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Maudit Karma, de David Safier

Après avoir vu passer cette critique sur Hellocoton, j’ai décidé de sortir de ma zone de confort en termes de littérature et de taper dans le registre de l’humour.

Pour essayer de me situer, je suis la fille qui est capable de rigoler aux blagues les plus trash, qui sort des blagues sur le cancer à un cancéreux et qui balance des bombes sur les handicapés alors qu’elle en est une. Il y a très très peu de choses dont je ne ris pas, et une blague bien sentie peut très bien me faire rire, même sur un sujet sensible. Donc, en théorie, un roman humoristique a quand même moyen de trouver son public avec moi ! 😉

Nous partons donc à l’aventure avec Kim Lange, une femme du show-biz carriériste, qui néglige particulièrement les siens, ne pensant qu’à paraître, qu’à sa petite personne. Un grand classique. En plus de ça, elle trompe son mari sans trop de remords et n’hésite pas à détruire la carrière de ses rivales.

Inutile de vous dire qu’à sa mort (qui mérite un panthéon aux Darwin Awards) elle a accumulé un sacré paquet de mauvais karma et, pour pouvoir accéder au Nirvana, elle doit faire de bonnes actions pour regagner des points. Des bonnes actions désintéressées, sinon ce serait trop facile. Pour une femme aussi égocentrique, le chemin est long. Mais elle n’a pas de temps à perdre, car son mari désormais veuf se fait mettre le grappin dessus par son ex-meilleure amie (qui avait déjà tenté par le passé) et elle veut empêcher le mariage.

Or, qui dit mauvais karma dit réincarnation bien foireuse, et je vous souhaite bonne chance pour empêcher un mariage lorsque vous êtes une fourmi !

Nous assistons donc aux efforts de Kim pour remonter la chaîne du karma et gagner le droit de rester auprès de sa famille : cependant, ses intentions (gâcher le mariage, empêcher son mari de refaire sa vie) ne sont pas louables et ce ne sera pas si simple de regagner du bon karma ! Les situations cocasses s’enchaînent et j’avoue que ce ne doit pas être très épanouissant d’être un humain réincarné avec toute sa conscience dans le corps d’une espèce moins évoluée, encore moins lorsqu’on a un but.

J’ai eu un gros coup de cœur pour la période « cochon d’Inde », il faut dire que j’adore ces bestioles et que la conclusion de la partie sur l’expérimentation animale est particulièrement jouissive pour quelqu’un qui, comme moi, ne l’approuve absolument pas !

Je vous avoue que même si le livre ne casse pas trois pattes à un canard (lui casser c’est du mauvais karma ^^) mais j’ai pouffé à plusieurs reprises, Kim prend les choses avec un humour sarcastique comme je l’aime et même si je n’ai clairement pas envie de m’en faire une amie son évolution est intéressante à suivre.

Le concept du livre est également plus sérieux qu’il en a l’air, car nous sommes très nombreux à passer à côté de notre vie sans nous en rendre compte, à courir après l’argent, le travail, les biens matériels… si le karma existe réellement, tel que présenté dans le roman, on comprend pourquoi il y a environ 10 millions de milliards de fourmis sur Terre !

En résumé, c’est un petit livre bien sympathique, qui prête à sourire, et qui fait quand même bien réfléchir pour un roman humoristique !

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Phobos, de Victor Dixen

Je me rends compte que j’ai délaissé les articles littéraires sur mon blog, alors que je n’ai jamais cessé de lire, même si j’ai ralenti un peu le rythme, faute de trouver des titres intéressants à la bibliothèque (qui hélas est petite) et de place/moyens pour acheter de nouveaux livres.

Cependant, j’ai réussi à convaincre la bibliothécaire de commander les trois tomes de Phobos, une saga de SF Young Adult signée Victor Dixen, un écrivain bien de chez nous (eh, pour une fois que je ne table pas dans la littérature américano-britannique hein !) !

Synopsis :

SIX PRÉTENDANTES. SIX PRÉTENDANTS. SIX MINUTES POUR SE RENCONTRER. L’ÉTERNITÉ POUR S’AIMER.

ILS VEULENT MARQUER L’HISTOIRE AVEC UN GRAND H.

Ils sont six filles et six garçons, dans les deux compartiments séparés d’un même vaisseau spatial. Ils ont six minutes chaque semaine pour se séduire et se choisir, sous l’œil des caméras embarquées. Ils sont les prétendants du programme Genesis, l’émission de speed-dating la plus folle de l’Histoire, destinée à créer la première colonie humaine sur Mars.

ELLE VEUT TROUVER L’AMOUR AVEC UN GRAND A.

Léonor, orpheline de dix-huit ans, est l’une des six élues. Elle a signé pour la gloire. Elle a signé pour l’amour. Elle a signé pour un aller sans retour…

MÊME SI LE RÊVE VIRE AU CAUCHEMAR, IL EST TROP TARD POUR REGRETTER.

Mon avis sur la saga :

Je préfère préciser d’emblée que je vais critiquer l’ensemble, donc les trois tomes d’un coup (je n’ai pas lu le préquel racontant l’histoire des prétendants). Attention aux spoils.

Je ne suis pas vraiment habituée à la catégorie young adult de la SF, d’habitude je lis des romans bien techniques, bien hardcore, qui font fumer les neurones (et qui après me font râler sur le manque de réalisme des batailles spatiales dans les séries) et du coup, je m’aperçois qu’en fait c’est beaucoup plus accessible aux novices ainsi. On a des notions d’astronomie, des notions techniques, oui, mais vulgarisées, ce qui permet de mieux comprendre.

