’histoire des princesses de contes de fées en commençant par notre chère Cendrillon. Sauf que Cendrillon, enfin, Cinder, ne risque pas de perdre sa pantoufle de verre : c’est un Cyborg, et elle peut carrément enlever son pied. Les cyborgs ne sont pas considérés comme des êtres humains, et ce même lorsqu’il s’agit d’humains avec quelques gadgets en plus. C’est le cas de Cinder, humaine à la base, à qui des membres cybernétiques ont été implantés après un accident.

Son père adoptif étant décédé, elle vit avec sa belle-mère et des deux belles-sœurs, qui l’exploitent bien comme il faut, d’autant plus que c’est une excellente mécanicienne. Elle tente de tirer son épingle du jeu, mais éternelle mineure aux yeux de la loi, elle n’a pas énormément de possibilités. Cependant, une rencontre inattendue avec un prince très sympa (et peu farouche) va la propulser droit dans les petites intrigues du gouvernement.

En effet, le peuple de la Lune, particulièrement agressif, a bien envie de mettre la main sur le prince et déclarer la guerre. Ces luniens sont d’ailleurs dotés d’un magnétisme puissant qui leur permet de plier les gens à leur volonté. Un beau cheat code qui a malgré tout quelque faiblesses que Cinder compte bien exploiter pour sauver le prince et l’alliance terrestre d’une guerre qui serait beaucoup trop coûteuse en vies humaines, surtout avec l’épidémie de peste qui ravage la population.

Sincèrement, c’est une claque. Je m’attendais à une petite romance Disney-like et je me retrouve avec un univers bien sombre et retors. L’histoire et ses rebondissements sont, en soi, assez prévisibles mais le but n’est pas de nous offrir un thriller : plutôt un univers alternatif dans lequel les terriens sont en danger, tant à cause de la maladie que de l’agressivité des luniens, ancienne colonie terrestre ayant pris son indépendance.

Et c’est un univers vraiment bien construit. Le but du premier tome est de mettre l’histoire en place et il y parvient parfaitement : on imagine sans peine les rues de la nouvelle Pékin, ses bas-fonds, ses cyborgs animés par une conscience bien plus développée qu’une simple IA et qui posent un problème d’éthique que la population ignore en les stigmatisant. La peur que confèrent les luniens, sur lesquels circulent tellement de légendes qu’on ne sait plus ce qui est vrai ou faux. Sont-ils magiques ou usent-ils d’une technologie inconnue pour manipuler les gens ? Pourquoi ont-ils si peur des miroirs ?

Ce premier tome nous présente tout et nous plonge directement dans l’ambiance angoissante de cet univers alternatif. Dès le début nous sommes au parfum, c’est un monde un peu comme le nôtre, avec ses injustices, la peur de l’étranger, et les adolescentes scotchées aux sites people pour savoir ce que projette le prince célibataire ! 😀

La population essaie de vivre comme elle peut mais c’est difficile, entre l’épidémie, la pauvreté, et la menace lunaire. C’est encore plus compliqué lorsqu’on est à moitié cyborg et que l’on a pas d’existence légale. Que l’on est qu’un objet aux yeux des autres alors qu’on est conscient. Le problème éthique est secondaire dans le roman, mais j’avoue qu’il m’a marquée.

Je compte bien me plonger dans la suite car c’est un univers prenant. Sincèrement, on ne sent pas du tout le côté « princesse Disney », c’est un tout autre univers et cette fois il n’y a personne pour sauver la princesse. Alors qu’elle court un sacré danger.

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Maudit Karma, de David Safier

Après avoir vu passer cette critique sur Hellocoton, j’ai décidé de sortir de ma zone de confort en termes de littérature et de taper dans le registre de l’humour.

Pour essayer de me situer, je suis la fille qui est capable de rigoler aux blagues les plus trash, qui sort des blagues sur le cancer à un cancéreux et qui balance des bombes sur les handicapés alors qu’elle en est une. Il y a très très peu de choses dont je ne ris pas, et une blague bien sentie peut très bien me faire rire, même sur un sujet sensible. Donc, en théorie, un roman humoristique a quand même moyen de trouver son public avec moi ! 😉

Nous partons donc à l’aventure avec Kim Lange, une femme du show-biz carriériste, qui néglige particulièrement les siens, ne pensant qu’à paraître, qu’à sa petite personne. Un grand classique. En plus de ça, elle trompe son mari sans trop de remords et n’hésite pas à détruire la carrière de ses rivales.

