Publié dans Une vie de rousse

« Vous coûtez trop cher à la société, Madame »

Aujourd’hui (07 juillet), c’était le grand jour, celui de mon rendez-vous à la MDPH afin de faire renouveler mes droits. Cette année, ils ont mis un temps fou à me donner rendez-vous (et ce, alors que j’avais coché la case pour avoir une procédure accélérée ne nécessitant pas ma présence, mais bon) et donc, je ne touchais déjà plus rien depuis avril.

La date tombait plutôt bien car elle était censée arriver après mes règles, mais bien évidemment, poisse oblige, mes règles sont arrivées avec plus d’une semaine de retard, et j’y ai donc eu droit. Problème, avec l’endométriose, les règles sont généralement trop douloureuses pour se permettre de vadrouiller dans la ville en pleine canicule, toute seule. Mon homme ne pouvait pas m’accompagner, étant donné qu’une grosse promo était à mettre en place à son boulot et que son chef (dont c’est le travail, à la base) ne savait pas l’installer.

J’hésitais à y aller, mais comme expliqué précédemment, je ne touche plus rien depuis avril et si je ne venais pas, ça voulait dire report de la commission, du rendez-vous, de plusieurs mois encore alors que j’ai désespérément besoin d’argent pour payer factures, soins et compagnie.

Je déteste dépendre d’un organisme mais puisqu’aucune entreprise ne veut m’embaucher durablement pour le moment, je n’ai pas le choix. Je devais avoir un poste cet été mais finalement la boîte n’a pas le budget. Les allocations, c’est une telle épée de Damoclès que je me demande comment on peut accuser les gens de préférer être allocataires plutôt que salariés… ce n’est pas une situation tenable. Bref.

Le jour J arrive, je suis bien obligée d’y aller. Prévisible cependant, avec la chaleur je fais un malaise dans le bus et vomis. Déjà que je ne déborde pas d’énergie pendant les règles, avec rien dans le ventre je suis encore plus apathique. Une dame, charitable, m’a accompagnée jusqu’à l’entrée de la MDPH, me demandant toutes les deux minutes si j’étais sûre de ne pas vouloir qu’elle appelle les urgences. Hélas, oui, j’en étais sûre. Même au plus mal je préfère encore prendre sur moi qu’attendre plusieurs mois supplémentaires sans revenus.

J’arrive à la MDPH en titubant, enchaînant les vertiges et je m’annonce. On me regarde froidement et on me dit d’attendre dans la salle d’attente. Là, je fais une crise de spasmophilie et me mets à convulser. Des femmes du personnel sont passées plusieurs fois pour aller se chercher de l’eau à la fontaine installée dans la salle d’attente, toutes m’ont vue convulser, aucune n’a réagi. Enfin si, une a eu un moment d’hésitation, m’a regardée, puis est repartie.

Le médecin finit par arriver au moment ou je m’écroule de ma chaise, et me dit de venir dans son cabinet. M’a-t-il aidée à me relever ? Non. J’essaie de prendre sur moi et je me relève, malgré mon corps tout engourdi, et je me traîne jusqu’à son cabinet avant de m’affaler sur la chaise qu’il me désigne. A peine assise, je sens une autre crise arriver, et je me remets à convulser. Quand je fais des crises du genre, elles s’accompagnent généralement d’une légère paralysie et du coup, je bave et m’en fous partout.

Le médecin lève à peine le nez de son dossier et me pose des questions. Mec, j’ai l’air d’être en état d’y répondre ? Moi pas bien, tout de suite là maintenant.

En voyant que je l’ignore, il soupire, m’aide à me relever pour me forcer à me rasseoir. Alors que j’étais encore toute raidie au niveau des jambes. Je lâche un couinement de douleur et là, son visage s’éclaire et il me fait : « Ah ben vous voyez que vous parlez ! ». Euh…

Il me laisse souffler deux minutes, j’essaie de respirer pour faire passer la crise, et lui continue de me bombarder de questions et de réflexions :

 » Vous redemandez l’AAH. Ca m’embête voyez-vous, car ce n’est pas un salaire, ça ne doit pas vous dispenser de travailler ». 

Non, sans rire ? Et vous croyez que je fais quoi tous les jours, en me connectant à Pôle Emploi, sur tous les autres sites, en rédigeant des lettres de motivation, en faisant des candidatures spontanées, en cherchant à me former afin de changer de voie et tenter une nouvelle carrière ? Vous croyez que je glande devant plus belle la vie, comme TF1 dépeint les chômeurs ?

« Je vous avais dit de vous orienter dans la compta. Pourquoi vous ne l’avez pas fait ? ». 

Ah, ben sans doute car Pôle Emploi que vous portez aux nues m’a refusé le financement et que je n’avais pas les 17.000 euros que demandait le GRETA pour la formation. Et que Pôle Emploi refuse systématiquement de financer les projets crédibles que je lui soumet. Et que les organismes censés aider les personnes handicapées à se former et à s’orienter ne sont pas plus utiles. Là j’en suis à faire une cagnotte pour me payer une reprise d’études parce qu’on me claque toutes les portes au nez.

Il m’a aussi culpabilisée d’avoir refusé de continuer dans mon ancienne entreprise, alors que ma chef refusait d’arrêter de fumer DANS LES LOCAUX alors que j’ai une maladie respiratoire et que j’étais dans un état de santé pitoyable après avoir subi sa clope pendant six mois. Selon lui le plus important c’est d’avoir un travail, tant pis pour le reste, ce n’est qu’un détail. Ah.

« Non mais naturopathe ce n’est pas un métier. Vous n’avez vraiment aucun plan de carrière ? ». 

Je t’emmerde, connard. (non, je n’ai pas dit ça, je suis quelqu’un de poli, sauf dans ma tête). Ma foi si le financement participatif échoue, non, je n’ai pas de plan de carrière. Je fais déjà le maximum pour trouver un emploi, quitte à rogner sur les aménagements nécessaires à ma santé. Je ne peux pas faire plus si on ne daigne pas m’ouvrir de portes.

Et puis là, j’ai senti une nouvelle crise de spasmophilie venir. Le médecin a levé les yeux au ciel et m’a dit qu’il abrégeait la consultation car je n’étais visiblement pas en état. Ah c’est maintenant que tu remarques coco ? Il ajoute ensuite qu’il allait demander le prolongement de l’AAH mais que je ne devais pas « prendre l’habitude d’être assistée au lieu de travailler ».

Purée, si je n’avais pas été si mal je lui aurais volé dans les plumes.