Après, ici, il ne s’agit pas de batailles spatiales mais de la colonisation de la planète Mars par un groupe d’adolescents/jeunes adultes.

L’histoire est d’un grand réalisme et s’intègre parfaitement dans notre monde : on pourrait la situer environ une cinquantaine d’années après notre ère. On y parle de smartphones, de télé-réalité… et là, justement, la conquête spatiale a également conquis le secteur de la télé-réalité.

12 candidats ont été sélectionnés pour être les pionniers de la planète Mars, et vous pouvez dégainer votre téléphone pour leur apporter des fonds et augmenter ainsi leur confort une fois qu’ils seront installés dans la base martienne. L’espace n’est plus réservé à une poignée d’initiés, il est accessible même à la petite mamie derrière sa télé.

Pourquoi ? Parce que les États-Unis, pour rembourser leur dette abyssale, ont décidé de vendre leurs institutions, y compris la NASA. Et pour rembourser cet achat, la société Atlas Capital a fait appel à la populaire Serena McBee qui a eu l’idée d’un show de télé-réalité à l’échelle mondiale : envoyer des gens comme vous et moi dans l’espace, et une fois que la ménagère s’est attachée à eux, on la fait raquer un max ! Et ça marche. Matraquage médiatique, manipulation, sponsors et grands renforts de publicité, tout y est. Les gens sont à fond, sans doute même un peu trop.

Vous allez me dire, tant mieux pour ces adolescents désœuvrés à qui on a laissé leur chance, il n’y a pas de quoi en faire un roman. Oui, mais tout n’est pas si rose. Car Atlas Capital n’a pas la moindre intention d’entretenir une base martienne pour l’éternité, ils ne cherchent que le profit. Et accessoirement, Serena aussi. Alors que faire des pionniers une fois l’argent encaissé ?

Très rapidement, on nous présente un document que Serena croit avoir fait disparaître pour de bon : le rapport Noé, qui prouve que des cobayes envoyés sur Mars avant les pionniers n’ont pas survécu et que la base martienne n’est pas viable. Léonor, l’une des pionnières, se retrouve avec ce rapport dans les mains grâce aux remords d’un membre de l’équipe Genesis. Cependant, il est trop tard, ils ont déjà décollé… tout droit vers la mort.

Si le tome 1 est centré principalement sur ce qui m’intéresse le moins, à savoir le speed-dating, les bases de l’univers sont là et on tourne les pages sans s’en rendre compte. On ne peut pas s’empêcher de se dire qu’une entreprise prête à envoyer des jeunes gens à la mort pour de l’argent, c’est tout à fait notre monde. Tout comme ces gens derrière leur téléviseur qui se passionnent pour la vie des pionniers, on a envie de savoir comment est-ce qu’ils vont se sortir de ce guêpier. Quand votre vie dépend totalement de la bonne volonté d’une psychopathe, est-ce qu’il vaut mieux se taire et lui obéir, pour gagner quelques mois de survie, ou se sacrifier pour l’empêcher de satisfaire ses ambitions ? C’est le dilemme qui se posera à l’équipage…

Le tome 2, lui, est plus axé sur la survie des pionniers et au double jeu dangereux qu’ils jouent avec Serena. Les couples sont formés, installés, apprennent à vivre ensemble, et les langues se délient, des secrets sont avoués, ou dénoncés, ce qui remet en cause la cohésion du groupe. Non seulement les pionniers doivent se faire à leur vie de jeunes mariés, mais ils doivent aussi apprendre à faire avec les autres, qui ont tous leur caractère, leurs particularités, leur façon de voir les choses et leur manière de réagir face au danger. Et avec l’environnement hostile dans lequel ils vivent. Car non, Mars n’est pas terraformée et même si la base est suffisamment grande pour tout le monde, ils vivent malgré tout les uns avec les autres.

Le tome 3 laisse exploser les tensions accumulées depuis le début et si les pionniers reçoivent de l’aide de quelques personnes sur Terre, ils sont encore sur Mars, à la merci de Serena. Une situation dont certains s’accommodent et pas d’autres. Il faut dire que Serena excelle dans l’art de la manipulation et sait brosser tout le monde dans le sens du poil !

Si j’ai eu un peu de mal avec le tome 1 car je ne suis pas une grande fan d’histoires d’amour et d’adolescents en fleur, j’ai vraiment dévoré les tomes 2 et 3. Certes, ce n’est pas de la SF hardcore, mais l’histoire est très prenante, très réaliste et surtout se lit très bien. L’auteur a réussi à développer presque tous ses personnages, et ce n’est pas rien, car je connais plus d’un roman avec un héros et une armée de faire-valoir. Là, chaque personnage a sa personnalité, son passé qui l’a forgé et même si on ne les aime pas (j’ai détesté Alexeï du début à la fin ! è_é) on ne peut nier qu’ils sont cohérents.

Je crois que ce qui m’intéresse le plus ici, c’est de me dire qu’on pourrait très bien se retrouver avec une conquête spatiale du genre d’ici quelques années. Quand je vois que quelque chose de sérieux comme notre Présidentielle 2017 ressemble à une course à la manipulation médiatique et à la visibilité, sans aucune profondeur, pourquoi pas envoyer des ados à peine préparés sur Mars ?