Inutile de vous dire qu’à sa mort (qui mérite un panthéon aux Darwin Awards) elle a accumulé un sacré paquet de mauvais karma et, pour pouvoir accéder au Nirvana, elle doit faire de bonnes actions pour regagner des points. Des bonnes actions désintéressées, sinon ce serait trop facile. Pour une femme aussi égocentrique, le chemin est long. Mais elle n’a pas de temps à perdre, car son mari désormais veuf se fait mettre le grappin dessus par son ex-meilleure amie (qui avait déjà tenté par le passé) et elle veut empêcher le mariage.

Or, qui dit mauvais karma dit réincarnation bien foireuse, et je vous souhaite bonne chance pour empêcher un mariage lorsque vous êtes une fourmi !

Nous assistons donc aux efforts de Kim pour remonter la chaîne du karma et gagner le droit de rester auprès de sa famille : cependant, ses intentions (gâcher le mariage, empêcher son mari de refaire sa vie) ne sont pas louables et ce ne sera pas si simple de regagner du bon karma ! Les situations cocasses s’enchaînent et j’avoue que ce ne doit pas être très épanouissant d’être un humain réincarné avec toute sa conscience dans le corps d’une espèce moins évoluée, encore moins lorsqu’on a un but.

J’ai eu un gros coup de cœur pour la période « cochon d’Inde », il faut dire que j’adore ces bestioles et que la conclusion de la partie sur l’expérimentation animale est particulièrement jouissive pour quelqu’un qui, comme moi, ne l’approuve absolument pas !

Je vous avoue que même si le livre ne casse pas trois pattes à un canard (lui casser c’est du mauvais karma ^^) mais j’ai pouffé à plusieurs reprises, Kim prend les choses avec un humour sarcastique comme je l’aime et même si je n’ai clairement pas envie de m’en faire une amie son évolution est intéressante à suivre.

Le concept du livre est également plus sérieux qu’il en a l’air, car nous sommes très nombreux à passer à côté de notre vie sans nous en rendre compte, à courir après l’argent, le travail, les biens matériels… si le karma existe réellement, tel que présenté dans le roman, on comprend pourquoi il y a environ 10 millions de milliards de fourmis sur Terre !

En résumé, c’est un petit livre bien sympathique, qui prête à sourire, et qui fait quand même bien réfléchir pour un roman humoristique !

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Phobos, de Victor Dixen

Je me rends compte que j’ai délaissé les articles littéraires sur mon blog, alors que je n’ai jamais cessé de lire, même si j’ai ralenti un peu le rythme, faute de trouver des titres intéressants à la bibliothèque (qui hélas est petite) et de place/moyens pour acheter de nouveaux livres.

Cependant, j’ai réussi à convaincre la bibliothécaire de commander les trois tomes de Phobos, une saga de SF Young Adult signée Victor Dixen, un écrivain bien de chez nous (eh, pour une fois que je ne table pas dans la littérature américano-britannique hein !) !

Synopsis :

SIX PRÉTENDANTES. SIX PRÉTENDANTS. SIX MINUTES POUR SE RENCONTRER. L’ÉTERNITÉ POUR S’AIMER.

ILS VEULENT MARQUER L’HISTOIRE AVEC UN GRAND H.

Ils sont six filles et six garçons, dans les deux compartiments séparés d’un même vaisseau spatial. Ils ont six minutes chaque semaine pour se séduire et se choisir, sous l’œil des caméras embarquées. Ils sont les prétendants du programme Genesis, l’émission de speed-dating la plus folle de l’Histoire, destinée à créer la première colonie humaine sur Mars.

ELLE VEUT TROUVER L’AMOUR AVEC UN GRAND A.

Léonor, orpheline de dix-huit ans, est l’une des six élues. Elle a signé pour la gloire. Elle a signé pour l’amour. Elle a signé pour un aller sans retour…

MÊME SI LE RÊVE VIRE AU CAUCHEMAR, IL EST TROP TARD POUR REGRETTER.