Et là il ajoute, posé : « Je vous aurais bien appelé un taxi ambulance pour rentrer, mais vous coûtez déjà suffisamment cher à la société, alors il va falloir faire un effort ».

Et il m’a laissée là.

Dans le couloir.

En train de convulser.

Personne n’en avait rien à secouer.

Je sais que je ne suis pas un modèle d’empathie, mais je pense que je suis mieux lotie que les gens de ce service… et après, c’est à moi que la psy dit d’aller se faire soigner car ce n’est pas normal de ne pas aimer les gens. Et vos collègues madame la psy, les collègues de votre service, ne devraient-ils pas aller se faire soigner aussi ? C’est normal de laisser quelqu’un dans cet état sans assistance ?

J’ai fini par m’asseoir (toujours dans le couloir), puis me relever. J’étais dans un état second, j’ai réussi à me traîner jusqu’au bus. Une vieille dame qui a compris que j’étais mal m’a accompagnée jusqu’à mon deuxième bus et j’ai pu rentrer. Il aurait pu m’arriver n’importe quoi sur le trajet. C’était visible que j’étais mal, du pain béni pour n’importe quel pickpocket, agresseur…

J’en ai  parlé un peu, on m’a dit que c’était de la maltraitance, mais j’en suis à me demander si une plainte aboutirait et surtout si ça ne me poserait pas préjudice à l’avenir… là le médecin a dit qu’il allait me renouveler, mais pour après ? Porter plainte ce ne serait pas un gros point noir pour les renouvellements suivants s’ils sont nécessaires ? J’ai peur qu’on me dise que j’exagère.

En fait, ça m’est déjà arrivé. Quand j’avais 20 ans et que j’étais en procédure contre la MDPH parce qu’une fois passée à l’âge adulte ils m’avaient supprimé toute reconnaissance et toute allocation. J’étais arrivée malade en commission, au point de vomir sur les chaussures du médecin, qui a immédiatement décrété que j’étais une comédienne. Ce jour là tout m’a été refusé et j’ai dû aller en appel pour obtenir gain de cause.

C’est déjà tellement difficile de se faire insulter de parasite à chaque renouvellement, par ce médecin qui à chaque fois me répète, comme un perroquet « l’AAH n’est pas un salaire, l’AAH n’est pas un salaire, ce n’est pas un dû, ne prenez pas l’habitude de ne pas travailler ! » sans jamais regarder les épais dossiers de preuves de recherche d’emploi que je lui amène à chaque fois pour montrer que non, je ne suis pas un parasite.

C’est tellement usant de dépendre de gens comme eux, qui n’ont pas le moindre respect ni la moindre empathie, qui ne savent pas reconnaître que les organismes vers lesquels ils nous envoient ne sont d’aucune aide.

Et puis j’ai envie de dire, si vraiment les handicapés coûtent si cher, pourquoi pratiquer l’acharnement thérapeutique ? Je fais partie de ces gens qui auraient dû mourir à la naissance. L’équipe médicale s’est acharnée sur moi. On me dit que l’AAH n’est pas un dû mais en attendant il y a un acharnement thérapeutique à assumer. Moi je n’ai pas demandé à vivre comme ça. Je n’étais pas viable. Aujourd’hui mes handicaps me posent problème pour avoir une carrière normale, ça fait trop peur au petit patron, il faut bien quelque chose pour me soigner, pour éviter d’être trop dépendante de mon homme qui selon la CAF est un richissime smicard (donc pas d’APL, pas de prime pour l’emploi, et rabotage sur mon AAH, alors qu’on vit à deux sur son salaire, c’est beau d’être un parasite). Et on me reproche ensuite de réclamer quelque chose pour vivre. Suis-je censée me suicider, c’est ça le message ?

J’ai vraiment envie que mon financement participatif fonctionne et qu’ensuite je puisse me lancer. Que plus jamais je n’aie à dépendre de ces gens. Si seulement.

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Je suis un paradoxe sur pattes

L’autre jour, mon homme a eu une petite réflexion qui m’a interpellée. Il m’a dit que j’étais un paradoxe sur pattes. Et en fait, c’est plutôt vrai. Moi-même j’ai parfois du mal à me cerner et je suis consciente que j’envoie des signaux contradictoires.

  • J’ai une grande gueule. Pourtant, je suis une fille réservée, voir très réservée.
  • Je n’accorde aucune importance à l’opinion des autres. Pourtant, je ne peux pas m’empêcher de foncer droit dans des débats perdus d’avance, comme par exemple les articles sur le chômage qui passent sur Facebook et qui se retrouvent vite blindés de commentaires qui me hérissent du genre « Si on veut trouver du boulot on peut, tous les chômeurs sont des fainéants ! ». Je sais que je ne les ferai jamais changer d’avis. Et au fond, qu’ils pensent comme ça, je m’en moque. Ca ne changera rien à mon quotidien. Mais je ne peux pas m’en empêcher.
  • Je ne suis absolument pas empathique. Pourtant, beaucoup de personnes m’ont dit que j’étais beaucoup plus compréhensive que leurs amis et préfèrent venir se confier à moi.
  • Je ne supporte pas qu’on me prenne de haut. Pourtant, ça m’arrive souvent de le faire (surtout quand je parle politique avec des gens de droite, coucou les Macronistes haha).
  • J’adore débattre. Cependant, je suis presque incapable d’admettre avoir tort. Y compris le nez dans ma merde.
  • J’ai reproché beaucoup de choses à mon ex. Pourtant, loin d’être totalement victime, je me suis aussi comportée comme une garce.
  • Je peux être très tolérante sur beaucoup de choses : la sexualité, le passé, les goûts, etc. Mais je peux aussi vouer une haine féroce à certaines personnes, comme les fumeurs. Une haine particulièrement violente. Certains diront disproportionnée aussi, mais à cela je répondrai qu’une baffe contre faire respirer une fumée cancérigène aux autres, ce n’est rien 😉
  • Il m’arrive souvent de rire lorsque je vois une connaissance prendre la mouche pour un rien. Pourtant, niveau susceptibilité, je pense que je me situe dans le haut du panier.
  • Je suis très, très, très misanthrope. Et pourtant je suis humaniste. Je ne supporte pas les injustices, les inégalités, la hiérarchie sociale. Je souhaite une société heureuse et épanouie. De plus, ma misanthropie ne m’empêche pas de me préoccuper des autres, puisque je parraine une petite fille en Asie (même si le côté social de la chose, avec les lettres, me rebute un peu). Parce que je pense que la société s’améliorera si on part tous sur un pied d’égalité en termes d’éducation.
  • Je ne suis pas hypocondriaque. Pourtant je me préoccupe beaucoup de ma santé et suis attentive au moindre petit rhume.
  • Je ne supporte pas les compromis. Pourtant avec un homme bipolaire j’en fais beaucoup !
  • Je déteste les imbéciles, ceux qui n’ont aucune culture, aucune réflexion, qui boivent les médias comme du petit lait sans rien remettre en question. Pourtant parfois moi aussi je parle trop vite pour dire de la merde ! ^^
  • Je déteste que l’on vienne me donner des pseudos conseils comme si j’étais une idiote qui n’avait jamais réfléchi à sa situation et à comment l’améliorer (comme récemment pour le permis, désolée lapinou, je l’ai un peu mal pris). Pourtant ça m’arrive d’aller en distribuer. Et souvent, à des gens que je sais aussi susceptibles que moi, sinon plus. Empathie 0.