Je mettrais bien dans la catégorie « manque de réalisme » le fait que les jeunes sont envoyés sur Mars au bout d’un an seulement de formation : comment peut-on devenir responsable médecine, ingénierie, planétologie en seulement un an, même en formation intensive ? Cependant, ce n’est pas si incohérent compte tenu du fait qu’ils sont destinés depuis le début à mourir là-bas… ce ne serait pas très rentable de les former plusieurs années pour quelques mois de vie dans la base martienne.

Sincèrement, l’ensemble se tient. Ça fait plaisir de voir qu’on peut aborder la SF de cette manière, simple et efficace, et qu’on peut l’ancrer si facilement dans notre monde.

Cependant, le tome 3 m’a laissée sur ma faim et appelle clairement une suite, parce qu’à la finale, on ne sait pas si nos pionniers s’en sont réellement sortis, et ce que va devenir Serena. Sur son site internet, l’auteur a indiqué qu’il s’agirait d’un « après » Phobos, si j’ai bien compris ce ne sera pas une suite directe mais un condensé des évènements post-Phobos. Il faut dire que le tome 3 laisse la scène mondiale, notamment les États-Unis, dans un chaos indescriptible.

J’aurais également bien aimé avoir des précisions sur ce qui a réellement causé la mort des cobayes qui ont précédé les pionniers, et l’origine des bruits entendus pendant la Grande Tempête. On nous donne l’impression qu’il y a quelque chose de pas net sur Mars alors que de l’autre côté, les responsables biologie ne trouvent rien de rien et affirment que Mars est une planète morte. Mais peut-être que tout ça sera élucidé dans le tome 4 !

Je suis vraiment contente d’avoir découvert cette saga qui m’a permis de me remettre un peu dans le bain. J’en ai rarement lu qui me passionnaient autant et je la recommande chaudement ! Elle ne demande pas de connaissances en SF, se lit très bien et vous aurez du mal à en décoller, croyez moi !

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Dans le monde de l’autoédition : découvertes littéraires

livres

On sent la photo qualité téléphone naze prise le soir avec le flash pas vrai ?

C’est en voyant la bloggeuse Manon Grelha faire la promotion de son livre Ma boule de Neige que je me suis décidée à commander sur le site Lulu, qui permet aux auteurs de s’auto-publier en format ebook ou papier. Je connaissais déjà le site (car j’envisage de publier mes écrits, le jour où j’en serai satisfaite, ce qui n’est pas gagné xD)  mais n’avais jamais sauté le pas.

L’avantage de l’autoédition, c’est qu’on a pas besoin d’essuyer les refus des maisons d’édition pour partager ses œuvres. Ce qui n’est pas plus mal car, j’en suis certaine, ces maisons passent à côté de pépites juste parce qu’elles ne correspondent pas à leurs critères étriqués. Le site de Lulu imprime à la demande pour les formats papier, ce qui fait de belles économies et permet de préserver la planète en évitant le gaspillage (combien de livres croupissent dans des réserves faute de ventes ?).

J’ai donc décidé de tester ce que valent la qualité des livres imprimés et la plume de ces auteurs 🙂

Ma boule de Neige

C’est la couverture vraiment superbe et l’idée de voir un chien chou comme héros de l’histoire que j’ai commandé le livre de Manon Grelha. J’aime les animaux, milite pour leurs droits depuis plusieurs années et suis bien au fait de l’importance qu’ils peuvent avoir dans nos vies (les seules morts que j’ai pleurées sont celles de mes animaux, pour vous donner une idée de mon degré de sensibilité).

L’écriture est simple sans être non plus bâclée comme c’est le cas de certaines fictions amateur, et j’ai lu le livre d’une traite. A travers son héroïne dévastée par la rupture, l’auteur nous fait bien comprendre à quel point un tout petit chien est capable de nous faire sourire et remonter la pente. Les quelques facilités du récit ne sont pas dérangeantes du tout et sincèrement, j’ai bien apprécié la lecture. Je n’ai pas pu m’empêcher de sourire en voyant Neige avoir la place centrale du récit et de la vie de l’héroïne, étant donné que c’est un peu la même chose à la maison avec ma bouille de chat.

J’ai eu un peu de mal avec le début car j’ai du mal à croire qu’on puisse se laisser tomber si bas juste pour une rupture. Mais je ne suis pas un modèle de sensibilité donc ce n’est pas de la faute du livre !

Le récit est sans fioritures, c’est du classique, mais du classique agréable. Je ne m’attendais pas à une plume d’écrivain célèbre, donc forcément je n’ai pas été déçue ! C’est un livre que je recommande si vous aimez les animaux et que vous aimez voir écrit noir sur blanc à quel point ils sont aimants, sensibles à nos humeurs, vivants !

La Terre des centaures

Alors ici, c’est un pur achat d’impulsion. Je me baladais sur le site pour voir si quelque chose d’autre m’intéressait et je suis tombée dessus.

J’étais dans le thème des animaux et ce livre, justement, est une fiction dans laquelle les animaux se sont rebellés contre les hommes. Désormais ils sont en guerre et les animaux, obéissant à une sorte d’instinct sauvage, attaquent systématiquement les humains, quel que soit leur âge, leur sexe, etc. Cependant, au cours du récit, on s’aperçoit que cette Grande Rage pourrait ne pas être si naturelle que cela… châtiment divin ou expérience ayant mal tourné ? Les centaures rencontrés au cours de ce premier tome semblent en savoir bien plus qu’ils ne le disent et nous laissent en haleine.