Mon avis sur la saga :

Je préfère préciser d’emblée que je vais critiquer l’ensemble, donc les trois tomes d’un coup (je n’ai pas lu le préquel racontant l’histoire des prétendants). Attention aux spoils.

Je ne suis pas vraiment habituée à la catégorie young adult de la SF, d’habitude je lis des romans bien techniques, bien hardcore, qui font fumer les neurones (et qui après me font râler sur le manque de réalisme des batailles spatiales dans les séries) et du coup, je m’aperçois qu’en fait c’est beaucoup plus accessible aux novices ainsi. On a des notions d’astronomie, des notions techniques, oui, mais vulgarisées, ce qui permet de mieux comprendre.

Après, ici, il ne s’agit pas de batailles spatiales mais de la colonisation de la planète Mars par un groupe d’adolescents/jeunes adultes.

L’histoire est d’un grand réalisme et s’intègre parfaitement dans notre monde : on pourrait la situer environ une cinquantaine d’années après notre ère. On y parle de smartphones, de télé-réalité… et là, justement, la conquête spatiale a également conquis le secteur de la télé-réalité.

12 candidats ont été sélectionnés pour être les pionniers de la planète Mars, et vous pouvez dégainer votre téléphone pour leur apporter des fonds et augmenter ainsi leur confort une fois qu’ils seront installés dans la base martienne. L’espace n’est plus réservé à une poignée d’initiés, il est accessible même à la petite mamie derrière sa télé.

Pourquoi ? Parce que les États-Unis, pour rembourser leur dette abyssale, ont décidé de vendre leurs institutions, y compris la NASA. Et pour rembourser cet achat, la société Atlas Capital a fait appel à la populaire Serena McBee qui a eu l’idée d’un show de télé-réalité à l’échelle mondiale : envoyer des gens comme vous et moi dans l’espace, et une fois que la ménagère s’est attachée à eux, on la fait raquer un max ! Et ça marche. Matraquage médiatique, manipulation, sponsors et grands renforts de publicité, tout y est. Les gens sont à fond, sans doute même un peu trop.

Vous allez me dire, tant mieux pour ces adolescents désœuvrés à qui on a laissé leur chance, il n’y a pas de quoi en faire un roman. Oui, mais tout n’est pas si rose. Car Atlas Capital n’a pas la moindre intention d’entretenir une base martienne pour l’éternité, ils ne cherchent que le profit. Et accessoirement, Serena aussi. Alors que faire des pionniers une fois l’argent encaissé ?

Très rapidement, on nous présente un document que Serena croit avoir fait disparaître pour de bon : le rapport Noé, qui prouve que des cobayes envoyés sur Mars avant les pionniers n’ont pas survécu et que la base martienne n’est pas viable. Léonor, l’une des pionnières, se retrouve avec ce rapport dans les mains grâce aux remords d’un membre de l’équipe Genesis. Cependant, il est trop tard, ils ont déjà décollé… tout droit vers la mort.

Si le tome 1 est centré principalement sur ce qui m’intéresse le moins, à savoir le speed-dating, les bases de l’univers sont là et on tourne les pages sans s’en rendre compte. On ne peut pas s’empêcher de se dire qu’une entreprise prête à envoyer des jeunes gens à la mort pour de l’argent, c’est tout à fait notre monde. Tout comme ces gens derrière leur téléviseur qui se passionnent pour la vie des pionniers, on a envie de savoir comment est-ce qu’ils vont se sortir de ce guêpier. Quand votre vie dépend totalement de la bonne volonté d’une psychopathe, est-ce qu’il vaut mieux se taire et lui obéir, pour gagner quelques mois de survie, ou se sacrifier pour l’empêcher de satisfaire ses ambitions ? C’est le dilemme qui se posera à l’équipage…

Le tome 2, lui, est plus axé sur la survie des pionniers et au double jeu dangereux qu’ils jouent avec Serena. Les couples sont formés, installés, apprennent à vivre ensemble, et les langues se délient, des secrets sont avoués, ou dénoncés, ce qui remet en cause la cohésion du groupe. Non seulement les pionniers doivent se faire à leur vie de jeunes mariés, mais ils doivent aussi apprendre à faire avec les autres, qui ont tous leur caractère, leurs particularités, leur façon de voir les choses et leur manière de réagir face au danger. Et avec l’environnement hostile dans lequel ils vivent. Car non, Mars n’est pas terraformée et même si la base est suffisamment grande pour tout le monde, ils vivent malgré tout les uns avec les autres.