Bref, bref, je pense que je pourrais continuer encore longtemps. Et je pense que je ne facilite pas la tâche aux gens qui essaient de me comprendre (est-ce qu’il y en a au moins ?). Ou alors je suis juste une connasse, ce qui n’est pas impossible. Bon d’accord, je SUIS une connasse, c’est un fait. Vous voyez je reconnais mes torts parfois ! ^_^

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Mais laissez-moi donc voter blanc !

A force de voir les Jean-Michel Morale et autres consorts se prenant pour des Chevaliers Blancs envahir la Toile, je me sens obligée de m’exprimer, moi, l’enflure qui va voter blanc.

Il est ridicule, on est d’accord

Je dois avouer que je suis profondément agacée par cette chasse aux sorcières qui dure depuis dimanche dernier. Cette culpabilisation ambiante. Tu ne votes pas, tu votes blanc, tu votes FN, t’es un nazi, point à la ligne. La réalité est, je suis désolée (en fait, non), bien plus complexe que ça.

Déjà, dès le début, il était évident que Macron était un deuxième candidat du pouvoir en place. Le PS devait bien se douter que les gens qui iraient voter à la primaire ne voteraient pas pour un candidat du PS « de droite » comme on a eu pendant cinq ans. Dès le début le gars part avec les médias dans la poche, les grandes pontes du PS le soutiennent ouvertement sans se faire exclure du parti (et on a même des types comme Valls qui le rejoignent pépouze malgré l’engagement écrit signé, sans conséquences, c’est normal). Bien joué, visiblement les gens n’y ont vu que du feu.

Ensuite on constate des irrégularités hallucinantes lors du premier tour, avec des dizaines de milliers d’électeurs radiés sans raison des listes électorales, des expatriés qui ne peuvent pas voter faute de bureaux de vote suffisants… et de l’autre côté dans les 500.000 électeurs qui eux se retrouvent avec deux cartes d’électeur, sans contrôle particulier « parce que la fraude est rare ». Et ça ne choque personne, pas plus que ça. Seuls les médias indépendants relaient un maximum, les autres concèdent quelques lignes au phénomène, sans remettre en question la légitimité de l’élection.

Donc tout ça, sincèrement, ne donne pas envie d’accepter l’élection telle qu’elle est actuellement. J’ai l’impression de m’être faite enfler par le système qui ne veut pas que les choses changent, j’ai l’impression de vivre une élection dont les dés étaient pipés dès le début. En même temps, vu les soutiens de Macron parmi le patronat, les grandes entreprises et compagnie, c’était, là encore, évident.

J’ai voulu croire que plutôt que préserver leurs petits privilèges, les gens se réveilleraient, comprendraient qu’il est nécessaire de passer par la transition écologique, pour éviter que leurs enfants qui toucheront leur héritage le dilapident en masques à oxygène ou en médicaments pour le petit dernier qui aura le cancer à 5 ans à force de bouffer du pesticide. Visiblement, non.

Les français m’ont déçue.

En réponse au premier tour, je pourrais revêtir mon armure étincelante de Chevalière anti-FN, comme ça je grappillerais plein de likes et de visibilité. Je serais portée aux nues comme exemple. Mais non.

Macron, c’est le type qui nous l’a mise bien profond lorsqu’il était au gouvernement. La Loi Macron, et toutes les manifestations qu’elle a entraînées, vous vous souvenez ? Vous y croyez vraiment, quand il vous dit qu’il n’a pas eu le choix ? Toutes ses saillies anti-chômeurs qui insinuaient bien cradement qu’ils cherchaient bien leur chômage pour rester chez eux à vivre sur le dos des autres ?

Macron, c’est le type qui a sorti face à deux grévistes : « Je n’ai pas de leçons à recevoir. Si vous ne voulez pas que la France soit bloquée, arrêtez de la bloquer ».

Macron, c’est le type qui a sorti, irrité de se voir mis en face des réalités par les grévistes : « Vous n’allez pas me faire peur avec votre tee-shirt. La meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler« .

Macron, c’est le type dont un des soutiens qualifie un plan social de 300 licenciements d’anecdote.

Macron, c’est le type dont l’ancienne présidente du MEDEF se voit Première Ministre. Vous le sentez le beau traquenard ?

Vous le sentez le mépris envers les gens qui osent contredire sa précieuse petite personne ? Il a d’ailleurs réitéré le coup des leçons qu’il ne veut pas recevoir auprès d’un journaliste, le soir des élections : « Je n’ai pas de leçon à recevoir du petit peuple parisien« .

Macron, c’est le gars qui a fait partie du gouvernement qui a bashé les précaires et les chômeurs comme ce n’est pas permis, et qui a continué dans cette voie lors de sa campagne. C’est le type qui n’admet pas qu’on le contredise et qui se fout complètement des contestations. On a peur que le FN interdise les manifestations mais lui, il n’a pas vraiment l’air mieux, je vous signale.

Et à moi, précaire, chômeuse, on me demande de voter pour un gars qui me méprise jusqu’à la moelle et qui me mènera la vie dure pendant son quinquennat ? Qui visiblement n’y connaît rien au monde du travail (la radiation au bout de deux offres refusées dans votre branche, c’est déjà le cas, pour info) Vous êtes sérieux, à être si odieux ? De quel droit venez-vous, avec votre morale à deux balles, me demander de voter pour mon bourreau ? Avant d’insinuer que les chômeurs sont difficiles et ne cherchent pas assez, peut-être faudrait-il revoir le fonctionnement des institutions censées nous aider et qui en réalité sont d’une incompétence sans nom. Peut-être, aussi, faudrait-il jeter un oeil du côté des recruteurs qui demandent plusieurs années d’expérience en sortie d’école, ou qui font signer des contrats en apprentissage pour des jobs alimentaires qui ne mènent à rien. Peut-être faudrait-il jeter un œil sur les abus aux contrats aidés. Peut-être faudrait-il, au lieu de blâmer le pauvre, regarder si le problème ne vient pas d’ailleurs.