Le monde dans lequel nous sommes est le nôtre, mais évidemment, la Grande Rage l’a profondément changé et ce n’est clairement pas le même 19ème siècle que nous contemplons. Il faut dire qu’être attaqué par n’importe quel type d’animal en permanence n’aide pas aux progrès technologiques.

Les personnages sont plutôt bien travaillés, ni tout noirs ni tout blancs, mais j’ai hélas trouvé certains twists très prévisibles et les facilités scénaristiques sont légion. Elles ne sont pas spécialement dérangeantes en soi mais il y en a beaucoup et je reste sur ma faim par moments. Je pense qu’un système de POV aurait été appréciable pour mieux comprendre les réactions ou la mentalité des personnages, principaux comme secondaires, et ce y compris parmi les centaures dont nous n’avons les mœurs qu’à travers l’interprétation du biologiste Alfred.

Nous sommes ici assez loin du cliché du centaure sage et empathe, et même le plus sage d’entre eux reste assez hautain et distant. Chaque espèce est convaincue de sa supériorité sur l’autre et ce n’est pas une attitude qui invite au dialogue ou à la compréhension mutuelle. Les humains restent fidèles à eux-mêmes.

Cependant, malgré les facilités scénaristiques nous avons une histoire qui se tient, très agréable à lire, et qui sort des sentiers battus en termes d’originalité (parce que dans la fantasy, on a beaucoup de vu et revu, et là, la sensation de déjà-vu est minime). Les thèmes de la nature, des animaux et de l’éternelle confrontation entre progrès technologiques et écologie sont omniprésents et c’est agréable, car ça permet de faire passer un message : « Coucou, nous sommes peut-être dans un univers parallèle, mais en attendant, les griefs reprochés aux humains sont applicables à nous aussi ! ».

J’ai vu que le deuxième tome était sorti et je compte me l’acheter prochainement car c’est une saga qui vaut le coup.

Les livres imprimés de Lulu

La qualité des livres reçus est ma grosse déception.

Déjà, je les ai reçus abîmés : ils étaient un peu écornés et la tranche était déchirée. Pas une grosse déchirure mais pour moi qui suis assez psychorigide au niveau de l’état de mes livres c’est pénible. Pourtant c’était plutôt bien emballé, style Amazon.

De plus, le petit film transparent sur la couverture s’est très rapidement détaché et s’enroule sur lui-même… et ce après quelques heures passées entre mes mains seulement, alors que je suis soigneuse.

J’ai lu de très bons retours sur Lulu donc je suis assez dubitative, je n’ai peut-être pas eu de chance (sur les deux livres quand même ça fait cher la malchance), ça ne m’empêchera pas de recommander mais je vais être plus prudente. Si c’est vraiment ça la qualité Lulu je risque de commander moins que prévu (j’avais repéré quelques titres intéressants) !

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Tag : Les premières fois livresques

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Source : DusterAmaranth, deviantart

Habituellement je ne suis pas très tags, mais j’ai découvert celui-ci sur le blog de Lutin82 et il m’a bien fait cogiter, histoire de me remémorer mes premières fois avec la littérature. C’est assez compliqué car j’ai su lire très tôt (d’après ma mère, à 18 mois) et je n’ai pas vraiment souvenir de mes toutes premières lectures. Certaines m’ont marquée bien plus que d’autres et l’école m’a bien dégoûtée de certains styles (en même temps les lectures scolaires imposées sont trop compliquées pour l’âge… et surtout, pourquoi étudier Zola et pas Asimov alors que tous deux sont des classiques, bien que de styles différents ?). Bref, bref, il s’agit de plonger dans les confins de notre mémoire pour répondre à quelques petites questions…

Le premier livre acheté

Avant d’acheter des livres, j’achetais surtout des magasines comme ImagesDoc ou W.I.T.C.H, parce que c’était moins cher que la plupart des livres qui m’intéressaient, et j’avais très peu d’argent de poche (dur d’économiser quand on est enfant et qu’on passe tous les jours devant la boulangerie ^^).

En termes de livres, de mémoire je crois que le premier livre acheté avec mes propres sous était Harry Potter and the Order of the Phœnix. J’avais découvert la saga avec le tome 4 français, j’avais un très bon niveau d’anglais et je n’avais pas envie d’attendre. Et cette année-là ma mère m’avait justement emmenée en voyage à Londres ! Le pire c’est que je l’avais acheté sur le ferry, donc beaucoup plus cher que si j’avais attendu d’être en ville… ça m’apprendra !

Le premier livre dévoré

Je ne considère pas vraiment les livres pour enfants avalés comme étant mes premiers, donc je dirais que le premier à m’avoir passionnée, c’était Néfertiti, l’ombre du soleil de Christian Jacq. Je devais avoir un peu moins d’une dizaine d’années, j’en avais marre de la pauvreté du rayon jeunesse de la bibliothèque, et j’étais tombée sur ce livre en zonant dans les rayons adultes. J’adorais l’égyptologie, et je suis tombée amoureuse de la bibliographie de l’auteur. Mais pendant plusieurs années encore j’ai dû emprunter ce genre de livres avec la carte de ma mère car la bibliothécaire me trouvait trop jeune pour « ce genre de pavés ».