Le tome 3 laisse exploser les tensions accumulées depuis le début et si les pionniers reçoivent de l’aide de quelques personnes sur Terre, ils sont encore sur Mars, à la merci de Serena. Une situation dont certains s’accommodent et pas d’autres. Il faut dire que Serena excelle dans l’art de la manipulation et sait brosser tout le monde dans le sens du poil !

Si j’ai eu un peu de mal avec le tome 1 car je ne suis pas une grande fan d’histoires d’amour et d’adolescents en fleur, j’ai vraiment dévoré les tomes 2 et 3. Certes, ce n’est pas de la SF hardcore, mais l’histoire est très prenante, très réaliste et surtout se lit très bien. L’auteur a réussi à développer presque tous ses personnages, et ce n’est pas rien, car je connais plus d’un roman avec un héros et une armée de faire-valoir. Là, chaque personnage a sa personnalité, son passé qui l’a forgé et même si on ne les aime pas (j’ai détesté Alexeï du début à la fin ! è_é) on ne peut nier qu’ils sont cohérents.

Je crois que ce qui m’intéresse le plus ici, c’est de me dire qu’on pourrait très bien se retrouver avec une conquête spatiale du genre d’ici quelques années. Quand je vois que quelque chose de sérieux comme notre Présidentielle 2017 ressemble à une course à la manipulation médiatique et à la visibilité, sans aucune profondeur, pourquoi pas envoyer des ados à peine préparés sur Mars ?

Je mettrais bien dans la catégorie « manque de réalisme » le fait que les jeunes sont envoyés sur Mars au bout d’un an seulement de formation : comment peut-on devenir responsable médecine, ingénierie, planétologie en seulement un an, même en formation intensive ? Cependant, ce n’est pas si incohérent compte tenu du fait qu’ils sont destinés depuis le début à mourir là-bas… ce ne serait pas très rentable de les former plusieurs années pour quelques mois de vie dans la base martienne.

Sincèrement, l’ensemble se tient. Ça fait plaisir de voir qu’on peut aborder la SF de cette manière, simple et efficace, et qu’on peut l’ancrer si facilement dans notre monde.

Cependant, le tome 3 m’a laissée sur ma faim et appelle clairement une suite, parce qu’à la finale, on ne sait pas si nos pionniers s’en sont réellement sortis, et ce que va devenir Serena. Sur son site internet, l’auteur a indiqué qu’il s’agirait d’un « après » Phobos, si j’ai bien compris ce ne sera pas une suite directe mais un condensé des évènements post-Phobos. Il faut dire que le tome 3 laisse la scène mondiale, notamment les États-Unis, dans un chaos indescriptible.

J’aurais également bien aimé avoir des précisions sur ce qui a réellement causé la mort des cobayes qui ont précédé les pionniers, et l’origine des bruits entendus pendant la Grande Tempête. On nous donne l’impression qu’il y a quelque chose de pas net sur Mars alors que de l’autre côté, les responsables biologie ne trouvent rien de rien et affirment que Mars est une planète morte. Mais peut-être que tout ça sera élucidé dans le tome 4 !

Je suis vraiment contente d’avoir découvert cette saga qui m’a permis de me remettre un peu dans le bain. J’en ai rarement lu qui me passionnaient autant et je la recommande chaudement ! Elle ne demande pas de connaissances en SF, se lit très bien et vous aurez du mal à en décoller, croyez moi !

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Dans le monde de l’autoédition : découvertes littéraires

livres

On sent la photo qualité téléphone naze prise le soir avec le flash pas vrai ?

C’est en voyant la bloggeuse Manon Grelha faire la promotion de son livre Ma boule de Neige que je me suis décidée à commander sur le site Lulu, qui permet aux auteurs de s’auto-publier en format ebook ou papier. Je connaissais déjà le site (car j’envisage de publier mes écrits, le jour où j’en serai satisfaite, ce qui n’est pas gagné xD)  mais n’avais jamais sauté le pas.