De plus, en tant qu’amoureuse des animaux, je ne peux décemment pas voter pour un gars qui veut rétablir les chasses présidentielles et qui n’a que mépris pour les défenseurs de la cause animale.

Les gens qui ont voté Macron, statistiquement, sont des gens qui ont déjà un travail, une situation. Des gens qui n’ont rien à perdre avec Macron, des gens qui probablement hochent la tête en souriant lorsque quelqu’un balance que les chômeurs sont tous des parasites profiteurs. Des gens qui pensent que les plans sociaux sont pour les autres, des gens qui peut-être participent au bashing général sur les réseaux sociaux depuis plusieurs années. Des gens qui OSENT me demander de les aider à conserver leur petite situation, leur petite société qui leur convient bien sans songer une seconde qu’en faisant ça, moi, je me coupe le pied. Mais ils s’en tapent.

Basher les chômeurs, les précaires, c’est socialement acceptable et accepté. Alors on doit fermer notre gueule et voter Macron, sinon on est des nazis.

Quand au Front National, je conchie tout autant leur programme. Si on s’en tient au programme seul, j’ai moins à craindre de Le Pen que de Macron, mais je me doute bien que derrière toute cette entreprise de dédiabolisation et de clins d’œil aux électeurs de Mélenchon se cache quelque chose de pas beau à voir. Le passif du parti, ses références sont à mes yeux une volonté de ne regarder que vers le passé, et non vers l’avenir. De diaboliser l’étranger plutôt que de regarder ce qui ne va pas dans notre pays. La solution aux problèmes de la France n’est pas là. Si je ne suis pas pour ouvrir nos frontières en grand, on ne peut pas non plus décemment dire aux gens d’aller crever ailleurs. Ni les parquer dans je ne sais quels camps de fortune en attendant de savoir quoi faire d’eux. Ni les renvoyer vers la mort, la torture, la guerre. On ne peut pas ne rien faire, surtout quand notre pays est, directement ou indirectement, responsable de la situation dans le pays d’origine des migrants.

Mais si je ne peux pas voter pour le FN, je ne peux pas non plus voter pour Macron. Je suis perdante dans les deux cas. Macron me rendra la vie impossible, mais je pourrai au moins me dire que je ne lui ai pas accordé mon approbation. Pareil pour Le Pen. J’ai l’impression que les gens se font pas mal de films à s’imaginer dans une dictature nazie si elle est élue. Son parti n’a pas le passif le plus rose du monde, mais sa montée est principalement due aux injustices de notre société… que Macron n’a pas l’intention de changer.

Le 7 mai, je voterai blanc. Et j’assume totalement mon choix, même s’il ne te plaît pas, mon cher Jean-Michel Morale. Je ne me compromettrai pas dans cette mascarade. Les gens qui ont amené Macron et Le Pen au deuxième tour les ont amenés parce qu’ils n’ont voté que pour leur gueule et non pour la France. Alors, qu’on ne vienne pas me parler d’égoïsme ou d’irresponsabilité.

Je serai présente aux législatives, et quel que soit le Président, je ferai tout pour l’empêcher d’appliquer son programme. La France que ces deux guignols proposent n’est pas la France que je veux.

Une France juste, une France qui jettera les lobbys dehors, une France leader dans le domaine de l’écologie et de l’humanisme, qui ne se fait dicter sa politique par aucun gros richou en costard.

Je le dis et je le répète : voter blanc, c’est voter blanc. C’est voter pour personne. Voter blanc permet de signifier que l’on s’intéresse aux élections mais qu’aucun candidat ne nous convient (là où une abstention peut-être considérée comme un désintérêt et non un rejet). Ne laissez pas les hérauts de la morale vous manipuler et influencer votre vote, votre manière d’exprimer votre désaccord. Nous avons le droit de voter comme nous le souhaitons. Et personne n’a son mot à dire là-dessus.

Publié dans Une vie de rousse

Être prise au sérieux lorsqu’on refuse la sur-médication

Vous l’ignorez peut-être, mais je suis née avec une maladie génétique. En plus de ça, à la puberté, je me suis retrouvée avec des règles atrocement douloureuses. Du coup, forcément, j’ai été très tôt confrontée à la sur-médication.

Tu es plus encombrée que d’habitude ? Prends ces antibiotiques ! Tu as mal à la tête à force de peiner à respirer ? Tiens, prends de l’aspirine ! Tu es toujours fatiguée ? Tiens, prends les petites vitamines ! Et ton temps libre, passe le au kiné ou au docteur qui t’en prescrira d’autres !

Il faut dire que je n’avais pas trop les moyens de refuser de me faire bourrer de médicaments. J’avais une mère hypocondriaque, qui amplifiait chacun de mes symptômes et me traînait au médecin au moindre éternuement. Et surtout, aucune alternative n’était jamais mise en avant. Tu es malade, tu te soignes avec les comprimés. Jamais mon médecin ne m’a proposé de tester des tisanes, ou tout simplement de lever le pied pour compenser ma fatigue (ma mère me harcelait pour que j’étudie en permanence, ça n’arrangeait pas ma fatigue chronique).

A l’adolescence, je me suis mise à en avoir marre et mon corps rejetait automatiquement tous les comprimés. Je vomissais rien qu’en en voyant un, je ne supportais plus (et ne supporte toujours pas) les médicaments en poudre à diluer, et quand par miracle j’arrivais à en absorber un… il ne faisait aucun effet. La tri-thérapie d’antibiotiques que je prenais chaque année depuis mon enfance ne fonctionnait plus. Mon médecin s’est interrogé sur une possible résistance à force de prendre toujours les mêmes médicaments, mais ça ne collait pas, car certains y sont depuis bien plus longtemps et ça fonctionne toujours. C’est là qu’il s’est mis à me parler d’homéopathie, mais mon hypocondriaque de mère n’arrêtait pas d’asséner que ça ne fonctionnerait pas, pas assez puissant pour la pauvre petite créature malade que j’étais. En effet, ça n’a pas fonctionné.