Le premier bookfriend

J’ai ressenti très vite de grandes affinités avec certains personnages de fiction (en même temps, ils sont faits pour), mais le premier que j’ai voulu comme bookfriend, c’est Drago Malefoy, de la saga Harry Potter. J’ai commencé à l’apprécier à partir du 6ème tome, son côté torturé me rappelant beaucoup ma propre vie sur bien des points. Je suis aussi tombée amoureuse du côté chevaleresque du Prince Caspian, dans Narnia.

Après, j’ai plus tendance à me faire des fanfictions dans ma tête en m’imaginant intégrée au monde dans lequel je me plonge, avec un personnage qui me ressemble, qu’à vouloir un personnage de fiction comme mec.

Le premier livre à m’avoir fait pleurer

Alors il faut savoir que je ne suis pas DU TOUT émotive. J’ai déjà du mal à pleurer dans la vraie vie alors que j’en aurais bien besoin, donc pleurer pour un personnage de fiction… en fait je dirais que je suis toujours mal à l’aise lorsqu’un animal meurt dans un livre. Je ne vais pas jusqu’à pleurer mais ce n’est pas loin. J’aime énormément les animaux et je ne supporte pas d’en voir torturés ou morts (même de vieillesse…).

Après, plus récemment, le livre Chinoises, de Xinran, m’a beaucoup perturbée. Principalement parce que les histoires racontées y sont réelles.

Le premier livre que je n’ai pas terminé

Je dirais que c’est une des lectures imposées de l’école. De mémoire, Candide, de Voltaire. Le personnage de Candide étant tellement… candide que c’était trop horripilant à lire. Alors j’ai lu des résumés sur internet et j’ai eu une bonne note à mon devoir sans même avoir fini le livre (la stupidité du système scolaire…).

Le premier livre coup de cœur

Mmmh j’hésite entre Harry Potter qui m’a vraiment marquée par la richesse de son univers et les différentes sagas de Christian Jacq que j’ai vraiment adorées (La Reine Liberté en tête). Je dirais plutôt Harry Potter car il travaille bien plus l’imagination.

Le premier livre qui m’a déçue

Je ne m’en souviens plus vraiment. Je pense qu’on peut trouver la réponse dans les derniers Chattam, car je trouve que la plume de l’auteur a un peu perdu en qualité. Mais je les ai lus quand même, donc… 😡

Peut-être le Seigneur des Anneaux. J’ai voulu me mettre aux livres après avoir vu le deuxième film, mais j’étais beaucoup trop jeune pour m’attaquer à ça et j’ai abandonné. Je les ai rachetés et relus plus tard, et la déception est devenue joie 😉

La première émotion

La première émotion, pour moi c’est catégorique, c’est l’évasion. La littérature, qu’elle soit classique ou moderne, m’a permis d’échapper à mes souffrances, à ma vie, à me créer des mondes et à développer mon imagination. Plus rien n’existe, uniquement le livre qui m’absorbe. C’est tellement reposant d’échapper provisoirement à ses soucis.

Bref, je profite également de l’article pour dire que j’ai pris beaucoup de retard dans mes commentaires de lecture (j’ai bien lu une dizaine de livres sans en faire d’articles alors qu’ils le méritaient), et que donc, ça arrive ! Quelques soucis personnels ont entamé ma motivation à écrire mais j’essaie de rester constante dans mes publications…

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Là où elle repose, de Kimberly McCreight

la-ou-elle-repose

S’il y a bien un évènement auquel j’adore participer, ce sont les matchs de la rentrée littéraire (aka #MRL16 pour cette année) organisés par Price Minister Rakuten. Il s’agit de choisir trois livres parmi la sélection de la rentrée littéraire du moment, par ordre de préférence, et si vous êtes sélectionnés, vous le recevez gratuitement chez vous en échange d’une critique. A mes yeux le principe est le même pour que pour une box littéraire : ça me permet d’aller vers des auteurs ou des genres vers lesquels je ne me serais jamais tournée spontanément (sauf que la box, on la paie y compris si on aime pas, haha).

Là où elle repose est un thriller, et ça fait donc partie de mes genres habituels, même si dernièrement je n’en ai pas lu énormément (j’ai besoin d’une libraire perso pour me conseiller T_T). Nous nous retrouvons à Ridgedale, une petite ville du New Jersey apparemment sans histoire, mais qui, comme tout ce qui semble parfait, cache des couleuvres dans son sac. Enfin là ce n’est pas une couleuvre que contient le sac en question, mais un bébé. Le cadavre d’un bébé, plus précisément. Personne n’a la moindre idée de qui peuvent être les parents et de ce qui a pu motiver un tel geste (sauf les commères du coin, évidemment). Et c’est Molly Anderson, une jeune journaliste reconvertie récemment arrivée dans la ville qui va couvrir l’affaire pour le journal local. En sachant qu’elle-même avait fait une fausse-couche très récemment et reste plutôt perturbée…

L’histoire nous est présentée sur le modèle des PoV (Points of View, points de vue donc) et c’est quelque chose que j’ai beaucoup aimé. On peut donc savoir ce que tout le monde pense au même moment, et si on se dit que ces gens n’ont rien à voir les uns avec les autres, on se trompe sur toute la ligne. Chaque détail compte. Je me suis un peu laissée avoir par l’évidence de certains twists qui m’ont fait penser que j’avais droit à un roman sans originalité, alors qu’en fait, on a des révélations plutôt inattendues jusqu’à la dernière page. C’est donc un gros plus pour le style de Mme McCreight.