L’avantage de l’autoédition, c’est qu’on a pas besoin d’essuyer les refus des maisons d’édition pour partager ses œuvres. Ce qui n’est pas plus mal car, j’en suis certaine, ces maisons passent à côté de pépites juste parce qu’elles ne correspondent pas à leurs critères étriqués. Le site de Lulu imprime à la demande pour les formats papier, ce qui fait de belles économies et permet de préserver la planète en évitant le gaspillage (combien de livres croupissent dans des réserves faute de ventes ?).

J’ai donc décidé de tester ce que valent la qualité des livres imprimés et la plume de ces auteurs 🙂

Ma boule de Neige

C’est la couverture vraiment superbe et l’idée de voir un chien chou comme héros de l’histoire que j’ai commandé le livre de Manon Grelha. J’aime les animaux, milite pour leurs droits depuis plusieurs années et suis bien au fait de l’importance qu’ils peuvent avoir dans nos vies (les seules morts que j’ai pleurées sont celles de mes animaux, pour vous donner une idée de mon degré de sensibilité).

L’écriture est simple sans être non plus bâclée comme c’est le cas de certaines fictions amateur, et j’ai lu le livre d’une traite. A travers son héroïne dévastée par la rupture, l’auteur nous fait bien comprendre à quel point un tout petit chien est capable de nous faire sourire et remonter la pente. Les quelques facilités du récit ne sont pas dérangeantes du tout et sincèrement, j’ai bien apprécié la lecture. Je n’ai pas pu m’empêcher de sourire en voyant Neige avoir la place centrale du récit et de la vie de l’héroïne, étant donné que c’est un peu la même chose à la maison avec ma bouille de chat.

J’ai eu un peu de mal avec le début car j’ai du mal à croire qu’on puisse se laisser tomber si bas juste pour une rupture. Mais je ne suis pas un modèle de sensibilité donc ce n’est pas de la faute du livre !

Le récit est sans fioritures, c’est du classique, mais du classique agréable. Je ne m’attendais pas à une plume d’écrivain célèbre, donc forcément je n’ai pas été déçue ! C’est un livre que je recommande si vous aimez les animaux et que vous aimez voir écrit noir sur blanc à quel point ils sont aimants, sensibles à nos humeurs, vivants !

La Terre des centaures

Alors ici, c’est un pur achat d’impulsion. Je me baladais sur le site pour voir si quelque chose d’autre m’intéressait et je suis tombée dessus.

J’étais dans le thème des animaux et ce livre, justement, est une fiction dans laquelle les animaux se sont rebellés contre les hommes. Désormais ils sont en guerre et les animaux, obéissant à une sorte d’instinct sauvage, attaquent systématiquement les humains, quel que soit leur âge, leur sexe, etc. Cependant, au cours du récit, on s’aperçoit que cette Grande Rage pourrait ne pas être si naturelle que cela… châtiment divin ou expérience ayant mal tourné ? Les centaures rencontrés au cours de ce premier tome semblent en savoir bien plus qu’ils ne le disent et nous laissent en haleine.

Le monde dans lequel nous sommes est le nôtre, mais évidemment, la Grande Rage l’a profondément changé et ce n’est clairement pas le même 19ème siècle que nous contemplons. Il faut dire qu’être attaqué par n’importe quel type d’animal en permanence n’aide pas aux progrès technologiques.

Les personnages sont plutôt bien travaillés, ni tout noirs ni tout blancs, mais j’ai hélas trouvé certains twists très prévisibles et les facilités scénaristiques sont légion. Elles ne sont pas spécialement dérangeantes en soi mais il y en a beaucoup et je reste sur ma faim par moments. Je pense qu’un système de POV aurait été appréciable pour mieux comprendre les réactions ou la mentalité des personnages, principaux comme secondaires, et ce y compris parmi les centaures dont nous n’avons les mœurs qu’à travers l’interprétation du biologiste Alfred.

Nous sommes ici assez loin du cliché du centaure sage et empathe, et même le plus sage d’entre eux reste assez hautain et distant. Chaque espèce est convaincue de sa supériorité sur l’autre et ce n’est pas une attitude qui invite au dialogue ou à la compréhension mutuelle. Les humains restent fidèles à eux-mêmes.