En désespoir de cause, j’ai fini par aller voir mon médecin en privé pour lui dire que je n’en pouvais plus de tous ces médicaments, et je lui ai demandé un placebo pour éviter d’en prendre tout en calmant ma mère qui n’aurait pas admis que je n’en prenne plus. Dubitatif, il a accepté un essai sur quelques mois et miracle, je revivais !

Les médicaments sont un cercle vicieux : on en prend un pour calmer un symptôme, mais il en déclenche un autre pour lequel il faut prendre un autre médicament, qui lui même déclenche autre chose… on ne s’en sort plus et on empoisonne son corps. En tous cas, c’est l’impression que j’ai eue. Je suis familière aux effets secondaires indésirables et c’est comme si on se rendait malade en voulant se soigner.

Évidemment, tout n’est pas si rose. Je suis obligée d’avoir un suivi pneumologique régulier, et ma pneumologue est la première à me bombarder de médicaments. Pourtant, elle sait que je n’en veux pas, que je préfère les alternatives, mais c’est une « vieille » pour qui tout ce qui ne sort pas d’un laboratoire est de l’attrape-nigaud. « Ce sont des scientifiques, ils savent ce qu’ils font, des tests sont faits« . A ce sujet, elle ne m’écoute pas. Cependant, elle ne peut pas me forcer à aller à la pharmacie après notre consultation. Elle prescrit, je ne consomme pas. Et je me fais engueuler, car à ses yeux, j’empire mon état de santé.

Pourtant, je vais mieux depuis que je ne me bourre plus de médicaments. En même temps, ça brise le cercle vicieux des effets secondaires. Depuis que je ne me vaccine plus contre la grippe, je ne l’attrape plus, alors qu’avant j’y avais droit chaque année, comme par hasard quelques jours après le vaccin. Je veux bien croire que ce soit un hasard : mais dans ce cas, pourquoi je rechute à chaque prise de médicaments ?

Les médecins sont incapables de me donner une réponse, à part un « c’est psychologique » condescendant. Je ne suis pas prise au sérieux. Et je dois toujours faire attention à ce que je dis à ce sujet auprès des organismes comme la MDPH, parce qu’ils sont du genre à me refuser un renouvellement en considérant que je fais exprès de rester malade. Je ne fais pas exprès. J’écoute mon corps, pour la première fois depuis toutes ces années pendant lesquelles on l’a fait taire.

En gynécologie, j’ai le même souci. Le suivi pour mon endométriose est extrêmement compliqué, entre la condescendance des praticiens qui ne me laissent pas disposer de mon corps (ils ne veulent pas entendre parler d’une opération car je n’ai pas d’enfants, refusant de m’écouter lorsque je leur dis que je n’en veux pas) et le refus des solutions de facilité comme la pilule.

La pilule, je l’ai essayée adolescente, comme solution de facilité contre mes règles douloureuses. Non seulement ça n’a rien changé niveau douleur, mais en plus je me suis retrouvée avec de l’acné alors que je n’en avais jamais eu avant et j’ai eu un bond énorme de mon taux de cholestérol. En voyant les résultats, mon médecin m’a dit que si je continuais, je serai diabétique à 40 ans. Mon père étant diabétique, j’avais un terrain propice, et en plus, la pilule ne m’a rien apporté sauf des emmerdes, alors je l’ai stoppée et depuis je refuse de la reprendre, bien qu’on m’assure que depuis, les pilules ont changé.

Je la refuse également pour des raisons environnementales, les hormones synthétiques rejetées dans les urines des femmes entraînant la féminisation des poissons, ce qui a un impact direct sur l’environnement. On aime les animaux ou on ne les aime pas, en attendant, on ne peut pas nier qu’ils ont chacun leur rôle (oui oui, même ces emmerdeurs de moustiques et ces horribles araignées) dans la nature et qu’ils sont essentiels à notre survie. Donc si on peut éviter de leur faire payer nos méthodes…

Sauf que les gynécologues ne l’entendent pas de cette oreille. Pour eux, si je refuse la pilule, je cherche ma douleur et je n’ai rien à dire. N’existe-il donc aucune alternative à ce poison ? On me dit que les méthodes naturelles sont une mode de bobos qui ne marchent pas, mais on ne cherche même pas à me les faire essayer. Et le souci d’internet, c’est que chaque site a sa propre méthode et qu’on ne sait pas ce qui est réellement efficace (à ce propos si vous avez des conseils de livres fiables… je prends). Je teste, parfois je note une petite efficacité. Efficacité bizarrement décuplée lorsque je ne suis pas sous traitement chimique…

Je note même l’efficacité des méthodes naturelles sur les animaux. Hélia, ma minette, souffrait d’une diarrhée soit-disant chronique depuis qu’elle est sénior, et ma vétérinaire me donnait comprimé sur comprimé (sachant que donner des comprimés à un chat récalcitrant, c’est TRÈS chiant) en me disant que ça arrangerait les choses… j’ai fini par arrêter les frais, elle a accusé mes croquettes sans céréales (Orijen, parmi les meilleures du marché en termes de qualité) en me tannant pour que je prenne des croquettes véto bourrées de glucides inutiles… vous savez comment j’ai résolu le problème ? Une grosse pincée d’argile verte dans son eau. Une semaine après, plus de diarrhée. J’ai fini par supprimer l’argile… et la diarrhée n’est pas revenue. Des mois de traitements qui n’ont rien fait, et un peu d’argile sauve ses entrailles. Et son bien-être, je suppose, car ce n’était pas agréable pour elle comme pour nous de nettoyer son poil crasseux.

C’est vraiment dommage de ne jamais être prise au sérieux lorsqu’on refuse de se faire bourrer de médicaments ainsi. Évidemment, je ne suis pas parfaite, j’ai encore beaucoup de mal à me passer de Doliprane pour mes maux de tête par exemple (je me mouche beaucoup et je tousse énormément, donc j’ai souvent mal au crâne) mais j’évite au maximum de rentrer dans le cercle vicieux des médicaments. Et au lieu de m’encourager, de me proposer des méthodes alternatives, on me culpabilise, on me stigmatise… pourtant il existe bon nombre de moyens d’aller mieux sans plus se prendre la tête qu’en absorbant des cachets.

Par contre, je dois avouer que le plus gros problème, c’est le coût des soins naturels : les huiles essentielles, les plantes (surtout si vous les prenez bio et locales), les hydrolats… tout ça n’est pas remboursé et si vous cherchez la qualité, ça chiffre vite. Vous me direz, ce n’est pas forcément si cher avec les médicaments déremboursés (j’ai beau avoir une ALD, si j’ai des médicaments à prendre certains ne sont pas remboursés) mais c’est un coût. Un coût d’autant plus élevé si vous utilisez vos produits pour autre chose que le soin (cosmétiques, ménage…). Cependant, cela oblige à consommer avec parcimonie et ce n’est peut-être pas plus mal, même si forcément, c’est moins accessible qu’aller à la pharmacie quand son traitement est remboursé.