Ce que j’ai moins aimé, c’est que certains personnages sont trop caricaturaux, comme celui de Barbara. Barbara ? Mais si, vous savez, c’est la mère de famille qui sait tout sur tout, qui sait mieux que vous, professeur, comment élever son enfant, qui pense que son fichu chiard est la perfection incarnée alors que c’est un petit con mal élevé et qui met son gros nez de fouine dans les affaires de tout le monde, surtout dans les vôtres. Evidemment elle a un avis sur tout et tout le monde, juge tout et tout le monde sans rien savoir et elle a forcément raison. Et ne songe pas une seconde à balayer devant sa porte avant de médire sur les autres. Ses chapitres m’ont donné envie de la découper au katana. Je crois que le pire, c’est de se dire que des gens comme ça existent réellement. Bref. Petit spoil mis en blanc, survolez pour lire la phrase : Je vous avoue que j’aurais bien aimé avoir un dernier chapitre d’elle une fois qu’elle s’est pris un gros coup de massue dans la tronche, juste pour voir sa déconfiture.

Contrairement à beaucoup de thrillers, je n’ai eu aucun mal à me mettre dans l’ambiance. Il faut dire que l’écriture est très simple et le décor des plus classiques : un trou paumé des Etats-Unis avec son lot de personnages, de petites histoires et de petits secrets. Un scénario classique de série TV.

On devine assez rapidement certains liens entre les personnages et certaines révélations, ce qui est un peu dommage, car même si on a de quoi se mettre sous la dent jusqu’à la fin j’aime les histoires qui nous baladent de fausses pistes en fausses pistes jusqu’au bout plutôt que celles qui nous jettent des révélations comme on jette du pain aux canards, juste pour nous faire patienter. On nous en dit juste assez pour qu’on continue à tourner les pages. C’est presque plus frustrant qu’un policier classique en fait.

Cependant, l’histoire se lit très bien et est plaisante. La plume est simple mais précise et le choix des PoV est très judicieux au vu de la manière dont le scénario se met en place. Chaque personnage nous en dit un peu plus et on avance progressivement.

Je pensais qu’on aurait du pathos avec le personnage de Molly qui perd son bébé et qui comme par hasard est mise sur une enquête d’infanticide. Or le personnage se prend en main rapidement pour dépasser ses peurs et sa dépression. Et se prend une claque comme les autres malgré son courage. Enfin une héroïne qui n’est pas immunisée !

Dans tous les cas j’ai bien aimé le style de l’auteur, et sachant que j’ai raté le phénomène Amélia je pense que j’irai y jeter un œil. Et dire que quand j’ai fait ma sélection je n’étais pas emballée du tout, je me retrouve avec une meilleure découverte que l’année dernière ! Comme quoi parfois se forcer un peu ce n’est pas plus mal. Il ne faut pas hésiter !

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Harry Potter and the Cursed Child ( /!\ Spoilers Inside /!\ )

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Très sincèrement, je ne pensais pas avoir si vite la pièce entre les mains, mais mon homme, me sachant fan de l’univers Harry Potter, a décidé de me l’offrir.

J’étais un peu sceptique sur l’adaptation de ce « huitième tome » (Rowling n’en est pas l’auteure) au théâtre, car ce n’est pas un genre que j’affectionne (le traumatisme des années collège je pense) mais juger avant de savoir n’est pas très constructif.

Je n’ai pas vu la pièce, juste quelques extraits sur internet, car je n’ai pas vraiment les moyens de me rendre à Londres juste pour une pièce de théâtre que je ne suis pas sûre d’apprécier. Mais si un jour la pièce est jouée en France, je pense que je ferai le déplacement.

Dans l’ensemble… j’ai été déçue. Je n’ai pas senti la griffe de Rowling, et j’ai eu l’impression de lire une de ces nombreuses fan-fictions niaises et peu crédibles qui consistent à faire du fan-service et à refaire les couples à la sauce des gens sans respecter le caractère original des personnages.

J’ai mis les plus gros spoils en blanc, il vous suffira de passer dessus pour lire. J’ai précisé qu’il y avait des spoils dans le titre mais on ne sait jamais, une petite erreur… 😉

L’adaptation théâtrale enlève toute la richesse des détails de l’œuvre de Rowling. Au début, on assiste à la répartition du personnage principal, Albus Severus Potter. Il est envoyé à Serpentard mais on ne sait même pas pourquoi. On a pas le dialogue avec le Choixpeau comme ce fut le cas pour Harry, on ne sait pas ce qui a bien pu convaincre Albus d’intégrer cette maison ou si c’est le Choixpeau qui a imposé son choix sans tenir compte de l’avis d’Albus. Et c’est vraiment dommage.

La suite de la pièce est plutôt pas mal, même si lorsqu’on est habitués au genre fantastique, dès qu’un nouveau personnage est introduit on tique immédiatement en se disant qu’il n’est pas là par hasard et on voit venir le dénouement à trois kilomètres. C’est aussi le cas pour Harry Potter and the Cursed Child.

Dès que le personnage de Delphini est apparu j’ai compris qui elle était et que le papy Diggory était sous Imperium. En même temps, une pièce centrée sur la mort d’un personnage plus que secondaire il y a des années aurait été un pari risqué.

Je suis un peu mitigée sur les retourneurs de temps. Si des détails aussi infimes changent le monde à ce point, alors Dumbledore était vraiment barge pour en avoir confié un à des gamins juste pour sauver Sirius/Buck. Bon après, c’était juste trois petites heures et pas une trentaine d’années, mais quand même. Je suis aussi perplexe sur le fait qu’Hermione n’ait pas reconnu l’utilisation du Polynectar au ministère. D’autant plus qu’elle était au courant de la disparition des gamins.