Cependant, malgré les facilités scénaristiques nous avons une histoire qui se tient, très agréable à lire, et qui sort des sentiers battus en termes d’originalité (parce que dans la fantasy, on a beaucoup de vu et revu, et là, la sensation de déjà-vu est minime). Les thèmes de la nature, des animaux et de l’éternelle confrontation entre progrès technologiques et écologie sont omniprésents et c’est agréable, car ça permet de faire passer un message : « Coucou, nous sommes peut-être dans un univers parallèle, mais en attendant, les griefs reprochés aux humains sont applicables à nous aussi ! ».

J’ai vu que le deuxième tome était sorti et je compte me l’acheter prochainement car c’est une saga qui vaut le coup.

Les livres imprimés de Lulu

La qualité des livres reçus est ma grosse déception.

Déjà, je les ai reçus abîmés : ils étaient un peu écornés et la tranche était déchirée. Pas une grosse déchirure mais pour moi qui suis assez psychorigide au niveau de l’état de mes livres c’est pénible. Pourtant c’était plutôt bien emballé, style Amazon.

De plus, le petit film transparent sur la couverture s’est très rapidement détaché et s’enroule sur lui-même… et ce après quelques heures passées entre mes mains seulement, alors que je suis soigneuse.

J’ai lu de très bons retours sur Lulu donc je suis assez dubitative, je n’ai peut-être pas eu de chance (sur les deux livres quand même ça fait cher la malchance), ça ne m’empêchera pas de recommander mais je vais être plus prudente. Si c’est vraiment ça la qualité Lulu je risque de commander moins que prévu (j’avais repéré quelques titres intéressants) !

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Tag : Les premières fois livresques

reading_a_reality_by_dusteramaranth

Source : DusterAmaranth, deviantart

Habituellement je ne suis pas très tags, mais j’ai découvert celui-ci sur le blog de Lutin82 et il m’a bien fait cogiter, histoire de me remémorer mes premières fois avec la littérature. C’est assez compliqué car j’ai su lire très tôt (d’après ma mère, à 18 mois) et je n’ai pas vraiment souvenir de mes toutes premières lectures. Certaines m’ont marquée bien plus que d’autres et l’école m’a bien dégoûtée de certains styles (en même temps les lectures scolaires imposées sont trop compliquées pour l’âge… et surtout, pourquoi étudier Zola et pas Asimov alors que tous deux sont des classiques, bien que de styles différents ?). Bref, bref, il s’agit de plonger dans les confins de notre mémoire pour répondre à quelques petites questions…

Le premier livre acheté

Avant d’acheter des livres, j’achetais surtout des magasines comme ImagesDoc ou W.I.T.C.H, parce que c’était moins cher que la plupart des livres qui m’intéressaient, et j’avais très peu d’argent de poche (dur d’économiser quand on est enfant et qu’on passe tous les jours devant la boulangerie ^^).

En termes de livres, de mémoire je crois que le premier livre acheté avec mes propres sous était Harry Potter and the Order of the Phœnix. J’avais découvert la saga avec le tome 4 français, j’avais un très bon niveau d’anglais et je n’avais pas envie d’attendre. Et cette année-là ma mère m’avait justement emmenée en voyage à Londres ! Le pire c’est que je l’avais acheté sur le ferry, donc beaucoup plus cher que si j’avais attendu d’être en ville… ça m’apprendra !

Le premier livre dévoré

Je ne considère pas vraiment les livres pour enfants avalés comme étant mes premiers, donc je dirais que le premier à m’avoir passionnée, c’était Néfertiti, l’ombre du soleil de Christian Jacq. Je devais avoir un peu moins d’une dizaine d’années, j’en avais marre de la pauvreté du rayon jeunesse de la bibliothèque, et j’étais tombée sur ce livre en zonant dans les rayons adultes. J’adorais l’égyptologie, et je suis tombée amoureuse de la bibliographie de l’auteur. Mais pendant plusieurs années encore j’ai dû emprunter ce genre de livres avec la carte de ma mère car la bibliothécaire me trouvait trop jeune pour « ce genre de pavés ».