Que pensez-vous de la médecine naturelle ? Ça a marché chez vous ou pas du tout ? Pensez-vous que l’on consomme trop de médicaments, même sans être malade ?

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Aller voter.

La dernière ligne droite d’une campagne vraiment dégueulasse est là, et sincèrement, tant mieux, qu’on en finisse. Plus que jamais on aura vu le véritable visage de nos hommes et femmes politiques : des ripoux qui ne pensent qu’à l’argent. On le savait déjà mais le voir, comme ça, de manière totalement assumée, décomplexée, avec un culot monstrueux, c’est autre chose. On se dit que le pays va vraiment mal pour en arriver là, pour que des gens soient prêts à voter pour des clampins ouvertement corrompus.

Je dois avouer que je suis profondément agacée de voir qu’on laisse des gens mis en examen ou englués dans des affaires de corruption se présenter aux plus hautes fonctions de l’État. Sérieusement, on est la risée du monde. Tu as joué, tu es corrompu, tu as perdu, tu laisses ta place, les présidentiables ce n’est pas ce qui manque, encore moins dans les gros partis. Mais visiblement non, on laisse faire.

Cette année, on aura également pu voir l’absence totale de neutralité des médias ! Bon, ça aussi, on s’en doutait, après tout la France n’est que 45e dans le classement mondial de la liberté de la presse. Pas étonnant lorsque de grands groupes possèdent nos journaux les plus influents. Lors des Présidentielles, ils mettent en avant leur poulain, celui qui leur mangera dans la main, celui qui fera que rien ne changera et qu’ils pourront continuer à s’engraisser. Et les gens ne marchent pas (haha), non, ils courent !

D’ailleurs, je n’ai pas envie de me placer en Jean-Michel Morale, mais quand je vois que certains se font complètement avoir par le matraquage médiatique, par les pseudo-questionnaires orientés « De quel candidat êtes-vous le plus proche ? » (j’en ai fait un récemment, et j’ai bien rigolé en voyant des % d’affinité avec des candidats dont les mesures phare ne faisaient pas partie des questions proposées), répètent ce que disent les sondages ou les médias sans le moindre recul… on encore s’apprêtent à voter pour Macron « parce qu’il est beau gosse », j’ai envie de vomir et d’imposer le suivi de cours de citoyenneté pour avoir le droit de voter ! Sérieusement, comment peut-on voter sans savoir de quoi on parle ou sans avoir conscience des conflits d’intérêt présents dans les médias ou même dans les relations des candidats ?

Je rigole jaune aussi quand je vois l’acharnement sur Marine Le Pen parce qu’elle stigmatise les étrangers, les immigrés, etc. Certes, ce n’est pas jojo, mais quid des candidats qui stigmatisent leur propre peuple, en montant les classes les unes contre les autres, en présentant les pauvres comme responsables de leur situation et bons à fliquer jusqu’au trognon ? A mes yeux, quelqu’un qui stigmatise les étrangers et quelqu’un qui stigmatise les gens selon leur classe sociale ou leur emploi sont à placer dans le même sac. Si Le Pen se retrouve face à Macron ou Fillon, je n’irai clairement pas donner ma voix aux deux derniers juste pour lui faire barrage, car pour moi, elle n’est pas pire qu’eux. Sans parler du fait que ces trois-là sont des pantins, des foutus pantins du laisser-faire, des foutus pantins des riches.

Pour ma part, niveau politique, je me situe plus à gauche. En même temps, en tant qu’handicapée et en tant que précaire, ce serait un peu con d’aller voter à droite sachant qu’ils me méprisent (j’inclus Macron dans la droite, au vu de son passif et de ses saillies lors des débats). Mais d’un autre côté, le PS, c’est un peu le parti soit-disant socialiste qui nous a sorti du chapeau une politique digne des LR. Je ne me suis jamais sentie aussi honteuse de ma situation que pendant ce quinquennat. En tant que chercheuse d’emploi, j’ai eu l’impression qu’on m’accusait sans cesse d’être responsable de mon chômage, de la chute du pouvoir d’achat parce que faut payer mon alloc, que je ferais mieux de crever en silence. Plus que jamais, je me suis renfermée. Je n’aurais pas dû. Le socialisme est censé placer l’humain au dessus de tout, pas la finance, pas les intérêts des entreprises.

Aujourd’hui, je sais que je ne devrais pas avoir honte, que je ne suis pas responsable de ma situation, mais c’est encore très difficile de le faire comprendre. On le voit lors des débats, quand on nous jette au visage qu’on aura pas droit de refuser plus de X offres… mais vous vous rendez compte de l’état du marché du travail, de l’impossibilité d’accepter une offre guignol de 7h/semaine en CDD ? Le travail ce n’est pas tout, il faut pouvoir se loger, et pour se loger, il faut un emploi décent, pas accepter n’importe quelle offre comme un étudiant en manque d’argent. Ce n’est plus possible.

Je suis désespérément pour le revenu de base, qui, s’il ne fera pas le café, permettra au moins de réduire la pauvreté. Et puis avec un revenu de base sans condition, on pourra accepter plus sereinement les petits boulots puisque ça ne nous plombera plus financièrement. Je pourrais voter pour Mr Hamon, qui a le mérite de parler de cette mesure, de la porter, envers et contre tout. Mais je n’oublie pas qu’il fait partie du PS, qui a participé à ma honte, à mon lynchage social. J’ai mal. Mal à cause d’eux qui ont trahi ma confiance. La mienne et celle de tant d’autres.

Évidemment, c’est difficile de se prononcer lorsqu’on a pas toutes les cartes en main. Je ne suis pas économiste, je n’ai pas les connaissances nécessaires pour mesurer les conséquences d’une sortie de l’Europe -et me contenter de résumés approximatifs furieusement orientés n’est pas envisageable-. Par contre, j’ai envie de balancer un gros coup de pied dans la fourmilière, j’ai envie de purifier nos institutions de toute cette corruption, j’ai envie de voir les lobbys se faire dégager, j’ai envie de voir la justice revenir pour tous (non parce que quand tu te prends un procès pour 50 euros dus à la CAF alors que des types ayant détourné des millions se présentent aux élections, voilà quoi), j’ai envie de pouvoir relever la tête et avancer sereinement.