Autant on peut se dire « Bon, d’accord, ça passe » sur les effets du premier retour dans le passé, autant le deuxième est vraiment n’importe quoi. Cédric ne serait jamais devenu Mangemort, même après avoir été humilié, ce n’était pas dans son caractère. De plus, Voldemort n’aurait jamais choisi Ombrage comme directrice de Poudlard, car il ne pardonne pas les échecs et elle avait échoué deux fois : une en cinquième année lorsqu’elle a voulu évincer Dumbledore, et une autre en septième lorsqu’elle s’est fait voler le précieux médaillon de Serpentard, entraînant la destruction de l’un des Horcruxes (Dans cette réalité alternative Harry meurt lors de la bataille de Poudlard, donc après la destruction de l’horcruxe). Je doute qu’après de tels échecs Voldemort lui aurait confié une telle responsabilité.

Ce qui m’a cependant le plus choquée, c’est lorsqu’on revoit Severus Rogue. On verse sa petite larme et juste après « WTF, c’est quoi ça ? ». De tous les personnages de la pièce, c’est vraiment celui dont le caractère n’est pas respecté. Rogue est froid et distant, et là il est limite chaleureux, alors qu’on est dans une réalité dans laquelle il n’a pas réussi à sauver le fils de l’amour de sa vie et que son assassin est, en résumé, le roi du monde. Et dans un monde pareil, il se déciderait enfin à être chaleureux sous sa carapace…? Je n’ai pas reconnu Rogue. Vraiment pas.

Pour ce qui est de Delphi, son existence ne me surprend pas. Voldemort était obsédé et fier du fait d’être le dernier de la lignée de Serpentard et c’était évident qu’il allait chercher à avoir un enfant, pour transmettre et surtout agrandir cette lignée. Même s’il cherchait l’immortalité, il n’était pas non plus naïf et a dû envisager son échec. Le choix de la mère ne me surprend pas non plus, vu qu’elle était en adoration devant Voldy. Cependant ce qui me surprend c’est qu’à aucun moment Drago ou sa famille ne semblent être au courant que Bellatrix a eu un enfant alors qu’elle était tout le temps fourrée au manoir des Malefoy. Je sais que c’était une excellente sorcière et qu’elle a très bien pu la dissimuler, mais quel était l’intérêt de Voldemort de dissimuler sa propre descendance ? A moins qu’il ne croyait pas en sa victoire, ce qui ne correspond pas à l’attitude qu’il a eue lors de la bataille, l’attitude du gars qui sait qu’il a déjà gagné. Déçu d’avoir eu une fille ? Des gens étaient au courant puisque Delphi laisse échapper qu’elle a passé son enfance enfermée, surveillée par une geôlière. Après tout ce ramdam autour du pouvoir de l’amour, personne n’a tout simplement songé à faire adopter le bébé en lui cachant ses origines pour qu’elle soit élevée dans l’amûûûr et qu’elle puisse s’épanouir, fermant le chapitre de la descendance maléfique de Salazar Serpentard ? Au lieu de l’enfermer comme un animal dangereux ? Visiblement non. Tu m’étonnes qu’elle ait tourné psycho.

Je ne comprends pas non plus les rumeurs comme quoi Scorpius serait le fils de Voldemort. Ils sont un peu bébêtes les gens pour ne pas comprendre que l’âge ne correspond pas.

Par contre, j’ai bien apprécié le développement de la famille Malefoy, notamment Drago dont on découvre de nouveaux traits de caractère. On y découvre un Drago qui n’a pas hésité à affronter sa famille pour épouser Astoria Greengrass alors qu’elle avait des sympathies moldues. C’est le genre de détail qui fera plaisir aux fans de Dramione qui vont clamer que leurs fanfictions sont crédibles car Drago a effectivement le caractère pour imposer son choix à sa famille. Mais il ne faut pas oublier que Rowling n’est pas l’auteur de Harry Potter and the Cursed Child, donc peut-on vraiment considérer la pièce comme canon vis à vis des romans ?

Bref, dans l’ensemble, je suis sortie déçue de ma lecture, mais également contente d’avoir une petite suite. Rowling a indiqué qu’il n’y aurait pas de suite officielle, ce qui va briser pas mal de rêves, mais trop de suites tue l’œuvre originale et ce n’est peut-être pas plus mal. Mais j’avoue que j’aurais bien aimé voir un ou deux livres sur l’époque des maraudeurs et le développement de la relation James/Lily.

C’est d’ailleurs le cœur brisé que l’on assiste avec nos héros au commencement de leur histoire, lors de l’assassinat des parents de Harry. Il en faut du courage pour rester regarder sans intervenir lorsque ses parents se font massacrer. Car s’il y a bien une chose que Harry aurait voulu changer c’est bien ça ! On sent qu’il a mûri, surtout quand il raisonne Delphi pour lui faire accepter sa condition d’orpheline au lieu de vouloir empêcher la déchéance de son père.

En résumé, c’était une lecture agréable mais sans plus. C’est vraiment pour lire quelque chose de nouveau sur l’univers. Mais le genre théâtral enlève une bonne partie de ce qui fait le charme d’Harry Potter, et les caractères des personnages ne sont pas toujours respectés. On sent que Rowling n’est pas l’auteure de la pièce, c’est son univers sans elle. Il faut voir ce que ça donne sur les planches, peut-être qu’oralement ça passe mieux, avec l’attitude des acteurs. C’est assez difficile de se faire une idée précise de la pièce sans l’avoir vue, juste lue. Donc il faut lire cette critique en tant que critique littéraire et non de théâtre !