Le premier bookfriend

J’ai ressenti très vite de grandes affinités avec certains personnages de fiction (en même temps, ils sont faits pour), mais le premier que j’ai voulu comme bookfriend, c’est Drago Malefoy, de la saga Harry Potter. J’ai commencé à l’apprécier à partir du 6ème tome, son côté torturé me rappelant beaucoup ma propre vie sur bien des points. Je suis aussi tombée amoureuse du côté chevaleresque du Prince Caspian, dans Narnia.

Après, j’ai plus tendance à me faire des fanfictions dans ma tête en m’imaginant intégrée au monde dans lequel je me plonge, avec un personnage qui me ressemble, qu’à vouloir un personnage de fiction comme mec.

Le premier livre à m’avoir fait pleurer

Alors il faut savoir que je ne suis pas DU TOUT émotive. J’ai déjà du mal à pleurer dans la vraie vie alors que j’en aurais bien besoin, donc pleurer pour un personnage de fiction… en fait je dirais que je suis toujours mal à l’aise lorsqu’un animal meurt dans un livre. Je ne vais pas jusqu’à pleurer mais ce n’est pas loin. J’aime énormément les animaux et je ne supporte pas d’en voir torturés ou morts (même de vieillesse…).

Après, plus récemment, le livre Chinoises, de Xinran, m’a beaucoup perturbée. Principalement parce que les histoires racontées y sont réelles.

Le premier livre que je n’ai pas terminé

Je dirais que c’est une des lectures imposées de l’école. De mémoire, Candide, de Voltaire. Le personnage de Candide étant tellement… candide que c’était trop horripilant à lire. Alors j’ai lu des résumés sur internet et j’ai eu une bonne note à mon devoir sans même avoir fini le livre (la stupidité du système scolaire…).

Le premier livre coup de cœur

Mmmh j’hésite entre Harry Potter qui m’a vraiment marquée par la richesse de son univers et les différentes sagas de Christian Jacq que j’ai vraiment adorées (La Reine Liberté en tête). Je dirais plutôt Harry Potter car il travaille bien plus l’imagination.

Le premier livre qui m’a déçue

Je ne m’en souviens plus vraiment. Je pense qu’on peut trouver la réponse dans les derniers Chattam, car je trouve que la plume de l’auteur a un peu perdu en qualité. Mais je les ai lus quand même, donc… 😡

Peut-être le Seigneur des Anneaux. J’ai voulu me mettre aux livres après avoir vu le deuxième film, mais j’étais beaucoup trop jeune pour m’attaquer à ça et j’ai abandonné. Je les ai rachetés et relus plus tard, et la déception est devenue joie 😉

La première émotion

La première émotion, pour moi c’est catégorique, c’est l’évasion. La littérature, qu’elle soit classique ou moderne, m’a permis d’échapper à mes souffrances, à ma vie, à me créer des mondes et à développer mon imagination. Plus rien n’existe, uniquement le livre qui m’absorbe. C’est tellement reposant d’échapper provisoirement à ses soucis.

Bref, je profite également de l’article pour dire que j’ai pris beaucoup de retard dans mes commentaires de lecture (j’ai bien lu une dizaine de livres sans en faire d’articles alors qu’ils le méritaient), et que donc, ça arrive ! Quelques soucis personnels ont entamé ma motivation à écrire mais j’essaie de rester constante dans mes publications…

Publié dans Littérature

Là où elle repose, de Kimberly McCreight

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S’il y a bien un évènement auquel j’adore participer, ce sont les matchs de la rentrée littéraire (aka #MRL16 pour cette année) organisés par Price Minister Rakuten. Il s’agit de choisir trois livres parmi la sélection de la rentrée littéraire du moment, par ordre de préférence, et si vous êtes sélectionnés, vous le recevez gratuitement chez vous en échange d’une critique. A mes yeux le principe est le même pour que pour une box littéraire : ça me permet d’aller vers des auteurs ou des genres vers lesquels je ne me serais jamais tournée spontanément (sauf que la box, on la paie y compris si on aime pas, haha).