Je ne pense pas qu’un candidat comme Mélenchon pourra tenir toutes ses promesses, j’ai toujours cette méfiance envers tous les politiques. Mais j’ai envie, pour une fois, de voter pour quelqu’un qui me parle, pas totalement, mais toujours plus que ceux qu’on me présente comme « votes utiles ». J’ai sans doute tort, s’il passe, je serai probablement déçue, de toute manière comme dit mon homme, c’est pas pour nous que ça changera. Mais j’ai envie de tenter. C’est dommage qu’il soit contre le revenu de base, car la société du « travail avant tout » se casse la gueule. Cependant, si je suis déçue, ce sera sans doute la dernière fois.

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Quand je tousse, ça dérange -coup de gueule d’une handicapée inside-

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J’ai déjà parlé de ma maladie sur ce blog, et vous vous en doutez, les conséquences au quotidien sont nombreuses : dans la vie de tous les jours, la vie de couple, le voisinage…

Enfin, le voisinage, je n’ai jamais eu trop de problèmes en soi -juste de petites réflexions de temps en temps quand on parle emploi de personnes handicapées- jusqu’à maintenant. Mon voisin hyper-bruyant sous-loue désormais son appartement à une famille. Je les croise assez souvent mais nous ne nous sommes pas vraiment parlé, car ils ne parlent que le portugais et le seul moyen de communiquer est leur enfant d’une dizaine d’années. Pas de chance, je ne parle pas portugais.

A un moment, la propriétaire m’a signalé que les voisins l’avaient contactée pour lui demander de me dire d’arrêter de tousser tout le temps : en effet, le mur de ma salle de bains est mitoyen au leur et dans cette vieille résidence, les appartements ne sont pas insonorisés. Ils m’entendent sûrement tousser tout comme moi je les entend parler. La propriétaire leur a immédiatement parlé de ma maladie et ils ne se sont plus manifestés auprès d’elle.

Et puis les mots dans la boîte aux lettres ont commencé : toujours la même écriture enfantine bourrée de fautes (je suppose qu’ils font écrire le gosse) pour me dire que je fais trop de bruit en toussant toute la journée.

Le problème, c’est que je n’y peux rien : le principe de ma maladie, c’est que les cils vibratoires censés évacuer le mucus ne font pas leur travail. Je dois donc l’évacuer en raclant, toussant, et crachant. Je reconnais que ça ne dois pas être agréable à entendre -mon homme est souvent agacé même s’il ne dit rien- mais je ne peux tout simplement pas m’étouffer dans mes glaires pour leur confort. Comme tout être vivant j’ai besoin de respirer.

Pourtant, je suis consciente de faire du bruit et je fais tout pour le réduire : je ferme la porte de la salle de bains et tousse dans le salon, le visage dans mon mouchoir pour étouffer le bruit. Je fais mon possible. Je fais ma kiné le matin, lorsque le gamin est à l’école et les deux parents au boulot -la mère rentre vers midi-. Et le soir, à partir de 20h, j’essaie de ne plus tousser, quitte à respirer fort en raclant de la gorge.

Tout ça, la propriétaire le sait et leur a transmis. Mais il faut croire que ça ne leur suffit pas. Je ne demande pas d’empathie à ce niveau : si je n’y peux rien, les autres n’ont pas à subir ma maladie. Mais je ne suis pas responsable du fait que nos appartements n’ont aucune isolation : la solution serait peut-être de demander à la propriétaire de faire des travaux pour rendre les appartements plus habitables ; d’autant plus qu’une meilleure isolation réduirait les soucis de moisissures. Pour ça, il faudrait s’allier pour le demander à la propriétaire : mais les voisins ne veulent pas, ils préfèrent me mettre des mots dans la boîte aux lettres et sur ma porte. Je leur ai pourtant proposé. J’ai même entendu le gamin leur lire ma réponse (les joies des appartements pas isolés, tu pètes, le voisin t’entend).

Le pire, dans tout ça, c’est que c’est l’hôpital qui se fout de la charité. Je peux comprendre qu’ils n’aiment pas mon bruit, je suis une grande amoureuse du silence. Mais eux..

Déjà, ils ne se parlent pas, ils hurlent. Tout le temps. Alors qu’ils savent très bien que les voisins entendent. Quand la mère ou la grand-mère rentre de courses, elle tambourine à la porte -alors qu’elle a sa clé- et si le gamin ne lui ouvre pas dans les secondes qui suivent, elle se met à hurler comme un cochon qu’on égorge en tabassant la porte. Elle s’imagine quoi, que j’aime l’entendre beugler comme ça ? En plus je l’entends frapper le pauvre gosse s’il n’a pas ouvert assez vite. Paie l’éducation. Du coup juste après on a le môme qui pleure et crie, tout en se prenant d’autres trempes parce que justement, il pleure et crie. Le cycle sans fin et évidemment, très bruyant.

Ensuite, ils passent leur temps à faire des allées et venues dans les couloirs -en hurlant évidemment- et font bien grincer la porte du couloir. La proprio leur a expliqué qu’il fallait accompagner la porte pour éviter cet insupportable grincement, mais ce n’est pas monté au cerveau… des dizaines d’allées et venues avec les grincements qui vont avec, ce n’est pas silencieux.

Quand un match de foot passe à la télé, ça devient une zone de non-droit : ils hurlent encore plus fort, cognent sur les murs, finissent bourrés comme des coings à pisser, fumer et beugler dans les couloirs. Évidemment dans leur état ils se trompent de porte lorsqu’ils remontent et cognent chez moi… et les flics ne font rien, car je vis dans un quartier communautariste et les policiers du coin sont majoritairement de cette communauté. Et visiblement, la communauté passe avant le respect de la loi à leur yeux.

Le pire, c’est le pater familias qui fume comme une usine, dans sa salle de bains dont la ventilation est connectée à la mienne (miam les vapeurs cancérigènes qui viennent chez moi !), et dans les couloirs alors que c’est interdit. Et vous savez quoi ? Respirer de la fumée de clope, eh bah ça augmente ma toux ! Il est donc en partie responsable de ce bruit qui le dérange tant !

En fait, je ne sais pas trop ce qu’ils attendent, à m’inonder de mots me demandant d’arrêter de tousser. Ils espèrent une guérison miracle, ou alors ils sont juste teubés au point de me demander de crever en silence en s’imaginant que je vais m’étouffer pour des gens que je ne connais pas et qui me sont antipathiques au possible ? Ils ne sont jamais venus me parler du problème -enfin, n’ont jamais envoyé leur gamin- et sont directement allés me signaler à la propriétaire, continuent de me harceler de mots malgré l’explication, et en plus se foutent de la gueule du monde car eux sont bruyants au possible.