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L’interdite, de Malika Mokeddem

L'interdite

Pour une fois, j’ai décidé d’aller découvrir le féminisme dans un autre pays que la Chine. Pour moi, qui ai grandi dans un pays occidental, le féminisme est quelque chose d’inné. Je ne me suis jamais sentie inférieure aux hommes à cause de mon sexe, bien qu’en grandissant, on m’ait fait comprendre que l’égalité totale n’était pas encore acquise.

Cependant, il existe encore des pays dans lesquels la femme n’est qu’un ventre, destinée à porter les enfants de son mari, assouvir ses fantasmes (tout en se faisant insulter de pute, faut pas déconner) et à subir ses violences, infidélités et tout ce qui s’en suit sans rien dire, parce que c’est normal. Être féministe dans ces pays-là, c’est se mettre en danger de mort.

Dans l’Interdite, il y a beaucoup de l’auteur. Ce n’est pas une autobiographie mais c’est très inspiré de son expérience personnelle. Elle est fille de nomades analphabètes et s’est battue pour étudier et être libre, pour sortir de ce carcan de traditions dans lequel on a voulu l’enfermer. Pour être libre, elle a choisi la France et est devenue médecin à Montpellier.

A sa manière, elle m’a fait penser à un garçon que j’ai connu sur un jeu en ligne. Marocain et homosexuel, il était obligé de cacher son orientation à sa famille. Il avait beau être de famille aisée, ça ne changeait pas grand chose à sa situation. Aujourd’hui, il finit médecine. Il milite ouvertement pour les droits des homosexuels au Maroc mais n’a pas annoncé son orientation à sa famille. Je suppose que ce ne sera jamais simple pour lui.

Bref, bref, je suis censée parler de l’Interdite. C’est l’histoire de Sultana, une médecin française d’origine algérienne, qui suite à la mort de son ancien amour, revient dans son petit village d’Algérie pour l’enterrement. A peine arrivée, elle se prend sa condition de femme en pleine tronche, lorsqu’on lui répond qu’elle ne peut pas assister à l’enterrement car les femmes y sont interdites. Elle n’en fait qu’à sa tête, affirme son indépendance et ses droits. Affronte sans sourciller les islamistes radicaux qui ont la main mise sur le village.

On ne peut qu’admirer ce personnage, qui lutte sans fléchir pour ses droits, pour des choses qui nous paraissent anodines, mais dans la campagne algérienne, dans un village aux mains des islamistes, le simple fait de parler à quelqu’un ou de marcher dans la rue peut vous valoir une agression. Son influence va mettre le feu aux poudres, pour notre plus grande joie. C’est toujours agréable de voir les gens se battre.

On voit des femmes se battre pour leurs droits, je n’ai pas pu m’empêcher de faire un parallèle avec notre actualité, quand on a voulu se battre pour nos droits et que le gouvernement nous a répondu avec une sodomie à sec nommée 49.3. Nous n’aurions pas dû cesser de lutter et nous aurions dû dégager ces pourris. Le peuple élit son gouvernement, le gouvernement doit donc répondre aux attentes du peuple. Les Français n’ont-ils donc plus de feu dans le sang ?

Bref. C’est exactement la même chose pour ces femmes. Elles n’ont aucun soutien de leurs élus, composés d’hommes qui veulent les soumettre. Probablement parce qu’ils en ont peur. La vie est bien plus facile pour eux lorsque leur femme dépend d’eux, n’est pas assez éduquée pour se défendre et subit des pressions pour rester. Une femme éduquée, c’est une femme qui n’acceptera pas la soumission car elle a la même valeur que son mari. Ca dérange. C’est pour ça que les femmes doivent continuer de se battre.

J’aime l’Interdite car ce livre montre à quel point les personnes d’origine étrangère peuvent se sentir déracinées. En France on leur fait comprendre qu’ils ne sont pas les bienvenus. Ils sont trop basanés, trop bridés, trop quelque chose, ou pas assez. On trouvera toujours quelque chose à reprocher à un « étranger », même né en France et ayant fait toutes ses communions. Et dans leur pays d’origine, on leur reproche de s’occidentaliser, de perdre leurs traditions. Si vous êtes une femme, rien que le fait d’avoir vécu à l’étranger fait de vous une pute. A la finale, vous n’êtes personne. Ni de France ni d’ailleurs.

Ce livre ne fait clairement pas la part belle à la religion, montrée comme particulièrement obscurantiste. C’est une opinion qui fait écho en moi, car si je n’ai rien contre les croyants, j’ai toujours trouvé la religion réductrice, sectaire, intolérante. Et hélas, j’ai aussi connu des extrémistes qui ont voulu m’imposer leurs croyances, car ma liberté les choquait. Ils n’ont récolté que mon mépris, mais je suis consciente que si j’ai pu les envoyer paître, c’est parce que je suis française, vivant en France. Je n’aurais probablement pas eu cette chance ailleurs.

L’Interdite, c’est le genre de livre qui réveille la féministe en vous. Pour ma part ce livre m’a confortée dans mes opinions. J’aimerais tellement voir les femmes obtenir une égalité franche et totale, dans tous les pays du monde. Car parfois, le moindre choix est un luxe impossible…