Là où elle repose est un thriller, et ça fait donc partie de mes genres habituels, même si dernièrement je n’en ai pas lu énormément (j’ai besoin d’une libraire perso pour me conseiller T_T). Nous nous retrouvons à Ridgedale, une petite ville du New Jersey apparemment sans histoire, mais qui, comme tout ce qui semble parfait, cache des couleuvres dans son sac. Enfin là ce n’est pas une couleuvre que contient le sac en question, mais un bébé. Le cadavre d’un bébé, plus précisément. Personne n’a la moindre idée de qui peuvent être les parents et de ce qui a pu motiver un tel geste (sauf les commères du coin, évidemment). Et c’est Molly Anderson, une jeune journaliste reconvertie récemment arrivée dans la ville qui va couvrir l’affaire pour le journal local. En sachant qu’elle-même avait fait une fausse-couche très récemment et reste plutôt perturbée…

L’histoire nous est présentée sur le modèle des PoV (Points of View, points de vue donc) et c’est quelque chose que j’ai beaucoup aimé. On peut donc savoir ce que tout le monde pense au même moment, et si on se dit que ces gens n’ont rien à voir les uns avec les autres, on se trompe sur toute la ligne. Chaque détail compte. Je me suis un peu laissée avoir par l’évidence de certains twists qui m’ont fait penser que j’avais droit à un roman sans originalité, alors qu’en fait, on a des révélations plutôt inattendues jusqu’à la dernière page. C’est donc un gros plus pour le style de Mme McCreight.

Ce que j’ai moins aimé, c’est que certains personnages sont trop caricaturaux, comme celui de Barbara. Barbara ? Mais si, vous savez, c’est la mère de famille qui sait tout sur tout, qui sait mieux que vous, professeur, comment élever son enfant, qui pense que son fichu chiard est la perfection incarnée alors que c’est un petit con mal élevé et qui met son gros nez de fouine dans les affaires de tout le monde, surtout dans les vôtres. Evidemment elle a un avis sur tout et tout le monde, juge tout et tout le monde sans rien savoir et elle a forcément raison. Et ne songe pas une seconde à balayer devant sa porte avant de médire sur les autres. Ses chapitres m’ont donné envie de la découper au katana. Je crois que le pire, c’est de se dire que des gens comme ça existent réellement. Bref. Petit spoil mis en blanc, survolez pour lire la phrase : Je vous avoue que j’aurais bien aimé avoir un dernier chapitre d’elle une fois qu’elle s’est pris un gros coup de massue dans la tronche, juste pour voir sa déconfiture.

Contrairement à beaucoup de thrillers, je n’ai eu aucun mal à me mettre dans l’ambiance. Il faut dire que l’écriture est très simple et le décor des plus classiques : un trou paumé des Etats-Unis avec son lot de personnages, de petites histoires et de petits secrets. Un scénario classique de série TV.

On devine assez rapidement certains liens entre les personnages et certaines révélations, ce qui est un peu dommage, car même si on a de quoi se mettre sous la dent jusqu’à la fin j’aime les histoires qui nous baladent de fausses pistes en fausses pistes jusqu’au bout plutôt que celles qui nous jettent des révélations comme on jette du pain aux canards, juste pour nous faire patienter. On nous en dit juste assez pour qu’on continue à tourner les pages. C’est presque plus frustrant qu’un policier classique en fait.

Cependant, l’histoire se lit très bien et est plaisante. La plume est simple mais précise et le choix des PoV est très judicieux au vu de la manière dont le scénario se met en place. Chaque personnage nous en dit un peu plus et on avance progressivement.

Je pensais qu’on aurait du pathos avec le personnage de Molly qui perd son bébé et qui comme par hasard est mise sur une enquête d’infanticide. Or le personnage se prend en main rapidement pour dépasser ses peurs et sa dépression. Et se prend une claque comme les autres malgré son courage. Enfin une héroïne qui n’est pas immunisée !

Dans tous les cas j’ai bien aimé le style de l’auteur, et sachant que j’ai raté le phénomène Amélia je pense que j’irai y jeter un œil. Et dire que quand j’ai fait ma sélection je n’étais pas emballée du tout, je me retrouve avec une meilleure découverte que l’année dernière ! Comme quoi parfois se forcer un peu ce n’est pas plus mal. Il ne faut pas hésiter !