Je sais que j’ai beaucoup de mal dans mes relations sociales, mais ces gens ne donnent pas envie de les connaître. Et pour être franche, même si je fais du bruit, je ne compte pas m’étouffer pour quiconque. Tant pis si ça dérange. Contrairement aux fumeurs, je n’ai pas choisi d’avoir des poumons pourris.

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Ces comportements de la vie de tous les jours que je commence à retrouver dans mes jeux en ligne

Les jeux en ligne et moi, c’est une grande histoire d’amour. Ils ont été d’une grande aide pour compenser mon absence de vie sociale, de confiance en moi, tout simplement pour m’évader de cette vie que je détestais, prise entre le harcèlement scolaire et une mère névrosée.

J’y ai rencontré des gens vraiment sympas, qui ont été mes amis, mes confidents… et hélas, pour certains, mes défouloirs. Je le regrette aujourd’hui, car je me rends compte que j’avais un caractère très difficile et que j’ai probablement blessé des gens super à cause de mon manque de confiance en moi, qui se traduisait par un rejet systématique de toute main tendue. J’aimerais m’excuser aujourd’hui.

Mais bref, là n’est pas le sujet. Lorsque j’ai commencé à jouer, je ne rencontrais pas spécialement de difficultés. Si je voulais faire un donjon, il n’était pas si difficile de réunir une équipe. Si je voulais aller farmer tel ou tel monstre, une petite annonce suffisait (plusieurs pour bouger ceux qui avaient la flemme :p). Mais aujourd’hui, c’est avec horreur que je retrouve des comportements que j’aurais préféré bannir de mon existence !

Comme beaucoup de monde sur les jeux en ligne, j’ai envie d’optimiser mon personnage. Pour cela, j’ai besoin de l’équipement X, et pour l’obtenir, il faut faire le donjon X. Sauf que le donjon X est compliqué, il demande une certaine stratégie. Et au lieu de vous apprendre la stratégie, les gens qui la connaissent préfèrent faire le donjon entre eux, pour ne pas se prendre la tête. Parce que forcément, un donjon compliqué avec un débutant, ça prend plus de temps. Et alors ? Eh bien alors le débutant reste débutant parce que personne ne veut lui apprendre.

Le jeu auquel je joue actuellement, au sein du Pacte de Coeurébène 🙂

C’est comme dans le monde du travail. On vous demande de l’expérience pour travailler, mais pour avoir de l’expérience, il faut trouver un travail. J’ai besoin d’expérience pour faire le donjon, mais sans personne pour m’aider, je ne saurai jamais faire ce donjon et je ne pourrai jamais transmettre l’astuce à ceux qui en auront besoin après moi.

C’est comme ça que je me retrouve exclue comme dans la vraie vie. Pas de travail, pas de vie sociale car tu es un déchet assisté. Pas de bon équipement, pas d’accès aux instances les plus intéressantes du jeu car elles demandent un minimum d’équipement pour être faisables sans mourir toutes les 5 secondes.

Ce qui m’a choquée aussi, c’est le nombre d’arnaques. Quand j’ai commencé à jouer, il y avait quelques arnaques gentillettes (bon je dis ça, mais ça ne fait jamais plaisir) mais on était vite avertis, on se faisait passer le mot. Aujourd’hui plus personne ne se fait passer le mot, ou alors dans des cercles très fermés. Aujourd’hui ce qui circule, ce sont les tutoriels pour hacker le jeu et te permettre de lancer tes sorts plus rapidement sans ramer -ce qui te rend bien plus efficace en PVP que le clampin qui reste fair play-. Ce sont les techniques pour hacker le compte d’un autre joueur et le dépouiller de ses ressources, équipements et argent virtuel.

Et je crois que le pire, c’est le recul hallucinant de la solidarité entre joueurs, celle qui faisait la beauté des MMO, celle qui faisait que j’adorais jouer. Maintenant, si tu veux passer un donjon difficile, tu dois payer les gens qui viennent t’aider. Du coup, on ne peut plus vraiment appeler ça de l’aide. Lorsque j’essaie de réunir une équipe, 9 fois sur 10 la personne que je viens de recruter va me demander de l’argent -virtuel- pour l’aide. Certains se permettent même de demander de l’argent réel… et le pire c’est qu’ils l’obtiennent -pas de ma part, je zappe immédiatement, c’est illégal-.

Je ne peux pas m’empêcher de penser au concept de « RSA contre bénévolat » quand je vois ce genre de comportement. Tu veux de l’aide ? Eh bien tu raques. Alors que l’aide devrait être gratuite, couler de source, on appelle ça la solidarité. Tu as sûrement été aidé un jour, il est donc normal d’aider en retour sans essayer de presser les personnes aidées comme des citrons pour avoir une compensation.

Je trouve vraiment désolant que ces comportements égocentriques et intolérants gagnent les jeux. On est censés s’y détendre, pas se prendre au sérieux ou se croire au travail. Une fois j’ai connu une meneuse de guilde qui ne se prenait vraiment pas pour de la merde, au point de rabaisser les joueurs, imposer ses points de vue sur le lore -l’histoire, le background si vous préférez- du jeu alors que c’était totalement faux… et qui s’étonnait lorsqu’une grande gueule dans mon genre finisse par la remettre à sa place : une simple random gonzesse qui a créé une guilde virtuelle sur un jeu virtuel. Qui n’a pas à pressurer des gens qui viennent se détendre, qui n’a même aucune légitimité pour le faire. Personne n’a à se soumettre d’ailleurs. Pourtant certains le font… un peu comme dans la vraie vie. Dans certains jobs, on a un rapport dominant-dominé particulièrement atroce à vivre et on voit ce schéma se reproduire dans les jeux. Et ces mêmes gens trouver ça normal.

Évidemment, même si voir ces comportements se reproduire dans des univers que j’adore me pèse, je continue à jouer. Je trouve juste dommage qu’en ayant atteint le niveau maximum, je me balade avec un mauvais équipement, je n’ai jamais fait les donjons les plus marrants -ceux qui donnent de la difficulté quoi !-… pourtant, j’essaie ! Mais je suis très nostalgique de l’époque où faire tout le jeu ne posait aucun problème à personne.

Ce jeu-là je n’y ai pas joué bien longtemps, je n’aime pas lorsque les personnages féminins sont trop sexualisés ^^